Laissez-passer

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lundi 1 mars 2010

Soulager les souffrances de l'exil

Marie Rose Moro ENTRETIEN. Contre une vision trop rigide de l’intégration à la française, la pédopsychiatre Marie Rose Moro défend la valorisation et la pluralité des cultures, pour mieux accueillir les enfants de migrants.



Pédopsychiatre auprès des enfants et des adolescents, Marie Rose Moro est la chef de file actuelle de l’ethnopsychiatrie en France. A l’hôpital Avicenne de Bobigny, elle dirige la première consultation transculturelle où sont accueillis les enfants de migrants et leur famille. Depuis 2008, elle est aussi à la tête de la maison des adolescents de Paris. Son dernier ouvrage, «Nos enfants demain» (1), dresse un plaidoyer en faveur du métissage, pour que la société française accepte enfin de s’ouvrir aux richesses des migrations. Une utopie ? Une nécessité répond t-elle.

Nos enfants demain

« Nous avons perdu la foi dans les vertus de la rencontre et de l’échange » écrivez-vous. Comment expliquez-vous ce repli sur soi ?

Marie Rose Moro. Je constate que nous sommes devenus complètement inhospitaliers. Nous avons renoncé à l’idée d’une société généreuse qui s’ouvre sur le monde. La nouveauté, c’est que, dorénavant, on justifie cette inhospitalité en disant : « ça n’est pas possible, notre société ne peut plus faire ça ». Je ne vois pas pourquoi, ce sont des choix politiques.

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« 24 heures sans nous » aujourd’hui

La journée sans immigrés« L’immigration n’est pas un problème en France, c’est une chance ». Pour démontrer l’apport économique, social et culturel de l’immigration, un « mouvement de citoyens » propose, aujourd’hui, une initiative originale : « 24 heures sans nous la journée sans immigrés » (lire l’Humanité du 25 novembre). Née sur le réseau social facebook, la journée sans immigrée (LJSI) a largement dépassé l’univers de la toile. L’initiative est aujourd’hui soutenue par plusieurs associations: Gisti, Cimade, Réseau éducation sans frontières… « Les associations qui sont trop politiques ont été les moins sollicitées », explique la présidente du collectif Nadia Lamarkbi, citant « SOS-Racisme, qui est proche d'un parti ».

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mercredi 24 février 2010

Quand Duygu Kaplan a découvert qu'elle «n'était plus seule »

PORTRAIT. En 2007, cette jeune Kurde était filmé dans Laissez-les grandir ici. Trois ans plus tard, devenue majeure mais toujours sans papiers, elle revient sur cette expérience unique.

Duygu Kaplan ©Patrick Nussbaum

« Est-ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ? ». En mars 2007, à un mois de l’élection présidentielle, le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers réalise «Laissez-les grandir ici». Trois minutes pendant lesquelles des enfants menacés d’expulsion racontent leurs rêves suspendus et la peur au quotidien. Parmi eux, Duygu Kaplan, jeune fille kurde de quinze ans, en France depuis dix mois.

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dimanche 7 février 2010

Mobilisation générale pour les sans-papiers

De Poitiers à Clermont-Ferrand, en passant par Paris et Nantes, de nombreuses manifestations se sont tenues samedi en faveur des sans-papiers. Des initiatives sporadiques, qui n'avaient pas toutes le même mot d'ordre. Les travailleurs réclament une circulaire de régularisation ; l'UNEF demande des cartes de séjour pour les étudiants ; les habitants de Colombes et Clermont-Ferrand, qui ont récemment connu des expulsions musclées, demandent le retour de leurs lycéens ; d'autres, enfin, exigent la fermeture des centres de rétention. Tous ces mots d'ordre sont-ils si différents ? A Paris, au ministère de la régularisation de tous les sans papiers, on s'interrogeait judicieusement sur la convergence des luttes. Une question effectivement d'actualité...

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mercredi 13 janvier 2010

La justice ordonne la chute du « mur des expulsés »

Sur un fond noir, les mots peints en couleur vives se détachent: «liberté», «égalité», « fraternité», «solidarité». Deux mains s’entrelacent. Voilà le dessin hautement subversif dont la justice a ordonné, hier, l’effacement...

Le mur juste avant son inauguration en septembre ©Jean-Jacques Le Masson

Le mur des expulsés a été inauguré le 5 septembre dernier dans la ville de Billère (Pyrénées-Atlantiques). Le maire socialiste, Jean-Yves Lalanne, avait décidé de peindre, sur un mur municipal, une fresque en hommage aux familles de sans-papiers expulsés du territoire français pour, dit-il, « avertir l’opinion que beaucoup de citoyens sont contre ces expulsions ». Le studio tricolore a été chargé de ces peintures sur un mur voué à être démoli dans quelques années. Une œuvre éphémère donc mais à la portée symbolique importante puisqu’un commissariat de la police aux frontières est installé sur la commune.

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samedi 28 novembre 2009

Manifestation contre l’«immigration jetable»

Trop, c’est trop. Bébés en rétention, charter d’Afghans, débat sur l’identité nationale, haro sur les mariages gris... Contre la politique d’immigration actuelle, plus de soixante-dix organisations (syndicats, associations, partis politiques) réunis dans le collectif «Unis contre une immigration jetable» appellent à un rassemblement demain à Paris (1).

«La politique actuelle ne passe pas dans l’opinion publique, analyse Pierre Cordelier du Réseau éducation sans frontières. Il n’y a qu’à voir le nombre de gens qui se mobilisent pour empêcher les expulsions.»

Autre exemple de résistance: les travailleurs sans papiers, dont le mouvement de grèves et d’occupations, lancé le 12 octobre, prend chaque jour un peu plus d’ampleur. Déçus par la circulaire Besson sur la régularisation par le travail, les grévistes ont prévu de venir en nombre au rassemblement. «Même s’il y a quelques avancées, pour les intérimaires et les agents de sécurité, globalement, ce texte est négatif», explique Modibo Traoré, porte parole des 5500 travailleurs en lutte. Un mouvement qui se durcit : hier matin, la soixantaine de grévistes occupant l’Hôtel Majestic près de l’arc de triomphe ont empêcher in extremis leur évacuation par les forces de l’ordre.

«Les politiques d’immigration française et européenne désignent les étrangers comme une menace, dénoncent les organisations dans un appel commun. Elles orientent nos sociétés vers une xénophobie d’Etat». Dernier exemple en date : la lutte contre le mariage gris qui, sous prétexte de lutter contre les fraudes, s’en prend directement au mariage mixte. «Un clin d’oeil à ce qu’il y a de pire dans ce pays» résume Pierre Cordelier.

(1) 14h30 au métro Luxembourg

jeudi 26 novembre 2009

Les "délinquants solidaires" répondent à Besson

Seize associations de soutien aux étrangers ont envoyé une lettre ouverte au ministre de l'Immigration suite à l'annonce de sa circulaire sur l'aide humanitaire aux étrangers en situation irrégulière. En mars 2008, le film Welcome de Philippe Lioret avait remis sous les projecteurs l'article L622-1 du code des étrangers qui punit de cinq ans de prison et de 30 000 euros d'amende « l'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France ».

Récusant ce "délit de solidarité", Eric Besson a pourtant présenté en début de semaine une circulaire visant à rassurer les personnes aidant des sans-papiers à titre humanitaire. Les "délinquants solidaires" dénoncent un "simulacre de concertation", un texte "choquant" avec "une grave remise en cause de la notion d’accueil inconditionnel". "Une action humanitaire ne se divise pas et ne supporte aucune restriction fut-elle souhaitée par une autorité politique" écrivent-elles. Les associations demandent l'abrogation du "délit de solidarité".

mercredi 25 novembre 2009

Une "journée sans immigrés" ?

A quoi ressemblerait la France sans les immigrés ? A un pays paralysé répond un collectif de citoyens tout juste créé qui, pour le prouver, appelle à un nouveau type d’action : « la journée sans immigrés, 24 heure sans nous !»

L'affiche de la journée sans immigrés«Nous assistons à un glissement du discours sur l’immigration avec une stigmatisation systématique des immigrés» a dénoncé hier, lors d’une conférence de presse Nadia Lamarkbi, la présidente de ce collectif «non partisan» et «non communautariste».

Pour «changer le regard», ce mouvement appelle les immigrés, enfants d’immigrés et, plus largement, tous les citoyens contre la politique d’immigration actuelle, à faire du 1er mars prochain une «journée historique» en cessant de consommer et de travailler.

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jeudi 5 novembre 2009

Un observatoire du droit d'asile

"La France est l’un des pays les plus généreux au monde pour la demande d’asile" ne cesse de proclamer Eric Besson, ministre de l'Immigration. Faux, archi faux, répondent les associations d'aide aux réfugiés. Pour le prouver, trois associations d'accueil des migrants (CCPS, Cimade et l'UCJG-Robert Monnier) lancent sur internet un Observatoire pour l'accueil des demandeurs d'asile (OASIS). A travers des films, des témoignages sonores de réfugiés et des rapports de synthèse, ce site très documenté décrit une toute autre réalité que celle vantée par Eric Besson. "Si certaines personnes en quête d’asile bénéficient d’un accompagnement de grande qualité, la majorité vit dans une situation de grande précarité et de détresse" concluent-elles. L'initiative est financée par le fond social européen.

oasis.jpg

mardi 8 septembre 2009

Relaxe pour Claudine Louis

Le tribunal correctionnel de Foix a relaxé aujourd'hui Claudine Louis, une commerçante Ariégeoise de 60 ans, accusée d'avoir illégalement hébergé et subvenu aux besoins d'un jeune afghan. Le tribunal a considéré qu'au regard de « la situation de danger dans laquelle se trouvait ce jeune SDF sans protection ni ressources, elle a agi face aux carences des pouvoirs publics et a dû faire face à la complexité des rouages administratifs ». Selon l'article L622-1 du code des étrangers, Claudine Louis risquait jusqu'à cinq ans de prison et 30000 euros d'amende.

vendredi 17 juillet 2009

Des grains de sable dans la machine à expulser

En 2009, le ministre de l'Immigration Éric Besson devra expulser du territoire français 28 000 étrangers. Cette politique de retours forcés ne peut se faire sans la coopération de tous les corps de l'Etat. La délation tourne à plein régime. Ici, une fonctionnaire de la mairie du 5e arrondissement de Paris signale à la préfecture une équatorienne venue inscrire son fils à l'école. Là, un agent de la Caisse primaire d'assurance maladie de l'Yonne dénonce un angolais, malade et gravement handicapé...

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Délit de solidarité, Besson ouvre le dialogue

Il risque d'y avoir du grabuge ce matin rue de Grenelle. Après des mois de polémiques, le ministre de l'Immigration a invité les associations de soutiens aux sans-papiers pour discuter du délit de solidarité.

Remis sous les projeteurs par le film de Philippe Lioret Welcome en mars dernier, ce délit punit de cinq ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende « l'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France ». Selon les associations, les humanitaires seraient mis en garde à vue et même parfois poursuivis sur la base de ce désormais fameux L.622-1. Pour Éric Besson, au contraire, « le délit de solidarité n'existe pas » et « personne n'a jamais été condamné en France pour avoir aidé un sans-papiers ». Et lorsque des associations comme le Gisti publie des listes de personnes condamnées, fac-similé des décisions de justice à l'appui, le ministre n'hésite pas à qualifié la crédibilité de cette association de « proche de zéro »...

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mercredi 17 juin 2009

Procès de la solidarité à Rodez

Aujourd'hui à 14 heures, Salimou Fofana comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Rodez. La justice reproche à ce Guinéen de 45 ans d'avoir hébergé, nourrit et "conservé des documents personnels et administratifs" d'un compatriote sans-papiers. Des actes répréhensibles, selon la loi française : l'article L.622-1 punit l'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France de cinq ans de prison et de 30 000 euros d'amende. Cet après-midi, Salimou Fofana ne devrait pas être seul : le Collectif des réfugiés pour la région de Rodez a d'ores et déjà prévu une "haie d'honneur" pour l'accueillir au tribunal.

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jeudi 11 juin 2009

Les défenseurs des migrants subissent répression et intimidation

D’abord la bonne ou la mauvaise nouvelle ? Soyons positifs : d’après le rapport de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (1), de plus en plus de citoyens français refusent la politique d’immigration actuelle et viennent en aide aux migrants. La mauvaise tombe comme un couperet : ces citoyens solidaires sont stigmatisés, réprimés et intimidés par les pouvoirs publics et il existe bel et bien, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Immigration, un « délit de solidarité » en France.

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samedi 16 mai 2009

Cauchemar à Disneyland

Elle ne comprend pas bien ce qui lui arrive. Et lit d'une voix fébrile son interminable mise en examen : "Aide au séjour irrégulier d'étranger en bande organisée, fait prévu et réprimé par l'article L 622-1 et L.622-5". Puis "Travail dissimulé et emploi d'étranger sans titre de travail en bande organisée". "Ca veut dire quoi ? demande Lætitia. Je risque quoi ?". Le code de l'entrée et du séjour des étrangers (Ceseda) prévoit cinq ans de prison et 30 000 euros d'amende pour aide au séjour irrégulier. Si ce délit est commis en bande organisée - comme ici - ces peines montent jusqu'à 75 000 euros d'amende et dix ans d'emprisonnement. "Je suis carrément perdue là°, soupire la jeune femme. J'ai juste hébergé mon copain dont j'attend un enfant."

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