ENTRETIEN. Contre une vision trop rigide de l’intégration à la
française, la pédopsychiatre Marie Rose
Moro défend la valorisation et la pluralité des cultures, pour mieux
accueillir les enfants de migrants.
Pédopsychiatre auprès des enfants et des adolescents, Marie Rose Moro est la chef de file actuelle de l’ethnopsychiatrie en France. A l’hôpital Avicenne de Bobigny, elle dirige la première consultation transculturelle où sont accueillis les enfants de migrants et leur famille. Depuis 2008, elle est aussi à la tête de la maison des adolescents de Paris. Son dernier ouvrage, «Nos enfants demain» (1), dresse un plaidoyer en faveur du métissage, pour que la société française accepte enfin de s’ouvrir aux richesses des migrations. Une utopie ? Une nécessité répond t-elle.

« Nous avons perdu la foi dans les vertus de la rencontre et de l’échange » écrivez-vous. Comment expliquez-vous ce repli sur soi ?
Marie Rose Moro. Je constate que nous sommes devenus complètement inhospitaliers. Nous avons renoncé à l’idée d’une société généreuse qui s’ouvre sur le monde. La nouveauté, c’est que, dorénavant, on justifie cette inhospitalité en disant : « ça n’est pas possible, notre société ne peut plus faire ça ». Je ne vois pas pourquoi, ce sont des choix politiques.
« L’immigration n’est pas un problème en
France, c’est une chance ». Pour démontrer l’apport économique, social et
culturel de l’immigration, un « mouvement de citoyens » propose,
aujourd’hui, une initiative originale : « 24 heures sans nous la
journée sans immigrés » (lire l’Humanité du 25 novembre). Née sur le
réseau social facebook, 


