Laissez-passer

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jeudi 5 février 2009

Dénoncez, vous aurez des papiers !

Sarkozy l'avait rêvé en 2003, Éric Besson l'a fait : un titre de séjour pour une délation. Lors d'une "vaste opération de démantèlement d'une filière clandestine" hier matin, le nouveau ministre de l'immigration a annoncé qu'il signerait ce matin une circulaire pour "donner aux préfets la possibilité d'accorder des titres de séjour provisoires aux clandestins victimes de filières clandestines qui décideraient de les dénoncer". Considérant que les "immigrés illégaux" sont dans un "statut qui ne leur permet pas de dénoncer leurs tristes conditions", l'ex socialiste assure qu'avec ce système, "ils peuvent obtenir instantanément un titre de séjour provisoire".

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mercredi 28 janvier 2009

Drame dans une expulsion

Pour ne pas être expulsé vers le Sénégal, un jeune sans-papiers s'est jeté de la passerelle d'un avion à Roissy samedi dernier. Effectuant une mesure de reconduite à la frontière, les policiers conduisaient le jeune homme, non entravé, à bord d'un Boeing 777 qui devait décoller à 16h50 de l'aéroport Charles De Gaulle pour rallier le Sénégal. La CGT Air France précise dans un communiqué qu'une fois arrivé à la porte de l'avion, le jeune-homme "s'est jeté du haut de la passerelle. Il est malheureusement mal tombé et s'est retrouvé sur le tarmac immobile, se tordant de douleur." Les deux jambes cassés, il a été hospitalisé.

Lire le tract de la CGT Air France

vendredi 23 janvier 2009

"Personne ne quitte son pays par plaisir"

PORTRAIT. Kurdes persécutés en Géorgie, les Mirzoian, ont trouvé refuge en France il y a six ans où ils sont aujourd'hui menacés d'expulsion. Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à 18 heures à Saint Jean de Braye, près d'Orléans.

"Quand on a ouvert la bâche du camion, on était à Orléans". Octobre 2002 : Elena et Aziz Mirzoian, accompagnés de leurs deux fils, débarquent en France, cachés dans un semi-remorque. Une semaine plus tôt, ils donnaient 5000 dollars à un passeur pour quitter, à tout prix, la Géorgie. "On ne savait pas où on atterrirait, peu importe, il fallait partir, raconte Elena, la maman. On est repoussés de partout, on n'a pas de pays". Kurdes de religion yézidie, les Mirzoian fuient les persécutions ethniques et la misère.

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jeudi 22 janvier 2009

A Bordeaux, un militant des droits de l'homme menacé d'expulsion

Le tribunal administratif de Bordeaux examinait aujourd'hui le recours déposé par Nugzar Sulashvili, militant des droits de l'Homme géorgien et sa femme, menacés d'expulsion avec leurs deux enfants (16 et 3 ans) à la suite du refus de la préfecture de la Dordogne de leur accorder un titre de séjour. La famille a trouvé refuge en France depuis quatre ans, après des tentatives d'enlèvement et d'assassinat. En Géorgie, Nugzar Sulashvili avait fondé une ONG d'aide aux prostituées et dénonçait régulièrement le commerce du sexe, s'attirant ainsi les foudres de la mafia. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à une date indéterminée.

La honte !

210x275-pos_a-_.gifSOS Racisme a lancé hier une campagne de sensibilisation de l'opinion publique : "30 000 expulsions, c'est la honte". "La politique d'expulsion des sans-papiers n'est pas nouvelle, explique Dominique Sopo, président de l'association. Mais elle prend une tournure inquiétante. Avec 30 000 expulsions par an, nous assistons à un changement de nature des catégories d'expulsés. Certains, en France depuis dix ans, ont refait leur vie ici".

Un manifeste appelle le "gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d'expulsions", qui met "en péril l'idéal de fraternité indissociable de la promesse républicaine". La liste des premiers signataires compte du beau monde : aussi bien des politiques (Martine Aubry, Jean-Luc Bennahmias, Marie-George Buffet), que des artistes (Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Michel Boujenah, Stomy Bugsy, Francis Lalanne), des syndicalistes (Gérard Aschieri, Alix Nicolet) et des associations (RESF, Cimade, Amoureux au ban public).

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dimanche 18 janvier 2009

Des policiers tabassent un sans-papiers, le gouvernement ne réagit pas

L'histoire remonte au 15 mars 2006, lors d'une opération de reconduite à la frontière à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, deux policiers sont vus en train de frapper au sol à "coups de pied" un sans-papiers menotté "n'opposant aucune résistance". Les faits sont rapportés par un témoin qui fait saisir la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) via Gérard Bapt, député de la Haute-Garonne.

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mercredi 14 janvier 2009

Hortefeux explose tous les records

Créé il y a vingt mois, le ministère de l'immigration et de l'identité nationale n'a pas chômé : il a expulsé de France métropolitaine 45 000 sans-papiers. Brice Hortefeux, qui doit quitter très prochainement ses fonctions, a dressé hier matin le bilan de son activité devant les journalistes et les ambassadeurs, conviés pour l'occasion. Dans une avalanche de chiffres, le ministre a annoncé qu'il avait dépassé tous les objectifs qui lui avaient été assignés. Les 26 000 expulsions exigées en 2008 ? Hortefeux en annonce 29796, soit une hausse de 28,5% par rapport à 2007, un "résultat sans précédent". Si l'on ajoute l'Outre mer (Mayotte et la Guyane dans une écrasante majorité), ce sont 53 364 étrangers qui ont été "reconduits à la frontière" en 2008. La lutte contre les fraudes ? 1562 passeurs et 861 marchands de sommeil arrêtés. La baisse de l'immigration familiale au profit de l'immigration professionnelle ? Pour la première fois, le nombre de cartes de séjour délivrées pour raison familiale passe sous la barre des 90000 titres, avec 85800 cartes attribuées, soit une baisse de 10%. Le développement "solidaire" avec les pays du Sud ? Huit "accords de gestion concertée des flux migratoires" signés en vingt mois. Etc.

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mardi 13 janvier 2009

Une campagne contre les expulsions


Après l'annonce de son bilan par Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, l'association SOS racisme a annoncé le lancement, le 21 janvier, d'une "campagne de mobilisation de l'opinion publique" baptisée "30 000 expulsions par an, c’est la honte". "Parce que l’application de cette politique chiffrée est cause d’une inadmissible régression des droits et source de vies détruites, SOS – Racisme appelle le Gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d’expulsions" dénonce SOS Racisme qui a réalisé un premier clip de cette campagne, ci dessus.

Des chiffres et des êtres

En attendant un article plus long demain matin, voici quelques chiffres du bilan de Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, dont il s'est glorifié ce matin devant un parterre d'ambassadeurs et de journalistes.

  • 53 364 sans-papiers ont été expulsés du territoire français en 2008 (29 796 de métropole et 23 568 de l'Outre mer)
  • 10 072 de ces retours seraient "volontaires", soit + 204 % qu'en 2007
  • Depuis la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale en mai 2007, ce sont 45 000 étrangers en situations irrégulières qui ont été "reconduits à la frontière" selon le vocabulaire en vigueur...
  • Depuis 2002, 135 273 sans-papiers ont été expulsés depuis la métropole
  • 8 charters communautaires avec le Royaume-Uni, l'Espagne, la Hollande et la Belgique ont été affrétés
  • 42 513 demandes d'asiles ont été attribuées et 11 461 statuts de réfugiés.
  • Cinq millions d'euros ont été dépensé en 2008 pour l'aide aux "retours volontaires"

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Le sombre bilan de Brice Hortefeux

unehortefeux.jpg"Ce ministère risque d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d’un nationalisme d’État et d’une xénophobie de gouvernement." En mai 2007, les universitaires du réseau scientifique Terra s’inquiétaient de la création d’un tout nouveau ministère régalien dont les épithètes font frémir : immigration et identité nationale. Nicolas Sarkozy l’a répété durant toute sa campagne : la France est "exaspérée" par "une immigration non maîtrisée". Le ton est donné et la mission confiée à son ami « de trente-deux ans », Brice Hortefeux. Vingt mois plus tard, quel est l’état des lieux de la politique migratoire du gouvernement ? Le ministre dresse aujourd’hui le bilan de son action. Nous aussi.

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