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Les migrants, à Calais et Paris

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mardi 22 septembre 2009

Dernière nuit dans la jungle de calais

REPORTAGE. Comme annoncé, le principal campement de clandestins de la ville du Pas-de-Calais a été démantelé. Résultat : 276 arrestations, dont une moitié de mineurs. Le récit, heure par heure.

2h35. Il fait nuit noire dans la « jungle » de Calais. Un grand feu de bois réchauffe les bénévoles venus apporter leur soutien aux migrants alors que le démantèlement du campement est annoncé pour l’aube.

3h20. Autour du feu, une dizaine d’Afghans décidés à ne pas dormir offre le thé. Pourquoi restent-ils alors que les forces de l’ordre doivent débarquer dans quelques heures ? Safioula, 16 ans, explique qu’il reste pour le passeport. « Mais c’est faux ! », s’irrite Sylvie Copyans de l’association Salam, qui explique qu’une rumeur a circulé ses derniers jours, promettant des papiers à ceux qui resteraient dans la jungle.

4h20. Une cinquantaine de personnes se réchauffent autour du feu. Parmi eux, quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, bénévoles de Salam à Dunkerque. « Nous avons trois petites jungles là-bas, explique Jessica. Tous les deux mois, la police détruit tout au bulldozer, les migrants ne peuvent même pas récupérer leurs affaires. Ils sont arrêtés par la police et relâchés douze heures après ».

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« C’est notre maison ici, on n’a pas d’autres endroits où aller »

REPORTAGE. Il a une douzaine d’années. Virevoltant sur sa balançoire, il rit en essayant de toucher les feuilles des arbres. Derrière lui, se dressent des cabanes de bric et de broc. A ses pieds, les broussailles sont jonchées de détritus. Scène ordinaire dans la « jungle » de calais qui vit peut être ses dernières heures. Mercredi dernier, le ministre de l’Immigration, Eric Besson a annoncé le démantèlement de ce campement de migrants afghans avant la fin de la semaine. L’intervention des forces de l’ordre pourrait se faire aujourd’hui même, à six heures du matin.

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Les associations dénoncent une « fausse solution »

Dans une déclaration commune, les associations de soutien aux migrants dans le Calaisis (C’Sur, Salam, Secours catholique…) se déclarent «convaincues que le plan gouvernemental de destruction des jungles est inefficace et aggrave la situation».

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vendredi 18 septembre 2009

Calais : pas de « répétition générale »

Sûr de lui, Eric Besson expliquait en juillet, lors d'une conférence de presse, que le démantèlement de la jungle ne se ferait pas « sans répétition générale » : « J'ai demandé au Préfet du Pas-de-Calais de faire, sur le plan de la logistique, une espèce de répétition générale un mois avant le démantèlement », expliquait alors le ministre de l'Immigration, et ce afin que tout se passe « dignement » le jour venu.

Début septembre, lors de sa conférence de rentrée, Eric Besson confirme son propos, précisant même que cette « opération blanche » est prévue pour le début du mois d'octobre et permettra « de vérifier si nous sommes prêts à faire venir des forces de l'ordre, des interprètes, des médecins en nombre suffisant pour réussir ce démantèlement ».

Alors que celui-ci est imminent, quid de cette répétition générale ? Interrogé sur la question, le Préfet du Pas de Calais, Pierre de Bousquet de Florian, lâche : « on s'est mal compris avec le ministre ». Pas d'opération blanche donc, mais une série de démantèlements de squats et de campements, qui se multiplient depuis le début de l'été et font office de répétition grandeur nature. « On a notamment pu tester des dispositifs sur la prise en charge des migrants, indique le préfet, avec la présence d'interprètes, des propositions d'hébergement ou d'aide au retour volontaire ». Ancien directeur de la DST (services secrets) de 2002 à 2007, mis en cause par le chef de l'Etat dans l'affaire Clearstream, Pierre de Bousquet de Florian n'a visiblement pas peur de prendre ses distances avec le très sarkozyste ministre de l'Immigration, Eric Besson.

jeudi 10 septembre 2009

Avec les enfants perdus d'Afghanistan

REPORTAGE. Intrigués, ils s'approchent, écoutent. Se chuchotent dans l'oreille, rigolent. Et s'éparpillent, telle une volée de moineaux, vers le baby-foot où une partie s'engage. Comme tous les ados du monde, les garçons de la plate-forme d'accueil des mineurs isolés étrangers de France terre d'asile, aiment jouer. Pourtant, à y regarder de plus près, ces garçons là ne sont pas comme les autres.

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jeudi 20 août 2009

Polémique après l'évacuation du square Villemin

Il est un peu plus de 21 heures, mardi soir, lorsque CRS et maîtres-chiens débarquent au square Villemin dans le 10e arrondissement parisien. Situé entre le canal Saint-Martin et la gare de l'Est, ce petit parc est devenu le refuge des jeunes migrants qui affluent à Paris depuis la fermeture du centre de Sangatte, près de Calais, en 2002. Tous les soirs, ils sont plusieurs centaines à escalader les grilles du parc pour s'y réfugier la nuit. Une situation qui ne pouvait plus durer, selon la mairie et la préfecture de police, qui ont décidé conjointement la fermeture nocturne du jardin. Pour une durée indéterminée, des forces de l'ordre patrouilleront la nuit devant le square pour dissuader les migrants d'y entrer.

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« Ils demandent asile et protection à la France »

Depuis 2007, le centre d'écoute et de soins de Médecins sans frontières, à Paris, apporte un soutien psychologique aux demandeurs d'asile déboutés. Entretien avec sa coordinatrice, Laura Brav.

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jeudi 16 juillet 2009

Un charter pour Kaboul ?

La destruction de la « jungle » (bois aux environs de Calais où s'abritent les migrants), annoncée par Éric Besson avant la fin de l'année, serait prévue le mardi 21 juillet d'après l'association Salam. « La jungle des Afghans Pachtous sera la première visée mais les autres jungles risquent également d'être détruites » précise un communiqué, qui s'inquiète aussi d'un possible charter vers l'Afghanistan : « Après le sommet d'Evian du 6 Juillet des accords ont été signés avec le gouvernement britannique qui décident notamment d'organiser des retours forcés entre la France et l'Angleterre ». En novembre dernier, un charter vers l'Afghanistan avait été annulé après une forte mobilisation.

lundi 6 juillet 2009

Renforcement des frontières avec la Grande-Bretagne

Éric Besson a signé aujourd'hui un arrangement administratif avec son homologue britannique Phil Woolas. Au programme : renforcement des contrôles à la frontière, destruction de la « jungle » (campement de migrants à Calais) et projet pilote d'installation de nouvelles technologies de détection. Les nouvelles dépenses étant payées par les britanniques, Éric Besson se félicite du rééquilibrage du « fardeau » (sic).

La gale s'installe chez les Afghans de Paris

Au petit matin, le square Villemin dans le 10e arrondissement de Paris ressemble davantage à un camp de réfugiés qu'à un espace vert. Les pelouses sont recouvertes de duvets bleus dans lesquels dorment des migrants, Afghans dans leur grande majorité. Le temps semble comme suspendu : certains se brossent les dents à la fontaine, d'autres émergent lentement, au milieu du terrain de basket. A la sortie du parc, en revanche, on s'agite. Dès 8 heures du matin, ils sont déjà plusieurs dizaines attroupés autour des bénévoles de Médecins sans frontières (MSF) qui organisait ce week-end une opération de traitement contre l'épidémie de gale.

Change de vêtements 50 bénévoles mobilisés

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mardi 23 juin 2009

Tensions à Calais avec l'installation d'un camp "No border"

De mémoire de bourgeois de Calais, on n'a jamais vu ça. Depuis le début de la semaine, trois compagnies de CRS arpentent la ville. Et ça n'est qu'un début : entre 1 500 et 2000 représentants des forces de l'ordre sont attendus ces prochains jours dans la petite ville du Pas-de-Calais. La cause de ce déploiement sans précédent de forces policières ? Le camp "No border" qui démarre aujourd'hui son installation.

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jeudi 18 juin 2009

Discours à Paris, mort à Calais

AmanAu moment où les bacheliers planchaient sur le sujet du bac philo "le langage trahit-il la pensée ?", le ministre de l'Immigration leur fournissait un discours exemplaire. "Le message sur lequel je voudrais insister aujourd'hui tient en un mot : solidarité" lance Éric Besson qui annonce une mesure d'ampleur : la France, dans sa grande bonté, va accueillir 80 réfugiés de la Corne d'Afrique. Mais le ministre a oublié un nom : celui d'Aman. Ce jeune Érythréen de 20 ans est mort samedi à Calais. Il voulait se laver, mais il n'existe qu'une seule douche pour 500 migrants à Calais et la galle s'étend. Aman s'est donc baigné dans le canal. Victime d'un malaise, il est mort noyé. Ce jeune migrant, qui venait lui aussi de la Corne d'Afrique, n'a pas eu droit à la "solidarité" du ministre ni d'être "accueilli" en France.

vendredi 9 janvier 2009

Pétition pour les migrants de Calais

"Les autorités françaises doivent ouvrir les yeux et protéger les migrants" : c'est le texte d'une pétition mise en ligne hier par Amnesty International France. Adressée aux parlementaires, représentants des circonscriptions de Haute Normandie, Basse Normandie et Nord Pas de Calais, cette pétition leur demande "d’intervenir de façon à ce que des mesures soient prises (...) pour que cessent les violations des droits de ces migrants". L'association espère que la mobilisation ainsi obtenue "permettra d'appuyer les démarches à destination des parlementaires".

jeudi 1 janvier 2009

Nuits glaciales dans le Nord

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Les nuits sont glaciales ces jours-ci dans le Nord-Pas-de-Calais pour les migrants condamnés à dormir dehors depuis la fermeture du centre de Sangatte, en 2002. Selon le rapport de la Coordination française pour le droit d’asile, ils sont quelque 1 500 le long du littoral de la Manche, bloqués faute de pouvoir passer en Angleterre. Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak, d’Érythrée ou du Soudan. À Calais, ils seraient actuellement entre 600 et 700, selon les chiffres des associations qui leur viennent en aide.

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vendredi 19 décembre 2008

Sangatte au coeur de Paris

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REPORTAGE. Certains ont à peine quatorze ans. Les plus âgés, la trentaine. Tous les soirs, place du Colonel-Fabien, dans le 10e arrondissement de Paris, des dizaines de jeunes hommes attendent. Leur espoir ? Réussir à monter dans les bus de l’Atlas qui transportent les sans-abri dans des centres d’hébergement, et éviter ainsi de passer une nouvelle nuit dehors. Ce sont des Afghans, dans leur très grande majorité, et il y a aussi quelques Irakiens et Iraniens. Ils ont fui des pays en guerre, parcouru l’Europe pendant des mois et atterri à Paris, au carrefour des routes migratoires.

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