Envie de goulasch ou de bananes plantins ? Une vingtaine de femmes, hébergées dans le centre d’accueil des demandeurs d’asile de Forum réfugiés à Lyon, livrent leurs savoirs-faire culinaires. Conçu comme un voyage, ce livre nous emmène de l’Europe de l’Est à la Syrie, en passant par l’Algérie et le Congo. Plus qu’une simple manière de s’alimenter, ces plats sont aussi un «refuge» explique Christian Coulon, professeur de science politique, dans son avant-propos : « La cuisine est aussi un marqueur identitaire majeur, un univers de connaissance, (…) une façon de ne pas oublier le ‘pays’ ». Transmises oralement depuis des siècles, ces recettes sont enfin couchées sur le papier, pour le plus grand bonheur de nos papilles.
Le goût d’asile, recette du monde Ed. Forum Réfugiés, 15 €, 48 p.
Cette France-là est d'abord un
objet : un beau livre noir de 450 pages. Auto édité par le 
A Calais aussi, les amoureux se bécotent sur
les bancs publics. Mais comment s'aimer au delà des frontières ? Mémo
chante l'amour des migrants, un air entraînant sur fond d'accordéon. "Le banc
raconte une histoire d'amour parce que trop souvent on oublie que les migrants
sont des êtres humains, des hommes, des femmes de chair et d'os avec un cœur,
des sentiments, une envie de vivre plus forte que tout" : Freddy
Holleville alias Mémo.
À l'autre bout du
fil, des voix. Celles de centaines de sans-papiers enfermés, criant leur colère
et leur désespoir. De janvier à juin 2008, des militants ont téléphoné, presque
quotidiennement, à l'intérieur du centre de rétention administratif (CRA) de
Vincennes. Patiemment, ils ont écouté, noté, enregistré les voix de ces
étrangers, enfermés dans l'attente d'une probable expulsion. Ils publient
aujourd'hui le recueil de ces témoignages. Retranscrites à l'état brut, sans
commentaires, ces paroles racontent six mois de révolte permanente et
permettent de comprendre pourquoi, le 22 juin 2008, des retenus mettaient le
feu au plus grand centre de rétention de France.