Laissez-passer

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mardi 9 février 2010

Les sans-papiers de la rue du Regard « sous protection »

Depuis une semaine, il est là tous les jours, dès six heures du matin, « au cas où la police arriverait ». Laurent Cantet, Palme d'or du festival de Cannes pour son film « Entre les murs », se dit prêt à « faire tampon entre les forces de l'ordre et les grévistes » sans papiers de la rue du Regard (Paris 6e), menacés d'une évacuation imminente. « La grève est un droit constitutionnel qui n'est pas négociable », dit-il. Le réalisateur n'est pas le seul à s'être positionné. En quelques jours, un impressionnant mouvement de solidarité s'est constitué autour de ce piquet de grève.

Parmi la centaine de signataires du texte « Le piquet de grève de la rue du Regard est sous notre protection » figurent les cinéastes Jacques Audiard, Abdelatif Kechiche et Bertrand Tavernier ; les comédiens Yvan Attal, Josiane Balasko et Isabelle Carré ; les politiques Pierre Laurent (PCF), Harlem Desir (PS), Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélanchon (PG), Noël Mamère (Verts) ou encore les syndicaliste Francine Blanche (CGT) et Annick Coupé (Solidaires).  « Le gouvernement fait systématiquement expulser les grévistes (50 opérations à ce jour), écrivent-ils. C'est, de fait, vouloir leur interdire l'exercice de leur droit de grève en les privant de lieu où l'exercer ». Et de promettre : « Si la police intervenait, nous nous engageons à faire le maximum pour nous rendre sur place pour protester, témoigner du caractère déshonorant de ces méthodes et proclamer notre solidarité avec ces travailleurs en lutte ».

Au 8 de la rue du Regard, la vie suit son cours. Depuis le 7 décembre, 250 travailleurs sans papiers du bâtiment occupent, jour et nuit, ces locaux. Leur lutte s'inscrit dans le cadre d'un vaste mouvement de grève qui réunit quelque 6000 grévistes en Ile de France et exige une circulaire de régularisation avec des critères simplifiés. Dans la cour à moitié protégée par un préau, certains terminent de déjeuner, d'autres commencent leurs ablutions, tandis que quelques uns prient dans un coin. « Nous comptons quelques intérimaires, mais la majorité d'entre nous sommes de travailleurs isolés », explique Sissoko Ousmane, délégué des grévistes. Éparpillés au sein de leurs entreprises, ces travailleurs se sont regroupés pour occuper le bâtiment du fond d'assurance formation des salariés de l'artisanat et du BTP (Faf-Sab). Ce dernier se considérant occupé illégalement a fait appel à la justice, qui lui a donné raison. Mardi 2 février, le tribunal de grande instance de Paris a donné l'ordre aux grévistes de déguerpir. Depuis mercredi, 14 heures, les forces de l'ordre peuvent évacuer le piquet de grève à n'importe quel moment.

Dans le hall, un tableau de présence assure une présence, 24 h / 24 du comité de soutien. Membre de ce dernier, Jean-Paul précise qu'en cas d'alerte, une centaine de personnes sont prêtes à se rendre immédiatement sur place pour aider les grévistes dans le cadre d'une « résistance passive ». Sissoko confirme : « On se sera pas violents. Nous on ne cherche pas la bagarre, mais on ne se laissera pas expulser comme ça ».

Article paru dans l'Humanité du 9 février

dimanche 7 février 2010

Mobilisation générale pour les sans-papiers

De Poitiers à Clermont-Ferrand, en passant par Paris et Nantes, de nombreuses manifestations se sont tenues samedi en faveur des sans-papiers. Des initiatives sporadiques, qui n'avaient pas toutes le même mot d'ordre. Les travailleurs réclament une circulaire de régularisation ; l'UNEF demande des cartes de séjour pour les étudiants ; les habitants de Colombes et Clermont-Ferrand, qui ont récemment connu des expulsions musclées, demandent le retour de leurs lycéens ; d'autres, enfin, exigent la fermeture des centres de rétention. Tous ces mots d'ordre sont-ils si différents ? A Paris, au ministère de la régularisation de tous les sans papiers, on s'interrogeait judicieusement sur la convergence des luttes. Une question effectivement d'actualité...

Grévistes et étudiants à Paris

A Paris, les travailleurs sans papiers de l'Est parisien se sont rassemblés samedi après-midi autour du piquet de grève de la Porte des Lilas. Derrière une banderole « travailleurs sans-papiers grévistes des 19ème et 20ème arrondissements » et en scandant « On bosse ici, on vit ici, on reste ici ! », environ trois cents manifestants (selon l'AFP) se sont ensuite rendus jusqu'à l'agence d'intérim Multipro, occupée depuis plusieurs mois. Une soirée de soutien était prévue samedi soir à l’ex-Forge de Belleville. Le point sur la lutte de Multipro sur le très bon blog de Fabien Abitbol, Ménilmontant, mais oui madame...

Toujours à Paris, un millier de manifestants, selon l'Unef, se sont rassemblés en début d'après-midi, à proximité du ministère de l'Immigration, pour demander la régularisation des étudiants sans papiers et la délivrance de titres de séjour pluriannuels.

A Nantes et Poitiers, contre les centres de rétention

A Nantes, plusieurs centaines de personnes ont défilé aux cris de « Des papiers pour tous les sans-papiers » et « Non aux camps de rétention » . L'ingénieur du son Benoit Tigeot et la photographe Florine Touzard ont réalisé ce petit objet multimédia :


Manifestation de soutien aux sans papiers à Nantes 06/02/2010

A Poitiers, plusieurs personnes avaient répondu à l'appel du collectif contre les expulsions et pour le droit à vivre en France à manifester samedi après-midi dans le centre ville. Six manifestants ont été placés en garde à vue à l'issu de cette manifestation, avant d'être relâchés. Un rendez vous est prévu lundi à 18h devant le palais de justice pour se tenir au courant des suites pour les personnes interpellées. Davantage de détails sur le site d'Indy media Poitiers.

Pour le retour de Mohamed et Salima

A Colombes (Hauts-de-Seine), plus de cent personnes ont défilé dans les rues pour réclamer le retour en France de Mohamed Abourar, un lycéen marocain de 18 ans expulsé le 23 janvier. Les manifestants se sont rassemblés en début d'après-midi devant le lycée Valmy de Colombes, où Mohamed était inscrit en 1ère année de bac pro hygiène et environnement. Arrêté le 17 janvier lors d'un contrôle de police, ce jeune majeur avait été placé en rétention et expulsé moins d'une semaine plus tard.

A Clermont-Ferrand, entre 300 et 500 personnes se sont rassemblées à l'appel du Réseau Education sans frontières pour soutenir Salima et Salma Boulhazar, jumelles clermontoises séparées depuis que la première a été expulsée vers le Maroc jeudi dernier.

jeudi 4 février 2010

Salima expulsée vers le Maroc sans sa jumelle

Malgré la mobilisation de plusieurs associations et partis politiques, Salima, une jeune femme sans papiers de Clermont-Ferrand a été expulsée vers le Maroc hier matin sans sa sœur, qui vit toujours cachée. Le Réseau éducation sans frontières avait «trouvé quelqu’un sur place à Casablanca pour l’accueillir» et a annoncé que la mobilisation continuait pour qu’elle revienne. Un rassemblement est prévu demain à 14h devant la préfecture du Puy-de-Dôme.

Une pétition pour Salima et Salma est disponible sur le site de RESF.

« Non à un camp d'internement des étrangers ! »

Une dizaine d’associations ont lancé une pétition contre l’ouverture du deuxième centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Avec 240 places, ce centre (dont l’ouverture est prévue dans quelques semaines) sera le plus grand de France. Pour les associations, « l'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire ».

Patrons en prison, salariés licenciés

Barbe poivre et sel, bonnet vissé sur la tête, Kaba Tandia, 58 ans, tend un papier estampillé du logo de son entreprise, Seni. La violence des mots saute aux yeux : «Vous avez usurpé l’identité de la personne sous le nom duquel vous travaillez. En conséquence vous êtes convoquez à un entretien préalable en vue d’envisager à votre encontre une mesure pouvant aller jusqu’au licenciement». Pourtant, assure Kaba, c’est son employeur lui-même, sachant qu’il était en situation irrégulière, qui lui a demandé d’emprunter des «bons papiers»...

Une trentaine de salariés de l’entreprise de nettoyage Seni au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ont reçu la même lettre; ils étaient convoqués hier matin à des entretiens préalables. Élus, citoyens et comité de soutien s’étaient rassemblés devant l’entreprise pour les défendre. Car ces salariés font partis des quelque deux cents sans-papiers qui ont entamé un mouvement de grève et d’occupation, le 19 octobre dernier, pour obtenir leur régularisation. «Ils ont été choisi arbitrairement, pour faire un exemple » dénonce Caroline Aubry, de la CGT.

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mercredi 3 février 2010

People partis, sans-papiers évacués ?

Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné hier l’évacuation des locaux de l’entreprise de bâtiment FAF-SAB, rue du Regard à Paris, occupée depuis le 15 décembre par des travailleurs sans papiers qui exigent une circulaire de régularisation.

Le 6 janvier, de nombreuses personnalités (Lilian Thuram, Josiane Balasko, Laurent Cantet, Antoine de Caunes...) s’étaient rendues sur place leur témoigner leur soutien autour d’une galette des rois solidaire. Syndicats, associations et simples citoyens sont invités à se rendre sur place pour affirmer leur solidarité avec les grévistes et de se tenir à leur côté en cas d’intervention policière.

Lire aussi :
Galette VIP
Solidaires des grévistes

Au procès de l'incendie de Vincennes, la justice part en fumée

« On ne peut pas participer à un tribunal qui viole ouvertement la loi ». Les mots sont de l'avocate Irène Terrel et visent directement la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris qui continuait de siéger, hier, sans prévenus ni défense. Depuis mercredi dernier, dix incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes sont jugés au tribunal de grande instance de Paris. Mais selon les avocats de la défense, depuis lundi, ce tribunal siège en toute illégalité. « Mercredi à 20 heures, la présidente a annoncé, sans jugement, qu'elle nous imposait trois semaines supplémentaires d'audience, poursuit Irène Terrel. C'est contraire au code de procédure pénal ».

Lors d'une conférence de presse organisée hier au siège de la Ligue des droits de l'homme, les avocats de la défense ont énuméré la longue liste des manquements dans ce procès. « C'est un cas d'école, résume l'avocat Henri Braun. Toutes les règles d'un procès équitable ont été bafouées ». Et de dénoncer, entre autre, des détentions provisoires « qui ne reposent sur rien » et une « instruction entièrement à charge » dans laquelle toutes les demandes de la défense ont été rejetées.

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mardi 2 février 2010

Procès de CRA de Vincennes : les avocats claquent la porte

Coup de théâtre hier au procès de l'incendie du centre de rétention de Vincennes : cinq minutes après le début des débats, les avocats de la défense ont claqué la porte. Depuis mercredi dernier, dix sans papiers sont jugés au tribunal correctionnel de Paris pour leur implication présumée dans l'incendie du centre le 22 juin 2008.

Après trois premières journées très agitées et émaillés d'incidents, les avocats ont demandé à la présidente de la 16e chambre correctionnelle, Nathalie Dutartre, de reporter le procès, protestant contre la décision de tenir trois semaines supplémentaires d'audience à partir de ce lundi. Le procès était prévu pour durer trois demi-journées, mais le tribunal a décidé de le prolonger afin de pouvoir visionner des enregistrements vidéo de l'incendie, comme l'avait d'ailleurs demandé la défense.

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vendredi 29 janvier 2010

Des camps d'internement aux centres de rétention

70 ans de la Cimade

Pour fêter son soixante-dixième anniversaire, la Cimade invite le public à découvrir les actions qui ont jalonné son histoire, comme ce week-end à pau avec une réflexion autour de l'enfermement administratif. L'occasion de revenir sur 70 ans de combats avec Geneviève Jacques, 66 ans, secrétaire générale de la Cimade de 1988 à 1996, aujourd’hui équipière bénévole à Aubervilliers.



Geneviève Jacques En 1940, des pasteurs du Sud-Ouest de la France lancent un appel : des réfugiés de l’Allemagne nazie sont enfermés dans des camps. Comment entrer dans ces camps pour les aider ? Geneviève Jacques nous raconte comment Madeleine Barot, première secrétaire générale de la Cimade, réussit à tromper les autorités pour pénétrer et s’installer à l’intérieur de ces camps d’internement :


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Sitti et Liouize libérées !

Les deux étudiantes comoriennes, arrêtées lundi dernier à Pau et transférées au centre de rétention de cité à Paris, ont été remises en liberté hier, une décision confirmée cet après-midi par la cour d'appel de Paris.

Mercredi, le juge des libertés et de la détention (JLD) avait ordonné leur remise en liberté mais le parquet de Paris avait fait appel de la décision et demandé à ce que cet appel soit suspensif, c'est-à-dire que les deux jeunes filles soient maintenues en centre de rétention.

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mercredi 27 janvier 2010

Jeunes sans papiers à la conquête de l'Humanité

Le week-end dernier, le quotidien L'Humanité ouvrait ses portes à ses jeunes correspondants. Ils ont entre 16 et 30 ans, certains sont engagés politiquement, d'autres souhaitent devenir journalistes et quelques uns veulent simplement découvrir comment fonctionne un quotidien national ; ils étaient une centaine, le week-end dernier, à participer à l'élaboration du numéro spécial Jeunes paru lundi dans les kiosques. Parmi eux Weysel, Abdoul, Mondel et Nanhoua, des jeunes Majeurs sans-papiers. La photographe Célia Bonnin, qui les suit au quotidien depuis décembre, a mis en images ce week-end.


Jeunes Majeurs à la conquête de l'Humanité

mardi 26 janvier 2010

Procès de Vincennes, la défense demande la récusation

Le procès des dix sans-papiers accusés d’avoir incendié le centre de rétention de Vincennes est chaque jour plus chaotique. Lundi, la défense avait demandé le renvoi de l’affaire, arguant de la partialité d’une présidente qui avait déjà siégé dans une affaire impliquant l’un des mis en examen (Moïse Diakité, lire son portrait ici).

Face au refus du tribunal, la défense a déposé une requête en récusation auprès du premier président de la cour d’appel. Dans l’attente de sa décision, l’audience doit reprendre aujourd’hui. « Quoiqu’il en soit le procès ne peut pas se tenir, indique l’avocate Irène Terrel. Déjà en trois après-midi, c’était impossible, mais en une… »

A la sortie de l'audience, qui n'a duré que quelques minutes, une centaine de manifestants qui scandaient "liberté avec ou sans papiers" ont violemment été poussés dehors.

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lundi 25 janvier 2010

Recettes de réfugiées

Envie de goulasch ou de bananes plantins ? Une vingtaine de femmes, hébergées dans le centre d’accueil des demandeurs d’asile de Forum réfugiés à Lyon, livrent leurs savoirs-faire culinaires. Conçu comme un voyage, ce livre nous emmène de l’Europe de l’Est à la Syrie, en passant par l’Algérie et le Congo. Plus qu’une simple manière de s’alimenter, ces plats sont aussi un «refuge» explique Christian Coulon, professeur de science politique, dans son avant-propos : « La cuisine est aussi un marqueur identitaire majeur, un univers de connaissance, (…) une façon de ne pas oublier le ‘pays’ ». Transmises oralement depuis des siècles, ces recettes sont enfin couchées sur le papier, pour le plus grand bonheur de nos papilles.

Le goût d’asile, recette du monde Ed. Forum Réfugiés, 15 €, 48 p.

Début chaotique du procès de l'incendie de Vincennes

Le procès de dix sans-papiers soupçonnés d’avoir participé à l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 22 juin 2008 s’est ouvert aujourd'hui à Paris. Cet incendie avait été provoqué par la mort inexpliquée d’un Tunisien retenu dans ce qui était alors le plus grand CRA de France. Plusieurs incidents ont émaillé le début de ce procès qui doit durer jusqu’à mercredi. L’un des suspects a été arrêté alors qu’il se rendait à l’audience, il a été placé brièvement en garde à vue pour séjour irrégulier, avant d’être reconduit au tribunal. A l’ouverture des débats, la défense a soulevé plusieurs points de procédure et demandé le renvoi du procès. Le juge devrait rendre sa décision demain.

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samedi 23 janvier 2010

Des migrants échoués en Corse

Hier encore, nul ne savait d’où ils venaient, ni comment ils avaient pu arriver là. Vendredi matin, des habitants de Paragano, près de Bonifacio, ont découvert une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants, sur cette plage située à l’extrême Sud de la Corse, non loin de la Sardaigne. D’après les premiers éléments, ils pourraient s’agir de Kurdes, originaires de Syrie. Seule certitude, ils sont exactement cent vingt-quatre : cinquante-sept hommes, vingt-neuf femmes (dont cinq enceintes), vingt-neuf enfants et neuf nourrissons. Tous ont été transférés hier dans le gymnase du collège de Bonifacio, où les autorités leur ont distribué nourriture et eau. Leur état de santé ne semblait présenter aucun risque.

D’après la préfecture de Corse, le groupe « aurait été débarqué d’un bateau par des passeurs, sans doute hier (jeudi) soir mais peut-être depuis plus longtemps ». Dans l’après-midi, le ministre de l’Immigration annonçait qu’une information judiciaire était ouverte et que les autorités italiennes s’apprêtaient à arraisonner un bateau suspect voguant dans les eaux internationales. «Nous ne laisserons pas faire» n’a cessé de répéter Eric Besson.

Et le ministre de convoquer un sommet de crise pour «renforcer les frontières extérieures de l’Europe». Quand aux migrants, leur sort sera réglé au «cas par cas».

vendredi 22 janvier 2010

Des grévistes sans-papiers « tabassés »

Il est 7h25, mercredi matin, lorsque les forces de l’ordre pénètrent dans l’ancien hôtel Majestic. Depuis trois mois, soixante-trois intérimaires sans papiers occupent cet immeuble près de l’Arc de Triomphe, dans le cadre d’un vaste mouvement de grève pour obtenir une circulaire de régularisation.

D’après les témoignages que nous avons recueillis, cette évacuation, ordonnée par la justice, ne s’est pas faite sans violence. Ainsi, le Vieux Doucouré (lire son portrait ici) a la cheville foulée après avoir été « bousculé » par les forces de l’ordre : « Une centaine de CRS sont arrivés à 7h10. J’ai demandé trois fois à voir la requête d’évacuation, ils ont refusé. Une fois dehors, c’était violent : les CRS ont utilisé les gaz lacrymo et des grévistes ont été tabassés à coup de matraque. L’un a eu plusieurs dents cassées. »

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lundi 18 janvier 2010

« Folie et violence » à Mayotte

Alors que Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui à Mayotte, plusieurs associations ont établi un dossier à charge contre la politique d’immigration dans l’archipel des Comores. La Cimade, Médecins du monde ou encore le Secours catholique dénoncent la « folie et la violence d’une politique sécuritaire coupant cette petite île de son milieu naturel et historique » : rafles, centre de rétention jugé « indigne de la république » par la CNDS et un nombre d’expulsions forcées battant tous les records. Pour les trois premiers trimestres de 2009, la préfecture annonçait 14 449 personnes éloignées dont 2 248 enfants.

Télécharger le dossier interassociatif en PDF

jeudi 14 janvier 2010

Le Palais Bourbon rénové par des sans-papiers !

Le 101, rue de l'UniversitéIls sont venus avec leurs badges magnétiques. Dessus : leur nom d’emprunt, une photo d’identité et, à côté du logo Bouygues, écrit en lettres violettes : « Assemblée nationale ».

Pendant près de deux ans, des intérimaires sans papiers employés par la société Adec, sous traitant de Bouygues, ont travaillé à la rénovation d’une annexe de l’assemblée nationale, 101 rue de l’université dans le 7e arrondissement de Paris. Depuis le 12 octobre, ils sont soixante-deux à occuper l’ancien hôtel Majestic près de l’arc de triomphe dans le cadre d’un vaste mouvement de grève lancé à l’appel de onze organisations.

Hier, entourés de députés de gauche et de droite et devant de nombreux journalistes, ils ont décrit leur conditions de travail effroyables : « J’étais sur le marteau-piqueur du matin jusqu’au soir, raconte Sako Bilali qui travaillait 39 heures par semaine pour 350 euros en moyenne. Quand Khadafi (président libyen, NDLR) est venu, ils ont renforcé les contrôles de sécurité on a pas pu travailler pendant trois jours ». Doucouré (lire son portrait dans l’Humanité du 31 décembre) a déclaré, d’une voix rendue blanche, par l’émotion : « Nous demandons à ce que les patrons et le gouvernement s’engage à nous régulariser. On cotise et on n’a le droit à rien. Nous voulons retrouver notre dignité ».

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mercredi 13 janvier 2010

La justice ordonne la chute du « mur des expulsés »

Sur un fond noir, les mots peints en couleur vives se détachent: «liberté», «égalité», « fraternité», «solidarité». Deux mains s’entrelacent. Voilà le dessin hautement subversif dont la justice a ordonné, hier, l’effacement...

Photo de Jean-Jacques Le Masson juste avant l'inauguration en septembre

Le mur des expulsés a été inauguré le 5 septembre dernier dans la ville de Billère (Pyrénées-Atlantiques). Le maire socialiste, Jean-Yves Lalanne, avait décidé de peindre, sur un mur municipal, une fresque en hommage aux familles de sans-papiers expulsés du territoire français pour, dit-il, « avertir l’opinion que beaucoup de citoyens sont contre ces expulsions ». Le studio tricolore a été chargé de ces peintures sur un mur voué à être démoli dans quelques années. Une œuvre éphémère donc mais à la portée symbolique importante puisqu’un commissariat de la police aux frontières est installé sur la commune.

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mardi 12 janvier 2010

« Il a fallu les convaincre un par un pour qu'ils viennent »

La scène est irréelle : sur une sono crachant à fond Billy Jean, de jeunes afghans dansent le moon walk de Michael Jackson au milieu des anciennes écuries du Comptoir général. «Ils en ont tellement besoin», soupire une bénévole d’Emmaüs. Depuis samedi, Olivier Laffon, propriétaire de ce lieu privé situé quai de Jemmapes, met à disposition ses locaux pour loger les migrants qui campent le long du canal Saint-Martin.

Les lits de camp Comptoir général

Moments de détente Danses

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