Laissez-passer

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Arrestations / Expulsions

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jeudi 29 avril 2010

Le Darfour, nouvelle terre d’expulsions

« C’est inédit et scandaleux !». Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour ne décolère pas. Hier matin, en toute discrétion, la France a tenté d’expulser du territoire deux Soudanais, qui assurent être originaires du Darfour.

Issac Mahaoui et Robou Tombo avaient leur place réservées sur le vol de la Lufthansa : aller-simple pour Khartoum, via Francfort. C’était sans compter sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Saisie en urgence par l’association France terre d’asile, la juridiction internationale a suspendu la procédure d’expulsion. En attendant une décision sur le fond, les deux hommes ne peuvent être expulsés, ils devraient être libérés prochainement.

Arrêtés au début du mois à Calais, treize Soudanais, qui se disent majoritairement originaires du Darfour, sont retenus au centre de rétention administrative de Coquelles depuis vingt jours, dans l’attente de leur probable expulsion. Vendredi dernier, leur rétention a été prolongée de quinze jours par un juge des libertés. L’association France terre d’asile, chargée de l’aide juridique à l’intérieur du CRA, a d’ores et déjà prévenu : « Nous saisirons la CEDH à chaque fois qu’un avion sera prévu » lance Pierre Henry, son directeur général.

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mardi 20 avril 2010

Le nuage de cendres arrête les expulsions

Un volcan s’éveille en Islande et c’est toute la machine à expulser française qui s’enraye. Le trafic aérien étant nul depuis six jours, les reconduites à la frontières sont à l’arrêt. Résultat : les centres de rétention administrative, bondés, ne peuvent plus « accueillir » personne. « Les centres de rétention sont en permanence plein à craquer, ils ne le sont pas particulièrement en ce moment, explique Céline Guyot de l’Assfam, association d’aide juridique en rétention. Mais comme il n’y a plus de sorties, il n’y a plus d’entrées. » Si le trafic ne reprend pas, de nombreux sans papiers pourraient arriver au bout de la durée légale de rétention (32 jours) et être tout simplement libérés.

vendredi 9 avril 2010

Guilherme, caillou dans la machine à expulser

La lumière des réverbères éclaire faiblement un homme seul sur le trottoir. En costume sombre, il tire derrière lui une lourde valise blanche. Au bout de la rue, des cris et des applaudissements éclatent. Jeudi, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny. Comme une dernière humiliation, les agents de la police aux frontières le libèrent par la porte de derrière, quand sa famille et ses soutiens l’attendent devant l’entrée principale. Épilogue éloquent de plusieurs mois d’acharnement administratif contre un homme qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion, a purgé deux mois de prison et dont le seul crime, rappelle ses soutiens, est « de vouloir vivre en France avec sa famille ».

La une de l'Humanité du 10 avrilQuelques heures plus tôt, la préfecture du Rhône avait diffusé un communiqué de presse succinct indiquant que, dans « l’impossibilité matérielle de faire procéder à la reconduite à la frontière de Monsieur Hauka Azanga à destination de son pays, l’Angola », le préfet du Rhône décidait de mettre fin à sa rétention. Une belle victoire pour les soutiens qui ont mené une impressionnante mobilisation contre l’expulsion de ce père de famille lyonnais. A peine libéré, ce dernier, visiblement ému, raconte les derniers rebondissements de son aventure : « Vers 16 heures (jeudi, NDLR), j’ai été transféré du centre de rétention vers le Bourget et mis dans un jet privé. Après quarante minutes de vol, le pilote m’a dit qu’on faisait demi-tour, qu’il n’avait pas accès à l’espace aérien du Portugal ». Prête à tout pour l’expulser, l’administration comptait transférer Guilherme à Lisbonne, d’où un vol décollait dans la soirée pour Luanda.

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lundi 15 février 2010

A Pau, les jeunes filles en fleurs restent à l’ombre

Elles avaient repris les cours depuis quinze jours. Se remettant à peine d’avoir frôlé l’expulsion le mois dernier. Le 25 janvier, trois agents de la police aux frontières (PAF) interpellent Sitti et Liouize à la sortie de l’université de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Ces deux Comoriennes de 22 et 24 ans, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, sont immédiatement transférées en centre de rétention à Paris, en vue de leur expulsion vers les Comores, où les deux jeunes-filles n’ont plus aucune famille. Elles seront finalement libérées par un juge des libertés pour vice de procédure.

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mardi 5 janvier 2010

Nelson et Adilson, jumeaux angolais menacés d'expulsion

Ils auront donc passés Noël et le nouvel an enfermés en centre de rétention. Depuis le 23 décembre, Nelson et Adilson Da Silva, jumeaux angolais de vingt ans, sont retenus au CRA du Mesnil-Amelot, dans l’attente d’une probable expulsion, tous les recours ayant été épuisés. Dernière chance : que le consulat d’Angola, devant lequel ils seront présentés demain à onze heures, ne leur délivre pas le laissez-passer indispensable à leur retour forcé. Dans le cas contraire, ils pourraient être expulsés à tout moment.

Il y a trois ans, après l’assassinat de leur père, Nelson et Adilson ont fui l’Angola. «Leur père a été tué lors d’affrontements dans la province de Cabinda, en rébellion contre le régime, explique Sylvain Fauvinet, du réseau éducation sans frontières. La police est venue les chercher chez eux, ils se sont échappés par une fenêtre. Ils ont ensuite été cachés pendant plusieurs semaines, puis exfiltrés à l’extérieur du pays. A leur arrivée en France, ils ne savaient pas où ils étaient». Mineurs, ils sont alors pris en charge par l’aide social à l’enfance et placés à Tours.

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lundi 16 novembre 2009

La double peine kafkaïenne de Mounir Lamhammah

« J'ai payé ma dette, soupire-t-il. Je voudrais juste refaire ma vie ». Mounir Lamhammah a 31 ans, dont 24 passés en France. Un an après sa sortie de prison, il est convoqué aujourd’hui à la préfecture pour être renvoyé au Maroc, son pays d’origine. Une aberration au regard de son parcours : Mounir vit en France depuis l'âge de sept ans, toute sa famille est régularisée, il est père d'un enfant de cinq ans et vit en concubinage avec une Française.

Mounir se retrouve au centre d'une histoire kafkaïenne, où justice et administration ne cessent de se contredire. Le jeune homme, lui, essaye de se réinsérer après sept ans de prison. « On le jette dans un comportement délinquant, fulmine son avocate Karine Shebabo. Avec ce qu’il vit, il faut être très fort pour ne pas tomber. »

Condamné à douze ans de réclusion par la cour d’assises, Mounir Lamhammah sort de prison en octobre 2008 grâce à un « comportement exemplaire », selon son avocate. Jusqu'en 2012, il est soumis au régime de la libération conditionnelle : obligation de travailler, d’indemniser ses victimes et interdiction de quitter le territoire. Pour la justice, Mounir a purgé sa peine et doit maintenant réussir sa réinsertion dans la société.

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vendredi 6 novembre 2009

Des réfugiés géorgiens expulsés par charter

Des enfants et des malades... La liste des quatorze Géorgiens expulsés mardi matin par avion spécial fait froid dans le dos : six mineurs, âgés de un à douze ans, scolarisés en France, une femme enceinte, deux personnes atteintes de pathologies graves et une affectée de troubles psychiatriques.

Interpellées lundi matin dans un hôtel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, ces familles de la minorité Yizid, sont transférées le soir même au centre de rétention de Nîmes (Gard). Mardi, vers onze heures, un charter décolle de l’aéroport de Garons. Direction, la Pologne, en vertu des accords de Dublin II qui renvoient les demandeurs d’asile dans le premier pays d’Europe traversé. Il aura fallu un peu plus de 24 heures pour les expulser du territoire français... «Cette procédure n’est pas illégale, mais elle est très contestable, regrette un intervenant de la Cimade. Quand on n’a pas honte de sa politique, on ne la fait pas en catimini, la nuit, sans même passer devant un juge.».

D’autant que ce militant associatif fait état d’une expulsion particulièrement violente. « A 4h30, quand les policiers viennent les réveiller pour les mettre dans l’avion, les Géorgiens ont refusé de les suivre. Pour les contraindre à sortir du centre, les policiers ont séparé les enfants des parents. Le bébé d’un an a été arraché des bras de sa mère. Les enfants criaient, ils étaient terrorisés».

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jeudi 5 novembre 2009

Deux homosexuels menacés d'expulsion

Deux homosexuels, l’un Camerounais, l’autre Chinois, sont actuellement placés au centre de rétention d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), dans l’attente de leur expulsion. «La France doit leur assurer protection et leur permettre de faire valoir leur droits à l’asile ou au séjour», affirment dans un communiqué commun les associations de lutte contre l’homophobie. Le Camerounais vient d’arriver en France après un périple de plusieurs mois. Il a fui un pays qui punit l'homosexualité de un à cinq ans d’emprisonnement. Le chinois, diplômé de lettres françaises et professeur de chinois, vit en couple avec un Français depuis huit ans en banlieue parisienne.

vendredi 23 octobre 2009

Les mensonges de monsieur Besson

On le savait depuis ses mensonges éhontés sur le délit de solidarité, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, aime travestir la réalité. Ainsi, à l’écouter, les trois Afghans renvoyés par charter dans la nuit de mardi à mercredi ne sont pas en danger puisqu’ils sont « originaires de villes situées à proximité de Kaboul ». Démenti formel du gouvernement afghan : ces migrants ne sont pas de la capitale, mais « originaires de provinces où il y a la guerre, les talibans, le terrorisme » affirme le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement.

Deuxièmement, selon le ministre, les trois migrants seraient logés dans un hôtel dans la capitale afghane «payé par la France pendant deux semaines». En réalité, cet « accompagnement » a été pour le moins expéditif : l’attaché de sécurité intérieur est resté vingt minutes avec les expulsés à leur descente d’avion avant de les conduire à l’hôtel… d’où ils sont partis au matin.

L’un d’entre eux, Faysal, a livré un témoignage accablant à un journaliste de l’Express. Ce jeune homme de vingt-deux ans affirment que les policiers français l’ont « frappé » et « voulaient (l)’obliger à signer un papier disant qu’(il) s’engageait à rentrer au pays ». Hier, François Fillon affirmait : « En la matière nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir car s'il est bien un pays et un gouvernement qui ne laissent pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre »

mercredi 9 septembre 2009

Convoqué à sa propre expulsion !

Les services de la préfecture du Lot ont poussé le cynisme à un stade avancé, rarement vu. Lundi, Abdel Nainia a reçu une convocation à sa propre expulsion. « J'ai fait réserver une place d'avion en vue de votre retour le mercredi 9 septembre prochain, écrit le secrétaire général. Il vous appartient de vous rendre par vos propres moyens à l'aéroport pour exécuter cette décision ».

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dimanche 30 août 2009

Le professeur de karaté libéré

Abdel Nainia, professeur de karaté marocain arrêté lundi dernier, a été libéré jeudi. Sans papiers installé à Figeac (Lot) depuis 2003, son arrestation avait suscité une forte mobilisation, notamment devant le tribunal de Toulouse jeudi. Libéré du centre de rétention de Cornebarrieu, Abdel est assigné à résidence jusqu'au 10 septembre en attendant la décision du juge du tribunal administratif sur sa possible expulsion.

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Mobilisation à Figeac

mercredi 26 août 2009

La justice libère un Serbe menacé d'expulsion

La machine administrative, lancée à plein régime, semblait impossible à arrêter. Sa cible : Vojin Milic, quarante-deux ans, serbe d'origine croate, en France depuis treize ans. En situation irrégulière malgré ses nombreuses demandes de régularisation, il a été arrêté le 10 août dernier et placé au centre de rétention de Palaiseau (Essonne), dans l'attente d'une probable expulsion.

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mardi 25 août 2009

Mobilisation à Figeac

Abdel Nainia, professeur de karaté de Figeac (Lot), a été arrêté lundi et placé au centre de rétention de Toulouse. D'origine marocaine, en France depuis six ans, Abdel travaille et paye des impôts mais toutes ses demandes de régularisation ont été déboutées. Le juge des libertés doit décider demain s'il le libère ou le maintient en rétention. Un rassemblement de soutien est organisé à 14 heures devant le tribunal de grande instance de Toulouse.

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Le professeur de karaté libéré

Les sans-papiers victimes de guet-apens

« Je ne pense pas que ce soit dans nos obligations de tendre des pièges à nos clients sans papiers. » Ironique, Chantal Lamy, de la CGT LCL (ex-Crédit Lyonnais), n'en est pas moins outrée. Au début du mois, certains de ses collègues ont tendu un véritable guet-apens à un client en situation irrégulière (lire ici).

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vendredi 14 août 2009

Guet-apens au Crédit lyonnais

« Plus, plus, un petit peu plus » chante le slogan du LCL (ancien Crédit lyonnais). Mamadou en sait quelque chose. Car en plus de ses services financiers, la banque n'hésite pas à offrir à ses clients sans-papiers un petit séjour en rétention...

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