Laissez-passer

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mercredi 12 octobre 2011

La mauvaise histoire belge de Mme Vigoureux

Brigitte Vigoureux et ses deux filles, Thyssina et Elaura
C’est une histoire belge qui ne fait rire personne. Surtout pas Brigitte Vigoureux, 47 ans, bloquée au Congo depuis deux mois. « Je tourne en rond ici avec mes filles qui ont raté leur rentrée scolaire », déplore la mère de famille.

Tout commence en août 2010. Brigitte Vigoureux, née au Congo mais Belge par son père, perd sa carte d’identité. Habitant en France depuis plus de vingt ans - ses cinq enfants y sont nés - elle se rend à l’ambassade de Belgique pour refaire ses papiers. Là, surprise : une enquête de nationalité est ouverte par les autorités belges sur la famille Vigoureux. « On lui a dit qu’elle devait se rendre sur son lieu de naissance pour récupérer des certificats » raconte sa fille Victor, restée à Paris.

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vendredi 20 mai 2011

En Libye, les migrants pris pour cible

Des migrants à Salloum © Caritas Internationalis
Ils ont fui parce que la peur était « trop forte ». Des centaines de milliers de migrants ont quitté la Libye depuis le début du conflit. Une mission de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) s’est rendue mi-mai dans le port de Salloum, à la frontière égypto-libyenne, où elle a recueilli des témoignages « accablants et concordants » d’Africains subsahariens, victimes d’exactions racistes systématique.

Les « Africains noirs ont été systématiquement pris pour cible par divers groupes armés » résume Geneviève Jacques, en charge de la mission, qui a visionné des images avec des hommes battus à mort. Outre ces meurtres, la FIDH dénonce des viols, passages à tabac, spoliations et menaces. Ces migrants venaient tous de la région de Ben Ghazi, contrôlée par les rebelles, où ils ont été accusés d’être des mercenaires à la solde de Kadhafi.

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jeudi 16 décembre 2010

Les «migrerrants» d’Afrique de l’Ouest

Quelles sont les conséquences de la politique migratoire européenne dans les pays du Sud ? Peu connue et difficile à étudier, cette question se voit apporter d’intéressantes réponses par un rapport de la Cimade. En février 2010, l’Association malienne des expulsés, alternatives espaces citoyens du Niger et l’association mauritanienne des droits de l’homme ont réalisé une enquête sur les conséquences des politiques migratoires européenne à la frontière Mali-Mauritanie.

La conclusion de cette enquête de terrain est sans appel : en sous-traitant sa politique migratoire à des pays tiers, l’Union européenne se rend responsable de graves violations des droits fondamentaux, notamment dans les zones frontalières désertiques inaccessibles aux regards de la société civile. Refoulements, violences, clandestinité, enfermement jalonnent le parcours des candidats à l’émigration.

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jeudi 7 octobre 2010

Cinq ans après Ceuta et Melilla, la guerre contre les migrants continue

Pour la première fois depuis ce que l’on nomme ici pudiquement « les événements de Ceuta et Melilla », l’association marocaine ABCDS organisait, mardi, à Oujda (Nord-Est du Maroc), une conférence internationale « sur les droits humains aux frontières ». Dans la nuit du 28 au 29 septembre 2005, 500 migrants subsahariens tentaient de franchir les hauts grillages barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le Nord du Maroc. Onze d’entre eux mourraient sous les balles des policiers marocains et espagnols.

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La société civile marocaine peine à se rassembler

Quelque cinquante d’ONG, africaines et européennes, étaient réunis mardi à la conférence internationale d’Oujda pour la commémoration des cinq ans de Ceuta et Melilla. Dynamisme associatif ou division du mouvement ? La question s’est posée lors des débats. « Il y a une inflation des associations au Maroc qui décrédibilise le mouvement », regrette Younes Foudel, lui-même président du Forum asile migration.

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Commémoration annulée

Le sit-in qui devait se tenir hier devant les barbelés de Melilla, enclave espagnole au Nord du Maroc, n’a finalement pas eu lieu. Si des manifestations ont déjà eu lieu à Ceuta, c’est la première fois qu’une association (l'Association Beni Znassen pour la Culture et la solidarité) tentait de commémorait le massacre de 2005 devant les grillages de Melilla. Plusieurs raisons, plus confuses les unes que les autres ont été données à cette annulation, mais visiblement les autorités marocaines n’étaient pas très enclines à autoriser une telle commémoration.

lundi 12 avril 2010

A Bamako, le violent retour à la case départ de Siabou le gréviste

Siabou Diaberra, dans les rues de Bamako ©Marie Barbier

Autour du vendeur de cigarettes, des tabourets de fortune ont été posés sur la terre battue. Sous une chaleur étouffante, une dizaine de jeunes bamakois discutent autour d’une tasse de thé brûlant. Dans un pays où l’on n’ose même plus calculer le taux de chômage, les jeunes, forcés à l’inactivité, passent le temps comme ils peuvent. L’un d’entre eux ne parle pas beaucoup. Siabou Diaberra ne connait pas ce quartier de Bamako, ni ses habitants. Il est arrivé dix jours plus tôt, expulsé après huit longues années en France. Déposé comme un colis dans une ville où ne vit que sa « grande famille », des parents éloignés qui l’ont recueilli en attendant qu’il ait les moyens de rentrer dans son village, à plusieurs centaines de kilomètres.

Le verbe rare, Siabou Diabera n’est pas un revendicatif. Il ne crie pas au scandale. Mais énonce les faits. Gréviste sans papiers engagé dans le mouvement de lutte pour obtenir une circulaire de régularisation, il a été expulsé vers le Mali le 21 février dernier. Dans les locaux de l’Association malienne des expulsés (AME), en périphérie de Bamako, il montre une affiche des cercles des silences : le photographe Olivier Jobard y a pris sur le vif deux policiers embarquant de force, sur la passerelle d’un avion, un sans papiers, jambes scotchés, porté comme un paquet. « Ils m’ont fait ça ». Il baisse les yeux, regarde ses mains. Des cicatrices noires strient ses poignets, stigmates de ses menottes trop serrées.

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lundi 8 mars 2010

Des femmes maliennes contre l’excision

RENCONTRE. Dans un pays où 85% des femmes sont excisées, des voix s’élèvent pour exiger l’arrêt de cette pratique. Rencontre avec une militante de la première heure.

Kadidia Sidibé ©Marie Barbier

Mannequin en plâtre ©Marie Barbier

Un mannequin en plâtre, avec organes génitaux féminins interchangeables, l’accompagne partout. C’est grâce à lui que Kadidia Sidibé explique aux villageois les méfaits de l’excision. Elle appelle un chat un chat et parle avec un naturel déconcertant d’orgasme féminin dans un pays où l’excision atteint des records : selon la dernière enquête gouvernementale (2006), 85% des maliennes de 15 à 49 ans sont excisées. « A mon âge, je peux dire ce que je veux, les anciens m’écoutent » s’amuse cette femme de 66 ans. Pourtant le nom de son association, tout en longueurs et en euphémismes, en dit long sur le tabou de lutter contre cette pratique dans un pays come le Mali : Kadidia Sidibé est présidente de l’association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), une ONG indépendante qui fonctionne grâce à des partenariats avec des associations comme l’Unicef ou Equality now.

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vendredi 5 mars 2010

Le désespoir des expulsés du soir

Mahamadou Keita à l'aéroport Bamako-Sénou ©Marie BarbierChaque jour, Mahamadou Keita, de l’Association malienne des expulsés (AME), se rend à l’aéroport Bamako-Sénou. Impossible de savoir à l’avance si des « reconduits » seront dans l’avion. Donc Keita assure une présence tous les soirs. Théoriquement, l’avion Paris-Bamako d’Air France atterrit à 20h50, mais, récemment, les vols ont eu beaucoup de retards, notamment à cause des intempéries en France. Ca le faire rire, Keita, que son emploi du temps dépende de la météo française.

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jeudi 4 mars 2010

Ces Bamakois qui ont « fait Paris »

Bagagerie ©Marie BarbierDepuis trois jours que je suis à Bamako, une expression revient souvent : « Lui, il a fait Paris ». Cette phrase est dite avec un mélange de respect et de jalousie. En France, on a fait 14-18 ou l’Algérie ; ici les anciens combattants reviennent de la capitale française. La plupart meurtris, blessés, traumatisés d’avoir donné tant de temps et de sueur pour être ensuite renvoyés au Mali, menottes aux poings, comme des délinquants.

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vendredi 26 février 2010

« Bon retour à Bamako ! »

L'aventure malienne commence au 103, rue la Fayette à Paris. Tous les matins, dès 8 heures, les 1300 intérimaires sans papiers en grève se réunissent dans le sous-sol de cette agence Manpower pour faire le point sur leur lutte : nombre de Cerfa récupérés (promesses d'embauche), entreprises contactées, argent collecté... Après quatre mois de lutte, leur détermination est incroyable.

Je n'y suis pas pour un reportage, mais pour une prise de contacts. Je pars au Mali dimanche : association malienne des expulsés, excision ou anciens combattants, il y a de quoi dire et écrire. J'aimerais aussi parler de la grève des travailleurs sans papiers en France, savoir comment elle est perçue dans ce pays d'où sont originaires la très grande majorité des grévistes. Pour cela, il me faut trouver des familles à Bamako qui accepteront de me parler.

Les grévistes se montrent d'abord réticents. « Ca se passe pas comme ça au Mali, tu peux pas débarquer chez les gens que tu connais pas, m'explique l'un d'eux. Il faudrait que tu y ailles avec quelqu'un ». Aïe, ça commence mal. Méfiants, ils voudraient savoir ce que j'attends d'eux. J'explique : «6000 travailleurs sans papiers sont actuellement en grève en France. Si on retire les chinois qui sont 700, ceux qui restent sont essentiellement Maliens. Il y a donc quelque 5000 Maliens qui ont lancé, en France, une grève inédite. Je voudrais savoir comment ce mouvement est perçu au Mali. Les médias en parlent-ils ? Qu'en pensent les familles ?»

Rassurés et même flattés, les numéros de téléphones bamakois pleuvent. Celui-ci à un grand frère, celui-là sa femme, lui sa soeur. En partant, tous me gratifient d'un grand sourire et d'un « Bon retour à Bamako ! »

jeudi 14 mai 2009

Des ONG interpellent les candidats aux européennes

ponts.bmp« Les politiques migratoires européennes qui se mettent en place sont inquiétantes » constate Sonia Lokku, animatrice du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID). Hier, alors que l’Assemblée nationale devait voter les accords de « gestion concertée des flux migratoires » avec la Tunisie, le Congo-Brazzaville, le Bénin et le Sénégal, les ONG du nord et du sud réunies dans le réseau Des ponts pas des murs lançaient un cri d’alarme.

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jeudi 5 mars 2009

Besson fait ses classes à Tijuana

ENTRETIEN. Yvon Le Bot, sociologue spécialiste de l'Amérique latine et directeur de recherche au CNRS, réagit à la visite d'Eric Besson aux États-Unis et au Mexique. Quelque jours avant la visite de Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Immigration se rend aujourd'hui à la frontière entre ces deux pays pour y "observer les dispositifs mis en place afin de lutter contre l'immigration illégale". A San Diego, Eric Besson visitera notamment le mur en construction pour empêcher le passage des clandestins, avant de se rendre à Tijuana, pour rencontrer associations et chercheurs.

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jeudi 8 janvier 2009

Echec des négociations entre la France et le Mali

Bonne nouvelle ! Les négociations entre la France et le Mali sur les flux migratoires se sont de nouveau soldées jeudi à Bamako par un échec, les autorités maliennes refusant une nouvelle fois de signer un accord sur l'immigration. "Nous venons de chez le président de la République (Amadou Toumani Touré) qui a reçu les délégations malienne et française. "C'est non", le Mali n'envisage pas signer actuellement un document", a affirmé à l'AFP un responsable malien du comité franco-malien sur les migrations. Le secrétaire général du ministère français de l'Immigration, Patrick Stéfanini, qui avait entamé jeudi matin à Bamako des entretiens en vue d'un éventuel accord sur la gestion concertée des flux migratoires entre les deux pays, "s'apprête à quitter le Mali", selon des sources concordantes.

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mercredi 7 janvier 2009

Manifestation contre un accord France-Mali

Environ 200 personnes ont manifesté ce mercredi devant le consulat du Mali à Paris. A l'appel de plusieurs associations (Atac, RESF, Comité des sans papiers de Paris etc.), ils dénonçaient la visite de représentants du ministère de l'immigration français à Bamako pour finaliser un accord de «°gestion concertée des flux migratoires°» entre la France et le Mali. Selon les associations, cet accord aiderait à l'expulsion des sans-papiers maliens en facilitant la délivrance de laissez-passer. L'association malienne des expulsés (AME) et la Cimade espèrent, dans un communiqué commun, que le gouvernement malien saura "résister aux pressions (...) et refuser de signer cet accord".