En quarante-huit heures, Amadou D., orléanais de 31 ans, a vu sa vie basculer pour se retrouver sur le tarmac de Roissy, menacé d’un retour forcé vers le Sénégal. Le 11 août au matin, cet étudiant en master de biochimie, en France depuis huit ans et en concubinage avec une Française, se rend à la gendarmerie, où il est convoqué. «Un véritable guet-apens», tonne son avocat, Sileymane Sow, pour qui cette convocation-piège est d’autant plus scandaleuse que son client, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, a fait confiance aux autorités.
Expulsions
lundi 16 août 2010
Le préfet du Loiret veut expulser plus vite que son ombre
Par Marie Barbier le lundi 16 août 2010, 16:40
mercredi 21 juillet 2010
La violence des expulsions en images
Par Marie Barbier le mercredi 21 juillet 2010, 15:08
La vidéo a été tournée sur un vol Air France entre Paris et Dakar en juin 2010. Les images sont mauvaises, mais on y distingue clairement un homme, embarqué de force par des policiers. Plus que les images, ce qui choque ici ce sont les cris. Des cris d'horreur et de douleur hurlés par cet homme. Il est extrêmement rare de voir des images d'une expulsion. Celles-ci permettent d'avoir une idée de la violence psychologique et physique de ces "reconduites à la frontières" comme on les appelle dans le langage officiel. Rappelons que l'objectif fixé pour l'année 2010 est de 28 000 expulsions.
Une expulsion ordinaire, France, été 2010
envoyé par laissezlesgrandirici. -
L'info video en
direct.
Cette vidéo a été mise en ligne sur le site de Médiapart par Rock sans papiers qui organise un grand concert le 18 septembre prochain à Paris Bercy.
mercredi 23 juin 2010
Guilherme débouté
Par Marie Barbier le mercredi 23 juin 2010, 17:57
Triste nouvelle qui vient de tomber sur le fil : la cour administrative d’appel de Lyon confirme l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture du Rhône à l'encontre de Guilherme Hauka-Azenga, père de famille angolais que l'administration française a tenté d'expulser quatre fois sans succès depuis le mois de janvier (lire ici).
Sans surprise, l’arrêt a repris les conclusions du rapporteur public qui remettait en question la version de Guillherme Hauka-Azanga, absent le jour de l’audience du 9 juin, sur les conseils de son avocat qui craignait une arrestation. Terrorisé par ces nombreuses tentatives d'expulsion particulièrement violentes, Guilherme se cache depuis sa libération en avril dernier. Il bénéficie du soutien des parents d'élève de l'école Gilbert Dru (où sont scolarisés ses enfants) qui ont créé une fabuleuse mobilisation autour de lui et continuent encore régulièrement à organiser des manifestation de soutien (voir leur site). Le 25 mai dernier, 300 personnes avaient marché de l'école Gilbert Dru à la préfecture, où 5210 lettres demandant sa régularisation immédiate, qui n'avaient pu être remises, avaient été accrochées devant le bâtiment.
Guilherme, 45 ans, est père de deux enfants nés en France d'une mère congolaise en situation régulière sur le territoire. En Angola, qu'il a fui en 2002, il laissé cinq enfants, d'une mère angolaise décédée en 2004. Dans sa décision, rendue le 16 juin, la cour a estimé que M. Hauka Azanga "ne vivait pas avec sa compagne et leurs enfants à la date de la décision en litige", qu'il n'avait pas "justifié de sa participation à l'entretien et à l'éducation des enfants à cette même date" et qu'il n'avait pas démontré "la réalité de la disparition alléguée" de son épouse angolaise.
Guilherme a désormais épuisé tous les recours sans obtenir le statut de réfugié.
jeudi 10 juin 2010
Nouvelle bataille pour Guilherme
Par Marie Barbier le jeudi 10 juin 2010, 10:26
Il y avait foule hier après-midi au tribunal
administratif de Lyon. Une centaine de parents d’élève, associatifs et simples
citoyens avaient fait le déplacement pour soutenir Guilherme Hauka Azanga, dans
son procès en appel contre le préfet du Rhône. Banderoles, badges et même
t-shirt avaient été sortis pour l’occasion par le comité de soutien de ce papa angolais
menacé d’expulsion, qui se bat pour rester en France auprès de sa compagne et
de leurs enfants (lire ici).
Hier, Guilherme faisait appel du refus préfectoral de lui délivrer un titre de
séjour et de son obligation à quitter le territoire français.
jeudi 13 mai 2010
Vous avez dit rigueur ?
Par Marie Barbier le jeudi 13 mai 2010, 16:02
Non, c’est vrai le gouvernement ne l’a pas dit. Tiens, et si justement, il
s’y mettait vraiment à la rigueur ? Rigueur budgétaire, rigueur morale…
Car la petite histoire de la journée est un comble d’absurdité, d'inhumanité et
de dépenses publiques jetées par la fenêtre. Jugez plutôt :
La préfecture de Moselle a décidé l’expulsion du territoire d'une famille
yézide de Géorgie. David Agoyan, sa femme et deux enfants (14 et 18 ans) sont
donc arrêtés, vers 7h30, au foyer à Nancy mardi 11 mai 2010. la famille est
embarquée et emmenée au centre de rétention de Lyon. La suite est racontée par
des militants du Réseau
éducation sans frontières du Rhône :
« Le hic, c'est que lors de leur arrestation, la famille n'est pas complète : il manque le dernier petit garçon deux ans ! Qu'importe, ils sont mis ce matin dans un avion privé, menottés, ligotés (même le jeune de 14 ans) et sont expulsés vers la Pologne. David se mutile pour ne pas partir (il ne recevra des soins qu'à son arrivée en Pologne). Quinze policiers les accompagnent dans l'avion. La Pologne ne les accepte pas : la famille n'est pas complète ! Retour à Lyon où ils sont libérés. »
Donc oui, un peu de rigueur budgétaire et morale ne ferait pas de mal à ce
gouvernement. Quant au coût humain d’une telle politique, il est évidement
incalculable...
jeudi 29 avril 2010
Le Darfour, nouvelle terre d’expulsions
Par Marie Barbier le jeudi 29 avril 2010, 08:00
« C’est inédit et scandaleux !». Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour ne décolère pas. Hier matin, en toute discrétion, la France a tenté d’expulser du territoire deux Soudanais, qui assurent être originaires du Darfour.
Issac Mahaoui et Robou Tombo avaient leur place réservées sur le vol de la Lufthansa : aller-simple pour Khartoum, via Francfort. C’était sans compter sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Saisie en urgence par l’association France terre d’asile, la juridiction internationale a suspendu la procédure d’expulsion. En attendant une décision sur le fond, les deux hommes ne peuvent être expulsés, ils devraient être libérés prochainement.
Arrêtés au début du mois à Calais, treize Soudanais, qui se disent majoritairement originaires du Darfour, sont retenus au centre de rétention administrative de Coquelles depuis vingt jours, dans l’attente de leur probable expulsion. Vendredi dernier, leur rétention a été prolongée de quinze jours par un juge des libertés. L’association France terre d’asile, chargée de l’aide juridique à l’intérieur du CRA, a d’ores et déjà prévenu : « Nous saisirons la CEDH à chaque fois qu’un avion sera prévu » lance Pierre Henry, son directeur général.
mardi 20 avril 2010
Le nuage de cendres arrête les expulsions
Par Marie Barbier le mardi 20 avril 2010, 16:54
Un volcan s’éveille en Islande et c’est toute la machine à expulser française qui s’enraye. Le trafic aérien étant nul depuis six jours, les reconduites à la frontières sont à l’arrêt. Résultat : les centres de rétention administrative, bondés, ne peuvent plus « accueillir » personne. « Les centres de rétention sont en permanence plein à craquer, ils ne le sont pas particulièrement en ce moment, explique Céline Guyot de l’Assfam, association d’aide juridique en rétention. Mais comme il n’y a plus de sorties, il n’y a plus d’entrées. » Si le trafic ne reprend pas, de nombreux sans papiers pourraient arriver au bout de la durée légale de rétention (32 jours) et être tout simplement libérés.
vendredi 9 avril 2010
Guilherme, caillou dans la machine à expulser
Par Marie Barbier le vendredi 9 avril 2010, 19:20
La lumière des réverbères éclaire faiblement un homme seul sur le trottoir. En costume sombre, il tire derrière lui une lourde valise blanche. Au bout de la rue, des cris et des applaudissements éclatent. Jeudi, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny. Comme une dernière humiliation, les agents de la police aux frontières le libèrent par la porte de derrière, quand sa famille et ses soutiens l’attendent devant l’entrée principale. Épilogue éloquent de plusieurs mois d’acharnement administratif contre un homme qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion, a purgé deux mois de prison et dont le seul crime, rappelle ses soutiens, est « de vouloir vivre en France avec sa famille ».
Quelques heures plus tôt, la
préfecture du Rhône avait diffusé un communiqué de presse succinct indiquant
que, dans « l’impossibilité matérielle de faire procéder à la reconduite à
la frontière de Monsieur Hauka Azanga à destination de son pays, l’Angola », le
préfet du Rhône décidait de mettre fin à sa rétention. Une belle victoire pour
les soutiens qui ont mené une impressionnante mobilisation contre l’expulsion
de ce père de famille lyonnais. A peine libéré, ce dernier, visiblement ému,
raconte les derniers rebondissements de son aventure : « Vers 16
heures (jeudi, NDLR), j’ai été transféré du centre de rétention vers le Bourget
et mis dans un jet privé. Après quarante minutes de vol, le pilote m’a dit
qu’on faisait demi-tour, qu’il n’avait pas accès à l’espace aérien du Portugal
». Prête à tout pour l’expulser, l’administration comptait transférer Guilherme
à Lisbonne, d’où un vol décollait dans la soirée pour Luanda.
mardi 5 janvier 2010
Nelson et Adilson, jumeaux angolais menacés d'expulsion
Par Marie Barbier le mardi 5 janvier 2010, 08:00
Ils auront donc passés Noël et le nouvel an enfermés en centre de rétention. Depuis le 23 décembre, Nelson et Adilson Da Silva, jumeaux angolais de vingt ans, sont retenus au CRA du Mesnil-Amelot, dans l’attente d’une probable expulsion, tous les recours ayant été épuisés. Dernière chance : que le consulat d’Angola, devant lequel ils seront présentés demain à onze heures, ne leur délivre pas le laissez-passer indispensable à leur retour forcé. Dans le cas contraire, ils pourraient être expulsés à tout moment.
Il y a trois ans, après l’assassinat de leur père, Nelson et Adilson ont fui l’Angola. «Leur père a été tué lors d’affrontements dans la province de Cabinda, en rébellion contre le régime, explique Sylvain Fauvinet, du réseau éducation sans frontières. La police est venue les chercher chez eux, ils se sont échappés par une fenêtre. Ils ont ensuite été cachés pendant plusieurs semaines, puis exfiltrés à l’extérieur du pays. A leur arrivée en France, ils ne savaient pas où ils étaient». Mineurs, ils sont alors pris en charge par l’aide social à l’enfance et placés à Tours.
lundi 16 novembre 2009
La double peine kafkaïenne de Mounir Lamhammah
Par Marie Barbier le lundi 16 novembre 2009, 10:03
« J'ai payé ma dette, soupire-t-il. Je voudrais juste refaire ma vie ». Mounir Lamhammah a 31 ans, dont 24 passés en France. Un an après sa sortie de prison, il est convoqué aujourd’hui à la préfecture pour être renvoyé au Maroc, son pays d’origine. Une aberration au regard de son parcours : Mounir vit en France depuis l'âge de sept ans, toute sa famille est régularisée, il est père d'un enfant de cinq ans et vit en concubinage avec une Française.
Mounir se retrouve au centre d'une histoire kafkaïenne, où justice et administration ne cessent de se contredire. Le jeune homme, lui, essaye de se réinsérer après sept ans de prison. « On le jette dans un comportement délinquant, fulmine son avocate Karine Shebabo. Avec ce qu’il vit, il faut être très fort pour ne pas tomber. »
Condamné à douze ans de réclusion par la cour d’assises, Mounir Lamhammah sort de prison en octobre 2008 grâce à un « comportement exemplaire », selon son avocate. Jusqu'en 2012, il est soumis au régime de la libération conditionnelle : obligation de travailler, d’indemniser ses victimes et interdiction de quitter le territoire. Pour la justice, Mounir a purgé sa peine et doit maintenant réussir sa réinsertion dans la société.
vendredi 6 novembre 2009
Des réfugiés géorgiens expulsés par charter
Par Marie Barbier le vendredi 6 novembre 2009, 08:00
Des enfants et des malades... La liste des quatorze Géorgiens expulsés mardi matin par avion spécial fait froid dans le dos : six mineurs, âgés de un à douze ans, scolarisés en France, une femme enceinte, deux personnes atteintes de pathologies graves et une affectée de troubles psychiatriques.
Interpellées lundi matin dans un hôtel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, ces familles de la minorité Yizid, sont transférées le soir même au centre de rétention de Nîmes (Gard). Mardi, vers onze heures, un charter décolle de l’aéroport de Garons. Direction, la Pologne, en vertu des accords de Dublin II qui renvoient les demandeurs d’asile dans le premier pays d’Europe traversé. Il aura fallu un peu plus de 24 heures pour les expulser du territoire français... «Cette procédure n’est pas illégale, mais elle est très contestable, regrette un intervenant de la Cimade. Quand on n’a pas honte de sa politique, on ne la fait pas en catimini, la nuit, sans même passer devant un juge.».
D’autant que ce militant associatif fait état d’une expulsion particulièrement violente. « A 4h30, quand les policiers viennent les réveiller pour les mettre dans l’avion, les Géorgiens ont refusé de les suivre. Pour les contraindre à sortir du centre, les policiers ont séparé les enfants des parents. Le bébé d’un an a été arraché des bras de sa mère. Les enfants criaient, ils étaient terrorisés».
jeudi 5 novembre 2009
Deux homosexuels menacés d'expulsion
Par Marie Barbier le jeudi 5 novembre 2009, 17:20
Deux homosexuels, l’un Camerounais, l’autre Chinois, sont actuellement placés au centre de rétention d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), dans l’attente de leur expulsion. «La France doit leur assurer protection et leur permettre de faire valoir leur droits à l’asile ou au séjour», affirment dans un communiqué commun les associations de lutte contre l’homophobie. Le Camerounais vient d’arriver en France après un périple de plusieurs mois. Il a fui un pays qui punit l'homosexualité de un à cinq ans d’emprisonnement. Le chinois, diplômé de lettres françaises et professeur de chinois, vit en couple avec un Français depuis huit ans en banlieue parisienne.
vendredi 23 octobre 2009
Les mensonges de monsieur Besson
Par Marie Barbier le vendredi 23 octobre 2009, 15:00
On le savait depuis ses mensonges éhontés sur le délit de solidarité, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, aime travestir la réalité. Ainsi, à l’écouter, les trois Afghans renvoyés par charter dans la nuit de mardi à mercredi ne sont pas en danger puisqu’ils sont « originaires de villes situées à proximité de Kaboul ». Démenti formel du gouvernement afghan : ces migrants ne sont pas de la capitale, mais « originaires de provinces où il y a la guerre, les talibans, le terrorisme » affirme le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement.
Deuxièmement, selon le ministre, les trois migrants seraient logés dans un hôtel dans la capitale afghane «payé par la France pendant deux semaines». En réalité, cet « accompagnement » a été pour le moins expéditif : l’attaché de sécurité intérieur est resté vingt minutes avec les expulsés à leur descente d’avion avant de les conduire à l’hôtel… d’où ils sont partis au matin.
L’un d’entre eux, Faysal, a livré un témoignage accablant à un journaliste de l’Express. Ce jeune homme de vingt-deux ans affirment que les policiers français l’ont « frappé » et « voulaient (l)’obliger à signer un papier disant qu’(il) s’engageait à rentrer au pays ». Hier, François Fillon affirmait : « En la matière nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir car s'il est bien un pays et un gouvernement qui ne laissent pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre »
mercredi 9 septembre 2009
Convoqué à sa propre expulsion !
Par Marie Barbier le mercredi 9 septembre 2009, 07:00
Les services de la préfecture du Lot ont poussé le cynisme à un stade avancé, rarement vu. Lundi, Abdel Nainia a reçu une convocation à sa propre expulsion. « J'ai fait réserver une place d'avion en vue de votre retour le mercredi 9 septembre prochain, écrit le secrétaire général. Il vous appartient de vous rendre par vos propres moyens à l'aéroport pour exécuter cette décision ».
mercredi 26 août 2009
La justice libère un Serbe menacé d'expulsion
Par Marie Barbier le mercredi 26 août 2009, 07:00
La machine administrative, lancée à plein régime, semblait impossible à arrêter. Sa cible : Vojin Milic, quarante-deux ans, serbe d'origine croate, en France depuis treize ans. En situation irrégulière malgré ses nombreuses demandes de régularisation, il a été arrêté le 10 août dernier et placé au centre de rétention de Palaiseau (Essonne), dans l'attente d'une probable expulsion.
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