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Travailleurs en lutte

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lundi 15 février 2010

« Étape décisive » pour les travailleurs sans papiers

Diaporama sonore de la manifestation du 13 février dernier, devant le siège du Medef :

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mardi 9 février 2010

Les sans-papiers de la rue du Regard « sous protection »

Depuis une semaine, il est là tous les jours, dès six heures du matin, « au cas où la police arriverait ». Laurent Cantet, Palme d'or du festival de Cannes pour son film « Entre les murs », se dit prêt à « faire tampon entre les forces de l'ordre et les grévistes » sans papiers de la rue du Regard (Paris 6e), menacés d'une évacuation imminente. « La grève est un droit constitutionnel qui n'est pas négociable », dit-il. Le réalisateur n'est pas le seul à s'être positionné. En quelques jours, un impressionnant mouvement de solidarité s'est constitué autour de ce piquet de grève.

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jeudi 4 février 2010

Patrons en prison, salariés licenciés

Barbe poivre et sel, bonnet vissé sur la tête, Kaba Tandia, 58 ans, tend un papier estampillé du logo de son entreprise, Seni. La violence des mots saute aux yeux : «Vous avez usurpé l’identité de la personne sous le nom duquel vous travaillez. En conséquence vous êtes convoquez à un entretien préalable en vue d’envisager à votre encontre une mesure pouvant aller jusqu’au licenciement». Pourtant, assure Kaba, c’est son employeur lui-même, sachant qu’il était en situation irrégulière, qui lui a demandé d’emprunter des «bons papiers»...

Une trentaine de salariés de l’entreprise de nettoyage Seni au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ont reçu la même lettre; ils étaient convoqués hier matin à des entretiens préalables. Élus, citoyens et comité de soutien s’étaient rassemblés devant l’entreprise pour les défendre. Car ces salariés font partis des quelque deux cents sans-papiers qui ont entamé un mouvement de grève et d’occupation, le 19 octobre dernier, pour obtenir leur régularisation. «Ils ont été choisi arbitrairement, pour faire un exemple » dénonce Caroline Aubry, de la CGT.

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mercredi 3 février 2010

People partis, sans-papiers évacués ?

Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné hier l’évacuation des locaux de l’entreprise de bâtiment FAF-SAB, rue du Regard à Paris, occupée depuis le 15 décembre par des travailleurs sans papiers qui exigent une circulaire de régularisation.

Le 6 janvier, de nombreuses personnalités (Lilian Thuram, Josiane Balasko, Laurent Cantet, Antoine de Caunes...) s’étaient rendues sur place leur témoigner leur soutien autour d’une galette des rois solidaire. Syndicats, associations et simples citoyens sont invités à se rendre sur place pour affirmer leur solidarité avec les grévistes et de se tenir à leur côté en cas d’intervention policière.

Lire aussi :
Galette VIP
Solidaires des grévistes

vendredi 22 janvier 2010

Des grévistes sans-papiers « tabassés »

Il est 7h25, mercredi matin, lorsque les forces de l’ordre pénètrent dans l’ancien hôtel Majestic. Depuis trois mois, soixante-trois intérimaires sans papiers occupent cet immeuble près de l’Arc de Triomphe, dans le cadre d’un vaste mouvement de grève pour obtenir une circulaire de régularisation.

D’après les témoignages que nous avons recueillis, cette évacuation, ordonnée par la justice, ne s’est pas faite sans violence. Ainsi, le Vieux Doucouré (lire son portrait ici) a la cheville foulée après avoir été « bousculé » par les forces de l’ordre : « Une centaine de CRS sont arrivés à 7h10. J’ai demandé trois fois à voir la requête d’évacuation, ils ont refusé. Une fois dehors, c’était violent : les CRS ont utilisé les gaz lacrymo et des grévistes ont été tabassés à coup de matraque. L’un a eu plusieurs dents cassées. »

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jeudi 14 janvier 2010

Le Palais Bourbon rénové par des sans-papiers !

Le 101, rue de l'UniversitéIls sont venus avec leurs badges magnétiques. Dessus : leur nom d’emprunt, une photo d’identité et, à côté du logo Bouygues, écrit en lettres violettes : « Assemblée nationale ».

Pendant près de deux ans, des intérimaires sans papiers employés par la société Adec, sous traitant de Bouygues, ont travaillé à la rénovation d’une annexe de l’assemblée nationale, 101 rue de l’université dans le 7e arrondissement de Paris. Depuis le 12 octobre, ils sont soixante-deux à occuper l’ancien hôtel Majestic près de l’arc de triomphe dans le cadre d’un vaste mouvement de grève lancé à l’appel de onze organisations.

Hier, entourés de députés de gauche et de droite et devant de nombreux journalistes, ils ont décrit leur conditions de travail effroyables : « J’étais sur le marteau-piqueur du matin jusqu’au soir, raconte Sako Bilali qui travaillait 39 heures par semaine pour 350 euros en moyenne. Quand Khadafi (président libyen, NDLR) est venu, ils ont renforcé les contrôles de sécurité on a pas pu travailler pendant trois jours ». Doucouré (lire son portrait dans l’Humanité du 31 décembre) a déclaré, d’une voix rendue blanche, par l’émotion : « Nous demandons à ce que les patrons et le gouvernement s’engage à nous régulariser. On cotise et on n’a le droit à rien. Nous voulons retrouver notre dignité ».

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lundi 11 janvier 2010

« J’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! »

Malgré la neige et le froid, des milliers de sans-papiers ont marché, samedi après-midi, vers l’Elysée pour demander une « régularisation globale et la suppression du ministère de la honte ». Ils étaient 1500 selon la police, qui devait avoir la calculatrice congelée tant le cortège était visiblement plus fourni ; entre 6000 et 7000, selon les organisateurs.
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vendredi 8 janvier 2010

Galette VIP

Il y avait foule mercredi, rue du Regard, pour la rencontre entre les artistes et les travailleurs sans papiers. « Nous sommes là pour faire passer le message au plus haut : donnez-leur des papiers ! » a déclaré Josiane Balasko, entourée de Juliette Binoche, Antoine de Caunes, Guy Bedos, Yvan Attal, Jean-Paul Hichon, entre autre personnalités. Dans une cour surpeuplée de grévistes et de journalistes les artistes ont chacun à leur tour exprimé leur solidarité avec les 6000 travailleurs sans-papiers en grève depuis le 12 octobre. «Il faudra bien trouver une solution, a tonné Raymond Chauveau de la CGT. Et elle est du côté du gouvernement.» Depuis bientôt trois mois, les sans-papiers occupent près de 2000 entreprises pour exiger une circulaire de régularisation. Enfin Modibo Traoré, porte-parole des grévistes, a lancé : « La lutte est dure mais nous obtiendrons nos papiers, transmettez ce message partout : nous travaillons ici, nous payons nos impôts, nous voulons rester en France. »

Reportage sonore (4') :

Avec (par ordre d'apparition) : Richard Moyon, du Réseau éducation sans frontières ; Josiane Balasko, comédienne ; Raymond Chauveau, de la CGT ; Laurent Cantet, réalisateur de Entre les murs, palme d'or 2008 ; Juliette Binoche, comédienne ; Modibo Traoré, porte parole des travailleurs sans papiers, lui-même en grève devant le Monoprix du boulevard Saint-Denis à Paris.

Musiques : 100 % VIP, Philippe Katerine (Barclay Records) ; Star Scat, Caravan Palace (Wagram).

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Les people partis, les sans-papiers évacués ?

mercredi 6 janvier 2010

Solidaires des grévistes

Dans un silence assourdissant, plus de 6000 sans-papiers font grève et occupent, depuis bientôt trois mois, leur lieux de travail pour exiger une circulaire de régularisation. Lilian Thuram, Laurent Cantet, Antoine de Caunes ou encore Guy Bedos se rendront aujourd’hui sur l’un des piquets de grève parisien pour partager une galette des rois avec les grévistes et marquer ainsi leur soutien. Nous avons demandé à ces personnalités pourquoi elles soutiennent ce mouvement.

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mercredi 30 décembre 2009

Un sage chez les sans-papiers

PORTRAIT. Hier, ouvrier chez Renault Billancourt, aujourd'hui travailleur intérimaire sans papiers exploité, Le vieux Doucouré occupe depuis deux mois l'ancien Hôtel Majestic, à Paris.

le vieux Doucouré Doucouré, jeune Carte d'identité consulaire

Reportage sonore* (4') :



Avec mille précautions, il étale sur la table des documents jaunis. Pour un sans-papiers, Doucouré ne manque pas de paperasse : carte d’identité consulaire, certificat de formation professionnelle, attestation de visite médicale, déclarations d’impôts... Sur les photos d’identité en noir et blanc des années 70, un jeune malien de vingt ans à la coupe afro, tout juste débarqué à Paris, vous sourit. Quarante ans plus tard, Doucouré a le même sourire généreux ; un collier de barbe blanche orne désormais son visage. A 61 ans, il est le doyen des 6000 travailleurs sans papiers en grève depuis la mi-octobre pour obtenir une circulaire de régularisation. « Dans la culture africaine, la parole des anciens est très respectée, il est le sage », explique Maryline Poulain, de l’association Autremonde, qui soutient de mouvement. Le comité des délégués CGT l’a nommé coordinateur du mouvement, un titre honorifique qui en dit long sur son aura.

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mardi 29 décembre 2009

Deux maîtres-chiens sans papiers de la SNCF en grève de la faim

Quatorze mois de lutte et rien. Pas un bout de papier en vue. Depuis octobre 2008, Boubacar Diarra et Sekou Bah se battent, avec trente-six autre maîtres-chiens sans papiers de la SNCF, pour obtenir leur régularisation. Les autres ont reçu la précieuse carte de séjour; eux rien. Pourtant, comme leurs anciens collègues, ces deux Maliens, âgés respectivement de 33 et 28 ans, travaillaient depuis des années pour Vigimak, sous traitant de la SNCF chargés d’assurer la sécurité dans plusieurs gares parisiennes. Leur action collective avait permis de lever le voile sur des conditions de travail indignes : cumulant plusieurs services, ces maîtres-chiens travaillaient jusqu’à trente jours par mois pour un salaire d’environ 900 euros.

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mercredi 23 décembre 2009

Solidarité « massive » autour des travailleurs sans papiers

A l’approche de Noël, le piquet de grève des travailleurs sans papiers de la Porte des Lilas a des allures de fêtes. Des deltaplanes chatoyants ornent les arbres ; de faux tournesols égaillent les barrières et un sapin de Noël a même trouvé sa place sous une poulie. Depuis la mi-octobre, vingt-cinq grévistes vivent ici, jour et nuit. Anciens ouvriers du chantier du tramway, ils occupent leur lieu de travail : une portion du trottoir du boulevard des maréchaux. Des conditions de grève extrêmement difficiles, qui ont été un peu adoucies par une solidarité rapidement mise en place : le syndicat Solidaires a donné des tentes ; la mairie du 19e a posé des toilettes ; la ville de Paris, un algéco avec un chauffage. Et tous les jours, les riverains se relaient pour apporter nourriture, bois pour se chauffer, vêtements ou tout simplement quelques billets.

Casque de moto sur la tête, Michel a fait une halte en moto pour donner dix euros : « C’est malheureux que je doive donner de l’argent, lâche t-il. C’est l’état qui devrait organiser ça, c’est comme pour les restos du cœur. » Le quinquagénaire ne cache pas que ce don représente aussi « un acte politique » : « Sarkozy construit une France a deux vitesses : survie pour les uns, bling bling pour les autres ». Son billet de dix euros arrive à point pour remonter le moral des grévistes : ce matin, pour la première fois depuis le début du mouvement, la caisse de solidarité était vide. « Nous avions plus d’argent au début », soupire Moussa Camara, leur porte parole, qui rappelle que cet argent leur sert chaque jour à acheter de quoi se nourrir. Plus la lutte est longue, plus le risque d’isolement s’accroît… L’aide morale est aussi décisive. « Tous les soirs, ils restent avec nous jusqu’à une ou deux heures du matin », ajoute Moussa

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mardi 22 décembre 2009

A Ménilmontant, en attendant l'évacuation

Devant l'agence d'intérim, lundi matin


REPORTAGE. «Dès matin bonne heure là, faut pas s’énerver.» Ibrahim Ndiaye, délégué des travailleurs sans papiers de Multipro, tente de calmer les esprits déjà bien échauffés en ce lundi matin. La secrétaire de l’agence d’intérim ne l’écoute pas, trop occupée à crier. Outre les trente-cinq grévistes, une trentaine de membres du comité de soutien se sont donné rendez-vous devant l’agence pour y attendre le patron. Ce dernier, «en déplacement», ne viendra pas. La secrétaire : «Je ne parlerai qu’au délégué CGT». «Je suis délégué Solidaires» répond Sébastien Chatillon. «Moi aussi je suis solidaire, mais je veux parler à la CGT» réplique la furie !

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dimanche 29 novembre 2009

Des milliers de manifestants contre l'immigration jetable


Aux cris de «On reste ici, on vit ici, régularisation de tous les travailleurs sans papiers», 10 000 personnes (2700 selon la police) ont manifesté cette après-midi à Paris, entre le jardin du Luxembourg et le ministère de l'Immigration, à l'appel du collectif Unis contre une immigration jetable. Les travailleurs sans papiers, en grève depuis le 12 octobre, constituaient l'essentiel du cortège.
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Photos : Marie Barbier

vendredi 27 novembre 2009

"Nous voulons cotiser" crient les sans-papiers

L'association Femmes égalité

Nous voulons cotiser

Ils sont venus en nombre avec drapeaux, banderoles et percussions. Hier, alors que Xavier Darcos réunissait la commission nationale de lutte contre le travail illégal, 400 salariés sans papiers manifestaient près du ministère pour exiger leur régularisation. Majoritairement originaire d’Afrique noire, mais aussi d’Asie et du Maghreb, ils brandissent des pancartes : «Nous voulons cotiser, nous voulons être déclarés». «C’est bien la première fois dans ce pays que des travailleurs manifestent pour dire qu’ils veulent cotiser!» s’amuse Raymond Chauveau, coordinateur CGT du mouvement.

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