Depuis trois mois, les sans-papiers pauvres doivent payer pour obtenir l'aide médicale d'Etat (AME). Mais avant même de passer à la caisse, obtenir l'AME est aujourd'hui devenu une gageure. Reportage dans un centre parisien de Médecins du monde.
« Ils me demandent des papiers qui sont introuvables ». Assise au milieu de la salle d’attente du Centre d’accueil, de soins et d’orientation (CASO) de l’avenue Parmentier à Paris, Sylvie, 47 ans, désespère de pouvoir un jour bénéficier de l’Aide médicale d’état (AME), la couverture maladie réservée aux personnes en situation irrégulière sans ressources. Cette Camerounaise habite en France depuis douze ans, mais n’a jamais pu obtenir de cartes de séjour. Malgré son diplôme de préparatrice en pharmacie, elle en est donc réduite aux petits boulots de gardes d’enfants et de ménages. Et ne bénéficie d’aucune couverture médicale.
C’est la particularité de ces centres mis en place par Médecins du monde : offrir des soins gratuits aux personnes en situation d’exclusion ou de vulnérabilité sans protection sociale. Des sans-papiers pour la plupart, dont beaucoup viennent d’arriver en France. Chaque jour, 150 patients sont reçus par des médecins et infirmières bénévoles. Outre cette aide médicale, le centre apporte une assistance sociale et administrative pour que les patients puissent bénéficier d’une couverture santé. « Ils sont confrontés à des problèmes d’hébergement, de nourriture et ont souvent besoin d’un soutien psychologique, explique Barbara Ndadoma, l’assistante sociale du centre. Sur tout cela, se greffe le problème d’accès aux soins. »
ENTRETIEN. Contre une vision trop rigide de l’intégration à la
française, la pédopsychiatre 