Laissez-passer

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dimanche 21 août 2011

A Rennes, la loi Besson en action

Menacée d’expulsion, la famille Chowdhury devrait comparaître demain pour la deuxième fois devant le juge des libertés. Jeudi, la cour d’appel de Rennes avait annulé la première décision de remise en liberté, la jugeant contraire à la loi Besson. L’avocate de la famille, Me Le Strate, avait en effet saisi le JLD en urgence, arguant du traumatisme de l’enfermement pour les deux enfants. Or, la nouvelle loi sur l’immigration prévoit désormais un passage devant le JLD après cinq jours de rétention, au lieu de deux auparavant... « Cette jurisprudence empêcherait, dans tous les cas, le JLD de statuer en urgence », dénonce Me Le Strate, qui va saisir la Cour de cassation.

mercredi 22 juin 2011

Charlotte, enceinte, séropositive et menacée d'expulsion

A peine publiée au journal officiel vendredi, la loi sur l'immigration fait déjà ses premières victimes. Elle s'appelle Charlotte (1), a 27 ans. Enceinte et séropositive, elle est menacée d'expulsion vers son pays d'origine, l'Ukraine, sous prétexte que son traitement y serait disponible. La loi Besson réduit considérablement le droit au séjour des étrangers malades. Désormais, le titre de séjour ne peut être accordé qu'en cas d'absence du traitement approprié dans le pays d'origine, et non plus en cas d'impossibilité d'accès effectif au traitement.

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lundi 13 juin 2011

Frileux, les sages valident la loi sur l'immigration

Une censure et deux réserves d’interprétations : c’est le maigre bilan du passage de la loi sur l’immigration au Conseil constitutionnel qui valide donc l’essentiel de ce texte pourtant très controversé. Sur les 111 articles que compte la loi, une vingtaine avaient été jugés inconstitutionnels par les députés socialistes à l’origine de cette saisine. Et seul l’un d’entre eux a été censuré par les sages. Qualifiée de « Guantanamo à la française » par les associations, la seule mesure retoquée permettait de rallonger jusqu’à 18 mois la durée de rétention des étrangers condamnés pour des activités à caractère terroriste et ayant purgé leur peine. Les sages ont ramené cette durée à six mois.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a exprimé sa « grande satisfaction » pour une « décision (qui) valide toutes les mesures adoptées par le Parlement sur la proposition du gouvernement, à une phrase près ».

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jeudi 9 juin 2011

La loi Besson validée par le Conseil constitutionnel

Les sages ont annoncé aujourd'hui qu'ils validaient la quasi totalité de la loi sur l'immigration, l'intégration et la nationalité votée le 11 mai par le Parlement et vivement contestée par l'opposition de gauche. Les groupes socialistes de l'Assemblée et du Sénat avaient saisi le Conseil, estimant qu'une vingtaine des quelques 110 articles que compte la loi étaient contraires à la Constitution. une seule disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel, relative à la durée de la rétention administrative d'un étranger, que la loi prévoyait de prolonger de 12 mois au-delà d'une durée maximale fixée dans un premier temps à six mois. Cette mesure avait été qualifiée de "Guantanamo à la Française" par les associations. Les sages ont jugé que cette prolongation apportait à la liberté individuelle une atteinte contraire à l'article 66 de la Constitution. Ils ont également émis deux "réserves", mais sans les invalider, sur deux articles de la loi -44 et 51- relatifs au placement en détention d'un étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français.

mercredi 30 mars 2011

Etrangers malades : le sénat persiste

Un partout, balle au centre. Les sénateurs ont adopté hier, à une large majorité, en commission des lois, un amendement supprimant la disposition votée par l’Assemblée nationale de restreindre la possibilité de droit au séjour pour les sans-papiers atteints de pathologies graves. Cette disposition, présente dans le projet de loi initial du gouvernement sur l’immigration, avait déjà été supprimée en première lecture par le Sénat mais rétablie en seconde lecture par l’Assemblée le 15 mars dernier. Cet article avait soulevé la colère des associations de soutien aux sans-papiers, mais aussi des médecins et des associations d’usagers. 28 000 étrangers malades risqueraient ainsi aujourd’hui «l’expulsion et une interruption brutale de soins».


mercredi 9 mars 2011

Reculer pour mieux déchoir ?

Le député UMP Claude Goasguen, rapporteur du projet de loi sur l’immigration, s’est livré mardi soir, à l’Assemblée nationale, à un difficile numéro d’équilibriste. Le matin même, le premier ministre, François Fillon, annonçait que le gouvernement renonçait à légiférer sur la déchéance de la nationalité, mesure phare - bien que symbolique - de ce projet de loi. Comment, dès lors, présenter cet abandon alors que cette mesure était défendue bec et ongles par la majorité depuis qu’elle avait été lancée par le président lui-même à Grenoble, en juillet dernier ? « Elle serait très difficile à appliquer avec la jurisprudence actuelle » se justifie le rapporteur qui parle d’une décision prise « spontanément et avec réflexion ». La gauche se marre.

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mardi 8 mars 2011

Le jour où Sarkozy a vu sa déchéance déchue

Le chef de l’état avait lancé l’idée lors de son discours de Grenoble, en juillet dernier : retirer la nationalité française « à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte » à la vie d’un « dépositaire de l’autorité publique ». Huit mois de polémiques plus tard, la mesure a tout simplement été enterrée hier par le gouvernement. L’exécutif et les députés UMP ont annoncé qu’ils renonçaient à cette mesure-phare du projet de loi sur l’immigration actuellement débattue à l’Assemblée nationale. « J’appelle la majorité à rester soudée, a déclaré François Fillon. Si on se divise, le texte ne sera pas voté et Claude Guéant n’aura pas les moyens de lutter contre l’immigration clandestine». Le gouvernement recule donc sur cette mesure symbolique, mais toutes les autres, bien concrètes, restent dans ce projet de loi qui durcit considérablement la politique migratoire française en proposant, notamment, une extension des zones d’attentes et la restriction du droit au séjour pour les étrangers malades.


jeudi 17 février 2011

Les députés resserrent la vis

Une reprise en main en bonne et due forme : la commission des Lois de l’Assemblée nationale a rétabli hier toutes les dispositions du projet de loi sur l’immigration qui avaient été supprimées par le Sénat. La semaine dernière, les sénateurs avaient adopté en première lecture un texte largement modifié par rapport à sa version initiale, provoquant l’ire du ministre de l’Intérieur. Brice Hortefeux avait alors grossièrement rappelé aux sénateurs que la Constitution donnait le dernier mot aux députés.

Hier matin, les 55 amendements déposés par le rapporteur UMP Claude Goasguen et le gouvernement ont tous été adoptés, rétablissant le texte sécuritaire initial.

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lundi 14 février 2011

Guantanamo, à la mode de chez nous

Centre de rétention de Palaiseau ©Marie BarbierUn « Guantanamo à la française » : c’est en ces termes que plusieurs associations (Gisti, Cimade, LDH, Syndicat des avocats de France) ont dénoncé l’amendement gouvernemental à la loi Besson qui vient tout juste d’être adoptée par le Sénat en première lecture. Présenté à la commission des lois, cet amendement intègre au projet de loi sur l’immigration la possibilité de maintenir en rétention administrative jusqu’à 18 mois des étrangers condamnés à une peine d’interdiction du territoire ou à une mesure d’expulsion pour des « actes de terrorisme » ou « un comportement lié à des activités à caractère terroriste pénalement constatées ».

Si elle était votée en deuxième lecture, cette mesure s’ajouterait à celle de la loi sur la sécurité Loppsi 2, qui vient d’être définitivement adoptée par le Parlement, et qui prévoit le port du bracelet électronique pour ces mêmes personnes.

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Le Sénat adoucit (un peu) la loi Besson

Les sénateurs ont voté jeudi dernier en première lecture un projet de loi sur l’immigration, l’intégration et la nationalité quelque peu adouci par rapport au texte voté en octobre dernier par les députés. Les deux mesures phares du projet de loi ont été retoquées : l’extension de la déchéance de nationalité aux meurtriers de représentants de l’autorité publique et la réforme du contentieux judiciaire, qui avait soulevé la colère des associations et des magistrats.

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mercredi 9 février 2011

Droit des étrangers : le refus d’une « justice d’abattage »

On les croyait silencieux et dociles, les juges administratifs - chargés de contrôler l’administration - nous prouvent le contraire. Les deux syndicats majoritaires (le SJA et l’USMA, qui représentent 90% de la profession) appellent à un mouvement de grève aujourd’hui partout en France. Ce mot d’ordre, lancé de longue date, est conforté par le vent de révolte qui secoue la justice depuis une semaine. Et s’ils se disent aujourd’hui solidaires de l’ordre judiciaire, les magistrats administratifs pointent aussi leur spécificité.

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jeudi 3 février 2011

Bientôt un « Guantanamo à la française » ?

Un amendement gouvernemental adopté par la commission des lois du Sénat à la loi sur l’immigration propose de détenir des étrangers plus de dix-huit mois en centre de rétention administrative. Ce dispositif s’applique aux étrangers « condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme » ou « si une mesure d'expulsion a été prononcée à son encontre pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste ». La Cimade, le Gisti, la Ligue des Droits de l’Homme et le Syndicat des Avocats de France dénoncent une réforme qui crérait un « guantanmo à la française ». Cette disposition « opère une confusion dangereuse entre rétention administrative et mode de surveillance des personnes » expliquent-elles encore en appelant les sénateurs de ne pas voter cet amendement.


Loi Besson : motus et votes décousus

Affiche devant le Sénat @Marie BarbierDe mémoire de policiers, on n’avait jamais vu ça devant le Palais du Luxembourg : une cinquantaine de militants se sont rassemblés hier midi, devant cinq CRS goguenards, pour un Cercle de silence contre la loi Besson. Des têtes chenues majoritairement, dont celle du frère franciscain Alain Richard, inventeur de ces rassemblements muets. « Chacun fait un travail à l’intérieur de soit pour écouter ce qu’il a de meilleur et réfléchir aux violations des droits humains » explique l’octogénaire barbu.

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mardi 1 février 2011

La loi Besson : un « fourre-tout de mesures répressives »

Alors que le Sénat entame ce soir, en première lecture, les discussions sur la loi sur l'immigration, le point de vue d'Eliane Assassi, sénatrice du groupe communiste, républicain et sénateurs du Parti de gauche (CCR-SPG), à l'origine de quelque 150 amendements sur cette loi !

Eliane Assassi« Nous en sommes à la septième loi sur l'immigration en sept ans, c'est un véritable acharnement. Cette loi Besson me met tellement en colère ! Le gouvernement use de la soit disante transposition des directives européennes, mais ce n'est qu'un prétexte. Ce n'est pas un hasard si ce texte arrive au sénat aujourd'hui, à un mois des Cantonales et juste après la loi Lopsi 2 sur la sécurité. On est en plein amalgame. La loi Besson veut à tout prix empêcher les étrangers d'arriver en France, on crée des zones d'attentes « sac à dos ». Et tant pis si on met dans le même sac les demandeurs d'asile et les immigrants irréguliers. On veut empêcher les étrangers de rester en France donc on s'en prend au mariage gris. C'est une stigmatisation permanente. On augmente la durée du temps en rétention à 45 jours et je ne parle même pas du bannissement ! Cette loi est un fourre-tout de mesures répressives. On agite le chiffon rouge de l'étranger qui attend aux frontières par hordes entières. Nous avons déposé 150 amendements sur ce projet de loi. Les associations et les syndicats sont très mobilisés contre ce texte, nous sommes les porte-voix de cette colère. »

Cinquante organismes chrétiens (dont la Cimade, la Joc ou le secours catholique) signataires du texte « Ne laissons pas fragiliser le droit de l'étranger » appellent à une manifestation aujourd'hui devant le sénat de 16 h à 17h30.


lundi 31 janvier 2011

La sordide histoire d’Ardi, prélude à la loi Besson

A ses dépens, il est un exemple édifiant de l’inhumanité de la politique migratoire française. La réforme du droit au séjour pour les étrangers malades ? « On est en plein dedans ! Ce qui est arrivé à Ardi est un avant-goût de ce qui nous attend » tonne Pascal Wuttke, responsable mosellan de l’Association des paralysées de France (APF). Un amendement à la loi Besson sur l’immigration, discutée à partir de demain au Sénat, prévoit en effet la remise en cause du droit au séjour pour les étrangers malades. Autrement dit, si cette réforme aboutie, l’effrayante histoire d’Ardi ne sera plus une exception.

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