Des images contre les clichés sur les oubliés de Calais

Dans son livre 
Des hommes vivent ici (1), 
la photographe Marion Osmont raconte le quotidien des migrants le long du littoral de la 
Manche, dix ans après 
la fermeture du camp de Sangatte. Un travail
 plein d’humanité 
et de dignité.

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Un grand hangar vide. Au loin, un groupe d’hommes. Sept ou huit Africains, assis ou debout autour d’une table, jouent aux cartes. Un clair-obscur d’humanité au milieu du néant. « Je suis contente d’avoir pu prendre cette image, raconte son auteure, la photographe Marion Osmont. Berlusconi, le passeur (en capuche – NDLR), m’a dit “Tu fais ce que tu veux”, cet état de grâce a duré trois secondes. Cette image montre l’attente d’une journée ordinaire. Il ne se passe rien. »

Pendant plus de deux ans, Marion Osmont a photographié la vie quotidienne des migrants de Calais. Elle publie ces photos dans un livre au titre éloquent Des hommes vivent ici. D’une grande sobriété, ses images montrent la vie dans le dépouillement : la préparation du feu, la cuisine, les nuits dans le squat, l’ennui, le linge qui sèche sur un arbre, la traque, le froid, la peur. Loin des clichés vus et revus sur les migrants de Calais, les photos de Marion Osmont sont remplies d’humanité et de dignité.

« On parle trop souvent d’eux et de nous »

Son travail est le résultat d’une démarche mûrement réfléchie. « On parle trop souvent d’eux et de nous. Je ne voulais surtout pas ça. Je pense que beaucoup de gens, s’ils savaient ce qu’il se passe à Calais, ne trouveraient pas ça normal. J’ai donc travaillé à créer de l’empathie. » MarionOsmontcouv

Pour cela, la photographe s’attache à suivre deux migrants « au plus près », Ammanuel et Haroon. Les deux hommes ne se laissent pas simplement photographier, ils sont des acteurs à part entière de la démarche du livre. « Ils m’ont montré des lieux, des campements, m’ont raconté leurs parcours. Ce n’était pas facile pour eux, mais il leur paraissait important que leur histoire soit connue. Pour que ça puisse provoquer des changements. »

Deux migrants suivis au quotidien

Marion Osmont attend quelques semaines après le démantèlement de la jungle pachtoune en septembre 2009 pour commencer son travail. « Tous les migrants étaient revenus, il fallait montrer que cette opération n’avait servi à rien. » Parisienne, elle passe ses week-ends à Calais pour suivre ces deux migrants qui ne sont pas « de passage », contrairement à ce que prétendent les ministres de l’Immigration de Nicolas Sarkozy. Tous les deux demandeurs d’asile, ils attendent la réponse de l’Office français des réfugiés (Ofpra) dans le plus total dénuement.

Des hommes vivent ici montre la vie des migrants en plan large. « C’est une forme de respect, dit-elle. Ils sont sous pression en permanence, les flics les réveillent toutes les nuits, les journalistes peuvent être parfois intrusifs. Je voulais des photos assez douces. » Exclues donc les images de la distribution, où l’on voit les migrants dans les files d’attente ou manger sur un bout de trottoir. Pendant longtemps, la photographe s’est aussi refusée à immortaliser ces séances durant lesquelles les migrants se brûlent les doigts pour échapper aux renvois vers d’autres pays d’Europe.

Trajet décomposé

Dans cette vie quotidienne calaisienne, la police est omniprésente. Dès l’aube, lorsqu’elle intervient dans les squats pour arrêter les migrants. Dans les évacuations de campements ou les destructions de squats. À chaque fois, il faut trouver un nouvel endroit où dormir, toujours plus loin, plus caché. Dans la série de photos Chez Haroon, Marion Osmont décompose le trajet pour rejoindre la cachette du Soudanais : « Traverser un hangar / se glisser dans un trou / longer un tunnel aménagé sous le sol / passer un premier mur / marcher le long d’un corridor à travers ronces / passer un deuxième mur / marcher sur un toit / passer par une fenêtre cassée / monter un escalier défoncé. » Délogé, Haroon devra s’installer encore plus loin…

Aujourd’hui, Haroon et Ammanuel, tous deux déboutés du droit d’asile après des années d’attente, sont partis vers d’autres horizons. « Je les imagine quelque part en Europe, à la rue», dit Marion Osmont. Encore plus brisés que lors de leur arrivée à Calais, il y a quelques années. « Il était encore temps de les aider alors. Avec des soins psychologiques, peut-être qu’ils auraient pu se récupérer. C’est un immense gâchis. » Aujourd’hui, environ 300 migrants survivent à Calais même. Quelque 500 autres s’éparpillent dans des petits campements le long du littoral. Dans des conditions toujours plus précaires.

(1) Des hommes vivent ici, de Marion Osmont. Éditions Images plurielles, 25 euros, avec le soutien de Médecins du Monde et de Amnesty International.

Off To See The Wizard!

So you think you’re really getting a bargain when you go into a discount store. Some things you may, other things believe it or not, you can find cheaper at a retail store. I went shopping at one the other day and bought some peanut butter and bread. It seemed as though it was a great deal, however, once I got it home and used it, I noticed it didn’t last as long as the other kind I normally buy from the grocery store. Be on the lookout when you’re shopping that you are looking at the cost per ounce. It would have been less expensive for me to buy these types of items at the regular retail store rather than a discount store.

Technology

Technology can be very frustrating sometimes, even though it can also be convenient. I think I could do without all of the cell phone calls that I receive. It’s very distracting having your phone ringing all of the time, without privacy. The only good is when you need to make an emergency call of course, then it’s good.

When I was look at this Twitter Account, I saw these too:

https://twitter.com/taylorswift13

https://twitter.com/barackobama

https://twitter.com/SpaceX

I also looked into a couple of Facebook pages too..lol man some of them were funny.

https://www.facebook.com/livingrichwithcoupons

https://www.facebook.com/theweirdscholarships

https://en.gravatar.com/site/implement/profiles/json/

https://en.gravatar.com/deliapepper2015

http://thenextweb.com/socialmedia/2010/06/02/gravatars-22-million-social-media-profiles-just-went-public/

Also, for those who wrote their own about page, rebelmouse, and even a “me” page

It’s funny to think about the times before we had cell phones, we just waiting until someone got home to tell them what we needed, or if it was an emergency, we drove somewhere. I wish at times things could be more simple.

Funny enough, when I get tired of cookie, I like to watch Spoilers..lol

Just a Bit of Time

I find it interesting that people all over the world are gravitating towards the fountain of youth.

There are quite a few videos about anti-aging that are posted on youtube. I think there will quite a few more that we will see in the coming years for sure.

Anyway, I am hoping to take a trip soon to Colorado, but since Winter is almost over, I think that we will need to go in December of this next year, that is for sure!

https://www.youtube.com/channel/UCobfpubAEi15cXWf-3tNIWA

Where is your heart?

If you have felt like you want to move, then it is best to look at what the city looks like close to it. This website has a small quiz that can help you decide what place would be.

Many people like to go to different places in the US, some of the most popular places in the US are a little like other places in the rest of the world. For one, you can spend some time visiting out West and if you like that, then finding a great house out there will not be that difficult.

There are a few no essay scholarships in college , and that is anywhere you wanted to move. Here are few more pointers about finding the perfect place.

Every Day Can Be Good

Today is Valentine’s day and it is a wonderful day. We hope you are having a wonderful day too. In the light of everything happening today, we thought you would enjoy a nice break from all of the madness today :)

Earlier yesterday, we also looked at a student that have looked for different ways to do get help with school but, you never know how many times that I have reached out and have been helped.

For example, we have an anatomy test coming up soon, and I am not too sure, if I should follow this article or not.

But, it doesn’t matter, what will happen, will happen. At least it was better than the youtube video on unsecured debt consolidation loans for bad credit that we saw.

Entry Into Music

If you are just beginning in music, it can be very difficult, but thanks to people on the net, there can be help, real help so you can get started the right way.

If you listen to the song, it is a pretty good song, but I believe that a lot of the good songs that have been written are not as good as what could be written.

We also looked at some of the Pintrest, About Me , Facebook and Twitter Pages.

https://www.pinterest.com/categories/film_music_books/

https://www.pinterest.com/sonymusic/

https://www.pinterest.com/delia0673/education-stuff/

About. Me Pages were also very interesting

http://about.me/grahambrownmartin

http://blog.about.me/2012/11/21/add-education-and-work-to-your-page/

http://about.me/delia_pepper

http://rebecca-davies.net/about-me/

http://www.aboutus.org/weirdscholarships

Facebook was also good:

https://www.facebook.com/MusicEducationCouncil

https://www.facebook.com/nafme

https://www.facebook.com/theweirdscholarships

http://www.aboutus.org/weirdscholarships

Gravatars and Rebel Mouse Pages were also nice

https://www.rebelmouse.com/deliapepper/

https://www.rebelmouse.com/online_courses/

https://www.rebelmouse.com/jurgenjeffery/motoworld-el-cajon-midnight-ma-726667263.html

https://www.rebelmouse.com/margoroushfedmotg/nine-best-ways-to-sell-educati-726786766.html

https://en.gravatar.com/deliapepper2015

We were looking at music nominations this last year from http://WeirdScholarships.co too,  but we will get back with you on that.

 

After The Weekend

Finding the time to go home for the weekend was nice. We went snowboarding this last week in Alaska and it was crazy fun. In fact, this is one of the coolest things that I have done in some time.

This was a lot more fun than looking for left handed scholarships for school! Anway, I am going back home this next week to school in Alaska and I cannot wait to see all of my friends.

You can see more at http://www.anchorage.net/articles/snowboarding-anchorage and http://lefthandedScholarships.co

Find Balance In Life.

I know that many people are trying to find a balance in their life. With so many things happening in our world, it can be tough to find that right place.

We were looking at a few Twitter accounts today. This account is pretty awesome. It seems the entire world has their account here, just like other social properties.

This is also a good one too: https://twitter.com/FRANCE24 . You can also find personal profiles like these:

At any rate, we love Twitter and what it has done for all of us!

Rebel Mouse :) also has a profile there as well. Again, it seems that the same people will have profiles in multiple accounts. This seems to be the trend nowadays.

 

 

 

Painting

Who likes to paint?  I have liked painting for many many years.  It really allow us to use our imaginations.  It allows us to go to a place of serenity and peace.  You can draw and paint anything you want, paint all of your dreams and wishes all on one piece of paper.  I remember when I was a kid my dad would give us the paint by number things.  I believe they were on felt or some kind of soft material.  I remember they had such beautiful pictures on them.  The only thing I wished were different is that the numbers would disappear so that you couldn’t see them when the picture was complete.

 

Rain

The mood really seems to change when it’s raining outside.  Why is that?  I’m   saw another Teds woodworking review  , wonder how many we will see this next year?  On the daDesertys that it’s sunny out, I’m happy, seem to be in a great, upbeat mood.  Then you have a day like today where it’s rainy and gloomy.  Now all of the sudden, I’d rather be wrapped up in a blanket in my home watching a movie.  Or, other times, when it’s raining, I get gloomy and down and out.  Other times, you just feel like relaxing.  It’s incredible how our mood changes with the weather.  Hopefully tomorrow will be sunny again.

References:

http://TedsWoodworkingReviewx.com

https://answers.yahoo.com/question/index;_ylt=A0LEVj3MoaFUVZEAt5IPxQt.;_ylu=X3oDMTByMG04Z2o2BHNlYwNzcgRwb3MDMQRjb2xvA2JmMQR2dGlkAw–?qid=20080626074831AAJZkhr

http://www.rainymood.com/

 

Easy Easy Easy

Things are much more pleasant when they are easy to do, do you agree?  Like, surfing online today to look for easy things for my daughters school project.  We have to go and see what “easy” things we can find.  Here’s just a short list:  Easy Scholarships To Apply For, Easy Apple Pie Recipes, Easy Home Repairs, Easy Clothes Repair, Easy Bake Oven, Easy PHP, there are many many others.  I would have never thought that looking for easy things would be this, well, easy.  Now we just have to come up with some really cool themes and get some poster board.  Does anyone else remember doing projects for school when they were young?  It sometimes feels like you as the parent are doing the project.  At least this one was easy enough.

Wizard of Oz

So, I’m watching the Wizard Of Oz with my kiddos, and through the mountains of commercials, there was one that struck a chord.  I saw a commercial for scholarships for moms, wow, what a great resource, I didn’t realize they had anything out there for moms.  It’s really comforting to know that there are tools that the moms of the world out there can utilize to get ahead in life :).  So, who’s watched Wizard of Oz lately?  Do the monkeys seem scarier than before?  It’s funny how things look different when you haven’t watched something in quite a long time.  Lions and Tigers and Bears, oh my!

 

Counting Sheep

Does anyone count sheep anymore?!  I found myself not able to sleep the other night, so, I started off with a few videos I was watching, hoping that would help!  Nope, don’t think so…..after trying and trying without sleep, I tried one last thing.  I counted sheep, guess what?  It worked!




Puzzles

Looking for free money for college is such a task, like putting together a huge puzzle!  I like puzzles, but, this is just plain crazy.  Real puzzles are so much simpler, you take a piece, put it with another like piece, then voila, puzzle solved.  My grandmother used to do puzzles all day long.  I would go over her house and she would have a card table set up with the most recent puzzle she was putting together.  The difference with those is that she had it all in front of her, and she would complete one puzzle at a time.  Looking on the internet for anything is like a rubix cube, no matter how hard you try, it’s impossible to solve the puzzle.

Lovin my oven!

So, what is your favorite thing to bake?  Hmmmm….that’s a toughy, there are so many delicious things.  As I’m thumbing through the internet, looking for easy scholarships to apply for, I started getting hungry, and was thinking about what to bake.  I only have a few items in my kitchen, eggs, baking powder, sugar, and some spices, I might have some chocolate chips.  So, I started looking around for different recipes, there is a lot more out there to do with these few items than you think.  I may be able to make just sugar cookies?  Well, if I had the ingredients, I think I would make a hot apple pie, that sounds delicious!  I may just have to run out and grab a few more items.

Trapped

Do you ever find yourself getting trapped in all the social media that’s out there?  I do, and i’m trying to stop, hahahaa!  I don’t think people realize how addicting it can become.  You just can’t allow things like this to get you off track from your goals.  One of my many goals right now is to get a consolidation loan for bad credit.  I’m doing some research and boy is it confusing, there are so many choices and avenues to venture out in, i’m not sure if I can make up my mind.  So, in the meantime, I suppose you can find me on the super highway, trapped in social media to keep me busy.

 

 

Tv Scholar

I cannot help but find myself sucked in to the tube on a daily basis.  I am an avid TV Scholar.  Some of my favorite T.V. shows are 10 items or less, 20/20, and 21 Jumpstreet.  Because of my guilty habit of watching T.V. most of the day, it seems to distract me from the more important things that I should be focused on, like school work.  I’ve been attempting to get an easy scholarship so that the load is not entirely on my shoulders as far as expense.  Goodness, I really need to focus more on getting an easy scholarship more so than watching T.V.  Oh well, what does one do?

Making The Transition

It’s sad to think of the state of many of the men and women who have fought for the freedoms we all enjoy. The fight this nation’s wars even when they don’t believe in the reasons for fighting them. They fight because that’s wflishfashhat they’re ordered to do, and they’re trained to follow orders.

When they leave the service and take off the uniform, they become veterans, and many face a host of problems that veterans face fitting back into what is considered to be normal society. Some manage this with only a little difficulty, but others have a much harder time. Some slip through the cracks of a well-meaning society and wind up living on the streets.

All to often this is the result of falling on hard times and having few places to turn for help. Some do manage to pull themselves back up, but all too many become just another statistic. This is sad and probably one of the reasons why so many are not able to get traditional lending but have to go for consolidation loans for people with bad credit. Another example is the ups and downs with the economy. This may or may not help those who have been going through something, but at any rate!

http://www.usvetsinc.org/

http://maketheconnection.net/events/transitioning-from-service

https://answers.yahoo.com/question/index?qid=20080307113354AAZsGRD

http://consolidationloansforpeoplewithbadcredit.com

Busy Days

Yesterday was a busy day for me. I started the process of fixing my lawn mower along with two friends. Unfortunately it would not go into gear although the motor started. We will need to get some additional help with it. Afterwards, my friend and I went to to the lake. I got my kayak out of the water and moved it to my house.

After that endeavor, we went to subway for some lunch, to the bank, and on to the grocery store. Yesterday was one of the busiest days I have had in awhile, and today should be busy as well. I tend to prefer busy days, as to days when I am not occupied but both can be good, and a combination of both of both of those sorts of days, are probably important in terms of an individuals over all lifestyle and happiness. I enjoyed my day yesterday, even though it was a bit stressful after turning in all of my paperwork at school for scholarships for women over 40.

Journaling is Fun!

If you haven’t read the journal, you must want to take a look at it. The piece is super awesome and it might thrill you more than you expected. To me, it must be the finest piece of writing I have come across lately. The flow is so amazing and the ideas are quite outreached, much better than aything I have ever seen.

If you have not seen this, you need too: http://www.huffingtonpost.com/news/memoir-writing-contest/

The reason as to why I really love the journal is the way it brings out its articles in a very simple and interesting flow. The feeling you get reading it is so good that it makes you feel like you want to re-read it again and again.

One article I can’t easily forget about, in which the writer joked about heavens falling from the sky just because of a mere romance. I had to recite that part time after time and even picked a line from it. Those who have read it will agree with me if I say, great writers are just great and the author of this journal fits the club of greatness. In fact, after looking for my consolidation loans for people with bad credit , I decided to spend some time journaling.

Check out why we journal: https://www.mytherapyjournal.com/whyjournal/

You can see more here: http://Consolidationloansforpeoplewithbadcredit.com

My Story.

Once upon a time, in a very large and prosperous kingdom, there lived a mighty man. As a miniscule babe, he had an unnerving amount of courage. There was nothing this plump baby boy would not do. As a young lad, he ran across a wild and out-of-control beast: a lion. That was the only natural problem with the kingdom. It was overrun with man-eaters. The natives were normally jovial, chortling to one another about the young bucks trying to make names for themselves. But whenever a lion was heard roaring in the distance, they immediately became quiet and motionless.

Unlike the rest of his people and contrary to all well-known legends of fearless warriors, this little lad befriended the lion. He followed the monster to its lair and from then on would always visit the pride. That is how he came by the name Lionel. He was the only man that would even begin to get that close to them.

Not only because of his unnatural associations with the lions but also because of his skill in battle, virtue, and blond-flowing hair, he was declared the most magnificent knight in the kingdom. But one day, that title was challenged. A very mysterious yet charismatic man appeared in the dominion. He proclaimed to the elders and to Lionel himself that he should be bestowed the esteemed title of best knight.

Greatly irritated by the stranger’s arrogance, Lionel decided that they would settle the debate once and for all. The two warriors were assigned the same physical and mental challenges and whoever produced the finest results was to be declared the champion. Lionel won by a landslide and he was very cognizant of his outstanding dominance. In fact, he was too aware. He became addicted to the ecstasy of winning. The exhilarating feeling of victory that surged through his veins took over his heart.

Lionel began challenging the noblest knights at home and abroad and he never lost a battle. This new hobby began to consume him, body and soul. He soon forgot about his feline friends. In fact, he avoided them all together, not wishing anything to interfere with his winning streak. His pride swelled with every success. Audacity and narcissism became his constant companions.

The lions noticed this change in character and were not pleased. Lionel had been their friend. They had ceased their violent outbursts on the people solely because of Lionel. He had provided them with bounteous feeding grounds and Lionel had learned a great deal from their strong temperament.paper college photo

It was not long until the pride had had enough. One evening, they all gathered and mercilessly sprang upon the unsuspecting kingdom. It had been years since threats by the lions were even thought probable and yet in one moment, the most gory raid to date was launched. After that night, a bloody morning began. Both the skies and the grounds were covered in rich, red lather. Only Lionel and a few of the fittest knights had survived.

Lionel realized that he had caused this holocaust. Racked with guilt, he went from an idolizing and legendary warrior to an emotional and despairing failure. Knowing exactly what he must do, he told the knights to go their separate ways, start families, build their own kingdoms. Bound by their loyalty to their fallible friends, they did as he requested. Lionel left that day and ventured to the lair of the lions. He went unarmed and wearing rags for clothing.

http://fictionwritersreview.com/

Hope you thought that was good. That was one of the exceprts that I wrote for my no essay scholarships contest this last fall. I did not win with this piece, but I hope to submit another one soon.

View: http://NoEssayScholarships.org

Conversation Starters

Do you usually experience the problem of staring a conversation with someone, a stranger to be precise? The feeling is the same when facing a larger group. Fear not, it is something difficult per se but important as far as social skills are concerned.

This article provides the basics you need to stand in front of people and do a presentation or just to put your point across board. On the other side, if you cannot talk to one stranger what happens when you face a crowd. Building your interpersonal skill with one person prepares you for the big stage.

First, it is all right to be shy. Facing that fear that comes with being shy is important. After that, think of a good way to start a conversation. The unwritten rule is being realistic. Talk about what is happening now. The next thing is to sustain the conversation by actively participating. Do not give one-word answers or “conversation killers”. After getting through this, you need to practice it frequently with different people. Many medical people who studied their anatomy and physiology study guide for med school, may or may not benefit from conversation starters with patients.

Top Ten Places To Visit

Barbecues, camps, suntans, ice cream, swimming and all manner of summer fun are dreams that awaken when schools close and summer knocks. For most people it is not outright selecting the perfect summer vacation destination for them and their loved ones. With plenty of cool places to visit locally and globally it is a tough choice figuring place is best for the season.

Here are the top ten rated destinations of all time. You can take time this year and visit any of the places and you will retain the sweetest of memories.

1. Sin City – Las Vegas

2. New York City – United States

3. Orlando – Florida

4. Los Angeles

5. Seattle City – Washington DC

6. San Francisco – California

7. Mile- high city (Denver)- Colorado

8. Chicago (wind city)- Illinois

9. Boston City – Massachusetts

10. Cancun City – Mexico

For more reading, the NY Times has great information on this. You can also read a lot of information on National Georgraphic too.

So there you have the list, pack your bags, get ready for that summer get-away and you wont be disappointed. Perhaps all of the trips may qualify for some weird scholarships at your school.

Au tribunal des réfugiés, ils jouent leur dernier recours

Plus grosse juridiction administrative de France, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) représente l’ultime chance pour les hommes et les femmes qui souhaitent trouver refuge en France. Reportage à Montreuil, au cœur de ses seize salles d’audience où se jouent des destins extraordinaires.CNDA

Le long d’un couloir blanc et froid, des portes se succèdent. Fermées pour la plupart, certaines sont surmontées d’une lumière rouge. Audience en cours. Ouvrir ces portes, c’est plonger dans des histoires de tortures, de guerres et de viols aux quatre coins du monde ; c’est écouter les détails les plus intimes de vies brisées ; c’est entendre des juges, des rapporteurs, des avocats discuter de conflits lointains ; c’est appréhender l’exil d’hommes et de femmes qui ont traversé la planète pour se retrouver ici.

Nous sommes à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Peu connue du grand public, cette juridiction administrative est pourtant la première de France en nombre de recours traités chaque année : 36 362 en 2012 (soit près de 14 % de plus qu’en 2011). L’an passé, 3 169 audiences s’y sont tenues et 37 350 décisions y ont été rendues.

Salle d’audience n°5 : « M. a eu la jambe et les dents brisés, il ne l’a pas fait lui-même  ! »

Créée en 1952 à la suite de l’adoption de la convention de Genève sur le statut des réfugiés, la CNDA – initialement baptisée Commission des recours des réfugiés – examine les recours formés contre les décisions prises par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) portant sur les demandes d’asile. Avec un taux d’appel des décisions de l’Ofpra qui frôlait l’an passé les 90 %, la CNDA tourne à plein régime. Depuis le 1er janvier 2009, elle est rattachée, en gestion, au Conseil d’État.

Alors que les salles d’attente de la CNDA sont des fourmilières où des centaines de personnes parlent, pleurent, rient dans toutes les langues, les seize salles d’audience ouvertes au public frappent par le calme et l’organisation qui y règnent. Salle 5, un homme âgé d’une cinquantaine d’années fait face à la « formation de jugement » : le président et deux juges assesseurs (1).
 À leurs côtés, le rapporteur analyse le dossier : « M. a quitté le Pakistan en 2009, ses déclarations manquent sérieusement de crédibilité selon l’Ofpra. Il affirme avoir été approché par les talibans et par un groupe djihadiste pour la libération du Cachemire. Il est peu crédible qu’il ait été sollicité conjointement par les deux organisations. Son certificat médical est rédigé en des termes convenus. Je conclus au rejet. » Silence dans la salle, l’avocat entame sa plaidoirie : « M. a eu la jambe et les dents brisés, il ne l’a pas fait lui-même ! Les terroristes ont voulu l’embrigader parce qu’il était un négociant en cuir respecté et populaire. Cet homme a réussi à s’évader d’un camp terroriste, il est poursuivi par une fatwa. Je demande la protection subsidiaire au regard de la situation actuelle au Pakistan. » Depuis 2003, la protection subsidiaire permet de protéger, pour une période renouvelable d’un an, des personnes exposées à des menaces graves non explicitement prévues par la convention de Genève : la peine de mort, la torture ou des traitements inhumains ou dégradants. L’octroi de la protection subsidiaire représente aujourd’hui près du quart des décisions d’annulation de la CNDA.

« Je peux vous montrer ma jambe ? »

Face au demandeur, la formation de jugement entame alors son interrogatoire : « Pourquoi les talibans vous ont-ils kidnappé ? » « Qu’attendaient-ils de vous ? » « Comment avez-vous fui ? » À chaque question, le demandeur répond longuement, par le biais de son interprète. Il raconte le quotidien dans un camp taliban, bandeau sur les yeux et chaîne au pied ; son évasion et les huit heures de marche dans la nuit ; brandit un papier qui prouve qu’une fatwa écrite a été lancée contre lui. Soudain, il demande : « Je peux vous montrer ma jambe ? » et se retrouve le pantalon au pied, en slip devant les juges. « Oui, dit le président, on a vu. » L’audience a duré une demi-heure, le délibéré sera rendu à la fin du mois.

Énorme machine, la CNDA compte plus de 400 salariés : rapporteurs, assesseurs, secrétaires d’audience, magistrats permanents et présidents vacataires. Sans compter les interprètes, indispensables dans cette énorme tour de Babel. En 2011, les recours déposés auprès de la CNDA émanaient de requérants issus de 107 pays. Arrivent en premier le Bangladesh, le Kosovo, le Sri Lanka, la Russie et la République démocratique du Congo.

Relativement modeste pendant les vingt-cinq premières années de la Cour, le nombre des recours a augmenté régulièrement à partir de 1978 pour atteindre son niveau le plus élevé en 1991 avec 55 000. Face à ces nouveaux afflux de réfugiés, les délais s’allongent… En 2010, il faut compter quinze mois avant d’obtenir une réponse de la CNDA. Cette dernière ­décide alors de mettre en place les ordonnances nouvelles : controversées, elles permettent aux présidents de section statuant seuls de rejeter les demandes qui « ne présentent aucun élément sérieux susceptible de remettre en cause les motifs de la décision » de l’Ofpra. Depuis leur mise en place en 2004, les ordonnances nouvelles ont pris une importance de plus en plus grande : en 2011, un peu moins de 7 000 dossiers ont été traités par ce biais, soit près de 12 % des demandes.

Un maillon indispensable de la Cour : les avocats

Au milieu de la mécanique bien huilée de la Cour, il est un maillon indispensable, bien que non obligatoire : les avocats. D’ailleurs, les demandeurs ne s’y trompent pas : ils sont 82 % à se présenter devant l’audience accompagnés. Ils sont une cinquantaine à y travailler régulièrement. Commis d’office ou choisi, l’avocat peut accompagner le demandeur devant la formation de jugement, ce qui n’est pas le cas à l’Ofpra où le demandeur doit raconter seul son parcours. Une anomalie pour nombre d’avocats, qui réclament un double degré de juridiction. Au printemps dernier, les robes noires de la CNDA ont fait grève pendant vingt-trois jours, dénonçant la dégradation du traitement des dossiers des réfugiés et des droits de la défense. « Ils mettent toujours en avant la réduction des délais, mais nous, nous voulons revenir à la substance, explique Gilles Piquois, avocat depuis une vingtaine d’années à la CNDA et membre du réseau Elena France. On a l’impression d’être dans une unité de production judiciaire, alors qu’il faudrait prendre le temps de juger. La question du délai est secondaire : ce qui compte, c’est qu’une personne qui a des craintes voit sa demande étudiée sérieusement ! »

En cause aussi, la faible rémunération accordée aux avocats de l’aide juridictionnelle (AJ). Cette dernière a fait son entrée il y a peu à la CNDA : il a fallu attendre 2008 pour que les requérants ne disposant pas de ressources suffisantes puissent en bénéficier, sans condition d’entrée régulière en France. La centaine d’avocats régulièrement inscrits sur les listes de l’AJ à la Cour dénoncent une rémunération au rabais : 8 unités de valeurs (UV) pour une affaire, soit 182 euros net, contre 20 UV pour une obligation de quitter le territoire ou 30 pour un divorce avec consentement mutuel. Pourtant, les recours à la CNDA ne sont pas une mince affaire. « C’est une course contre la montre, raconte Geneviève Beltran, avocate. Tout va très vite, alors que nous n’avons quasiment aucune info sur l’affaire et pas d’interprète pour nous aider. Il nous arrive de faire des recours sans connaître la nationalité de requérant ni la décision de l’Ofpra ! »

13 audiences par demi-journée, le rythme est dense

Dans l’après midi, les audiences se poursuivent. À raison de treize dossiers programmés par demi-journée, le rythme est dense. « Il nous arrive de siéger jusqu’à neuf heures par jour, soupire un juge assesseur nommé par le HCR, qui souhaite rester anonyme. Au bout de sept heures, il devient difficile de se concentrer. D’autant qu’on peut avoir le sentiment d’entendre toujours la même chose. D’où l’importance d’avoir une procédure orale. »

Pour le profane, les histoires entendues dans ces salles d’audience paraissent pourtant extraordinaires. Dans la salle d’audience numéro 6, c’est la vie d’un Mauritanien d’origine peule qui est décortiquée. Comme son père et son grand-père avant lui, cet homme travaillait comme berger d’une centaine de dromadaires pour un Maure blanc, sans salaire. Autrement dit : un esclave. En 2010, il tente de s’enfuir, rattrapé, il échappe de peu à la castration par les autres esclaves. L’Ofpra a rejeté sa demande, la jugeant « peu plausible au regard de l’esclavage en Mauritanie qui se transmet par les femmes et non par les hommes ». Mais, pour son avocat, cet homme est victime d’un cas « extrêmement rare d’esclavage interethnique avec des Peuls travaillant pour des Maures blancs » : « Son grand-père a été vendu à l’ancêtre de son maître, il est dans une dépendance psychologique très forte, mais a réussi à s’enfuir. Son maître est allé chez sa femme pour lui dire que, s’il ne revenait pas, il prendrait son petit garçon de deux ans. Il a essayé de porter plainte mais c’est impossible, les Peuls sont considérés comme des sous-hommes en Mauritanie. » La décision de la Cour sera rendue publique dans trois semaines, affichée dans ses locaux.

Immigration and US

In the US, there are many immigrants that help to make the country very productive. However, this is not what this post is about. From what we have seen, it appears that many residents and would be citizens, get into debt while they are here. Although it is not impossible to get out of debt, we have seen many people need loans in order to keep afloat.

We we think would be a help would be to educate on the perils on getting into debt in a new country, regardless of where immigrate too. The economics of any country can really differ, and in the US they seem to change quite a bit too.

http://www.uscis.gov/

https://egov.uscis.gov/cris/Dashboard.do

The sites above will have great information on those coming to the US.

 

 

C’est tellement simple de dire 
qu’il y a trop d’immigrés…

Remis il y a peu au premier ministre Jean-Marc Ayrault, le rapport (PDF) du conseiller d’État Thierry Tuot pointe les ratés de trente ans de politiques d’intégration et d’immigration. Ancien juge délégué de la reconduite aux frontières, Thierry Tuot appelle à un « devoir d’intelligence et de vérité » sur le sujet. Entretien avec un haut fonctionnaire qui n’a pas la langue dans sa poche.

Vous consacrez de nombreuses pages 
de votre rapport à tenter de circonscrire le terme d’« intégration ». Faut-il 
le remplacer ?

Thierry Tuot. Je n’ai rien contre le mot lui-même. Ce qui est important, ce sont les réalités sociales plutôt que la façade. Mais ce terme se prête à des interprétations extrêmement variées. Certains considèrent que ça ne concerne que les primo-arrivants, c’est-à-dire les étrangers qui viennent de passer notre frontière. Je ne suis pas sûr que la politique d’intégration concerne les Américains qui séjournent en France, même durablement. C’est la première difficulté : il n’y a pas de consensus politique sur la signification de ce mot. Deuxième problème : les personnes qui sont l’objet de ces politiques sont majoritairement françaises, parfois depuis deux à trois générations. Leur dire, alors qu’ils ont une carte d’identité française et qu’ils sont eux-mêmes enfants de Français, « vous n’êtes pas intégrés », c’est quand même assez dur à entendre. Ce mot pose aussi des problèmes théoriques : intégrer à quoi ? La nation, la France, la République ? Et puis, il place les gens comme objets d’une politique : « Restez passifs, on va vous intégrer. » Mais la question est politique avant d’être lexicale : que veut-on faire de nos compatriotes qu’on répute d’origine étrangère ? Quand on saura cela, on saura le nommer.

Vous proposez le mot « inclusion »…

Thierry Tuot. J’essaye d’explorer une alternative, mais je ne prétends pas l’avoir trouvée. Je propose d’aller vers une société inclusive, dans laquelle personne ne serait sur les marges, ni, surtout, de l’autre côté des marges. Le but, c’est que les immigrés n’aient plus le sentiment – ni la perception réelle – qu’ils ont des problèmes de logement, d’emploi, etc., parce qu’ils sont immigrés. La dimension étrangère ne serait pas niée, mais elle ne serait plus la variable explicative majeure des difficultés sociales. Le chemin pour y parvenir pourrait être ce que les Américains appellent l’« empowerment », que j’ai traduit par « mise en capacité ». Il s’agit de donner des moyens (sociaux, culturels, politiques, etc.) aux gens de participer à la vie sociale. Cela ne veut pas dire qu’ils réussiront mieux que les autres ou auront des droits supplémentaires, mais ils seront à égalité de capacité. La création de réseaux au profit des plus démunis pourrait supprimer le plafond de verre. Ces barrières – qui sont souvent en béton et pas en verre – les empêchent d’être les acteurs de leur propre destin social.

Existe-t-il des exemples de pays ayant réussi 
leur politique inclusive ?

Thierry Tuot. Aucun modèle n’est réplicable. On cite souvent le modèle canadien qui intègre assez bien les flux d’étrangers, mais qui reste très dominé par le modèle anglo-saxon. Je ne crois pas qu’il y ait de modèle étranger applicable en France. À nous de nous débrouiller avec notre modèle républicain et notre roman national.

Vous exhortez les politiques à un « devoir d’intelligence » sur ces questions…

Thierry Tuot. Le discours politique ne peut avoir de crédibilité s’il ne repose pas sur une bonne compréhension des faits. J’appelle aussi à un devoir de vérité. Je prends l’exemple des clandestins, parce que c’est l’un des points de mon rapport sur lequel j’ai été le plus mal compris. Les gouvernements – gauche et droite confondues – de ces quinze dernières années ont régularisé le même nombre de clandestins chaque année. Et ce quelles que soient les différences de discours. Pourquoi ? Parce que ces gens se sont maintenus sur le territoire. Ils ont statistiquement été appréhendés deux ou trois fois par la police, mais on n’a jamais réussi à les reconduire à la frontière. Heureusement, car nous sommes dans un État de droit. Ces gens ont des enfants scolarisés en France, ou sont ascendants de Français, ou malades sans pouvoir être soignés à l’étranger, etc. Donc on n’a pas le droit de les expulser. Pourquoi continue-t-on à dire « nous allons lutter contre les clandestins » ? En laissant croire qu’on pourrait faire autrement, alors qu’on fait le contraire, on détruit la crédibilité de l’action publique. Commençons par admettre la réalité : nous ne pouvons pas peser sur les flux migratoires. Pour une raison simple : nous avons ratifié la Déclaration des droits de l’homme, puis la Constitution en 1946. Ce droit nous engage collectivement et représente nos valeurs vis-à-vis des étrangers. Donc reconnaissons-le. Et puisque, à la fin, ils sont régularisés, est-ce qu’on ne pourrait pas faire un travail social avant, plutôt que de le faire du bout des lèvres, en créant de l’amertume ?

Ce « titre de tolérance » que vous proposez n’est pas une régularisation immédiate de la majorité des sans-papiers, comme certains l’ont dit, mais un projet sur cinq ans…

Thierry Tuot. Sous le gouvernement Sarkozy, il y avait 30 000 régularisations par an. Je ne propose pas d’en régulariser plus, ce n’est pas la question, je dis simplement : plutôt que de laisser les gens entre cinq et dix ans à la dérive, en les pourchassant, en les laissant dans des hôtels pourris avec du saturnisme, à la merci des employeurs clandestins, pourquoi ne pas dire : « On va vous régulariser dans cinq ans, entrons dans une démarche ensemble. » Si vous trouver une adresse autre qu’un foyer, on vous donne des allocations logement ; si vous suivez des cours de français, on vous donne le RSA, etc. Cela permettrait que les régularisations ne soient plus un sacrifice, mais la reconnaissance d’un vrai travail d’intégration. Mon modèle est d’un gauchisme échevelé : c’est celui de Mme Merkel. Le gouvernement allemand a mis en place ce titre de tolérance depuis cinq ou six ans.

Ce sont donc des régularisations au mérite ?

Thierry Tuot. Ce sont des régularisations issues d’un travail social et qui ne sortent pas les gens d’un no man’s land juridique.

Le ministre de l’Intérieur vous a déjà répondu qu’il ne mettrait pas cette mesure en place…

Thierry Tuot. Non, Manuel Valls a dit : « Je ne vais pas régulariser massivement tous les clandestins. » Je confirme : je ne propose nulle part de régulariser plus de clandestins, je propose que les régularisations auxquelles nous sommes contraints par le droit international soient précédées d’un travail social plutôt que par du harcèlement. Le gouvernement a dit qu’il allait réfléchir à mes propositions.

Mais ces régularisations représentent forcément plus de 30 000 personnes !

Thierry Tuot. Je ne me prononce pas sur les chiffres. Je propose que, dans le cadre de la nouvelle ­circulaire Valls sur les régularisations, ces mesures soient mises en place. Mon propos n’est pas sur le nombre de régularisations, mais sur le chemin pour y aboutir.

Comment expliquez-vous que cette mesure 
de votre rapport fasse déjà polémique ?

Thierry Tuot. Travailler sur l’immigration place tous ceux qui en parlent dans une situation politique extrêmement délicate. Depuis 1945, au lieu de parler d’intégration, nous parlons d’immigration. C’est tellement simple de dire qu’il y a trop d’immigrés. On se cache derrière les flux migratoires pour ne pas traiter les réalités sociales.

Vous proposez aussi un assouplissement 
des règles pour obtenir la nationalité française. Pourquoi lier nationalisation et intégration ?

Thierry Tuot. Si le gouvernement a, comme il l’a annoncé, une grande ambition en matière d’intégration, il part avec un handicap très lourd : la remise en cause très forte de la parole publique. Cela fait des années que nous promettons des choses qui ne fonctionnent pas. La deuxième partie de mon rapport appelle le gouvernement à prendre des mesures symboliques et concrètes pour réhabiliter cette parole publique. Si on dit « valeurs républicaines », « école », je dis : « Chiche !» Donnons la nationalité aux enfants qui ont suivi une scolarité complète en France, alors même qu’ils étaient en ­situation irrégulière. Cela crédibiliserait le discours sur l’école auquel personne ne croit plus ­aujourd’hui. De même, quand on dit « il faut s’intégrer à la France, servir la patrie » avec un discours grandiloquent très 1870, moi je dis qu’une femme qui a des enfants français, qui vit ici depuis vingt-cinq ans, on n’a pas le droit de lui dire qu’elle n’est pas bien intégrée et de lui refuser des papiers parce qu’elle n’a pas passé le test de connaissance sur Louis XIV ! Quand on donne des enfants à la France, on est français. Je ne crois pas que donner une carte d’identité confère une identité reconnue par la collectivité, mais c’est un acte qui crédibilise un discours public.

Vous évoquez longuement, dans votre rapport, la place des vieux immigrés, avec les propositions de rénover les foyers, de faciliter les allers-retours entre la France et les pays d’origine…

Thierry Tuot. Là aussi, c’est une question de ­crédibilité. Si on veut parler aux jeunes, il faut leur retirer tous les arguments qu’ils ont pour être révoltés et tomber dans l’islamisme le plus débile. Si on continue à mépriser leurs pères et leurs grands-pères, non seulement on se prive d’une richesse humaine extraordinaire, mais, en plus, on s’enlève toute crédibilité dans le discours moralisateur. Quand on a visité un foyer de travailleurs migrants, les droits et les devoirs, ça fait doucement rigoler…

C’est la même logique pour le devoir de mémoire ? Vous réclamez des monuments aux morts pour les anciens combattants immigrés…

Thierry Tuot. Oui, je prends les nationalistes au pied de la lettre. Moi aussi, je suis attaché à la nation. Et à tous ceux, noirs, jaunes, basanés, qui sont morts sous le drapeau. Je voudrais qu’on se rappelle que si Jean Moulin portait une écharpe sur toutes les photos, c’était pour cacher les cicatrices de sa tentative de suicide. Cette tentative a eu lieu en juin 1940, parce que les Allemands lui avaient demandé de signer un papier qui leur aurait permis d’exécuter les prisonniers sénégalais. Plutôt que de se prêter à une ignominie, il a préféré essayer de se suicider. Je ne suis pas sûr que les tirailleurs sénégalais avaient demandé à mourir près de la cathédrale de Chartes. On pourrait peut-être avoir un peu de reconnaissance pour eux. Quand on parle de la racaille islamiste des banlieues, qu’on se souvienne de ce que leurs grands-pères ont fait pour la France.

Vous proposez la publication annuelle 
de chiffres sur les flux migratoires. Le FN 
s’est empressé de se réjouir… Ne craignez-vous pas que ces chiffres soient récupérés ?

Thierry Tuot. Pas du tout. Ce que je propose, c’est que l’appareil statistique soit refondé scientifiquement, en mobilisant l’Insee, l’Ined, toute la recherche universitaire, et que tout cela soit expertisé par des scientifiques français et européens, pour qu’il n’y ait pas le moindre doute sur ces chiffres. Je propose ensuite que le Haut Conseil à l’intégration, complètement reformé, soit le garant de ces statistiques. Si on le fait de cette façon-là, je pense que les partis qui se réjouiront ne seront pas les mêmes que ceux qui se réjouissent aujourd’hui. Que va-t-on apprendre ? Que l’immigration est à peu près constante, que les immigrés sont à 80 % européens, que l’immigration est un immense atout qui nous aide à tenir le coup malgré la crise économique, que les immigrés font à peine plus d’enfants que nous. On pourra avoir des débats, non plus sur des fantasmes ou des chiffres bidon, mais sur des réalités. Il y a quinze ans, on se battait sur les chiffres du chômage, maintenant personne ne discute ces chiffres, mais les politiques de l’emploi. Il faut qu’on arrive à cette pacification, pour qu’on puisse parler des vrais problèmes.

Qu’attendez-vous de la « réflexion interministérielle » lancée par 
Jean-Marc Ayrault pour une nouvelle 
politique d’immigration et d’intégration ?

Thierry Tuot. Mon travail est fini. Ce que j’espère comme citoyen, et pas comme auteur du rapport, c’est que le débat reprenne avec des ambitions collectives et sur des bases sereines. Je ne veux pas savoir si je vais être suivi sur la mesure B ou 24, je suis le premier à dire que mes suggestions ne sont pas forcément les bonnes. Ce qui me navrerait, c’est que le débat retombe. Le silence est ce qui est le plus grave après la xénophobie dans ce champ des politiques sociales.

 

Un rapport qui dérange, du PS à l’UMP
Remis à Jean-Marc Ayrault le 11 février, le rapport 
de Thierry Tuot a immédiatement déclenché les foudres de l’opposition et… du ministre de l’Intérieur. Pour 
le député UMP Guillaume Larrivé, ce « rapport caché » définit le « mode d’emploi d’une régularisation générale des clandestins ». Manuel Valls a assuré qu’« il n’y 
aura pas de régularisations massives » avant de réagir 
sur la question du port du voile. Dans son rapport, 
Thierry Tuot regrette que « la question musulmane, 
pure invention, (…) ne cesse de polluer le débat public » et s’interroge : «La France a-t-elle jamais dépendu de 
ce qu’un bout de tissu (boubou, coiffe bretonne, chèche ou béret) soit porté d’une façon ou d’une autre ? » Manuel Valls lui a sèchement répondu que le voile « restera pour (lui) et doit rester pour la République 
un combat essentiel ». Le premier ministre a lancé 
une « réflexion interministérielle » à partir des préconisations de ce rapport, pour « proposer une profonde refondation de notre politique d’intégration ».