«Il y a certainement eu une époque où on appelait un immigré un homme. Même
s’il était sans papier.» Ému du sort fait à ses compatriotes afghans dormant
dans les rues de la capitale, le prix Goncourt 2008 a saisi sa plume pour
lancer un vibrant appel aux
autorités.
Chaque
soir, dans la neige et le froid, 150 à 200 migrants, afghans pour la plupart,
dorment sur les bords du canal Saint-Martin. Devant les eaux prises par la
glace, ils n’ont souvent qu’un maigre feu pour se réchauffer. Certains sont
mineurs, d’autres demandeurs d’asile. «Ils sont jeunes, certains ont à peine
quinze ans, aucun plus de trente, écrit Atiq Rahimi. La France, c’est-à-dire
nous, les poursuit comme des criminels. Menottes, avion : c’est aux barbus
qu’on les remet puisque les intégristes sont les seuls à leur ouvrir les bras.»
Lancé jeudi sur internet, son appel a déjà recueilli plus de 500 signatures,
dont celle de Marjane Satrapi, Carole Bouquet, Charlotte Rampling, Patrice
Chéreau ou encore Charlotte Gainsbourg. Hier, en fin d’après-midi, des
centaines de personnes se sont réunis sous un pont du canal Saint-Martin pour
lancer un appel à la mobilisation.
La déclaration d'Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, dimanche soir :
Celle d'Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don
Quichotte :
Enfin, la prise de parole de Didier Cussernes, d'Emmaüs :