« Aujourd’hui, 17 enfants ne rejoindront pas leurs camarades de classe et sont à la rue ». Dans un communiqué cinglant, le Secours catholique dénonce l’expulsion des Roms, hier matin à l’aube, de l’ancienne gendarmerie de Viry-Châtillon (Essonne). Quelque 80 personnes, dont 21 enfants scolarisés, réveillées à 4h30 par plus de 70 policiers, ont quitté les lieux qu’ils occupaient depuis deux ans, sans résistance peu après 6 heures, chargés de cabas et de balluchons. D’après l’Agence France presse, qui était sur place, l’évacuation s’est déroulée dans le calme, les Roms étant préparés à l’expulsion depuis plusieurs jours. « Comment on va aller à l’école si on n’a plus de maison? On va dormir dans la rue ? », a demandé à sa mère un petit garçon de 7 ans, scolarisé depuis deux ans à Viry.
Roms migrants
jeudi 26 janvier 2012
« On va dormir dans la rue ? »
Par Marie Barbier le jeudi 26 janvier 2012, 09:00
lundi 26 décembre 2011
Marie-Hélène et Ileana : « Je ne peux te donner autant que tu me donnes »
Par Marie Barbier le lundi 26 décembre 2011, 08:30

Elles sont assises sur le couvre lit fleuri et discutent tendrement, à la
chaleur du poêle. Des épluchures de clémentines, jetées dans le feu, diffusent
une douce odeur d’enfance. A peine quelques signes extérieurs de misère évoque
le dénuement dans cet intérieur soigné et douillet. L’unique ampoule éclaire la
pièce d’une lumière faible et sporadique. Sur les murs, recouverts de tissus à
fleurs, un poster Playmobil tient lieu de seule décoration. Sortir de cette
cabane chaleureuse, c’est plonger dans la misère crue du bidonville de
Massy : la boue qui colle aux chaussures, la montagne de déchets à
l’arrière des caravanes et les rats, ventrus et grouillants. Un peu moins de
250 personnes vivent dans ce petit bois coincé entre une bretelle d’autoroute
et une voie rapide, à l’abri des regards.
mercredi 26 octobre 2011
A Paris, un squat rom part en fumée
Par Marie Barbier le mercredi 26 octobre 2011, 08:30
L’entrepôt dans lequel ils vivaient depuis onze mois n’est plus qu’un tas de cendre. Hier matin, une quarantaine de familles roms attendaient sur le trottoir devant le 163 rue des Pyrénées (Paris 20e) de pouvoir récupérer quelques effets personnels qui auraient échappés aux flammes.
L’incendie a pris lundi soir vers 20h30 dans cette ancienne cartonnerie squattée par une centaine de Roms roumains, dont une quarantaine d’enfants. Rapidement, des rumeurs ont circulé sur l’origine de ce feu. Ainsi, un obscure Collectif contre la xénophobie affirmait dès lundi soir que des « individus en cagoule (avaient) attaqué la Maison des Roms (...) à coups de cocktail Molotov ».
mardi 11 octobre 2011
A Saint-Denis, un projet innovant pour en finir avec les bidonvilles
Par Marie Barbier le mardi 11 octobre 2011, 08:30
Tout est parti de quelques bouts de bois. Il y a quatre ans, un jeune architecte construit pour sa femme et ses enfants une maison à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Des planches lui restent sur les bras. Qu’en faire ? Julien Beller, qui a travaillé avec les gens du voyage à Versailles quelques années plus tôt, contacte l’association d’aide à la scolarisation des enfants roms, Parada. C’est ainsi que l’architecte découvre le Hanul («caravansérail» en langue romani), immense bidonville planqué sous l’A86 à Saint-Denis. Les planches de bois superflues se transforment en salle commune ; un jardin partagé voit le jour. La fondation Abbé Pierre finance la construction de huit toilettes sèches. Quatre mois plus tard, le préfet ordonne l’expulsion du bidonville, sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée. Les pelleteuses réduisent les cabanes en miettes, ajoutant la précarité à la pauvreté. Tout est à refaire.
jeudi 8 septembre 2011
Poursuivi pour avoir nettoyé un bidonville !
Par Marie Barbier le jeudi 8 septembre 2011, 08:30
«Nous revendiquons le droit
d’être solidaires !» Si le but de l’action judiciaire engagée contre Serge
Guichard était de le faire taire, une chose est sûre : elle a
échoué ! Le président de l’association de solidarité avec les familles
roms de l’Essonne apparaît plus remonté que jamais.
Ce militant de longue date de la cause rom est cité à comparaître le 22 septembre devant le tribunal d’instance d’Evry pour « dépôt d’immondices sur la voie publique ». Il risque 1500 euros d’amende et une inscription sur son casier judiciaire. La peine est minime, mais reste « inadmissible sur le principe et sur la forme » pour Serge Guichard, bien décidé à transformer ce procès en tribune pour les Roms.
mardi 6 septembre 2011
La rentrée scolaire en charter
Par Marie Barbier le mardi 6 septembre 2011, 08:30
L’Histoire aurait pu être belle ; elle est sinistre. Hier matin, jour de la rentrée scolaire, la famille Ajeti-Hasani - grands-parents, parents et six enfants âgés de un à onze ans - a été expulsée du territoire français. Vous avez dit une belle histoire ? Oui parce que, comme chez Astérix, toute la Gaule n’est pas envahie par la pensée sarkoziste. Un petit village d’irréductibles auvergnats résiste encore aux quotas d’expulsion : Saint-Amant Roche Savigne, 530 habitants au milieu des vertes montagnes du Puy-de-Dôme.
vendredi 2 septembre 2011
Le T1 se transforme en tramway de la honte
Par Marie Barbier le vendredi 2 septembre 2011, 08:30
Le gouvernement a beau crier aux « amalgames odieux » et aux « allégations mensongères », l’image provoque consternation et émotion. Mercredi matin, environ 70 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été transportés de Saint-Denis à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) à bord d’une rame de tramway spécialement affrétée pour eux. « L’image de ces gens débarqués d’un tramway, avec des ballots et des enfants sous le bras, était insupportable », déplore Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) de Noisy-le-Sec et conseiller général, qui a assisté à la scène. Dans un département qui a abrité le camp de Drancy, d’où 67 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination, même si toute comparaison est impossible, c’est avant tout le symbole qui choque.
jeudi 1 septembre 2011
« Ces gens débarqués du tramway, avec des ballots et des enfants sous les bras, c’était insupportable »
Par Marie Barbier le jeudi 1 septembre 2011, 14:00
Mercredi matin, une
centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la
gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette
réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles
Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de
Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.
Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?
Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.
vendredi 22 avril 2011
Un maire accusé de provoquer la haine raciale
Par Marie Barbier le vendredi 22 avril 2011, 08:00

Les banderoles, tracts et autres pétitions sont apparus au courant du mois de
février dans la commune de Villeneuve-le-roi (Val-de-Marne). D’abord
discrètement, puis de manière tout à fait officielle. Quatre banderoles,
frappées du logo municipal, sont dressées dans les artères principales de la
ville, sur lesquelles les Villeneuvois peuvent lire : « Le conseil général
doit faire évacuer les campements roms de notre ville ! ». Une campagne de
pétition relaie ce slogan, avec distribution sur les marchés, porte-à-porte,
etc. « Pendant trois semaines, ça a été la grosse artillerie », raconte Joël
Josso, élu d’opposition PCF. Objet de l’ire de la mairie UMP, des familles roms
installées dans la ville depuis un an environ sur un terrain appartenant au
Conseil général. Or, durant l’été dernier, au moment où Hortefeux et consorts
médiatisaient l’évacuation des campements roms, le Conseil général du
Val-de-Marne s’était justement engagé à ne pas évacuer ce terrain qui compte
une petite centaine de Roumains.
mardi 29 mars 2011
Le préfet du 93 bidouille la Loppsi
Par Marie Barbier le mardi 29 mars 2011, 16:34
Hier matin, 270 Roms ont été évacués du terrain qu’ils occupaient au Pont de Bondy, sur les communes de Bobigny et Noisy le Sec (Seine-Saint-Denis). Une énième expulsion ? Sauf que celle-ci pourrait créer un précédent inquiétant.
Le 16 mars, un arrêté d’expulsion est pris sans décision de justice. Suite à une plainte d'ERDF pour branchements illégaux sur le réseau électrique, la préfecture s'appuie sur l’article L2215-1 du code des collectivités territoriales qui lui permet de procéder à «toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques». Cet article a récemment été utilisé pour évacuer les raffineries occupées pendant le mouvement contre la réforme des retraites.
mardi 22 mars 2011
Plaintes contre le fichage des Roms
Par Marie Barbier le mardi 22 mars 2011, 08:30
Le gouvernement français mène-t-il une politique discriminatoire massive à l’encontre des populations roms ? Oui, répond l’association SOS Racisme qui a annoncé hier sa « stratégie judiciaire » contre la « politique raciste d’État ». « Cette logique ethno-raciale a de graves conséquences juridiques » dénonce son président, Dominique Sopo.
mardi 15 février 2011
Appel aux dons pour les Roms de Bobigny
Par Marie Barbier le mardi 15 février 2011, 15:00
Le 7 février, un incendie ravageait le campement rom de la rue de Stalingrad à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Dix jours plus tard, les familles, qui se sont réinstallées sur le terrain, restent dans une situation extrêmement précaire. Leur collectif de soutien lance donc un appel aux dons. Couvertures, matelas, vêtements chauds (bébés, enfants, adultes), mobilier (chaises, tables, lits) peuvent être déposés sur le terrain, au 277 rue de Stalingrad à Bobigny.
mercredi 22 décembre 2010
Les enfants roms sur la route de l'école
Par Marie Barbier le mercredi 22 décembre 2010, 15:41
Tous les matins, Stoyan, rom bulgare installé en France depuis deux ans, prend ses deux enfants par la main et les emmène à l’école. Anodin ? Au contraire. Les enfants de Stoyan - Simona, 8 ans et Stivan, 10 ans, sont des exceptions. La scolarisation des enfants roms, pourtant obligatoire, reste extrêmement marginale en France. Seuls 10% des 7000 enfants roms vivant en France, vont régulièrement à l’école.
lundi 8 novembre 2010
Mystérieux commando dans un camp de Roms
Par Marie Barbier le lundi 8 novembre 2010, 08:30
En pleine nuit, des hommes cagoulés ont fait irruption dans un camp de Roms de la plaine de Triel-Chanteloup (Yvelines), terrorisant leurs habitants. Pour les soutiens, cet acte raciste est la conséquence du discours sarkozyste. Reportage sonore réalisé le 4 novembre dans le camp. Durée : 5'45.
jeudi 21 octobre 2010
Les enfants roms restent à la porte de l’école
Par Marie Barbier le jeudi 21 octobre 2010, 08:30

A 10 ans, Stivan, rom bulgare de Bobigny (Seine-Saint-Denis) « aime beaucoup » son école. Quand, il sera grand, aussi incroyable que cela puisse paraître, il voudrait être policier ! Il l’a dit hier lors d’une conférence de presse au sénat, organisée par le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation. Le constat dressé est catastrophique : sur les quelque 7000 enfants roms vivant en France, seuls 10% vont régulièrement à l’école. Restent donc de 5 à 6000 enfants qui sont peu, voire pas du tout, scolarisés, quand bien même il s’agit d’une obligation de l’état.
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