Laissez-passer

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lundi 8 mars 2010

Passionaria cantonaise

Arrivée en France il y a six ans, Fengqun Yang est sortie de la clandestinité en octobre pour rejoindre le mouvement des travailleurs sans papiers. Elle est aujourd’hui la déléguée des 700 grévistes chinois.

Elle est de tous les combats : dans les manifestations, les meetings, on l’aperçoit toujours, en première ligne, le poing dressé pour exiger la régularisation des travailleurs sans papiers. Celle que tout le monde appelle « Feng », dont le nom complet est Fengqun Yang, affiche un look très coquet : maquillage impeccable et petit foulard à paillettes. Seule francophone parmi les quelque 700 grévistes chinois sans papiers, elle est devenue la porte parole de leurs conditions de vie, de leurs attentes et de leur combat.

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Des femmes maliennes contre l’excision

RENCONTRE. Dans un pays où 85% des femmes sont excisées, des voix s’élèvent pour exiger l’arrêt de cette pratique. Rencontre avec une militante de la première heure.

Kadidia Sidibé ©Marie Barbier

Mannequin en plâtre ©Marie Barbier

Un mannequin en plâtre, avec organes génitaux féminins interchangeables, l’accompagne partout. C’est grâce à lui que Kadidia Sidibé explique aux villageois les méfaits de l’excision. Elle appelle un chat un chat et parle avec un naturel déconcertant d’orgasme féminin dans un pays où l’excision atteint des records : selon la dernière enquête gouvernementale (2006), 85% des maliennes de 15 à 49 ans sont excisées. « A mon âge, je peux dire ce que je veux, les anciens m’écoutent » s’amuse cette femme de 66 ans. Pourtant le nom de son association, tout en longueurs et en euphémismes, en dit long sur le tabou de lutter contre cette pratique dans un pays come le Mali : Kadidia Sidibé est présidente de l’association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), une ONG indépendante qui fonctionne grâce à des partenariats avec des associations comme l’Unicef ou Equality now.

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vendredi 5 mars 2010

Le désespoir des expulsés du soir

Mahamadou Keita à l'aéroport Bamako-Sénou ©Marie BarbierChaque jour, Mahamadou Keita, de l’Association malienne des expulsés (AME), se rend à l’aéroport Bamako-Sénou. Impossible de savoir à l’avance si des « reconduits » seront dans l’avion. Donc Keita assure une présence tous les soirs. Théoriquement, l’avion Paris-Bamako d’Air France atterrit à 20h50, mais, récemment, les vols ont eu beaucoup de retards, notamment à cause des intempéries en France. Ca le faire rire, Keita, que son emploi du temps dépende de la météo française.

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jeudi 4 mars 2010

Ces Bamakois qui ont « fait Paris »

Bagagerie ©Marie BarbierDepuis trois jours que je suis à Bamako, une expression revient souvent : « Lui, il a fait Paris ». Cette phrase est dite avec un mélange de respect et de jalousie. En France, on a fait 14-18 ou l’Algérie ; ici les anciens combattants reviennent de la capitale française. La plupart meurtris, blessés, traumatisés d’avoir donné tant de temps et de sueur pour être ensuite renvoyés au Mali, menottes aux poings, comme des délinquants.

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lundi 1 mars 2010

Soulager les souffrances de l'exil

Marie Rose Moro ENTRETIEN. Contre une vision trop rigide de l’intégration à la française, la pédopsychiatre Marie Rose Moro défend la valorisation et la pluralité des cultures, pour mieux accueillir les enfants de migrants.



Pédopsychiatre auprès des enfants et des adolescents, Marie Rose Moro est la chef de file actuelle de l’ethnopsychiatrie en France. A l’hôpital Avicenne de Bobigny, elle dirige la première consultation transculturelle où sont accueillis les enfants de migrants et leur famille. Depuis 2008, elle est aussi à la tête de la maison des adolescents de Paris. Son dernier ouvrage, «Nos enfants demain» (1), dresse un plaidoyer en faveur du métissage, pour que la société française accepte enfin de s’ouvrir aux richesses des migrations. Une utopie ? Une nécessité répond t-elle.

Nos enfants demain

« Nous avons perdu la foi dans les vertus de la rencontre et de l’échange » écrivez-vous. Comment expliquez-vous ce repli sur soi ?

Marie Rose Moro. Je constate que nous sommes devenus complètement inhospitaliers. Nous avons renoncé à l’idée d’une société généreuse qui s’ouvre sur le monde. La nouveauté, c’est que, dorénavant, on justifie cette inhospitalité en disant : « ça n’est pas possible, notre société ne peut plus faire ça ». Je ne vois pas pourquoi, ce sont des choix politiques.

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« 24 heures sans nous » aujourd’hui

La journée sans immigrés« L’immigration n’est pas un problème en France, c’est une chance ». Pour démontrer l’apport économique, social et culturel de l’immigration, un « mouvement de citoyens » propose, aujourd’hui, une initiative originale : « 24 heures sans nous la journée sans immigrés » (lire l’Humanité du 25 novembre). Née sur le réseau social facebook, la journée sans immigrée (LJSI) a largement dépassé l’univers de la toile. L’initiative est aujourd’hui soutenue par plusieurs associations: Gisti, Cimade, Réseau éducation sans frontières… « Les associations qui sont trop politiques ont été les moins sollicitées », explique la présidente du collectif Nadia Lamarkbi, citant « SOS-Racisme, qui est proche d'un parti ».

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vendredi 26 février 2010

« Bon retour à Bamako ! »

L'aventure malienne commence au 103, rue la Fayette à Paris. Tous les matins, dès 8 heures, les 1300 intérimaires sans papiers en grève se réunissent dans le sous-sol de cette agence Manpower pour faire le point sur leur lutte : nombre de Cerfa récupérés (promesses d'embauche), entreprises contactées, argent collecté... Après quatre mois de lutte, leur détermination est incroyable.

Je n'y suis pas pour un reportage, mais pour une prise de contacts. Je pars au Mali dimanche : association malienne des expulsés, excision ou anciens combattants, il y a de quoi dire et écrire. J'aimerais aussi parler de la grève des travailleurs sans papiers en France, savoir comment elle est perçue dans ce pays d'où sont originaires la très grande majorité des grévistes. Pour cela, il me faut trouver des familles à Bamako qui accepteront de me parler.

Les grévistes se montrent d'abord réticents. « Ca se passe pas comme ça au Mali, tu peux pas débarquer chez les gens que tu connais pas, m'explique l'un d'eux. Il faudrait que tu y ailles avec quelqu'un ». Aïe, ça commence mal. Méfiants, ils voudraient savoir ce que j'attends d'eux. J'explique : «6000 travailleurs sans papiers sont actuellement en grève en France. Si on retire les chinois qui sont 700, ceux qui restent sont essentiellement Maliens. Il y a donc quelque 5000 Maliens qui ont lancé, en France, une grève inédite. Je voudrais savoir comment ce mouvement est perçu au Mali. Les médias en parlent-ils ? Qu'en pensent les familles ?»

Rassurés et même flattés, les numéros de téléphones bamakois pleuvent. Celui-ci à un grand frère, celui-là sa femme, lui sa soeur. En partant, tous me gratifient d'un grand sourire et d'un « Bon retour à Bamako ! »

mercredi 24 février 2010

Quand Duygu Kaplan a découvert qu'elle «n'était plus seule »

PORTRAIT. En 2007, cette jeune Kurde était filmé dans Laissez-les grandir ici. Trois ans plus tard, devenue majeure mais toujours sans papiers, elle revient sur cette expérience unique.

Duygu Kaplan ©Patrick Nussbaum

« Est-ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ? ». En mars 2007, à un mois de l’élection présidentielle, le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers réalise «Laissez-les grandir ici». Trois minutes pendant lesquelles des enfants menacés d’expulsion racontent leurs rêves suspendus et la peur au quotidien. Parmi eux, Duygu Kaplan, jeune fille kurde de quinze ans, en France depuis dix mois.

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Un grand écran pour sortir de l'ombre

Devant la tour Axa de la Défense © Rondeau.Lanvin


En trois minutes et trente secondes, On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6 000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir une circulaire de régularisation. Le gouvernement et la grande majorité des médias (à l’exception de l’Humanité) ignorent cette lutte pourtant inédite. Un silence à l’origine du projet du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers. « L’idée est venue au moment de la galette des rois, raconte Jean-Henri Roger, cinéaste et professeur de cinéma à Paris-VIII. Malgré une présence nombreuse des personnalités sur le piquet de grève de la rue du Regard, nous avons eu douze lignes dans Le Monde et cinq dans Libération… »

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lundi 22 février 2010

Les travailleurs sans papiers crèvent l'écran

Un film politique, court et efficace. Le collectif des cinéastes pour les sans-papiers a dévoilé ce soir, à la cinémathèque, le film « On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! ». Trois minutes pour présenter le mouvement de grèves et d'occupations des travailleurs sans papiers qui se battent depuis plus de quatre mois pour obtenir une circulaire de régularisation :

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jeudi 18 février 2010

Le soutien aux grévistes s'amplifie

« Trop, c’est trop. » Au numéro 8 de la rue du Regard, dans le sixième arrondissement de Paris, Mahamadou Doucansy, attend les forces de l’ordre de pied ferme. Il ne se laissera pas faire. Depuis le 7 décembre, ce travailleur occupe, avec 250 autres sans-papiers, les locaux du Fond d'assurance formation des Salariés de l'artisanat et du BTP (Faf-Sab). Le 2 février, le tribunal de grande instance de Paris leur donnait 24 heures pour déguerpir, avant d’envoyer les pandores. Deux semaines plus tard, les grévistes sont toujours là. Remontés à bloc.

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mercredi 17 février 2010

Arrestations parmi des militants à Paris

Au moins cinq personnes étaient toujours en garde à vue hier dans le cadre d'une enquête portant sur une quarantaine de dégradation de distributeurs automatiques de billets à Paris. En décembre, ces dégradations avaient été attribuées à des militants de «l’ultra gauche». Hier, le parquet de Paris confirmait que l'enquête avait été confiée à la section de lutte contre la criminalité organisée.

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lundi 15 février 2010

A Pau, les jeunes filles en fleurs restent à l’ombre

Elles avaient repris les cours depuis quinze jours. Se remettant à peine d’avoir frôlé l’expulsion le mois dernier. Le 25 janvier, trois agents de la police aux frontières (PAF) interpellent Sitti et Liouize à la sortie de l’université de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Ces deux Comoriennes de 22 et 24 ans, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, sont immédiatement transférées en centre de rétention à Paris, en vue de leur expulsion vers les Comores, où les deux jeunes-filles n’ont plus aucune famille. Elles seront finalement libérées par un juge des libertés pour vice de procédure.

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« Étape décisive » pour les travailleurs sans papiers

Diaporama sonore de la manifestation du 13 février dernier, devant le siège du Medef :

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jeudi 11 février 2010

« On veut réprimer pour l'exemple »

Un « simulacre » de justice, une « caricature », comparable au procès d'Outreau... Les avocats des incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes ont exprimé hier leur stupéfaction après les réquisitions du ministère public. Mardi, à la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le procureur de la République, Gilbert Flam, a requis de la prison ferme contre tous les prévenus (de six mois à trois ans selon le « degré d'implication »). Des peines extrêmement lourdes, justifiées selon le procureur par des faits et gestes clairement visibles sur les enregistrements des caméras de vidéosurveillance du centre de rétention administrative (CRA) au moment de son incendie le 22 juin 2008.

Dénonçant une « réquisition politique », les avocats de la défense continuent de répéter, comme il le font depuis le début du procès, qu'ils n'existent aucune preuve contre leurs clients. « Il n'y a aucun élément à charge, s'indigne l'avocate Mylène Stambouli. Les images (de la vidéosurveillance, NDLR) ne montrent rien, les policiers disent qu'ils n'ont rien vu. Nous en sommes exactement au même point qu'au début de l'instruction. On veut réprimer pour l'exemple, pour casser toute volonté de révolte. »

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