« C’est inédit et scandaleux !». Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour ne décolère pas. Hier matin, en toute discrétion, la France a tenté d’expulser du territoire deux Soudanais, qui assurent être originaires du Darfour.
Issac Mahaoui et Robou Tombo avaient leur place réservées sur le vol de la Lufthansa : aller-simple pour Khartoum, via Francfort. C’était sans compter sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Saisie en urgence par l’association France terre d’asile, la juridiction internationale a suspendu la procédure d’expulsion. En attendant une décision sur le fond, les deux hommes ne peuvent être expulsés, ils devraient être libérés prochainement.
Arrêtés au début du mois à Calais, treize Soudanais, qui se disent majoritairement originaires du Darfour, sont retenus au centre de rétention administrative de Coquelles depuis vingt jours, dans l’attente de leur probable expulsion. Vendredi dernier, leur rétention a été prolongée de quinze jours par un juge des libertés. L’association France terre d’asile, chargée de l’aide juridique à l’intérieur du CRA, a d’ores et déjà prévenu : « Nous saisirons la CEDH à chaque fois qu’un avion sera prévu » lance Pierre Henry, son directeur général.
