Laissez-passer

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mercredi 1 février 2012

Il faudra désormais connaître Michel Platini pour devenir français

Le décret sur ces conditions d’acquisition de la nationalité française a été publié, hier, au Journal Officiel. Outre la maîtrise de la langue française et l’adhésion à une « charte des droits et des devoirs du citoyen français », les étrangers voulant devenir français - ils étaient plus de 108 000 en 2009 - devront « justifier d’une connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises correspondant au niveau des connaissances attendu d’un élève» de 6e.

Par exemple :

De ces trois personnalités, laquelle n’est pas un chanteur ?
- Claude François
- Michel Platini
- Charles Trénet

Lequel de ces trois hommes n’a pas été président de la République ?
- Valéry Giscard d’Estaing
- François Mitterrand
- Victor Hugo

Les guerres de religion, au XVIe siècle, ont opposé :
- catholiques et protestants
- chrétiens et musulmans
- écoles publiques et écoles privées

mercredi 25 janvier 2012

Les droits reculent à pas de Guéant

Quinze jours après l’autosatisfecit du ministre de l’Intérieur sur sa politique de reconduite à la frontières, la Cimade lui a adressé hier un démenti cinglant. Dans son état des lieux 2012, l’association d’aide aux immigrés décrypte les politiques à l’oeuvre ces deux dernières années en matière d’immigration : « une logique de réduction des droits, de précarisation, de stigmatisation et de criminalisation des étrangers qui s’inscrit par ailleurs dans une évolution de l’ensemble de la société française vers une société de ‘sans droits’ » écrit l’association.

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mercredi 30 novembre 2011

Les avocats plaident pour le droit d'asile

Qui sème le vent récolte la tempête. Claude Guéant, à force de déclarations tonitruantes à fini par énerver les robes noires. Depuis hier, les avocats qui plaident à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), juridiction administrative traitant les recours des demandeurs d'asile, sont appelés à se mettre en grève.

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lundi 28 novembre 2011

Les étrangers recueillent la majorité absolue !

C’est une réponse du berger à la bergère. Alors que Nicolas Sarkozy s’inquiétait la semaine dernière devant les maires de France d’un droit de vote des étrangers qui « risque de diviser profondément les Français », un sondage BVA publié hier par le Parisien indique que 61 % d'entre eux sont favorables à cette mesure.

Vieux serpent de mer de la politique française depuis 1981, le droit de vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales ressort avant chaque élection, instrumentalisé à gauche comme à droite pour marquer clivages et valeurs. Jamais mis en place, ni par François Mitterrand qui en avait fait en 1981 l’une de ses 110 propositions, ni par Nicolas Sarkozy qui s’était déclaré favorable en 2001, cette mesure sera l’objet d’un vote le 8 décembre au Sénat, après l’examen du texte aujourd'hui devant la commission des lois.

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jeudi 24 novembre 2011

La fée Carabosse qui maudissait les Roms

Depuis qu’il a pris la tête de l’organisme chargé « d’intégrer les migrants en France », Arno Klarsfeld multiplie les dérapages, autrement plus graves que ceux auxquels il nous avait accoutumé sur ses rollers lors du procès Papon. Las ! Hier, l’avocat amusait, aujourd’hui il exaspère. « Un simple incompétent ou un extrémiste simplet ? » s’interroge l’association France terre d’asile. Le 12 septembre dernier, cet ex de Carla Bruni était nommé à la tête de l’Office français de l’immigration et l’intégration, qui organise notamment les « retours volontaires » des Roms, comptabilisés dans les chiffres des expulsions... Une « bonne fée » résume son directeur !

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jeudi 10 novembre 2011

Un front à gauche pour les droits des migrants

Ils ne sont pas nombreux, mais représentent le syncrétisme de la lutte en faveur des migrants de ces dernières années : travailleurs sans-papiers, familles menacées d’expulsion, demandeurs d’asile, Roms, lycéens... Mardi soir, une cinquantaine de militants associatifs, politiques et syndicaux se sont réunis à l’Usine, le siège de campagne du Front de gauche, pour discuter du lancement de leur appel « Pour les droits des migrant-e-s et contre le racisme ». « On a envie de s’engager dans cette campagne, de dépasser les composantes du Front de gauche et d’impulser une vraie dynamique », introduit l’avocate Mylène Stambouli. L’appel, lancé avant la fête de l’Humanité, réunit aujourd’hui 400 signataires qui s’engagent à « déconstruire les idées toute faites » et à défendre « un programme alternatif aux logiques sécuritaires». Reste à « approfondir, échanger, débattre ».

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mercredi 9 novembre 2011

«Les noirs ne sont pas des victimes permanentes»

Pascal BlanchardL'historien Pascal Blanchard publie, aux éditions La Découverte, la France noire, trois siècles de présence. Fruit de plusieurs années de recherche, ce beau-livre, inspiré des "blacks studies" anglo-saxonnes, entend intégrer au récit national une histoire méconnue et souvent pleine de préjugés.

Y a-t-il une histoire noire en France ?

Pascal Blanchard. Non. Il y a une histoire des hommes et des femmes qui se sont revendiqués comme noirs ou qui ont été perçus comme tels. Rappelons-nous la « force noire » du général Mangin en 14-18, les « mouvements nègres » dans l’entre-deux-guerres, le Congrès de la race nègre en 1919, celui des intellectuels noirs à la Sorbonne en 1957. Tout cela existe et représente donc une histoire à raconter. Est-elle légitime ? On peut se poser la question, même si je trouve ça aberrant. Raconter l’histoire des juifs de France ou des Bretons ne choque personne. Il n’y a que les Français qui se posent cette question. Aux États-Unis, en Espagne, en Hollande, en Angleterre, en Italie, ce récit n’est pas illégitime. Parce que nous sommes la République française et que nous pensons que nos principes d’égalité vont naturellement se mettre en place, nous ne faisons aucun effort. Un blanc mâle peut tenir se discours, un homme noir sait que cette égalité écrite aux frontons de nos bâtiments publics n’existe pas au quotidien. C’est parce que certains pensent qu’il est illégitime de parler d’une présence noire en France que cette histoire est oubliée, qu’elle n’est pas enseignée. Qui sait qu’en 1904, le « Jaurès noir » est vice-président de l’assemblée nationale ? Qu’il y a cinquante ans, un homme noir était à la tête du sénat ? Nous avons déjà vécu la diversité, il n’y a aucun système à inventer. Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’une élue des Outre-Mer, donc nous avons régressé. Une régression sur vingt ans n’a pas de sens, mais si vous regardez sur trois siècles et demi, le sens historique peut montrer des flux et des reflux.

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jeudi 20 octobre 2011

L'UMP ne veut pas du droit de vote des étrangers

A huit mois de l’élection présidentielle, la droite populaire a choisi sa cible : les étrangers. Le très droitier collectif de l’UMP a lancé hier une pétition contre le droit de vote et d’éligibilité des étrangers issus des pays hors-Union européenne aux élections locales. Sur le site www.nondroitdevotedesetrangers.fr, une main qui ressemble au doigt près à celle de SOS Racisme clame : « Touche pas à mon vote ». Les arguments défilent : démarche anachronique, absurdité symbolique (« un mauvais signal alors que notre société traverse une crise identitaire »), manœuvre électoraliste, etc.

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jeudi 15 septembre 2011

La vraie-fausse relaxe d'Hortefeux

C’est une bisbille juridique qui profite à Brice Hortefeux. La cour d’appel de Paris a relaxé hier du délit d’injure raciale l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui avait été condamné en première instance.

A Seignosse (Landes) le 5 septembre 2009, le ministre, après avoir pris une photo avec Amine Benalia-Brouch, un militant auvergnat, avait déclaré : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

En juin 2010, le ministre avait été condamné à 750 euros d’amende. La cour d’appel a confirmé le caractère raciste et injurieux des propos mais a jugé irrecevable la constitution de partie civile du Mrap, à l’origine des poursuites, entraînant de facto la relaxe de Brice Hortefeux. « La cour a considéré que les propos avaient été tenus dans un lieu non public et donc qu’une association anti-raciste ne pouvait pas poursuivre en justice », explique Bernard Schmid, du service juridique du Mrap, L’association va saisir la cour de cassation et déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur cette interprétation de la loi.

Pour l’avocat du Mrap, Pierre Mairat, la question de l’indépendance du parquet est posée : « A partir du moment où l’injure raciste est caractérisé, le parquet aurait dû poursuivre ».

Par ailleurs, le Mrap a annoncé hier après-midi son intention de porter plainte devant la Cour de justice de la République contre Claude Guéant, actuel ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré dimanche dernier que « l’immigration comorienne » marseillaise était la « cause de beaucoup de violences ».

vendredi 8 juillet 2011

L'UMP libère sa parole sur l'immigration, pour le pire...

A l’applaudimètre, la star a bien sûr été, hier, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, suivi de près par Lionnel Luca, député de la Droite populaire, courant droitier du parti majoritaire. A la convention sur l’immigration, organisée par le patron de l’UMP Jean-François Copé, l’aile droite du parti a semblé plus forte que jamais.

Un temps démissionnaire, le secrétaire national à l’immigration Lionnel Luca a négocié son retour : il sera chargé d’organiser à l’automne une convention sur la nationalité. Histoire de remettre à l’ordre du jour un sujet qui divise pourtant l’UMP. En amont de la conférence, Claude Guéant avait déclaré qu’il n’avait « aucune intention de changer la loi » pour interdire la binationalité, mais qu’il allait demander aux préfets d’être « plus vigilants » et « exigeants » sur les « critères » d’obtention de la nationalité française. Devant la convention UMP, le ministre a précisé son propos, promettant un durcissement des conditions de naturalisation. Un niveau de français de fin de collège pourrait ainsi être exigé.

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lundi 27 juin 2011

Dans le centre Primo Levi, au chevet des survivants

Salle d'attente du centre ©Benoit Rajau

Prendre le temps. Le temps d’écouter ou de ne rien dire, le temps d’accueillir et de tenter de soigner. C’est le pari fait en 1995 par l’association Primo Lévi qui ouvre alors un centre de soins consacré aux personnes victimes de la torture et des violences politiques. Quinze après, le bouche à oreille a fonctionné et ce sont plus de 300 patients qui sont soignés ici. Tout doucement.

Prendre le temps de recevoir d'abord. Dans une salle d’attente chaleureuse au deuxième étage d’un immeuble de l’avenue Parmentier à Paris, la sonnette retentit régulièrement pour laisser entrer hommes, femmes et enfants. Quelques livres, des jouets, des revues. Et deux « accueillantes » spécialement formées pour recevoir les nouveaux venus. Ils ne sont pas si nombreux, un tiers seulement des 300 patients du centre. « La durée moyenne de suivi est de deux à trois ans, explique la directrice, Sibel Agrali. Le temps est un luxe de notre époque, le droit commun n’en a pas. Nous nous donnons le temps pour une vraie rencontre, pour qu’un lien se tisse avec ces personnes. »

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« On torture sur les cinq continents »

Jean-Etienne de Linares Jean-Etienne de Linares, de l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), dresse des pistes pour lutter contre cette «pratique universelle».

La torture est-elle encore une pratique courante ?

Jean-Etienne de Linares. Le droit international est clair : la torture n'est autorisée dans aucun cas. La plupart des états ont ratifié une interdiction de la torture. Cela montre les limites du droit puisque, d'après nos statistiques, un pays sur deux pratique la torture. Cela signifie que dans une centaine de pays, si vous êtes arrêtés par les forces de police, le risque d'être torturé, à des degrés divers, est fréquent. Et, sauf exception, ça n'est pas réprimé.

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lundi 20 juin 2011

A Paris, la communauté asiatique manifeste pour sa sécurité

Hu, habite depuis deux ans à Paris et cet étudiant de 24 ans est formel : les Chinois sont beaucoup plus victimes de racisme que les autres. « Pourquoi la police nous arrête toujours nous et jamais les noirs et les arabes? » demande t-il dans un français hésitant. Plusieurs dizaines de milliers d'Asiatiques (en majorité des Chinois) manifestaient hier après-midi à Paris pour exiger le « droit à la sécurité ». Quitte à stigmatiser d'autres populations ? « On n'est pas là pour monter les communautés les unes contre les autres, tente de rassurer Olivier Wang, porte-parole du collectif d'associations à l'origine de cette manifestation. On demande le droit à la sécurité pour tout le monde. »

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vendredi 20 mai 2011

Censure à la cité de l’immigration ?

La cité de l'immigration, porte Dorée à Paris
La chercheuse Esther Benbassa ne décolère pas. « Dans la vie il faut avoir un peu de courage », dit elle. Aussi, « au nom de la liberté d’expression et du refus de la censure », elle a décidé de tout annuler : le colloque qui devait se tenir aujourd’hui et demain à la Cité nationale de l’histoire de l'immigration (CNHI) et le dossier qu’elle avait coordonné pour Hommes et migrations.

Cause de sa colère ? Le refus de cette revue éditée par la CNHI de publier l’article de l’universitaire Nicolas Bancel (1) « La brèche. Vers la racialisation postcoloniale des discours publics ? ». Accusé de censure et d'amateurisme, le comité de rédaction dénonce, lui, un manque de méthode.

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jeudi 12 mai 2011

Petit manuel pour en finir avec les clichés sur l'immigration

Est-il vrai que les immigrés coûtent cher à la France ? Que toute la misère du monde attend aux portes de l’Europe ? Que la chasse aux sans-papiers favorise l’intégration des immigrés en situation régulière ? Ces idées, propagées depuis des années par le gouvernement, sont-elles fondées ? Pour interroger ces postulats et les résultats qui en découlent, des parlementaires ont réalisé un « audit de la politique d’immigration, d’intégration et de codéveloppement ».

L’idée est née il y a un an, sous la forme d’une collaboration originale entre les chercheurs de Cette France là et quinze parlementaires de tous bords. De juin 2010 à mars 2011, trente-cinq chercheurs, experts, témoins, acteurs professionnels, syndicalistes, associatifs ont été auditionnés. Le résultat compte 300 pages, rendues publiques hier, qui déconstruisent un à un les fantasmes sur l’immigration. Démonstration en trois questions.

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