Laissez-passer

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mercredi 14 décembre 2011

Quand rétention rime avec prison

C’est un « bilan sans concession » que dresse aujourd’hui les cinq associations présentes en rétention. Ce qui est soi est une victoire. En 2008, le ministère de l’Immigration lançait un appel d’offres pour morceler l’aide juridique dans les centres de rétention administrative (CRA) et réduire d’autant la parole de la Cimade, alors unique témoin gênant. Échec sur toute la ligne. « On est plus forts ensemble », résume Pierre Henry, directeur de France terre d’asile. « Nous avons dépassé ce piège de la concurrence pour défendre une ambition commune : faire respecter les droits de l’Homme en rétention », ajoute Jérôme Martinez, secrétaire général de la Cimade.

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mardi 13 décembre 2011

Les maux de la rétention

Sandy, au 59 rue de Rivoli ©Francine Bajande Chaque année plus de 30 000 hommes, femmes et enfants sont enfermés, en France, dans les centres de rétention administrative (CRA), antichambres de l’expulsion. Alors que les cinq associations présentes dans ces lieux interdits aux journalistes rendent public ce matin leur premier rapport annuel, nous sommes allés à la rencontre d’ex-retenus. Ils racontent la vie quotidienne derrière les barbelés et les traumatismes d’une telle politique.

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Les centres de rétention interdits aux journalistes

Si aucune loi ne le stipule clairement, les centres de rétention administrative (CRA) sont bien l’un des rares endroits en France où un journaliste ne peut exercer librement son métier. Ainsi, les multiples demandes faites par l’Humanité ces dernières années sont toujours restées lettre morte. « Il s’agit de préserver le droit à la vie privée des retenus » ose t-on répondre au ministère de l’Intérieur pour justifier ces refus. Le réseau Migreurop a lancé en octobre une campagne pour exiger un droit de regard et d’information dans les centres d’enfermement des migrants. Lancée dans toute l’Union européenne, cette campagne verra plusieurs actions dans le courant de l’année 2012. A suivre, donc.

mercredi 31 août 2011

A peine ouvert, le centre du Mesnil-Amelot tourne à plein régime

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et marne), qui a ouvert ses portes ultra modernes le 1er août dernier, « accueille » sa première famille : une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Le père, absent du domicile familial à Guéret, dans la Creuse, le 30 août au matin, a échappé à l'arrestation. Avec la nouvelle loi Besson, cette mère et ses trois enfants peuvent rester enfermés jusqu'à 45 jours dans ce centre.

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vendredi 19 août 2011

Le préfet de Rennes s’acharne sur les familles

Le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-LandeUne «accélération» pour les uns, un «acharnement» pour les autres. Ces trois dernières semaines, trois familles ont été placées au centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine).

La dernière en date, la famille Chowdhury, a été arrêtée mercredi matin à son domicile. En France depuis six ans, ils ont fui le Bengladesh où le père, militant politique, est condamné à la prison à vie. Leurs deux enfants sont nés en France. L’aîné bénéficie d’un soutien médico-psychologique à cause de troubles du langage et du comportement. « On se bat pour obtenir leur régularisation depuis cinq ans, raconte Yannick Nadesan, conseiller municipal PCF et parrain du petit garçon. Mais l’administration rejette nos demandes et cette famille vivait dans la peur que la police vienne frapper à leur porte. » Ce qui a fini par se produire il y a deux jours.

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jeudi 18 août 2011

La Cimade quitte le CRA de Nîmes

Après le suicide, samedi dernier, d’un père de famille roumain dans le centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes, la Cimade, association qui fournit une aide juridique aux retenus, a annoncé son retrait du centre durant trois jours. Une action politique pour « refuser la banalisation de la privation de liberté, l’inhumanité et la violence des procédures ».

lundi 16 mai 2011

Le procès des enfants enfermés

Erwan s’avance vers la barre avec calme. Ce jeune kossovar de 17 ans est cité comme témoin dans le procès de l’enfermement des enfants étrangers. Les applaudissements sont proscrits («ce n’est pas un spectacle»), l’ambiance studieuse. Depuis neuf heures, ce samedi, experts et témoins défilent devant ce tribunal d’opinion (1).

Erwan, dont la famille, sans-papiers, vit traquée en France depuis neuf ans, s’interroge, après son passage en centre de rétention : « Je ne savais pas quoi dire à mon petit frère. Comment expliquer à un enfant de six ans qu’il est enfermé dans une cage ? ».

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jeudi 12 mai 2011

Les sans-papiers ne passeront plus par la case prison !

Définitivement votée hier soir par l'Assemblée nationale, la loi sur l'Immigration, censée transposer dans le droit français la « directive retour », fait déjà l'objet d'aménagements... Ce matin, la Chancellerie a envoyé une circulaire aux parquets précisant que le séjour irrégulier ne sera plus un motif d'incarcération, se conformant ainsi au droit européen. Le 28 avril, la cour de justice de l'Union européenne (CJUE), saisie par un tribunal italien, a jugé illégale la détention d'un étranger pour le seul motif qu'il se serait soustrait à une mesure d'éloignement. Cet emprisonnement ne serait pas conforme à la « directive retour ». La France punit pourtant le séjour irrégulier d'un an de prison, qui peut aller jusqu'à trois si l'étranger se soustrait à une mesure d'éloignement.

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mercredi 11 mai 2011

Fin des gardes à vue pour les sans-papiers ?

C’est une libération qui pourrait en appeler des milliers d’autres. Vendredi dernier, la cour d’appel de Nîmes a annulé la garde à vue d’un sans-papiers Tchétchène et l’a libéré du centre de rétention, appliquant ainsi un arrêt de la cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Fin avril, l’autorité judiciaire de l’UE, saisie par un tribunal italien, s’était appuyée sur la « directive retour » de décembre 2008 pour juger illégal l’emprisonnement d’un sans-papiers au seul motif que ce dernier demeure sur le territoire d’un État en violation d’un ordre de quitter le territoire. Or le droit français, en contradiction totale avec cette « directive retour », punit d’un an de prison et de 3750 euros d’amende le simple fait de se trouver en situation irrégulière sur le territoire français. Se soustraire à une mesure d’éloignement est passible de trois ans de prison et dix ans d’interdiction du territoire.

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jeudi 31 mars 2011

L'usine à expulser du Mesnil-Amelot tourne à vide

Le Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne ©Marie Barbier ENQUÊTE. Ah, le charmant petit village du Mesnil-Amelot ! Son église Saint-Martin, classée au patrimoine historique ; ses habitations typiques des villages ruraux de la Plaine de France et ses... trois centres de rétention, antichambres pour les expulsions de sans-papiers.

En 1989, la première prison pour étrangers de ce village de Seine-et-Marne est installée dans des bâtiments de chantier Algeco. Vingt-deux ans plus tard, la politique du chiffre est passée par là et c’est un immense complexe qui devait être inauguré le 29 mars 2010, il y a tout juste un an.

Ses grands bâtiments flambant neufs se dressent à l’entrée du village. Derrière deux rangées de grillages, on aperçoit les structures de plein pied surmontées de caméras de vidéosurveillance et de détecteurs de mouvements. Conçu pour accueillir 240 retenus, ce CRA devait être le plus grand jamais construit depuis celui de Vincennes (Val-de-Marne), ravagé par un incendie en juin 2008. Pour contourner la législation qui interdit les centres de plus de 140 places, feu le ministère de l’Immigration a fait construire deux centres limitrophes, de 120 places chacun, qui possèdent une seule et même entrée.

Derrière le fossé, les premières grilles du centre de rétention ©Marie Barbier L'entrée du centre, surmontée de caméras de vidéosurveillance ©Marie Barbier

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« Les centres de rétention sont délétères »


L’observatoire de l’enfermement des étrangers organise, le 4 avril, une rencontre sur la question de l’accès aux soins en rétention (1). Entretien avec Arnaud Veisse, du Comité médical des exilés (Comede).

Quelles sont les spécificités de la prise en charge médicale en rétention ?

Arnaud Veisse. Celles de tous les lieux d’enfermement. On y retrouve les problèmes connus des médecins qui travaillent en prison. Ce sont des lieux de souffrances psychologiques et de violences physiques, où les auto-mutilations et les grèves de la faim sont fréquentes. Les conditions d’enfermement et de surpopulation sont délétères pour la santé, en particulier pour la santé mentale.

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mercredi 6 octobre 2010

Dans le ventre de la machine à expulser

La Cimade publie aujourd’hui ses Chroniques de rétention, témoignage inédit de la réalité de l’enfermement des étrangers en France. Loin du discours officiel d’une France accueillante et généreuse, une trentaine d’intervenants racontent leur quotidien derrière les barbelés des centres de rétention. Outre les histoires ubuesques qu’ils rencontrent, ils livrent aussi leurs doutes, leurs angoisses, leurs colères. Des chroniques à la fois instructives, drôles, émouvantes et révoltantes qui dépeignent la réalité sordide des antichambres de l’expulsion. Alors que le projet de loi en discussion à l’Assemblée promet d’allonger la durée de rétention de 32 à 45 jours, ces témoignages démontrent l’inhumanité mais aussi l’absurdité de l’industrialisation de l’enfermement des étrangers. Morceaux choisis d'un livre d’utilité publique.

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Plus d'enfants en rétention en 2009

318 : c’est le nombre d’enfants enfermés dans un centre de rétention en 2009. Un record, constate la Cimade dans son rapport 2009 sur les centres de rétention administrative, qui doit être rendu public aujourd’hui. Le nombre de mineurs enfermés a doublé en cinq ans. Autre constat de ce rapport, « l’aggravation des atteintes aux droits fondamentaux des migrants » : interpellations abusives, violences et tensions à l’intérieur des centres. En 2009, la Cimade estime à plus de 50 000 le nombre d’étrangers placés en rétention. 87 % des personnes ont été présentées à l’embarquement avant le 17e jour de leur rétention administrative. Un chiffre qui contredit radicalement les récentes affirmations du ministre de l’immigration, Eric Besson, selon lesquelles la France doit augmenter la durée de rétention pour accroître le nombre d’expulsions. Ce rapport de la Cimade est le dernier du genre. Depuis, le 1er janvier 2010, la réforme Hortefeux-Besson de l’aide juridique en rétention a éclaté cette mission auprès de cinq associations, rendant désormais impossible une telle vision d’ensemble.

mardi 11 mai 2010

L’enfermement des étrangers sous surveillance

Plusieurs associations (Cimade, secours catholique, Emmaüs...) ont lancé hier le premier observatoire national sur le sujet. Explications d'Arnaud Veisse, directeur du Comité médical des exilés, membre fondateur.

En quoi va consister cet observatoire national de l’enfermement des étrangers ?
L’idée de créer un observatoire est venue lors de la réforme de la rétention à l’automne 2008. Cette réforme prévoyait d’instaurer une clause de confidentialité des associations présentes dans les centres de rétention, ce qui était extrêmement dangereux puisque le but de la présence associative est au contraire de témoigner. Nous sentions qu’il y avait un besoin de coordination, de témoignages et d’analyse de la part de la société civile. Très vite, nous avons décidé de débattre plus largement du processus d’enfermement des étrangers comme gestion administrative de l’immigration : centres de rétention, zones d’attente, et détention ; Cette dernière pose la question d’un traitement discriminatoire des étrangers puisque certains sont en prison uniquement parce qu’ils ont refusé de monté dans un avion.

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lundi 29 mars 2010

Derrière les barbelés du « camp Besson »

D'une capacité de 240 places, le centre de rétention du Mesnil-Amelot 2 doit entrer en fonction aujourd'hui. Visite guidée d’un complexe sécuritaire high-tech au service du ministère de l’Immigration.

Le Mesnil-Amelot 2

Chambres truffées de caméras, détecteurs de mouvements, portes automatisées, policiers retranchés derrière des interphones, double enceinte de barbelés... Bienvenue dans le plus grand camp d’enfermement des étrangers de France : le nouveau centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot qui doit entrer en fonction aujourd’hui.

A quelques mètres des pistes de l’aéroport international Roissy-Charles-de-Gaulle (Seine et Marne) et à un kilomètre du premier centre de rétention qui compte déjà 140 places, le « Mesnil-Amelot 2 », comme on l’appelle déjà, pourra «accueillir» jusque 240 sans papiers en attente d’une éventuelle expulsion. Le plus grand complexe jamais construit depuis le CRA de Vincennes, ravagé par un incendie en juin 2008 après le décès d’un Tunisien de 41 ans. Dénonçant une nouvelle étape dans l’« industrialisation de la rétention », les associations n’hésitent pas à qualifier ce nouveau centre de « camp d’internement pour étrangers ». Et redoutent les effets d’une violence institutionnalisée : automutilations, grèves de la faim et tentatives de suicides, dont ils seront les seuls témoins, puisque les journalistes y sont persona non grata.

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