Ils auront donc passés Noël et le nouvel an enfermés en centre de rétention. Depuis le 23 décembre, Nelson et Adilson Da Silva, jumeaux angolais de vingt ans, sont retenus au CRA du Mesnil-Amelot, dans l’attente d’une probable expulsion, tous les recours ayant été épuisés. Dernière chance : que le consulat d’Angola, devant lequel ils seront présentés demain à onze heures, ne leur délivre pas le laissez-passer indispensable à leur retour forcé. Dans le cas contraire, ils pourraient être expulsés à tout moment.
Il y a trois ans, après l’assassinat de leur père, Nelson et Adilson ont fui l’Angola. «Leur père a été tué lors d’affrontements dans la province de Cabinda, en rébellion contre le régime, explique Sylvain Fauvinet, du réseau éducation sans frontières. La police est venue les chercher chez eux, ils se sont échappés par une fenêtre. Ils ont ensuite été cachés pendant plusieurs semaines, puis exfiltrés à l’extérieur du pays. A leur arrivée en France, ils ne savaient pas où ils étaient». Mineurs, ils sont alors pris en charge par l’aide social à l’enfance et placés à Tours.




SOS
Racisme a lancé hier une campagne de sensibilisation de l'opinion
publique : "30 000 expulsions, c'est la honte". "La politique d'expulsion
des sans-papiers n'est pas nouvelle, explique Dominique Sopo, président de
l'association. Mais elle prend une tournure inquiétante. Avec 30 000 expulsions
par an, nous assistons à un changement de nature des catégories d'expulsés.
Certains, en France depuis dix ans, ont refait leur vie ici".