Laissez-passer

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mardi 5 janvier 2010

Nelson et Adilson, jumeaux angolais menacés d'expulsion

Ils auront donc passés Noël et le nouvel an enfermés en centre de rétention. Depuis le 23 décembre, Nelson et Adilson Da Silva, jumeaux angolais de vingt ans, sont retenus au CRA du Mesnil-Amelot, dans l’attente d’une probable expulsion, tous les recours ayant été épuisés. Dernière chance : que le consulat d’Angola, devant lequel ils seront présentés demain à onze heures, ne leur délivre pas le laissez-passer indispensable à leur retour forcé. Dans le cas contraire, ils pourraient être expulsés à tout moment.

Il y a trois ans, après l’assassinat de leur père, Nelson et Adilson ont fui l’Angola. «Leur père a été tué lors d’affrontements dans la province de Cabinda, en rébellion contre le régime, explique Sylvain Fauvinet, du réseau éducation sans frontières. La police est venue les chercher chez eux, ils se sont échappés par une fenêtre. Ils ont ensuite été cachés pendant plusieurs semaines, puis exfiltrés à l’extérieur du pays. A leur arrivée en France, ils ne savaient pas où ils étaient». Mineurs, ils sont alors pris en charge par l’aide social à l’enfance et placés à Tours.

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lundi 16 novembre 2009

La double peine kafkaïenne de Mounir Lamhammah

« J'ai payé ma dette, soupire-t-il. Je voudrais juste refaire ma vie ». Mounir Lamhammah a 31 ans, dont 24 passés en France. Un an après sa sortie de prison, il est convoqué aujourd’hui à la préfecture pour être renvoyé au Maroc, son pays d’origine. Une aberration au regard de son parcours : Mounir vit en France depuis l'âge de sept ans, toute sa famille est régularisée, il est père d'un enfant de cinq ans et vit en concubinage avec une Française.

Mounir se retrouve au centre d'une histoire kafkaïenne, où justice et administration ne cessent de se contredire. Le jeune homme, lui, essaye de se réinsérer après sept ans de prison. « On le jette dans un comportement délinquant, fulmine son avocate Karine Shebabo. Avec ce qu’il vit, il faut être très fort pour ne pas tomber. »

Condamné à douze ans de réclusion par la cour d’assises, Mounir Lamhammah sort de prison en octobre 2008 grâce à un « comportement exemplaire », selon son avocate. Jusqu'en 2012, il est soumis au régime de la libération conditionnelle : obligation de travailler, d’indemniser ses victimes et interdiction de quitter le territoire. Pour la justice, Mounir a purgé sa peine et doit maintenant réussir sa réinsertion dans la société.

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vendredi 6 novembre 2009

Des réfugiés géorgiens expulsés par charter

Des enfants et des malades... La liste des quatorze Géorgiens expulsés mardi matin par avion spécial fait froid dans le dos : six mineurs, âgés de un à douze ans, scolarisés en France, une femme enceinte, deux personnes atteintes de pathologies graves et une affectée de troubles psychiatriques.

Interpellées lundi matin dans un hôtel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, ces familles de la minorité Yizid, sont transférées le soir même au centre de rétention de Nîmes (Gard). Mardi, vers onze heures, un charter décolle de l’aéroport de Garons. Direction, la Pologne, en vertu des accords de Dublin II qui renvoient les demandeurs d’asile dans le premier pays d’Europe traversé. Il aura fallu un peu plus de 24 heures pour les expulser du territoire français... «Cette procédure n’est pas illégale, mais elle est très contestable, regrette un intervenant de la Cimade. Quand on n’a pas honte de sa politique, on ne la fait pas en catimini, la nuit, sans même passer devant un juge.».

D’autant que ce militant associatif fait état d’une expulsion particulièrement violente. « A 4h30, quand les policiers viennent les réveiller pour les mettre dans l’avion, les Géorgiens ont refusé de les suivre. Pour les contraindre à sortir du centre, les policiers ont séparé les enfants des parents. Le bébé d’un an a été arraché des bras de sa mère. Les enfants criaient, ils étaient terrorisés».

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jeudi 5 novembre 2009

Deux homosexuels menacés d'expulsion

Deux homosexuels, l’un Camerounais, l’autre Chinois, sont actuellement placés au centre de rétention d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), dans l’attente de leur expulsion. «La France doit leur assurer protection et leur permettre de faire valoir leur droits à l’asile ou au séjour», affirment dans un communiqué commun les associations de lutte contre l’homophobie. Le Camerounais vient d’arriver en France après un périple de plusieurs mois. Il a fui un pays qui punit l'homosexualité de un à cinq ans d’emprisonnement. Le chinois, diplômé de lettres françaises et professeur de chinois, vit en couple avec un Français depuis huit ans en banlieue parisienne.

vendredi 23 octobre 2009

Les mensonges de monsieur Besson

On le savait depuis ses mensonges éhontés sur le délit de solidarité, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, aime travestir la réalité. Ainsi, à l’écouter, les trois Afghans renvoyés par charter dans la nuit de mardi à mercredi ne sont pas en danger puisqu’ils sont « originaires de villes situées à proximité de Kaboul ». Démenti formel du gouvernement afghan : ces migrants ne sont pas de la capitale, mais « originaires de provinces où il y a la guerre, les talibans, le terrorisme » affirme le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement.

Deuxièmement, selon le ministre, les trois migrants seraient logés dans un hôtel dans la capitale afghane «payé par la France pendant deux semaines». En réalité, cet « accompagnement » a été pour le moins expéditif : l’attaché de sécurité intérieur est resté vingt minutes avec les expulsés à leur descente d’avion avant de les conduire à l’hôtel… d’où ils sont partis au matin.

L’un d’entre eux, Faysal, a livré un témoignage accablant à un journaliste de l’Express. Ce jeune homme de vingt-deux ans affirment que les policiers français l’ont « frappé » et « voulaient (l)’obliger à signer un papier disant qu’(il) s’engageait à rentrer au pays ». Hier, François Fillon affirmait : « En la matière nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir car s'il est bien un pays et un gouvernement qui ne laissent pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre »

mercredi 9 septembre 2009

Convoqué à sa propre expulsion !

Les services de la préfecture du Lot ont poussé le cynisme à un stade avancé, rarement vu. Lundi, Abdel Nainia a reçu une convocation à sa propre expulsion. « J'ai fait réserver une place d'avion en vue de votre retour le mercredi 9 septembre prochain, écrit le secrétaire général. Il vous appartient de vous rendre par vos propres moyens à l'aéroport pour exécuter cette décision ».

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mercredi 26 août 2009

La justice libère un Serbe menacé d'expulsion

La machine administrative, lancée à plein régime, semblait impossible à arrêter. Sa cible : Vojin Milic, quarante-deux ans, serbe d'origine croate, en France depuis treize ans. En situation irrégulière malgré ses nombreuses demandes de régularisation, il a été arrêté le 10 août dernier et placé au centre de rétention de Palaiseau (Essonne), dans l'attente d'une probable expulsion.

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mercredi 15 juillet 2009

Violences pendant une expulsion

Grève de la faim et départ de feu : la situation est particulièrement tendue au centre de rétention du Mesnil-Amelot, suite à une violente tentative d'expulsion hier. Un retenu marocain, présenté à l'avion pour la troisième fois dans le mois, a refusé d'embarquer. Il aurait alors été frappé et insulté par les policiers présents. Le retenu a déposé une plainte hier, appuyé par les témoignages de gendarmes en sa faveur. 89 retenus ont signé une pétition pour dénoncer ces violences policières et l'absence d'examen individuel des dossiers. De retour au centre de rétention, le retenu a tenté de se suicider en se tranchant la gorge. Hier, ses jours n'étaient pas en danger.

mercredi 24 juin 2009

Bonne nouvelle

Les bonnes nouvelles sont rares, il faut les savourer... Nous apprenons ce matin la régularisation de Yazid Zarour, auxiliaire de vie d'Olivier Morel, tétraplégique et professeur d'Anglais au lycée d'Echirolles (Isère). C'est le préfet de l'Isère en personne qui a convoqué les deux hommes pour donner à Yazid un titre de séjour avec autorisation de travailler, valable jusqu'en 2011. Pour Olivier Morel, cette régularisation tient "essentiellement à la forte mobilisation de tout le monde". A bon entendeur...

Lire aussi :
L'auxiliaire qui refusait l'expulsion

lundi 22 juin 2009

Du shampoing contre l'expulsion

En une semaine, trois retenus du centre de rétention de Rennes ont absorbé leur « kit hygiène » pour échapper à une reconduite à la frontière. Mardi dernier, un Marocain a ainsi voulu empêcher son expulsion après 18 ans de présence en France. En fin de semaine, c'était au tour d'un tunisien en grève de la faim, qui est toujours hospitalisé. Enfin ce matin, un retenu a absorbé un cocktail de shampoing, gel douche, mousse à raser et pièces de monnaie pour éviter d'être renvoyé vers l'Algérie où il est déserteur de l'armée. Il a été transféré en hôpital psychiatrique.

jeudi 11 juin 2009

L'auxiliaire qui refusait l'expulsion

Yazid et Olivier sont inséparables. Outre l'amitié qui les lie, le premier est tout simplement indispensable au second. Olivier Morel, 39 ans, professeur d'anglais au lycée d'Echirolles (Isère), est tétraplégique. Yazid Zarour, 31 ans, l'aide comme auxiliaire de vie les nuits et les week-ends depuis trois ans. "Je suis totalement dépendant, explique Olivier. Yazid me fait manger, me douche, m'amène aux toilettes, me couche... Des choses basiques et intimes qu'on ne peut pas demander à n'importe qui. Nous avons construit une relation de confiance indispensable". Si Olivier se retrouve ainsi obligé de décrire son intimité, c'est que le préfet de l'Isère a décidé que la validité des papiers primait sur le reste et qu'un auxiliaire pouvait en remplacer un autre.

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vendredi 15 mai 2009

Charter géorgien

L'information donnée par le réseau éducation sans frontières (RESF) de Rennes a été confirmée par la Cimade et Hélène Flautre, députée verte européenne : jeudi, la France a expulsé trois Géorgiens par avion militaire. Après des escales à Rennes, Toulouse et Zagreb en Croatie, l'avion est finalement arrivé dans la soirée à Tbilissi. Les trois sans-papiers étaient encadrés de huit policiers. Sollicité la Police aux frontières et le ministère de l'Immigration n'ont pas répondu à nos questions. Nous ne saurons donc pas combien cette opération aura coûté de deniers publics, ni si ces trois Géorgiens étaient les seuls passagers à bord.

vendredi 13 mars 2009

Un corbeau annule un mariage

"Choqué", le Réseau éducation sans frontières de Gironde a dénoncé hier le comportement d'un fonctionnaire de la mairie de Bordeaux qui a décidé de transmettre au procureur de la République une lettre anonyme dénonçant un "soit disant mariage blanc" entre un ressortissant algérien et une française. Naserdine El Gourdi et Laura Passerieux avaient l'intention de se marier prochainement. Selon RESF, "de nombreux témoignages" attestent d'une "vie de couple pleine et entière". Conséquence de cet envoi, Naserdine El Gourdi est désormais sous le coup d'un Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, donc expulsable a tout moment.

mardi 3 mars 2009

Modibo Sissoko, expulsé "comme un animal" vers le Mali

Il a le souffle court, parle lentement. Gêné. Depuis une semaine, Modibo Sissoko est de retour à Bamako, capitale du Mali, après vingt ans d’absence. Il souffle : "J’ai rien ici. Je connais pas." Et s’inquiète : "Comment je vais récupérer mes affaires qui sont restées en France ?". À quarante et un ans, cet homme a vécu autant à Paris qu’à Bamako. Arrivé en 1989 en France, il a travaillé pendant vingt ans dans le bâtiment. Plusieurs fois licencié parce que sans papiers, il avait néanmoins obtenu de son dernier employeur une promesse d’embauche, indispensable à sa demande de régularisation par le travail. Rendez-vous était fixé en préfecture le 12 mars.

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lundi 16 février 2009

Garba Sangaré, 50 ans, travailleur jetable

REPORTAGE. Il sort de sa cellule les yeux fatigués, surpris de trouver, en pleine nuit, un député au milieu du centre de rétention du Palais de justice de Paris. Seuls ses cheveux poivre et sel trahissent son âge : Garba Sangaré a 50 ans, dont dix-neuf passés en France. Sans-papiers, arrêté le 3 février, il sait qu'il doit être expulsé par le vol Air France Paris-Bamako ce dimanche à 16h40. Jean-Pierre Brard, député de Montreuil (Seine-Saint-Denis) apparenté PCF, exerce son droit de visite parlementaire, pour l'assurer de son soutien. Il est un peu moins d'une heure du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, quand il s'assoit face à Garba Sangaré : "Monsieur, j'ai été informé que vous risquiez d'être expulsé demain. Je suis intervenu pour vous auprès du préfet et du ministre de l'Immigration. On va tout faire pour vous sortir de là".

Jean-Pierre Brard utilise son droit de visite parlementaireManifestation nocturne pour libérer M. Sangaré

Le député à la sortie du dépôt Le compte-rendu de la visite

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jeudi 5 février 2009

Dénoncez, vous aurez des papiers !

Sarkozy l'avait rêvé en 2003, Éric Besson l'a fait : un titre de séjour pour une délation. Lors d'une "vaste opération de démantèlement d'une filière clandestine" hier matin, le nouveau ministre de l'immigration a annoncé qu'il signerait ce matin une circulaire pour "donner aux préfets la possibilité d'accorder des titres de séjour provisoires aux clandestins victimes de filières clandestines qui décideraient de les dénoncer". Considérant que les "immigrés illégaux" sont dans un "statut qui ne leur permet pas de dénoncer leurs tristes conditions", l'ex socialiste assure qu'avec ce système, "ils peuvent obtenir instantanément un titre de séjour provisoire".

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mercredi 28 janvier 2009

Drame dans une expulsion

Pour ne pas être expulsé vers le Sénégal, un jeune sans-papiers s'est jeté de la passerelle d'un avion à Roissy samedi dernier. Effectuant une mesure de reconduite à la frontière, les policiers conduisaient le jeune homme, non entravé, à bord d'un Boeing 777 qui devait décoller à 16h50 de l'aéroport Charles De Gaulle pour rallier le Sénégal. La CGT Air France précise dans un communiqué qu'une fois arrivé à la porte de l'avion, le jeune-homme "s'est jeté du haut de la passerelle. Il est malheureusement mal tombé et s'est retrouvé sur le tarmac immobile, se tordant de douleur." Les deux jambes cassés, il a été hospitalisé.

Lire le tract de la CGT Air France

vendredi 23 janvier 2009

"Personne ne quitte son pays par plaisir"

PORTRAIT. Kurdes persécutés en Géorgie, les Mirzoian, ont trouvé refuge en France il y a six ans où ils sont aujourd'hui menacés d'expulsion. Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à 18 heures à Saint Jean de Braye, près d'Orléans.

"Quand on a ouvert la bâche du camion, on était à Orléans". Octobre 2002 : Elena et Aziz Mirzoian, accompagnés de leurs deux fils, débarquent en France, cachés dans un semi-remorque. Une semaine plus tôt, ils donnaient 5000 dollars à un passeur pour quitter, à tout prix, la Géorgie. "On ne savait pas où on atterrirait, peu importe, il fallait partir, raconte Elena, la maman. On est repoussés de partout, on n'a pas de pays". Kurdes de religion yézidie, les Mirzoian fuient les persécutions ethniques et la misère.

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jeudi 22 janvier 2009

A Bordeaux, un militant des droits de l'homme menacé d'expulsion

Le tribunal administratif de Bordeaux examinait aujourd'hui le recours déposé par Nugzar Sulashvili, militant des droits de l'Homme géorgien et sa femme, menacés d'expulsion avec leurs deux enfants (16 et 3 ans) à la suite du refus de la préfecture de la Dordogne de leur accorder un titre de séjour. La famille a trouvé refuge en France depuis quatre ans, après des tentatives d'enlèvement et d'assassinat. En Géorgie, Nugzar Sulashvili avait fondé une ONG d'aide aux prostituées et dénonçait régulièrement le commerce du sexe, s'attirant ainsi les foudres de la mafia. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à une date indéterminée.

La honte !

210x275-pos_a-_.gifSOS Racisme a lancé hier une campagne de sensibilisation de l'opinion publique : "30 000 expulsions, c'est la honte". "La politique d'expulsion des sans-papiers n'est pas nouvelle, explique Dominique Sopo, président de l'association. Mais elle prend une tournure inquiétante. Avec 30 000 expulsions par an, nous assistons à un changement de nature des catégories d'expulsés. Certains, en France depuis dix ans, ont refait leur vie ici".

Un manifeste appelle le "gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d'expulsions", qui met "en péril l'idéal de fraternité indissociable de la promesse républicaine". La liste des premiers signataires compte du beau monde : aussi bien des politiques (Martine Aubry, Jean-Luc Bennahmias, Marie-George Buffet), que des artistes (Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Michel Boujenah, Stomy Bugsy, Francis Lalanne), des syndicalistes (Gérard Aschieri, Alix Nicolet) et des associations (RESF, Cimade, Amoureux au ban public).

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