« Aujourd’hui, 17 enfants ne rejoindront pas leurs camarades de classe et sont à la rue ». Dans un communiqué cinglant, le Secours catholique dénonce l’expulsion des Roms, hier matin à l’aube, de l’ancienne gendarmerie de Viry-Châtillon (Essonne). Quelque 80 personnes, dont 21 enfants scolarisés, réveillées à 4h30 par plus de 70 policiers, ont quitté les lieux qu’ils occupaient depuis deux ans, sans résistance peu après 6 heures, chargés de cabas et de balluchons. D’après l’Agence France presse, qui était sur place, l’évacuation s’est déroulée dans le calme, les Roms étant préparés à l’expulsion depuis plusieurs jours. « Comment on va aller à l’école si on n’a plus de maison? On va dormir dans la rue ? », a demandé à sa mère un petit garçon de 7 ans, scolarisé depuis deux ans à Viry.
jeudi 26 janvier 2012
« On va dormir dans la rue ? »
Par Marie Barbier le jeudi 26 janvier 2012, 09:00 - Roms migrants
mercredi 25 janvier 2012
Les droits reculent à pas de Guéant
Par Marie Barbier le mercredi 25 janvier 2012, 08:30 - Eclairages
Quinze jours après l’autosatisfecit du ministre de l’Intérieur sur sa politique de reconduite à la frontières, la Cimade lui a adressé hier un démenti cinglant. Dans son état des lieux 2012, l’association d’aide aux immigrés décrypte les politiques à l’oeuvre ces deux dernières années en matière d’immigration : « une logique de réduction des droits, de précarisation, de stigmatisation et de criminalisation des étrangers qui s’inscrit par ailleurs dans une évolution de l’ensemble de la société française vers une société de ‘sans droits’ » écrit l’association.
lundi 26 décembre 2011
Marie-Hélène et Ileana : « Je ne peux te donner autant que tu me donnes »
Par Marie Barbier le lundi 26 décembre 2011, 08:30 - Roms migrants

Elles sont assises sur le couvre lit fleuri et discutent tendrement, à la
chaleur du poêle. Des épluchures de clémentines, jetées dans le feu, diffusent
une douce odeur d’enfance. A peine quelques signes extérieurs de misère évoque
le dénuement dans cet intérieur soigné et douillet. L’unique ampoule éclaire la
pièce d’une lumière faible et sporadique. Sur les murs, recouverts de tissus à
fleurs, un poster Playmobil tient lieu de seule décoration. Sortir de cette
cabane chaleureuse, c’est plonger dans la misère crue du bidonville de
Massy : la boue qui colle aux chaussures, la montagne de déchets à
l’arrière des caravanes et les rats, ventrus et grouillants. Un peu moins de
250 personnes vivent dans ce petit bois coincé entre une bretelle d’autoroute
et une voie rapide, à l’abri des regards.
vendredi 23 décembre 2011
Chouaïb, jeune autiste, libéré hier soir après 31 jours de rétention
Par Marie Barbier le vendredi 23 décembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs

La nouvelle est tombée hier peu avant 19 heures. «Il est sorti ! Nous
allons nous rejoindre pour faire la fête.» s’exclamait Samia Attali, de
l’association Je vous tends la main. Hier soir donc, Chouaïb Benhachiche, jeune
autiste de vingt et un ans, a été libéré du centre de rétention de Vincennes où
il était enfermé depuis trente et un jours. Pour la plus grande joie de ses
soutiens qui se sont démenés pour le sortir de cette situation
« aberrante ».
mardi 20 décembre 2011
Un jeune autiste en rétention depuis un mois
Par Marie Barbier le mardi 20 décembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
Chouaïb Benhachiche est un jeune homme de 20 ans. D’origine algérienne, il est suivi par l’Aide sociale à l’enfance depuis ses 16 ans et bénéficie d’un « contrat jeune majeur », qui lui permet d’être logé dans un foyer de jeune travailleur à Paris. Malgré ses troubles du comportement d’allures autistiques, Chouaïb a obtenu, en juin dernier, son CAP dans la restauration. Mais, alors que l’État lui assure sa protection d’un côté, de l’autre il lui refuse un titre de séjour. Shouaid est donc sans-papiers sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.
lundi 19 décembre 2011
Un mineur isolé enfermé en rétention
Par Marie Barbier le lundi 19 décembre 2011, 17:19 - Enfants et jeunes majeurs
Boudjemaa Tair-Tahar, jeune tunisien qui a fêté ses 17 ans la semaine dernière, a été placé au centre de rétention de Vincennes hier dans l’attente de son expulsion. Un enfermement illégal puisque la France interdit les reconduites à la frontières de mineurs, sauf s’ils sont accompagnés de leurs parents « Il a vraiment une tête de bébé et il n’arrête pas de pleurer » témoigne une intervenante de l’Assfam, qui a pu le rencontrer. Placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le vol d’un téléphone portable, Boudjemaa au lieu d’être libéré comme les autres, a été directement placé en rétention suite à des tests osseux qui l’ont déclaré majeur. Les tests de pilosité et de développement génital utilisé par l’administration pour déterminer la minorité ou la majorité sont très décriés, par la communauté scientifique elle-même. Leur marge d’erreur communément admise serait de 18 mois.
jeudi 15 décembre 2011
Manifestation pour une politique migratoire généreuse
Par Marie Barbier le jeudi 15 décembre 2011, 16:00 - Solidarité
Une trentaine d’organisations (1) organisent dimanche à Paris une manifestation à l’occasion de la Journée mondiale des migrants (15 heures au métro Belleville). A quelques mois de l’élection Présidentielle, ils souhaitent «faire entendre la voix de la solidarité, de l’hospitalité et de la fraternité». Dans la foulée de l’appel lancé par les Forum mondiaux de Quito en 2010 et de Dakar en février 2011, ces organisations exigent « une politique de solidarité réelle, juste et généreuse ».
(1) Syndicats (FSU, CGT, Solidaires), associations (ATTAC, Femmes Egalité, CIMADE, FASTI, Droits-Devant, LDH, MRAP, Act?up, FTCA?) collectifs (RESF, UCIJ, D?ailleurs nous sommes d'ici), des partis politiques (PCF, NPA, PG, Alternatifs, PCOF)
mercredi 14 décembre 2011
Un prof de maths menacé d’expulsion
Par Marie Barbier le mercredi 14 décembre 2011, 08:30 - Arrestations / Expulsions

Au chômage forcé depuis quinze jours, Cheikna Aliou Koïta ressasse sa colère.
« Nous sommes les bouche-trous de l’Éducation nationale, quand ils ont besoin
de nous, ils nous utilisent, sinon... » Ce Mauritanien de 31 ans était jusqu’au
30 novembre dernier professeur vacataire (non titulaire et payé à l’heure) au
collège Edouard Vaillant de Gennevillliers (Hauts-de-Seine). Déjà diplômé de
physique et de génie pétrolier, ce jeune homme brillant s’était inscrit à la
rentrée dernière en troisième année de licence informatique à Paris VI. Pour
ajouter une nouvelle corde à son arc, mais aussi faute de pouvoir sortir de son
statut d’étudiant, qui lui permettait jusqu’à maintenant d’obtenir des
papiers.
Quand rétention rime avec prison
Par Marie Barbier le mercredi 14 décembre 2011, 08:00 - Enfermement
C’est un « bilan sans concession » que dresse aujourd’hui les cinq associations présentes en rétention. Ce qui est soi est une victoire. En 2008, le ministère de l’Immigration lançait un appel d’offres pour morceler l’aide juridique dans les centres de rétention administrative (CRA) et réduire d’autant la parole de la Cimade, alors unique témoin gênant. Échec sur toute la ligne. « On est plus forts ensemble », résume Pierre Henry, directeur de France terre d’asile. « Nous avons dépassé ce piège de la concurrence pour défendre une ambition commune : faire respecter les droits de l’Homme en rétention », ajoute Jérôme Martinez, secrétaire général de la Cimade.
mardi 13 décembre 2011
Guéant, gentil organisateur
Par Marie Barbier le mardi 13 décembre 2011, 17:35
Claude Guéant a estimé dimanche que les étrangers résidant en France devaient respecter « ce qui fait l'art de vivre français, comme les civilités, la politesse, la gentillesse ». Il est vrai que le ministre de l’Intérieur est un expert en civilités. Un exemple ? Les cinq associations présentes en rétention ont rendu public aujourd'hui un rapport accablant sur les conditions d’enfermement des étrangers en France : proche de la prison, à la limite du droit, cause de souffrances psychologiques, voire d’automutilations et de tentatives de suicide. Et ils ne disent même pas merci ces ingrats !
Les maux de la rétention
Par Marie Barbier le mardi 13 décembre 2011, 09:00 - Enfermement
Chaque année plus de 30
000 hommes, femmes et enfants sont enfermés, en France, dans les centres de
rétention administrative (CRA), antichambres de l’expulsion. Alors que les cinq
associations présentes dans ces lieux interdits aux journalistes rendent public
ce matin leur premier rapport annuel, nous sommes allés à la rencontre
d’ex-retenus. Ils racontent la vie quotidienne derrière les barbelés et les
traumatismes d’une telle politique.
Les centres de rétention interdits aux journalistes
Par Marie Barbier le mardi 13 décembre 2011, 08:30 - Enfermement
Si aucune loi ne le stipule clairement, les centres de rétention administrative (CRA) sont bien l’un des rares endroits en France où un journaliste ne peut exercer librement son métier. Ainsi, les multiples demandes faites par l’Humanité ces dernières années sont toujours restées lettre morte. « Il s’agit de préserver le droit à la vie privée des retenus » ose t-on répondre au ministère de l’Intérieur pour justifier ces refus. Le réseau Migreurop a lancé en octobre une campagne pour exiger un droit de regard et d’information dans les centres d’enfermement des migrants. Lancée dans toute l’Union européenne, cette campagne verra plusieurs actions dans le courant de l’année 2012. A suivre, donc.
mercredi 7 décembre 2011
Dans les Hauts-de-Seine, les étrangers peuvent aller uriner « chez Claude »…
Par Marie Barbier le mercredi 7 décembre 2011, 19:00

Dans le cadre de la semaine d’action contrer les conditions d’accueil des
étrangers en préfecture, des militants du Réseau éducation sans frontières
ont installé ce matin, devant la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine) des
sanisettes Claude Guéant ! Barrés d’un bandeau jaune « Chez Claude »,
les WC ont été posés à l’aube sur le parking avec le soutien d'élus du
départements. Dans cette sous-préfecture, comme dans des dizaines d’autres
partout en France, des centaines d’étrangers doivent attendre chaque nuit en
plein air pour tenter d’être reçus par les services administratifs de l’Etat
(lire notre reportage ici).
Le RESF a par ailleurs écrit un courrier au sous-préfet d’Antony pour lui demander de « bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour pérenniser ce dispositif indispensable à l’hygiène publique et au respect dû à chacun ». Laissé en place le matin, les petits coins avaient disparus à 14 heures. Bien décidé à ne pas voir disparaitre leur urinoire guéantiste, les militants se sont rendus au commissariat pour déposer une main-courante pour vol…
jeudi 1 décembre 2011
« Sans titre - provisoire », les lycéens sans papiers entrent en scène
Par Marie Barbier le jeudi 1 décembre 2011, 12:00 - Enfants et jeunes majeurs
Dimanche dernier, les lycéens sans papiers soutenus par le Réseau éducation sans frontières présentaient, « en exclusivité mondiale », au Point éphémère à Paris, leur nouvelle pièce de théâtre « Sans titre – provisoire », mise en scène par Johanne Gili.
Ces « jeunes majeurs sans papiers », arrivés en France après l'âge de 13 ans, ne sont pas régularisables d’après le code des étrangers (Ceseda) actuel. A leurs 18 ans, ils reçoivent une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui les plonge dans la crainte d'être arrêtés, placés en centre de rétention et expulsés vers un pays où ils n'ont plus d'attaches.
mercredi 30 novembre 2011
L’histoire de Guilherme en photos
Par Marie Barbier le mercredi 30 novembre 2011, 14:00 - Livres, films, musiques...
C’est l’histoire d’une lutte. Une lutte longue
et acharnée que ses protagonistes n’oublieront pas de sitôt. Les lecteurs de
l’humanité aussi s’en souviennent : le 8 avril 2010, quelques minutes
avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention de
Bobigny. Une victoire pour ce père de famille angolais qui a échappé à quatre
tentatives d’expulsion et purgé deux mois de prison pour avoir voulu vivre en
France alors qu’il n’était pas un immigré « choisi ». Avec une violence
aveugle et opiniâtre, l’administration française s’est acharné sur cet homme -
« grain de sable dans la machine à expulser », comme le titrait alors
l’Humanité - n’hésitant pas à utiliser un avion privé pour le faire quitter le
pays à tout prix.
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