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Arrestations / Expulsions

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mercredi 14 décembre 2011

Un prof de maths menacé d’expulsion

Rassemblement lundi soir devant Edouard Vaillant
Au chômage forcé depuis quinze jours, Cheikna Aliou Koïta ressasse sa colère. « Nous sommes les bouche-trous de l’Éducation nationale, quand ils ont besoin de nous, ils nous utilisent, sinon... » Ce Mauritanien de 31 ans était jusqu’au 30 novembre dernier professeur vacataire (non titulaire et payé à l’heure) au collège Edouard Vaillant de Gennevillliers (Hauts-de-Seine). Déjà diplômé de physique et de génie pétrolier, ce jeune homme brillant s’était inscrit à la rentrée dernière en troisième année de licence informatique à Paris VI. Pour ajouter une nouvelle corde à son arc, mais aussi faute de pouvoir sortir de son statut d’étudiant, qui lui permettait jusqu’à maintenant d’obtenir des papiers.

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vendredi 2 septembre 2011

Saint-Amant Roche-Savine se mobilise

©Cécile Arfi Cette photo a été prise ce week-end à St-Amant Roche-Savine, un petit village du Puy de Dôme, par la photographe Cécile Arfi. Les visages sont encore insouciants, souriants. C'était avant. Avant que les forces de l'ordre ne débarquent chez la famille Ajeti-Hasani hier matin. Ces roms kossovars sont accueillis par la commune et parrainée par la Compagnie Jolie Môme. Arrêtés, ils ont été transférés dans la journée au centre de rétention de Rouen. Déboutés du droit d’asile, ces grands parents, leurs enfants et leurs six petits enfants âgés de un à onze ans, sont expulsables dans les heures qui viennent. La famille avait trouvé refuge dans le village auvergnat depuis le 13 août, après que le préfet a demandé aux centres d’hébergements de la région de ne pas les loger. «Nous leur avions fourni deux logements communaux, raconte le maire, François Chassaigne, ils avaient participé aux fêtes communales et devaient inscrire les enfants à l’école». Deux rassemblement ont été organisés hier et une pétition est lancée.

Crédit photo : Cécile Arfi

jeudi 25 août 2011

Une journée ordinaire devant le juge des libertés

Le palais de justice de Paris- « Vous avez quelque chose à dire ? » Lunettes rouges sur le bout du nez et robe noire, Michèle Signoret, juge des libertés et de la détention (JLD) à la cour d’appel de Paris, questionne d’un ton glacial l’homme devant elle.

- « Je suis venu en France pour échapper aux mauvais traitements... » commence Sameh Theodore, chrétien égyptien (copte) enfermé depuis le 17 août au centre de rétention du Mesnil-Amelot, dans l’attente de son expulsion. Le père de famille de 45 ans n’aura pas le temps d’expliquer les persécutions dont sont victimes ses compatriotes coptes.

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lundi 22 août 2011

« L’épuration » des Coptes n’empêche pas leur expulsion

En Sarkozie, ce qui était valable il y a six mois ne l’est plus forcément aujourd’hui. Sameh Teodore, chrétien d'Egypte (Copte) enfermé depuis le 17 août dans un centre de rétention, l’a appris à ses dépens. Cet ingénieur a quitté son pays avec femme et enfants en 2007 pour «fuir les persécutions», selon le Réseau éducation sans frontières. La famille s’établit à Courbevoie (Hauts-de-Seine) où leurs deux garçons sont scolarisés. L’aîné au collège, le petit s’apprête à rentrer en CP.

En janvier dernier, le chef des Coptes de France, Guirguis Lucas, remet personnellement à Nicolas Sarkozy une liste de demandes de régularisation, dont celle de Sameh Teodore. Le chef de l’État vient juste de prononcer un discours dans lequel il dénonce un « plan d’épuration » contre les chrétiens d’Orient, quelques jours après l’attentat d’Alexandrie où 21 coptes égyptiens ont trouvé la mort.

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mercredi 8 juin 2011

On expulse bien les handicapés

La famille Vrenezi avant son expulsion
Bien loin de la conférence nationale sur le handicap, où Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer aujourd’hui, un jeune polyhandicapé de 15 ans se meurt à cause de la politique française. Il y un peu plus d’un an, un bataillon de gendarmes pénétrait dans l’Institut d’éducation motrice de Freyming-Merlebach, près de Metz, pour y arrêter Ardi Vrenezi, atteint d’une maladie dégénérative du cerveau et d’épilepsie avec un polyhandicap lourd. Évacué sur un brancard, l’adolescent est immédiatement renvoyé au Kosovo avec sa famille.

Un an plus tard, un documentaire (1) diffusé la semaine dernière relance la mobilisation pour Ardi. Et crée un début de polémique. La documentariste Manon Loizeau s’est rendue au Kosovo pour y filmer Ardi. Premier constat, l’adolescent va mal. « Il va mourir plus vite et dans de moins bonnes conditions » constate Isabelle Kieffer, sa pédiatre lorsqu’il était en France. Ardi a des difficultés à s’alimenter, il a maigri et passe ses journées sur un matelas posé à même le sol.

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mardi 15 mars 2011

A Cannes, on expulse en TER-charter !

9h30, hier, en gare de Cannes. Le train express régional n°86 023 à destination de Vintimille (Italie) est subitement réquisitionné par les forces de l’ordre. Les passagers déjà installés dans la rame de tête doivent laisser leur place à 39 Afghans, dont plusieurs mineurs, encadrés par sept policiers qui refusent de payer les 46 billets. La stupeur des cheminots fait place à la colère quand, à la dernière gare française, Menton-Garavan, les policiers descendent du train en déclarant qu’ils ne peuvent pas aller plus loin ! Le personnel refuse catégoriquement de transporter jusqu’en Italie les 39 Afghans, qui sont donc débarqués sur le quai.

Qui a ordonné cette réquisition ? Pas le conseil régional, pourtant en charge du transport. « La région n’a jamais donné son accord pour que des TER soient transformés en charter ! » s’insurge Gérard Piel, chargé des transports en Provence-Alpes-Côte d’Azur et président du groupe Front de Gauche. De son côté, la préfecture assure qu’elle n’était pas au courant. Une affirmation contredite par le personnel ferroviaire. « Le chef de brigade a dit qu’il agissait sur ordre du préfet, assure Franck Boyer, délégué CGT des agents de conduite. Il a même ajouté qu’il ne fallait surtout pas que les clandestins montent à Paris avant les élections. »

Choqués, les cheminots ont exprimé leur refus de telles méthodes, qui ne sont pas sans leur rappeler « d’autres temps » : « La dernière fois qu’on a vu ça, c’était en 1942 » lâche Franck Boyer.


vendredi 25 février 2011

Paris veut expulser en Libye !

À deux reprises, les 22 et 23 février, la police aux frontières (PAF) de Roissy a tenté de refouler un ressortissant sénégalais vers Tripoli, selon l’Anafé, seule association présente en zone d’attente. Cette personne avait fait escale dans la capitale libyenne à son retour d’un séjour dans son pays d’origine. Doutant de la véracité de son titre de séjour, la PAF a décidé de le renvoyer, malgré la répression sanglante en Libye. Seule l’intervention de la Cour européenne des droits de l’homme a pu empêcher cette expulsion.

Carton rouge levé pour Rigoberte

Rigoberte MBah ©AFPLa joueuse de football du club d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Rigoberte MBah, n'est plus menacée d'expulsion. Le tribunal administratif de Lille a annulé hier son arrêté de reconduite à la frontière et demandé au préfet du Nord de lui fournir un titre de séjour provisoire de quinze jours, le temps que sa demande de régularisation puisse être étudiée.

Arrêtée le 17 février alors qu’elle sortait de chez son kinésithérapeute, la jeune femme de 27 ans a été placée au centre de rétention de Lesquin avant d’être libérée mardi dernier par le juge des libertés. Elle devait comparaître hier après-midi devant le juge administratif qui devait décider du maintien ou de l’annulation de son arrêté préfectoral de reconduite à la frontières.

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mardi 11 janvier 2011

La gauche en rétention pour soutenir Samana

Alima Boumediene-Thiéry

Une pièce de huit m2 : quatre murs blancs, une table, trois chaises, deux portes. C’est dans ce parloir que, depuis jeudi dernier, Samana Tshibuyi reçoit les parlementaires de gauche. Vingt-cinq jours aujourd’hui que ce père de famille congolais est enfermé dans le centre de rétention administratif de Palaiseau (Essonne). Vingt-cinq jours « pour rien » dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF), pour qui la vie de cet homme est en France, auprès de ses deux enfants (Cunégonde, 5 ans et Maximilien, 4 ans) et non en République démocratique du Congo qu’il a fui il y a sept ans et demi.

Les parlementaires, qui bénéficient d’un droit de visite des lieux d’enfermement, se relaient auprès de Samana depuis jeudi pour lui exprimer leur soutien : les socialistes Sandrine Mazetier et François Lamy ; Martine Billard et Danielle Simonnet (PG) ; Sylvie Clerc et Bernard Vera (PCF). Et, hier, Olivier Besancenot (NPA) et Alima Boumediene-Thiéry (EE-Verts).

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jeudi 4 novembre 2010

Eric Besson, le roi des expulsions

On peut reprocher son opacité au ministère de l’Immigration sur bien des points, mais pas sur le nombre d’expulsions. Non, ces chiffres là, Eric Besson les communique assidûment, avec une précision qui frise la manie. A croire qu’il a les yeux rivés dessus... Le ministre de l’Immigration a livré hier, lors de l’examen du budget de son ministère à l’Assemblée nationale, ses résultats pour les neufs premiers mois de l’année : 21 384 reconduites à la frontière, dont 7472 «retours forcés» de Roumains et Bulgares. Bon élève, le ministre devrait atteindre l’objectif assigné par Nicolas Sarkozy de 28 000 reconduites à la frontières pour l’année 2010. Avec un peu de ténacité sur sa dernière ligne droite, Eric Besson pourrait même faire mieux que ses 29 288 expulsions de 2009. En période de remaniement, on ne néglige pas les bons points.

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lundi 16 août 2010

Le préfet du Loiret veut expulser plus vite que son ombre

En quarante-huit heures, Amadou D., orléanais de 31 ans, a vu sa vie basculer pour se retrouver sur le tarmac de Roissy, menacé d’un retour forcé vers le Sénégal. Le 11 août au matin, cet étudiant en master de biochimie, en France depuis huit ans et en concubinage avec une Française, se rend à la gendarmerie, où il est convoqué. «Un véritable guet-apens», tonne son avocat, Sileymane Sow, pour qui cette convocation-piège est d’autant plus scandaleuse que son client, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, a fait confiance aux autorités.

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mercredi 21 juillet 2010

La violence des expulsions en images

La vidéo a été tournée sur un vol Air France entre Paris et Dakar en juin 2010. Les images sont mauvaises, mais on y distingue clairement un homme, embarqué de force par des policiers. Plus que les images, ce qui choque ici ce sont les cris. Des cris d'horreur et de douleur hurlés par cet homme. Il est extrêmement rare de voir des images d'une expulsion. Celles-ci permettent d'avoir une idée de la violence psychologique et physique de ces "reconduites à la frontières" comme on les appelle dans le langage officiel. Rappelons que l'objectif fixé pour l'année 2010 est de 28 000 expulsions.


Une expulsion ordinaire, France, été 2010
envoyé par laissezlesgrandirici. - L'info video en direct.

Cette vidéo a été mise en ligne sur le site de Médiapart par Rock sans papiers qui organise un grand concert le 18 septembre prochain à Paris Bercy.

mercredi 23 juin 2010

Guilherme débouté

Triste nouvelle qui vient de tomber sur le fil : la cour administrative d’appel de Lyon confirme l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture du Rhône à l'encontre de Guilherme Hauka-Azenga, père de famille angolais que l'administration française a tenté d'expulser quatre fois sans succès depuis le mois de janvier (lire ici).

Sans surprise, l’arrêt a repris les conclusions du rapporteur public qui remettait en question la version de Guillherme Hauka-Azanga, absent le jour de l’audience du 9 juin, sur les conseils de son avocat qui craignait une arrestation. Terrorisé par ces nombreuses tentatives d'expulsion particulièrement violentes, Guilherme se cache depuis sa libération en avril dernier. Il bénéficie du soutien des parents d'élève de l'école Gilbert Dru (où sont scolarisés ses enfants) qui ont créé une fabuleuse mobilisation autour de lui et continuent encore régulièrement à organiser des manifestation de soutien (voir leur site). Le 25 mai dernier, 300 personnes avaient marché de l'école Gilbert Dru à la préfecture, où 5210 lettres demandant sa régularisation immédiate, qui n'avaient pu être remises, avaient été accrochées devant le bâtiment.

Guilherme, 45 ans, est père de deux enfants nés en France d'une mère congolaise en situation régulière sur le territoire. En Angola, qu'il a fui en 2002, il laissé cinq enfants, d'une mère angolaise décédée en 2004. Dans sa décision, rendue le 16 juin, la cour a estimé que M. Hauka Azanga "ne vivait pas avec sa compagne et leurs enfants à la date de la décision en litige", qu'il n'avait pas "justifié de sa participation à l'entretien et à l'éducation des enfants à cette même date" et qu'il n'avait pas démontré "la réalité de la disparition alléguée" de son épouse angolaise.

Guilherme a désormais épuisé tous les recours sans obtenir le statut de réfugié.

jeudi 10 juin 2010

Nouvelle bataille pour Guilherme

Banderole pour GuilhermeIl y avait foule hier après-midi au tribunal administratif de Lyon. Une centaine de parents d’élève, associatifs et simples citoyens avaient fait le déplacement pour soutenir Guilherme Hauka Azanga, dans son procès en appel contre le préfet du Rhône. Banderoles, badges et même t-shirt avaient été sortis pour l’occasion par le comité de soutien de ce papa angolais menacé d’expulsion, qui se bat pour rester en France auprès de sa compagne et de leurs enfants (lire ici). Hier, Guilherme faisait appel du refus préfectoral de lui délivrer un titre de séjour et de son obligation à quitter le territoire français.

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jeudi 13 mai 2010

Vous avez dit rigueur ?

Non, c’est vrai le gouvernement ne l’a pas dit. Tiens, et si justement, il s’y mettait vraiment à la rigueur ? Rigueur budgétaire, rigueur morale… Car la petite histoire de la journée est un comble d’absurdité, d'inhumanité et de dépenses publiques jetées par la fenêtre. Jugez plutôt :

La préfecture de Moselle a décidé l’expulsion du territoire d'une famille yézide de Géorgie. David Agoyan, sa femme et deux enfants (14 et 18 ans) sont donc arrêtés, vers 7h30, au foyer à Nancy mardi 11 mai 2010. la famille est embarquée et emmenée au centre de rétention de Lyon. La suite est racontée par des militants du Réseau éducation sans frontières du Rhône :

« Le hic, c'est que lors de leur arrestation, la famille n'est pas complète : il manque le dernier petit garçon deux ans ! Qu'importe, ils sont mis ce matin dans un avion privé, menottés, ligotés (même le jeune de 14 ans) et sont expulsés vers la Pologne. David se mutile pour ne pas partir (il ne recevra des soins qu'à son arrivée en Pologne). Quinze policiers les accompagnent dans l'avion. La Pologne ne les accepte pas : la famille n'est pas complète ! Retour à Lyon où ils sont libérés. »


Donc oui, un peu de rigueur budgétaire et morale ne ferait pas de mal à ce gouvernement. Quant au coût humain d’une telle politique, il est évidement incalculable...

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