<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.laissezpasser.info/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
  xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
  <title>Laissez-passer</title>
  <link>http://www.laissezpasser.info/</link>
  <atom:link href="http://www.laissezpasser.info/feed/rss2" rel="self" type="application/rss+xml"/>
  <description>L'actualité des sans-papiers</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 10 Mar 2010 10:51:23 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Passionaria cantonaise</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Passionaria-cantonaise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:12e8e11708b326171e30447caabf13e3</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Mar 2010 08:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Sans-papières</category>
            
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arrivée en France il y a six ans, Fengqun Yang est sortie de la
clandestinité en octobre pour rejoindre le mouvement des travailleurs sans
papiers. Elle est aujourd’hui la déléguée des 700 grévistes
chinois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle est de tous les combats : dans les manifestations, les meetings,
on l’aperçoit toujours, en première ligne, le poing dressé pour exiger la
régularisation des travailleurs sans papiers. Celle que tout le monde appelle
« Feng », dont le nom complet est Fengqun Yang, affiche un look très
coquet : maquillage impeccable et petit foulard à paillettes. Seule
francophone parmi les quelque 700 grévistes chinois sans papiers, elle est
devenue la porte parole de leurs conditions de vie, de leurs attentes et de
leur combat.&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;Camaïeu, Naf-Naf, Etam&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Comme ce lundi 27 février, à la cinémathèque de Paris. Des cinéastes sont
venus présenter leur « film manifeste » pour la régularisation des
sans papiers. Aux côtés de Laurent Cantet, Tonie Marchall et Mathieu Amalric,
Feng prend la parole. Un public médusé l’écoute raconter l’histoire de ces
centaines de chinois sans papiers sortis de la clandestinité pour entrer dans
la lutte : « Nous travaillons dans la restauration, l’aide à
domicile, la confection pour des marques comme Camaïeu, Naf-Naf, Etam. Ne pas
avoir de papiers, c’est trop dur pour tout le monde, c’est pour ça qu’on a
besoin que vous nous souteniez ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la famille Yang, l’exil est presque une tradition. Les deux frères de
Feng sont partis avant elle. L’un pour le Canada, l’autre pour la
Nouvelle-Zélande. Les parents vont bientôt rejoindre l’aîné. « On ne part
pas pour des raisons politiques, explique t-elle. Je suis venue ici pour gagner
un peu d’argent. » Originaire de Guangzhou (Canton), dans le Sud de la
Chine, Feng a étudié l’anglais avant de trouver un poste de professeur
remplaçante. Mais son maigre salaire ne suffit pas pour élever son petit
garçon, né en 2000. Elle décide de partir et choisit Paris, pas pour la butte
Montmartre ou la Tour Eiffel, mais pour le prix du visa : 3000 euros,
beaucoup moins cher que celui pour les Etats-Unis qui atteint la somme
astronomique de 15 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle était à mille lieux d’imaginer ce qui l’attendait ici. Feng pense
partir pour « cinq ans maximum » avant de revenir les bras chargés de
cadeaux. La vie à Paris est tout autre… Arrivée avec un visa touristique en
juin 2004, la jeune femme se retrouve rapidement sans papiers. Un restaurateur
chinois l’embauche, au noir. Elle travaille six jours sur sept, dix heures par
jour pour 1000 euros par mois. Deux ans de galère avant de changer de patron.
Un meilleur salaire, de meilleurs horaires et une conception bien particulière
du conflit social... « C’est mon patron qui m’a envoyé en grève, assure
Feng, même pas étonnée du paradoxe: « il nous a dit qu’il voulait nous
régulariser, a appelé la CGT pour demander comment on pouvait faire. On a lancé
la grève, il nous soutient beaucoup. »&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Sites communautaires&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le 23 octobre 2009, vingt-six sans papiers chinois occupaient le siège du
Medef en Seine-Saint-Denis. Rapidement évacués par les forces de l’ordre, ils
investissent, le même jour, l’organisme paritaire de l’hôtellerie, la Fafih.
Par le biais des sites communautaires, Feng informe les Chinois vivant en
France du mouvement de grève : 700 travailleurs les rejoignent. Mais le 29
décembre, ils sont à nouveau évacués. Depuis, les grévistes chinois n’ont plus
de piquet de grève, la lutte s’étiole… « Certain ont repris le boulot,
mais pas beaucoup, assure Feng. Il faut bien qu’ils nourrissent leur famille».
Elle, avec d’autres délégués du mouvement, occupe un bureau au siège de la CGT,
à Montreuil, où elle tente de récupérer les indispensables promesses d’embauche
auprès des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son petit garçon de dix ans lui manque. « Il est très intelligent,
dit-elle fièrement. Plus que mon mari ». Lui ne comprends pas la lutte dans
laquelle Feng s’est jetée. Il s’inquiète, l’appelle en lui demandant d’arrêter.
« Il me dit que c’est dangereux de faire la grève, je lui ai expliqué que
ce n’est pas pareil ici qu’en Chine. Il ne comprend pas ». Elle secoue la tête,
déçue. Ajoute que « c’est très dur pour une femme d’être seule ici et sans
papiers ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui, le retour est inenvisageable pour Feng, qui est bien décidé à
faire de ce pays, qui l’a si mal accueilli, sa deuxième patrie. En Chine, elle
assure qu’elle est trop vieille (36 ans !) pour trouver du travail. Son mari
galère pour 200 euros par mois. Elle s’est trop battue pour redescendre tout en
bas de l’échelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans le &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Cent-ans-et-plus-de-luttes-feministes&quot;&gt;cahier
spécial&lt;/a&gt; de &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 8 mars 2010 à l'occcasion du centenaire
de la journée internationale des femmes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Passionaria-cantonaise#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Passionaria-cantonaise#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/493709</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Des femmes maliennes contre l’excision</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Des-femmes-contre-l%E2%80%99excision</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f7ed44464026c27aa7b00807e8f57570</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Mar 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Mali</category>
            
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RENCONTRE.&lt;/strong&gt; Dans un pays où 85% des femmes sont excisées,
des voix s’élèvent pour exiger l’arrêt de cette pratique. Rencontre avec une
militante de la première heure.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/kadidia.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.kadidia_s.jpg&quot; alt=&quot;Kadidia Sidibé ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Kadidia Sidibé ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/mannequin.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.mannequin_s.jpg&quot; alt=&quot;Mannequin en plâtre ©Marie Barbier&quot; title=&quot;Mannequin en plâtre ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mannequin en plâtre, avec organes génitaux féminins interchangeables,
l’accompagne partout. C’est grâce à lui que Kadidia Sidibé explique aux
villageois les méfaits de l’excision. Elle appelle un chat un chat et parle
avec un naturel déconcertant d’orgasme féminin dans un pays où l’excision
atteint des records : selon la dernière enquête gouvernementale (2006),
85% des maliennes de 15 à 49 ans sont excisées. « A mon âge, je peux dire
ce que je veux, les anciens m’écoutent » s’amuse cette femme de 66 ans.
Pourtant le nom de son association, tout en longueurs et en euphémismes, en dit
long sur le tabou de lutter contre cette pratique dans un pays come le
Mali : Kadidia Sidibé est présidente de l’association malienne pour le
suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), une ONG
indépendante qui fonctionne grâce à des partenariats avec des associations
comme l’Unicef ou Equality now.&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;Plaisir féminin&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Dans les années 1970, elle a été l’une des premières à s’élever contre la
pratique de l’excision, à l’époque où l’Union nationale des femmes du Mali
recommandait de « couper un tout petit peu ». Elle a dit : « il
faut arrêter » et a mis sur la place publique la question fondamentale du
plaisir féminin. « C’est l’objet même de cette pratique qui est inhumain,
explique t-elle. Le but est d’atténuer le désir sexuel chez la femme. Comment
peut –on dire cela ? La femme est la partenaire sexuel de l’homme, où est
le couple là dedans ? Ca n’a aucun sens ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/affiche1.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.affiche1_s.jpg&quot; alt=&quot;Affiche de l'AMSOPT ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Affiche de l'AMSOPT ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;La lutte est d’autant plus difficile
à mener que l’excision existe depuis des millénaires au Mali. Autrefois
pratiquée sur des jeunes filles de 14 ans, puis sur des fillettes de sept ans,
elle se systématise aujourd’hui au septième jour après la naissance, au moment
du baptême. Selon les régions, l’excision va de l’ablation partielle du
clitoris au sectionnement des grandes lèvres, voire dans les cas les plus
extrêmes à l’accolement des parties génitale internes (infibulation, « on
les rouvre au moment du mariage pour la consommation du mari » détaille
Kadidia). Les conséquences de ces mutilations sur la santé physique et mentale
des femmes sont considérables : douleur violente, choc, hémorragie,
tétanos ou septicémie, rétention d'urine, ulcération génitale et lésion des
tissus génitaux adjacents, déchirures au moment de l’accouchement, fortes
hémorragies pouvant entrainer la mort…&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Excision et Islam&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer, dès lors, que l’excision continue à être pratiquée si
massivement ? « Parce qu’il y a une acceptante psychologique »,
répond Kadidia Sidibé, qui souligne le rôle primordial des femmes dans la
perpétuation de l’excision. « Moi, je lutte contre les femmes, ce sont
elles qui veulent exciser. Les hommes comprennent beaucoup plus et ce n’est pas
étonnant, on excise les femmes à l’insu des hommes ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/affiche2.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.affiche2_s.jpg&quot; alt=&quot;Affiche de l'AMSOPT ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Affiche de l'AMSOPT ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Principal argument contre lequel se
bat Kadidia depuis des décennies : « C’est écrit dans le coran ». En
quarante ans de lutte, Sidibé a eu le temps d’affiner les siens. Elle prépare
justement un livret sur l’excision et l’Islam qui, promet-elle, va faire
grincer les religieux. « Le Coran n’évoque pas les mutilations génitales
féminines, argumente t-elle. C’est un hadith qui en parle. » Musulmane
elle-même, elle a sa propre lecture expliquée des sourates qui interdisent
« toute modification dans la création de Dieu ». CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses arguments convainquent. L’AMSOPT a signé soixante conventions avec des
villages de la région de Kayes, dans le nord-est du Mali. « On organise
des cérémonies de dépôt de couteaux où les chefs de village s’engagent
officiellement à ne plus pratiquer l’excision ». Et ça marche. Les groupes de
suivi mis en place dans les villages indiquent que les fillettes n’y sont plus
excisées.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Pour une loi d'interdiction&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Quand elle a commencé son combat, les premières études sur le sujet
dénombraient 92% de femmes excisées (1975). « Aujourd’hui, être passé à 85
%, c’est quand même une petite victoire. » dit-elle, mais il faut aller
plus loin. Comment ? Grace à une loi interdisant ces pratiques. Le
Sénégal, le Burkina Faso ou la Côte d’ivoire ont promulgué des lois interdisant
l’excision. Le Mali rechigne. « Dans les pays qui l’ont interdit,
l’excision n’a pas complètement disparu, reconnait Sidibé. Mais maintenant les
exciseuses se cachent. Il y a une prise de conscience ». Réaliste, elle ajoute
que « certaines lois ne sont pas faites pour les générations actuelles,
mais pour donner à réfléchir ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fleur du désert : le combat d’un mannequin contre
l’excision&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le film sort en salle mercredi, deux jours après la journée internationale des
femmes, et ce n’est pas un hasard. « Fleur du désert », histoire de la vie
extraordinaire de Waris Dirie, gardienne de chèvres en Somalie devenue top
model, est aussi une croisade contre les mutilations génitales féminines.
Réalisé par la germano-américaine Sherry Hormann, ce film a fait 1,5 million
d'entrées l'automne dernier en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Article paru dans le &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Cent-ans-et-plus-de-luttes-feministes&quot;&gt;cahier
spécial&lt;/a&gt; de &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 8 mars 2010 à l'occcasion du centenaire
de la journée internationale des femmes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Des-femmes-contre-l%E2%80%99excision#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Des-femmes-contre-l%E2%80%99excision#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/493630</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Le désespoir des expulsés du soir</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Expuls%C3%A9s-du-soir%2C-d%C3%A9sespoirs</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0381ef57155d119a5fa22c41baeb7619</guid>
    <pubDate>Fri, 05 Mar 2010 18:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Mali</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.keita_s.jpg&quot; alt=&quot;Mahamadou Keita à l'aéroport Bamako-Sénou ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Mahamadou Keita à l'aéroport Bamako-Sénou ©Marie Barbier&quot; /&gt;Chaque jour,
Mahamadou Keita, de l’Association malienne des expulsés (AME), se rend à
l’aéroport Bamako-Sénou. Impossible de savoir à l’avance si des
« reconduits » seront dans l’avion. Donc Keita assure une présence
tous les soirs. Théoriquement, l’avion Paris-Bamako d’Air France atterrit à
20h50, mais, récemment, les vols ont eu beaucoup de retards, notamment à cause
des intempéries en France. Ca le faire rire, Keita, que son emploi du temps
dépende de la météo française.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au premier étage, à côté des vendeurs de souvenirs, une grande vitre offre
une vue imprenable sur le tarmac. Un œil profane verra simplement un avion
atterrir et des passagers en sortir. Mais Keita connait la partition par
cœur : là, les trois policiers maliens en civil qui attendent
l’expulsé ; ici, le bureau où l’on prendra son adresse avant de le
relâcher dans la nature. Le « reconduit » sort en dernier, après les
passagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.avion1_s.jpg&quot; alt=&quot;L'avion Air France ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;L'avion Air France ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.avion_s.jpg&quot; alt=&quot;Au pied de l'escalier, les policiers en civils attendent ©Marie Barbier&quot; title=&quot;Au pied de l'escalier, les policiers en civils attendent ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi soir, le vol d’Air France compte deux retours forcés. Deux hommes,
qui ont eu le temps de prévenir leur famille. Le seul que nous voyons sortir
par la porte de derrière, qui leur est réservée, a l’air hagard. Il se nomme
Doudou Dembélé. En polaire et parka, il encaisse d’abord le choc
thermique : même le soir, la température atteint bien 35°C en ce moment à
Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doudou n’a aucun bagage. Toutes ses affaires sont restées chez lui, à Vitry.
L’air abasourdi, il jette des regards effarés partout. Et répète en
boucle : « dix ans ». Dix ans qu’il n’a pas mis les pieds au Mali.
Dix ans qu’il travaille en France. D’abord comme éboueur pour la Suburbaine,
puis comme laveur de carreaux à la Société générale. Il dit aussi qu’il ne
comprend pas, qu’il a été piégé. C’est en se rendant à la préfecture le 3 mars
dernier qu’il a été arrêté et placé en rétention. Lui pensait recevoir enfin sa
carte de séjour salarié.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tend une convocation sur laquelle est écrit, dans la case objet :
« en vue de l’exécution de l’éloignement du territoire dont vous faites
l’objet ». Je lui dis : « C’était pas une convocation piège, c’est
écrit là que vous alliez être expulsé ». Doudou ne sait pas lire. Il avait
montré la convocation à son patron qui lui avait dit : « C’est bon,
tu peux y aller tranquille ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Expuls%C3%A9s-du-soir%2C-d%C3%A9sespoirs#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Expuls%C3%A9s-du-soir%2C-d%C3%A9sespoirs#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/493092</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Ces Bamakois qui ont « fait Paris »</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Ces-Bamakois-qui-ont-%C2%AB-fait-Paris-%C2%BB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b5c2dbfbb6e2c71df701c3fcbb008b8e</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 00:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Mali</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/bagages.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.bagages_s.jpg&quot; alt=&quot;Bagagerie ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Bagagerie ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Depuis trois jours que je suis à Bamako, une
expression revient souvent : « Lui, il a fait Paris ». Cette phrase
est dite avec un mélange de respect et de jalousie. En France, on a fait 14-18
ou l’Algérie ; ici les anciens combattants reviennent de la capitale
française. La plupart meurtris, blessés, traumatisés d’avoir donné tant de
temps et de sueur pour être ensuite renvoyés au Mali, menottes aux poings,
comme des délinquants.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;A l’association malienne des expulsés (AME), Mahamadou Keita est l’un
d’entre eux. Quatorze longues années dans la capitale à se battre pour un bout
de papier. En 1996, Keita était dans l’église Saint Bernard quand Jean-Louis
Debré en abattit les portes à grands coups de hache. Keita échappe à
l’expulsion de justesse, mais pas à une interdiction du territoire de dix ans.
Il est arrêté neuf ans plus tard et expulsé, malgré son état de santé plus que
fragilisé par onze jours de grève de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/chevre.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Mali/.chevre_s.jpg&quot; alt=&quot;Dans les rues de Bamako ©Marie Barbier&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Dans les rues de Bamako ©Marie Barbier&quot; /&gt;&lt;/a&gt;C’est quoi « avoir fait
Paris » ? « C’est survivre », répond cet homme débarqué hier sur le
tarmac de Bamako par des policiers français après cinq ans en France. « On
vit pas là-bas, on survit » dira t-il avant de disparaitre dans la nature
comme un fantôme. « Il a pas tenu longtemps, soupire Mahamadou Keita, venu
l’accueillir à l’aéroport. Cinq ans c’est pas long, la plupart des expulsés
reviennent après dix, quinze, vingt ans ». A la guerre, la valeur des
combattants se mesure au temps resté au front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui devrait être couvert de médailles : devant sa maison un vieux
Soninké nous offre un thé. Il a passé 44 ans à « Paris Ville » et
profite aujourd’hui de sa retraite bien méritée : installé dans son
fauteuil, devant sa maison qui donne sur une rue en terre battue, il regarde
grandir ses petits enfants. Et assure en secouant la tête que, lorsqu’il est
arrivé à Paris, en 1964, « c’était pas aussi dur que maintenant».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’immigration est un sport de combat. Ceux là ont accepté pendant des années
des boulots sous-payés, nettoyé les toilettes des hôtels de luxe de la capitale
et bâti de leur mains les tours de la Défense. Pour être ensuite jetés aux
oubliettes. Si Paris a oublié qui l’a faite, ces Bamakois s’en souviendront
toujours.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Ces-Bamakois-qui-ont-%C2%AB-fait-Paris-%C2%BB#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Ces-Bamakois-qui-ont-%C2%AB-fait-Paris-%C2%BB#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/492475</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Soulager les souffrances de l'exil</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0Faire-de-la-diversit%C3%A9-culturelle-une-chance%C2%A0%C2%BB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c73d667b6893f41becc699b54b5318e2</guid>
    <pubDate>Mon, 01 Mar 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Soutiens</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/soutiens/moro.jpg&quot; alt=&quot;Marie Rose Moro&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Marie Rose Moro&quot; /&gt;
&lt;strong&gt;ENTRETIEN.&lt;/strong&gt; Contre une vision trop rigide de l’intégration à la
française, la pédopsychiatre &lt;a href=&quot;http://www.marierosemoro.fr/&quot;&gt;Marie Rose
Moro&lt;/a&gt; défend la valorisation et la pluralité des cultures, pour mieux
accueillir les enfants de migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pédopsychiatre auprès des enfants et des adolescents, Marie Rose Moro est la
chef de file actuelle de l’ethnopsychiatrie en France. A l’hôpital Avicenne de
Bobigny, elle dirige la première consultation transculturelle où sont
accueillis les enfants de migrants et leur famille. Depuis 2008, elle est aussi
à la tête de la maison des adolescents de Paris. Son dernier ouvrage, «Nos
enfants demain» (1), dresse un plaidoyer en faveur du métissage, pour que la
société française accepte enfin de s’ouvrir aux richesses des migrations. Une
utopie ? Une nécessité répond t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/soutiens/.nos_enfants_demain_s.jpg&quot; alt=&quot;Nos enfants demain&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Nos enfants demain&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;« Nous avons perdu la foi dans les vertus de la rencontre et de
l’échange » écrivez-vous. Comment expliquez-vous ce repli sur
soi ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Je constate que nous sommes devenus complètement
inhospitaliers. Nous avons renoncé à l’idée d’une société généreuse qui s’ouvre
sur le monde. La nouveauté, c’est que, dorénavant, on justifie cette
inhospitalité en disant : « ça n’est pas possible, notre société ne
peut plus faire ça ». Je ne vois pas pourquoi, ce sont des choix
politiques.&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;Quels sont les effets de ces mauvaises conditions d’accueil sur les
familles migrantes en France ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. D’abord une insécurité très importante, en particulier pour
les enfants. A la précarité matérielle, s’ajoute la précarité psychique,
puisque ces enfants se disent : « Je ne suis pas le bienvenue, je
dois faire allégeance à des valeurs que je ne connais pas pour être toléré ici
». Le terme anglais, qui n’existe pas en français est « insecure » :
à chaque moment de la journée et quel que soit l’endroit où ils se trouvent,
ces enfants se sentent en insécurité. Les conséquences sur le développement de
ces enfants sont très grave. Ils se séparent difficilement de leurs parents,
n’ont pas envie d’apprendre parce que les choses nouvelles leur font peur. A
cela s’ajoute l’inquiétude d’une arrestation. L’hôpital et l’école ne sont plus
des sanctuaires. Or les enfants, pour grandir, ont besoin de sécurité, de
tranquillité, de savoir que leur parents sont reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Vous insistez particulièrement sur l’importance de la langue
maternelle…&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Les travaux actuels (2) montrent l’importance de la
langue maternelle pour la réussite des enfants. Chez certaines familles, parler
une autre langue que le français est considéré comme dangereux. Or c’est
absolument primordial de parler sa langue maternelle pour bien apprendre le
français. Tous les linguistes et les spécialistes le savent. En France, on ne
valorise pas la diversité, on oblige les migrants à renoncer à leur histoire
pour s’intégrer. Mais on s’intègre d’autant mieux si on est considéré comme un
être humain, avec une histoire et une langue ! On valorise, à juste titre,
des langues comme l’Anglais et le Japonais et on dévalorise les langues
maternelles. On établie une hiérarchie entre les langues.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Conséquence : vous constatez beaucoup de troubles du langage…&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Ce qui est assez caractéristique ce sont les enfants
qui n’arrivent plus à parler. A la maison, ils s’expriment dans leur langue
maternelle, mais à l’école ils ne parlent plus. C’est représentatif du travail
que doivent faire les enfants de migrants pour passer d’une langue à l’autre.
Et quand on ne valorise pas assez la langue maternelle, on compromet ce passage
d’une langue à une autre. J’insiste sur cette idée qui ne va pas de soi en
France. Comme si la langue française résumait l’ensemble de l’identité.
Moi-même, je suis enfant de migrant, je suis très heureuse de maîtriser la
langue française avec facilité. Mais quelles sont les conditions pour y
arriver ? La réponse, apparemment, ne va pas de soi. Une prise de
conscience est en train de se faire là-dessus, sur le terrain, dans les écoles
et les associations.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Vous distinguez trois périodes : la naissance, la scolarité et
l’adolescence. Pour la première, vous racontez le doute chez les mères
migrantes qui mettent au monde leur enfant ici...&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Ce qui se passe autour de la naissance est très
important. C’est le moment où l’on transmet ce qui nous appartient et où l’on
présente le monde français aux enfants. Les mères ont ce double travail, un peu
paradoxal, à faire : la transmission et la présentation. La structuration
psychologique de l’enfant se joue pendant ces premières années. Or, souvent,
ces débuts sont marqués par des doutes pour la mère, parce qu’on remet en
question sa manière de faire. Il faut que nous société, nous professionnels,
nous apprenions à respecter les mères dans leur diversité. Par exemple ici, on
conseille l’allaitement à la demande, mais cette théorie est très
occidentale ! On ne parle pas aux enfants de la même façon ici et
ailleurs : ils ne sont pas massés, bercés, nommés de la même façon. Il y a
des endroits où on porte les enfants 24 heures sur 24 sur soi et où on ne leur
parle pas beaucoup, parce que le langage est plutôt corporel. Ici, on les met
dans un berceau et on leur parle beaucoup. Ces différences doivent non
seulement être respectées, mais aussi à valorisées. On doute toujours que ceux
qui n’élèvent pas leurs enfants de la même manière que nous puissent les aimer.
Mais la maltraitance existe dans le monde entier ! Dans toutes les classes
sociales et tous les pays du monde. Ce qui signifie que cette question n’est
pas liée à la culture.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Vous dénoncez un accès au savoir profondément inégalitaire pour les enfants
de migrants...&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. La France résiste beaucoup à voir l’échec scolaire de
nos enfants de migrants. Il aura fallu une résolution européenne (2) pour
prouver que, globalement en Europe et y compris en France, les enfants de
migrants échouent plus à l’école, à niveau social égal. Cette étude montre
aussi que ce sont des enfants qui ont très envie d’apprendre. Or en France, des
classes entières sont composées d’enfants de migrants. Ce sont donc des
ghettos ! C’est étonnant quand même et tout le monde le sait. On se voile
les yeux en affirmant qu’il n’y a pas de ghettos en France.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Comment rendre l’école plus pluraliste ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Il faudrait sortir de la notion d’égalité abstraite et
être davantage dans l’équité. Dans les endroits où il y a plus d’échec
scolaire, il faudrait de toutes petites classes avec des profs qui ne changent
pas beaucoup et à qui on donne les moyens de prendre en charge les difficultés
liées à la question sociale et culturelle. Là, on se donnerait les moyens
d’aider ces enfants. Mais c’est tout le contraire qu’on fait…&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Dans vos consultations transculturelles, vous accueillez maintenant la
deuxième génération d’immigrés. Vous dites que c’est encore plus dur pour eux
que pour leurs parents, c’est un terrible constat d’échec.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Les difficultés de la première génération étaient
acceptées comme conjoncturelles. Il y avait une sorte de résignation, on se
disait : « Ce sera plus facile pour nos enfants, ils sont nés
ici, ont accès à l’école ». Et on donnait aux enfants cette illusion qu’ils
allaient être comme les autres... Quand les parents découvrent que leur enfant
est en échec scolaire, c’est très difficile à accepter. Comme si toutes leurs
souffrances et leurs difficultés n’avaient servi à rien. Il y aussi la question
de la projection, du regard, comme l’explique Pap Ndiaye, que la société porte
sur ces enfants. Les garçons, surtout à l’adolescence, font peur. Ils sont
considérés comme des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Vous êtes pédopsychiatre en banlieue depuis vingt ans. Comment
expliquez-vous la recrudescence de violences chez les adolescents ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. En réalité, comme l’a démontré Laurent Mucchielli, les
chiffres de la délinquance juvénile ne font pas état d’une violence plus
importante ou plus féminine. Ceci dit, on ne peut pas nier qu’il existe un
climat de violence en banlieue, qui ne touche pas que les migrants d’ailleurs.
Avec cette impression que ça peut exploser à tout moment. Ma lecture de cette
violence se fait à travers les histoires individuelles que ces ados de banlieue
me racontent. Ils ont souvent un profond sentiment d’injustice, parce qu’ils
n’ont pas eu accès au savoir, à la réussite. J’appelle cela un sentiment
d’amour déçu. Ils attendaient tellement, et leurs parents attendaient tellement
d’eux... Quand vous êtes en échec scolaire, vous êtes condamnés à l’exclusion,
vous serez toujours en marge, comme vos parents. Si vous n’avez pas bien appris
à lire et à écrire, vous ne serez plus au centre de la société. Le sentiment
d’être en marge créé de la violence. On veut montrer qu’on est le plus fort
parce qu’on a une très mauvaise estime de soi. Au-delà des histoires
individuelles, cette violence a de vraies conséquences sur le lien social. Mais
il ne faut pas traiter ce problème à l’envers. Nous, les psys et l’école, nous
avons une fonction essentielle de prévention de cette violence. Elle naît chez
les personnes désespérées, qui se sentent à l’extérieur du monde et n’ont plus
rien à perdre. Ces comportements se préviennent en travaillant avec les mères
et les bébés, à l’école. Quant aux adolescents, ils se montrent comme des caïds
qui n’ont peur de rien mais, souvent, ils sont profondément tristes et
déprimés. J’en ai vu qui pleurent dès que je ferme la porte de mon bureau. Il
ne faut pas être aveuglé par des images qui leur collent à la peau et qui les
empêchent eux même d’accéder au monde.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le sous-titre de votre livre est « pour une société
multiculturelle ». Est-ce un manifeste en faveur du métissage ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Nous vivons dans une société complexe où il faut faire
de la diversité culturelle une chance. Au lieu d’accepter cette notion de
diversité, on en a peur, on dit aux gens : « Ressemblez-nous pour
faire partie de cette société ». Du coup, on créé des marges, de
l’exclusion. Donc oui, ce livre est un manifeste : si on veut que la
société ressemble à ceux qui la composent, elle doit être multiculturelle. Elle
l’est de fait. Il faut arrêter d’exclure, d’inféoder, comme si la colonisation
continuait ici. On sait à quoi mène la colonisation : à la guerre. Moi je
suis pour la diplomatie, pour créer du lien social.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le discours politique actuel n’est pas vraiment à la tolérance. Vous ne
vous sentez pas à contre courant ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Marie Rose Moro. Oui c’est vrai que je suis à contre courant, mais
j’assume ! D’abord parce que je ne me sens pas à contre courant du
terrain, de ce que j’entends chez les familles. Ensuite parce qu’il suffit de
regarder ce qu’il se passe dans le monde, en Espagne, au Canada ou aux
Etats-Unis. Je n’ai pas le sentiment de prêcher dans le désert et d’être un don
Quichotte ! Au contraire. Nous avons plein de demandes, au niveau
international, de gens qui veulent se former dans le domaine transculturel. Ces
enfants et ceux qui travaillent eux, sont plutôt les précurseurs d’un monde
nouveau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) « Nos enfants demain », édition Odile Jacob, 247 p., 21 €. (2)
Résolution du Parlement européen du 2 avril 2009 sur l’éducation des enfants
des migrants.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0Faire-de-la-diversit%C3%A9-culturelle-une-chance%C2%A0%C2%BB#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0Faire-de-la-diversit%C3%A9-culturelle-une-chance%C2%A0%C2%BB#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/490154</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>« 24 heures sans nous » aujourd’hui</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-24-heures-sans-nous-%C2%BB-aujourd%E2%80%99hui</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:915d419e7590d9234f434ef348e4773e</guid>
    <pubDate>Mon, 01 Mar 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Autres luttes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/.affiche_LJSI_m.jpg&quot; alt=&quot;La journée sans immigrés&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;La journée sans immigrés&quot; /&gt;« L’immigration n’est pas un problème en
France, c’est une chance ». Pour démontrer l’apport économique, social et
culturel de l’immigration, un « mouvement de citoyens » propose,
aujourd’hui, une initiative originale : « 24 heures sans nous la
journée sans immigrés » (lire l’Humanité du 25 novembre). Née sur le
réseau social facebook, &lt;a href=&quot;http://www.la-journee-sans-immigres.org/&quot;&gt;la
journée sans immigrée&lt;/a&gt; (LJSI) a largement dépassé l’univers de la toile.
L’initiative est aujourd’hui soutenue par plusieurs associations: Gisti,
Cimade, Réseau éducation sans frontières… « Les associations qui sont trop
politiques ont été les moins sollicitées », explique la présidente du collectif
Nadia Lamarkbi, citant « SOS-Racisme, qui est proche d'un parti ».&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Une intersyndicale composée, entre autre, de la CFDT, de l’UNSA et de
Solidaires a appelé au soutien de cette « initiative symbolique qui doit
contribuer à une reconnaissance juste du fait migratoire». Sollicitée, la CGT
n’a pas souhaité officialisé son soutien à cette journée. « Ca fait quatre
mois qu’on est en grève, explique Francine Blanche, secrétaire confédérale,
évoquant le mouvement des 6000 travailleurs sans papiers. Que faire de
plus ? ». Interrogé sur le soutien à cette lutte des travailleurs sans
papiers, les membres de LJSI explique que leur mouvement « dépasse le
clivage avec ou sans papiers ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concrètement, que va-t-il se passer aujourd’hui ? « Nous avons
choisi le retrait de la vie économique pendant 24 heures, explique Luc Ngwe de
LJSI. Cela signifie : si possible ne pas travailler, si on est obligé de
travailler, porter un ruban jaune sur sa veste en solidarité, ne pas consommer
et, pour les professions indépendantes, baisser le rideau pendant 24
heures. » Un rassemblement est prévu à Paris devant le parvis de l'hôtel
de Ville entre douze et quatorze heures, d'autres manifestations devraient se
tenir à Marseille, Bordeaux, Reims, Amiens... L’initiative ne concerne pas que
les immigrés et leur descendants : « Tous ceux qui se sentent
concernés peuvent participer à cette démarche », précise Nadia Lamarkbi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lancée en France, l’idée a pris une dimension européenne. Des collectifs
sont en cours de création en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse et déjà créés
en Grèce, Italie et Espagne où des manifestations devraient également se tenir
aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 1er mars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-24-heures-sans-nous-%C2%BB-aujourd%E2%80%99hui#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-24-heures-sans-nous-%C2%BB-aujourd%E2%80%99hui#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/490194</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>« Bon retour à Bamako ! »</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Bon-retour-%C3%A0-Bamako-%21</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2dc30213c047855842b39166d3908401</guid>
    <pubDate>Fri, 26 Feb 2010 10:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Mali</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;L'aventure malienne commence au 103, rue la Fayette à Paris. Tous les
matins, dès 8 heures, les 1300 intérimaires sans papiers en grève se réunissent
dans le sous-sol de cette agence Manpower pour faire le point sur leur
lutte : nombre de Cerfa récupérés (promesses d'embauche), entreprises
contactées, argent collecté... Après quatre mois de lutte, leur détermination
est incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'y suis pas pour un reportage, mais pour une prise de contacts. Je pars
au Mali dimanche : association malienne des expulsés, excision ou anciens
combattants, il y a de quoi dire et écrire. J'aimerais aussi parler de la grève
des travailleurs sans papiers en France, savoir comment elle est perçue dans ce
pays d'où sont originaires la très grande majorité des grévistes. Pour cela, il
me faut trouver des familles à Bamako qui accepteront de me parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grévistes se montrent d'abord réticents. « Ca se passe pas comme ça
au Mali, tu peux pas débarquer chez les gens que tu connais pas, m'explique
l'un d'eux. Il faudrait que tu y ailles avec quelqu'un ». Aïe, ça commence mal.
Méfiants, ils voudraient savoir ce que j'attends d'eux. J'explique : «6000
travailleurs sans papiers sont actuellement en grève en France. Si on retire
les chinois qui sont 700, ceux qui restent sont essentiellement Maliens. Il y a
donc quelque 5000 Maliens qui ont lancé, en France, une grève inédite. Je
voudrais savoir comment ce mouvement est perçu au Mali. Les médias en
parlent-ils ? Qu'en pensent les familles ?»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassurés et même flattés, les numéros de téléphones bamakois pleuvent.
Celui-ci à un grand frère, celui-là sa femme, lui sa soeur. En partant, tous me
gratifient d'un grand sourire et d'un « Bon retour à Bamako ! »&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Bon-retour-%C3%A0-Bamako-%21#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Bon-retour-%C3%A0-Bamako-%21#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/490083</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Quand Duygu Kaplan a découvert qu'elle «n'était plus seule »</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Quand-Duygu-kaplan</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:977eafe5bd49a9fdd9c961129f9c658b</guid>
    <pubDate>Wed, 24 Feb 2010 10:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Soutiens</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PORTRAIT.&lt;/strong&gt; En 2007, cette jeune Kurde était filmé dans
&lt;em&gt;Laissez-les grandir ici&lt;/em&gt;. Trois ans plus tard, devenue majeure mais
toujours sans papiers, elle revient sur cette expérience unique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Videos/.pn_duygu_kaplan_02__1__m.jpg&quot; alt=&quot;Duygu Kaplan ©Patrick Nussbaum&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Duygu Kaplan ©Patrick Nussbaum&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Est-ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ? ».
En mars 2007, à un mois de l’élection présidentielle, le Collectif des
cinéastes pour les sans-papiers réalise «Laissez-les grandir ici». Trois
minutes pendant lesquelles des enfants menacés d’expulsion racontent leurs
rêves suspendus et la peur au quotidien. Parmi eux, Duygu Kaplan, jeune fille
kurde de quinze ans, en France depuis dix mois.&lt;/p&gt;    &lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x1db40&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;316&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x1db40&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;playerMode=embedded&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x1db40_laissez-les-grandir-ici_news&quot;&gt;Laissez-les
grandir ici&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trois ans après sa courte célébrité, Duygu est devenue une belle jeune femme
intelligente et sûre d’elle même. Lycéenne en terminale scientifique à Paris,
elle est retombée dans l’anonymat, mais pas dans la clandestinité. Certes, elle
est toujours sans papiers, mais sans honte ni crainte. Elle raconte sa vie haut
et fort, même à ses copains de classe : «Pour eux une carte d’identité,
c’est comme un portable on ne peut pas vivre sans. Je leur montre que si». Elle
poursuit : « J’ai crié au monde entier que j’étais sans-papiers, il
ne s’est rien passé. Donc je continue, ça peut faire que du bien ».&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Mourir de peur&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Plus que le témoignage public, la rencontre avec les cinéastes a été
essentielle dans cette prise de conscience. Duygu découvre que des
« Français » ne sont pas d’accord avec la vie qu’on lui inflige, que
« ça n’est pas normal ». « Je n’étais plus seule» dit-elle
simplement. Au moment du tournage, Duygu vient de recevoir une obligation de
quitter le territoire français. « On faisait tout pour ne pas attirer
l’attention, se souvient-elle. Quand on croisait un policier, on faisait comme
si tout allait bien alors qu’à l’intérieur alors qu’on mourait de peur ». Dix
mois plus tôt, elle était expulsée d’Angleterre et débarquée sur le tarmac de
Roissy en uniforme d’écolière londonienne, cartable sur le dos.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;« Vous avez vu le film &lt;em&gt;Welcome&lt;/em&gt; ?»&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les parents de Duygu, communistes kurdes, ont fui la Turquie en 2004.
Comment ont-ils traversé clandestinement l’Europe ? « Vous avez vu le
film &lt;em&gt;Welcome&lt;/em&gt; ? On a fait pareil… » Le réalisateur Philippe
Lioret y racontait comment des migrants se cachent dans des camions. « On
a vu la mort » dit-elle. Arrivés en France, la famille est placée en
centre de rétention et rapidement expulsée vers la Turquie. Sauf que les
parents refusent. Deux mois de prison. Duygu est placée par l’aide sociale à
l’enfance. A leur sortie de prison, les Kaplan rejoignent l’Angleterre où ils
resteront un an avant d’être renvoyés vers la France, premier pays où leur
demande d’asile a été déposée. Mais où ils ne sont toujours pas les
bienvenues : samu social, demande d’asile rejetée, la famille tombe dans
la clandestinité et la pauvreté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux semaines, ses parents ont enfin reçu une lettre de l’Ofpra leur
accordant le statut de réfugiés politiques. Dommage pour Duygu qui, majeure
depuis août, ne profite pas de cette régularisation. «Je ne peux pas avancer,
dit-elle. J’ai besoin de papiers pour mes études, pour ma vie».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article publié dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 23 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Quand-Duygu-kaplan#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Quand-Duygu-kaplan#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/489492</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Un grand écran pour sortir de l'ombre</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Un-grand-%C3%A9cran-pour-sortir-de-l-ombre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:afcca9cafa8dd47845bdcefa04ac923e</guid>
    <pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Travailleurs en lutte</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/.tour_20axa-adec_m.jpg&quot; alt=&quot;Devant la tour Axa de la Défense © Rondeau.Lanvin&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Devant la tour Axa de la Défense © Rondeau.Lanvin&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
En trois minutes et trente secondes, &lt;em&gt;On bosse ici ! On vit ici !
On reste ici !&lt;/em&gt; dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6
000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour
obtenir une circulaire de régularisation. Le gouvernement et la grande majorité
des médias (à l’exception de l’Humanité) ignorent cette lutte pourtant inédite.
Un silence à l’origine du projet du &lt;a href=&quot;http://www.collectifdescineastespourlessanspapiers.com&quot;&gt;Collectif des
cinéastes pour les sans-papiers&lt;/a&gt;. « L’idée est venue au moment de la
&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Galette-VIP&quot;&gt;galette des rois&lt;/a&gt;, raconte Jean-Henri Roger,
cinéaste et professeur de cinéma à Paris-VIII. Malgré une présence nombreuse
des personnalités sur le piquet de grève de la rue du Regard, nous avons eu
douze lignes dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; et cinq dans
&lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;… »&lt;/p&gt;    &lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/wzBJrthVTJs&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/wzBJrthVTJs&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au début du mois, cinéastes, acteurs, politiques, scientifiques signaient
l’appel &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Le-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-s-%C3%A9largie&quot;&gt;« Nous les
prenons sous notre protection »&lt;/a&gt; pour soutenir les grévistes de la rue du
Regard menacés d’évacuation. « L’idée du film s’est imposée, raconte le
cinéaste Laurent Cantet. En peu de temps, on a réactivé notre réseau. »
Celui-ci compte des noms prestigieux du septième art : Isabelle Adjani,
Jacques Audiard, Abderrahmane Sissako, Dominique Blanc, Romain Goupil, Cédric
Klapisch ou encore Riad Sattouf. Les plus fidèles étaient déjà là en 1997 pour
le film Nous, sans-papiers de France. D’autres les ont rejoints en 2007 pour
&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Les-travailleurs-sans-papiers-cr%C3%A8vent-l-%C3%A9cran&quot;&gt;''Laissez-les
grandir ici''&lt;/a&gt;. Cette fois-ci, ce ne sont pas moins de 350 cinéastes qui ont
signé l’appel en quelques jours. « On voulait faire ce film le plus vite
possible, précise le cinéaste Christophe Ruggia. Pour se caler sur les
élections régionales et peser sur le débat public afin de sortir les
travailleurs sans papiers de l’ombre dans laquelle ils sont depuis quatre
mois. » Le court métrage, qui sortira le 10 mars dans plus de 500 salles
en France, est déjà disponible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Axa, Etam, Naf-Naf, Camaïeu...&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Face caméra, les grévistes racontent la réalité d’un système
hypocrite : l’un a rénové l’Assemblée nationale ; un autre la tour
Axa de la Défense ; celle-ci, couturière, travaille pour « Etam,
Naf-Naf, Camaïeu… » Pas un secteur de l’économie française qui ne sorte
indemne de cette litanie des entreprises embauchant des travailleurs sans
papiers. Et en connaissance de cause, précisent les grévistes. Car cette
situation permet ensuite aux employeurs de les exploiter sans merci.
« Quand tu dis «Hé patron ! ça c’est de l’amiante», il te
répond : « Si tu travailles pas, vas te faire foutre ». » Payés
une misère, les travailleurs sans papiers ne sont pourtant pas inconnus du
ministère des Finances qui encaisse cotisations multiples et impôts…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois minutes, les cinéastes ont réussi à retranscrire la tristesse, la
colère et la détermination de ces hommes et de ces femmes qui se battent
beaucoup plus que pour une carte de séjour. Et le cinéaste Michel Andrieu de
préciser : dans le contexte « violent du débat sur l’identité
nationale », ce film se veut un « contre-feu indispensable ».&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un sage chez les sans-papiers&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/.doucoure_m.jpg&quot; alt=&quot;Devant l'assemblée nationale ©Rondeau.Lanvin&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Devant l'assemblée nationale ©Rondeau.Lanvin&quot; /&gt; Parmi les travailleurs sans
papiers filmé par le collectif des cinéastes figure &lt;q&gt;Monsieur Doucouré&lt;/q&gt; (à
droite). Le parcours de ce malien de 61 ans, arrivé en France quand De Gaulle
était président, toujours sans papiers sous Sarkozy, illustre malgré lui
l'absurdité de la politique de fermeture des frontières. Relire son portrait
ici &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Le-sage-des-sans-papiers&quot;&gt;Un sage chez les sans papiers&lt;/a&gt;
ou le réécouter là :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.laissezpasser.info/?pf=player_mp3.swf&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.laissezpasser.info/?pf=player_mp3.swf&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;showvolume=1&amp;amp;loadingcolor=ff9900&amp;amp;bgcolor1=eeeeee&amp;amp;bgcolor2=cccccc&amp;amp;buttoncolor=0066cc&amp;amp;buttonovercolor=ff9900&amp;amp;slidercolor1=cccccc&amp;amp;slidercolor2=999999&amp;amp;sliderovercolor=0066cc&amp;amp;mp3=http://www.laissezpasser.info/public/Travailleurs/doucoure.mp3&amp;amp;width=200&amp;amp;height=20&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Un-grand-%C3%A9cran-pour-sortir-de-l-ombre#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Un-grand-%C3%A9cran-pour-sortir-de-l-ombre#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/489383</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les travailleurs sans papiers crèvent l'écran</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Les-travailleurs-sans-papiers-cr%C3%A8vent-l-%C3%A9cran</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:68eac7d80bc5dd69167c64b802bae611</guid>
    <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 22:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Travailleurs en lutte</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un film politique, court et efficace. Le &lt;a href=&quot;http://www.collectifdescineastespourlessanspapiers.com/&quot;&gt;collectif des
cinéastes pour les sans-papiers&lt;/a&gt; a dévoilé ce soir, à la cinémathèque, le
film « On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! ». Trois
minutes pour présenter le mouvement de grèves et d'occupations des travailleurs
sans papiers qui se battent depuis plus de quatre mois pour obtenir une
circulaire de régularisation :&lt;/p&gt;    &lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/wzBJrthVTJs&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/wzBJrthVTJs&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce film, qui compte à son générique des figures prestigieuses du septième
art (de Jacques Audiard à Juliette Binoche, en passant par Riad Sattouf et
Costa Gavras) devrait être diffusé dans plus de 500 salles de cinéma.
Parallèlement, une &lt;a href=&quot;http://travailleurssanspapiers.org/phpPetitions/&quot;&gt;pétition&lt;/a&gt; (qui a déjà
recueilli plus de 46 000 signatures) réclame une circulaire de
régularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques semaines des élections régionales, espérons que cette initiative
mette enfin sur la place publique la lutte exemplaire menée par ces 6000 hommes
et femmes, depuis plus de quatre mois, dans un silence assourdissant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
En 2007, le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers avaient déjà réalisé
« Laissez-les grandir ici » pour sensibiliser l'opinion publique sur
le sort des enfants de sans-papiers :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/XKTBFHx12v0&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/XKTBFHx12v0&amp;amp;hl=en_US&amp;amp;fs=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toute les infos sur le mouvement depuis le 12 octobre dans la
catégorie &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/category/Travailleurs-en-lutte&quot;&gt;Travailleurs en
lutte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Les-travailleurs-sans-papiers-cr%C3%A8vent-l-%C3%A9cran#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Les-travailleurs-sans-papiers-cr%C3%A8vent-l-%C3%A9cran#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/489123</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Le soutien aux grévistes s'amplifie</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Le-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-s-%C3%A9largie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1eefb221cf2c1ddd75ce8b4f498eaff4</guid>
    <pubDate>Thu, 18 Feb 2010 09:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Travailleurs en lutte</category>
            
    <description>&lt;p&gt;« Trop, c’est trop. » Au numéro 8 de la rue du Regard, dans le
sixième arrondissement de Paris, Mahamadou Doucansy, attend les forces de
l’ordre de pied ferme. Il ne se laissera pas faire. Depuis le 7 décembre, ce
travailleur occupe, avec 250 autres sans-papiers, les locaux du Fond
d'assurance formation des Salariés de l'artisanat et du BTP (Faf-Sab). Le 2
février, le tribunal de grande instance de Paris leur donnait 24 heures pour
déguerpir, avant d’envoyer les pandores. Deux semaines plus tard, les grévistes
sont toujours là. Remontés à bloc.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Travailleurs/appelune.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laissezpasser.info/public/Travailleurs/.appelune_s.jpg&quot; alt=&quot;L'humanité du 18 février 2010&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;L'humanité du 18 février 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Plus rien à perdre&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;« On ira jusqu’au bout » assure Mahamadou d’un ton décidé. De
fait, ces hommes n’ont plus rien à perdre. Le 12 octobre dernier, ils sortaient
de l’ombre, dévoilant à qui voulait bien l’entendre leur statut de travailleurs
sans droit dans la France du XXIe siècle. Mahamadou a 32 ans. Il a mis les
pieds pour la première fois en France le 13 octobre 2001. « Bientôt neuf
ans, soupire t-il. Et toujours pas de papiers. » Il a bien fait une
demande en 2008, mais sans résultat. Depuis son arrivée, il travaille dans le
bâtiment. Spécialiste en « étanchéité » : les taules sur les toits et
le goudron en feu comme labeur quotidien. Pour un salaire de manœuvre : le
smic. « Depuis que je suis en grève, mon patron m’a appelé deux fois pour
que je reprenne le travail. Je lui ai dit : « Non, je ne veux pas
continuer à travailler sans papiers ». Je lui ai demandé une promesse
d’embauche pour ma régularisation, il a refusé ».&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Galette des rois solidaire&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les évacuations, les grévistes de la rue du regard connaissent. Depuis le
début de leur lutte, le 12 octobre, ils ont déjà été mis à la porte cinq fois!
De la fédération nationale des travaux publics rue de Berri, occupée un mois, à
la tour Axa de la Défense, où les grévistes sont restés quatre heures, à chaque
fois, les forces de l’ordre les ont violemment sortis. Et pas toujours avec un
ordre écrit des tribunaux…. « Que ce soit avec ou sans décision de
justice, la position des autorités est toujours la même : l’évacuation,
dénonce Raymond Chauveau, de la CGT, passé apporter son soutien aux grévistes.
On nie le droit constitutionnel de ces salariés à se mettre en grève ». En
quatre mois de mouvement, le syndicat a comptabilisé une cinquantaine de
piquets ainsi évacués. Dans ce contexte particulièrement tendu, tous les
soutiens sont les bienvenus. Ici, chacun se souvient qu’il y a un mois, sous
une nuée de photographes et de caméras, Josiane Balasko, Antoine de Caunes ou
encore Lilian Thuram avaient partagé une &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Galette-VIP&quot;&gt;galette
des rois avec les grévistes&lt;/a&gt;. Depuis, la liste des soutiens s’est encore
élargie. Elle dépassait hier le chiffre impressionnant de &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Les-sans-papiers-de-la-rue-du-Regard-%C2%AB%C2%A0sous-protection%C2%A0%C2%BB&quot;&gt;
260 signatures&lt;/a&gt; de personnalités, politiques, scientifiques et
syndicalistes, prêts à se mobiliser en cas d’évacuation par les forces de
l’ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Théières de bissap&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Sous le préau qui protège de la pluie mais pas du froid, les théières de
bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus) aident les grévistes à se
réchauffer. « Les gens ici sont tous des salariés sans droit, détaille
Mahamoudou. Ils travaillent en France depuis des années, cotisent, payent des
impôts et aucun n’a de papiers». Ces travailleurs qui, selon Raymond Chauveau,
« écrivent un nouveau chapitre dans l’histoire du mouvement ouvrier »
posent à la société française une question fondamentale, poursuit le
syndicaliste : « La France accepte t-elle que des pans entiers de son
économie tourne avec des travailleurs sans droits ? ». Au 8 de la rue du
regard, on attend toujours la réponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 18 février dans le cadre
d'un dossier sur l'appel des 263 personnalités &amp;quot;Ces sans-papiers sont sous
notre protection&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Le-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-s-%C3%A9largie#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Le-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-s-%C3%A9largie#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/485668</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Arrestations parmi des militants à Paris</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Arrestations-parmi-des-militants-%C3%A0-Paris</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3a469b3ca9dc65531adf989c7ee9a5b1</guid>
    <pubDate>Wed, 17 Feb 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Arrestations et rafles</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au moins cinq personnes étaient toujours en garde à vue hier dans le cadre
d'une enquête portant sur une quarantaine de dégradation de distributeurs
automatiques de billets à Paris. En décembre, ces dégradations avaient été
attribuées à des militants de «l’ultra gauche». Hier, le parquet de Paris
confirmait que l'enquête avait été confiée à la section de lutte contre la
criminalité organisée.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L’une des personnes mise en garde à vue, libérée lundi soir, a livré un
témoignage édifiant. Militante au Réseau éducation sans frontières (RESF), elle
a vu cinq policiers débarquer chez elle, à l’aube, en gilet pare-balles. Après
avoir photographié ses livres et ses notes, les forces de l’ordre l’ont
transféré au 36 quai des Orfèvres, où Hélène a été placée en garde à vue.
« Là, raconte t-elle, j’ai eu le droit aux photos anthropométriques, prise
d’empreintes (...). J’ai des marques reconnaissables sur le corps qu’ils ont
prises en photos. Je leur ai expliqué que c’était une maladie génétique. Ils
ont fait des commentaires se demandant si ce n’était pas contagieux ». Suivent
plusieurs interrogatoires et un test ADN avant que Hélène ne soit libérée après
treize heures de garde à vue. Même si les policiers lui ont affirmé qu’elle ne
serait plus ennuyée, Hélène ne pourra pas récupérer son téléphone avant trois
semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Marie-Cécile Pla du RESF, le seul crime d’Hélène est d’avoir la
responsabilité du téléphone de veille du réseau, par lequel elle prévient les
autres militants en cas de rafles de sans-papiers : « C’est juste une
assistante sociale, gentille et non violente, qui n’a jamais fait plus que de
crier dans une manif ». Et de craindre un «nouveau Tarnac». Un
rassemblement était prévu hier soir alors que les autres personnes interpellés
étaient toujours en garde-à-vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici l'intégralité du texte écrit par Hélène :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 6H10, 4 hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que c'était la
police. J'ai ouvert. Ils portaient des gilets par balle. Je ne me souviens plus
s'ils m'ont montré un papier dès leur arrivée. Je sais que j'en ai signé un
après mais ne me rappelle plus quoi. Ils m'ont parlé des &amp;quot;mes engagements
politiques de gauche&amp;quot;. Tout ce moment reste très flou, J'étais surprise et je
me demandais ce qu'il se passait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment ils m'ont dit chercher des bombes de peinture et m'ont
parlé de destruction de DAB distributeur automatique de billets. Ils ont
cherché de la littérature subversive. ils ont pris en photos des livres (le
dernier de RESF, de la désobéissance civile...). Ils ont fouillé partout. Ils
ont voulu voir les photos de mon appareil photos, m'ont demandé si j'avais des
photos de manif. Ils ont photographié des notes sur l'occupation des grévistes.
Ils ont emmené deux ou trois papiers qu'ils m'ont rendu. Ils ont embarqué mon
CV. Ils ont voulu prendre mon ordi mais je leur ai expliqué que je n'avais plus
internet depuis deux ans. Ils l'ont fouillé quand même sans l'emporter. Ils
m'ont demandé mon portable et mon chargeur, qu'ils ont emporté. Je ne les ai
pas récupéré. ils m'ont dit que je pourrais le récupérer demain. Dans
l'appartement ils m'ont parlé du centre de rétention de vincennes. ensuite nous
sommes descendus dans ma cave. Ils y ont jeté un rapide coup d'oeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai été emmené ensuite au 36 quai des orfèvre. J'y suis arrivée vers 8h. Là
j'ai eu le droit aux photos anthropométriques, prise d'empreintes et m'ont fait
me déshabiller, m'accroupir et tousser. J'ai des marques reconnaissables sur le
corps qu'ils ont prises en photos. Je leur ai expliqué que c'était une maladie
génétique. Ils ont fait des commentaires se demandant si ce n'était pas
contagieux....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, vers 11 h, j'ai été interrogé pour ce qu'ils appellent
l'interrogatoire d'identité (je plus trop sur du terme) par un commandant de
police. Ils sont remonté de ma scolarité primaire à mon diplôme
professionnelle, m'ont interrogé sur mes voyages et ensuite sur mes opinions
politiques. Ils m'ont questionné sur mes activités militantes. Je suis remontée
en cellule. J'ai été ensuite changée de cellule car j'étouffais dans celle où
j'étais (en gros 4 mètres carrés, pas d'aération pas d'ouverture). J'ai demandé
à voir un médecin que j'ai vu une heure après environ. Il m'a été demandé de
faire un test ADN. Avant j'avais dit que j'avais le droit de refuser. Il m'a
été répondu que je pouvais être jugé pour ça et que de le faire été le meilleur
moyen de prouver mon innocence. Je l'ai donc fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 16h30 j'ai été vu à nouveau &amp;quot;pour les besoins de l'enquête&amp;quot;. Mon
téléphone portable a été évoqué à nouveau. Il m'a été dit qu'effectivement
c'était pour cela que j'étais là. On m'a demandé si j'avais participé à des
actes de violences destruction de DAB, investir la préfecture ou la caf, m'ont
interrogé sur mes connexions internet, les sites que je visite, mes moyens
d'informations et si je connaissais des gens qui avaient commis des actes de
violence (ai répondu pas à ma connaissance) ou entendu parler d'actes de
violence. Ils ont beaucoup insisté pour savoir ce que je savais des banques qui
dénoncent les sans_papiers, ce que j'en pensais et ce que je pensais des actes
violents. La fin de ma garde à vue a été prononcé à 19h35. Je suis sortie après
13h20 de garde à vue.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Arrestations-parmi-des-militants-%C3%A0-Paris#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Arrestations-parmi-des-militants-%C3%A0-Paris#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/485173</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>A Pau, les jeunes filles en fleurs restent à l’ombre</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/A-Pau%2C-les-jeunes-filles-en-fleurs-restent-%C3%A0-l%E2%80%99ombre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d8bbd3ae15b48eacaef334f21aaea946</guid>
    <pubDate>Mon, 15 Feb 2010 17:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Arrestations et rafles</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Elles avaient repris les cours depuis quinze jours. Se remettant à peine
d’avoir frôlé l’expulsion le mois dernier. Le 25 janvier, trois agents de la
police aux frontières (PAF) interpellent Sitti et Liouize à la sortie de
l’université de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Ces deux Comoriennes de 22 et 24
ans, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, sont
immédiatement transférées en centre de rétention à Paris, en vue de leur
expulsion vers les Comores, où les deux jeunes-filles n’ont plus aucune
famille. Elles seront finalement libérées par un juge des libertés pour vice de
procédure.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jeudi dernier, Sitti et Liouize révisent dans une salle d’étude de la
faculté de lettres lorsqu’elles aperçoivent des policiers en civil arpentant
les couloirs. Elles assurent reconnaître les agents de la PAF à l’origine de
leur arrestation. Branle-bas de combat. Les étudiantes sont mises à l’abri dans
un lieu tenu secret, où elles se cachent depuis. Dès le lendemain, des
centaines d’enseignants et personnels de l’université publient un appel à la
désobéissance civique : « Nous (...) prenons nos responsabilités, en
hébergeant ces étudiantes, et acceptons les risques, d’une action illégale mais
légitime. » La liste s’allongeait jusque 240 noms hier. « Je suis
leader syndical depuis vingt ans, je n’ai jamais vu ça, souligne Jean Ortiz,
maître de conférence à l’université de Pau et membre du SNESup-FSU. Ca témoigne
d’une grande colère contre les méthodes de ce préfet qui ne font pas honneurs
aux valeurs de la république ». Outre la violation des franchises
universitaires, qui interdisent aux forces de l’ordre d’intervenir dans une
université sans l’autorisation de son président, le syndicaliste dénonce les
méthodes d’un préfet qui n’aurait pas hésité à demander les dossiers scolaires
des deux étudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du côté de la préfecture, on assure que les jeunes filles n’étaient pas du
tout visées. « Il s’agissait de policiers de la direction départementale
de la sécurité publique qui intervenaient, en civils, sur ordre du président de
l’université pour y renforcer la sécurité ». Surprise à la présidence de
l’université où Jean-Louis Fourcaud, secrétaire général, assure qu’«aucune
demande spécifique n’a été faite » : « Nous avons bien demandé à la
police de faire des patrouilles pour assurer la sécurité des biens et des
personnes, mais rien concernant les étudiants sans papiers ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiblement désireuse de calmer les esprits, la préfecture se défend d’une
quelconque «chasse » et assure même qu’il n’y aura aucune poursuite contre
Sitti et Liouize, «sauf si on contrôle leur identité par hasard»… C’est
justement pour ne pas laisser leur vie entre les mains du « hasard »
que Sitti et Liouize sont contraintes de vivre cachées depuis cinq jours. Un
rassemblement est prévu aujourd’hui à 18h30 devant la préfecture de Pau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 16 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/A-Pau%2C-les-jeunes-filles-en-fleurs-restent-%C3%A0-l%E2%80%99ombre#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/A-Pau%2C-les-jeunes-filles-en-fleurs-restent-%C3%A0-l%E2%80%99ombre#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/484799</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>« Étape décisive » pour les travailleurs sans papiers</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0%C3%89tape-d%C3%A9cisive%C2%A0%C2%BB-pour-les-travailleurs-sans-papiers</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8d188f09253752e9b15940c8ee8ac904</guid>
    <pubDate>Mon, 15 Feb 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Travailleurs en lutte</category>
            
    <description>&lt;h4&gt;Diaporama sonore de la manifestation du 13 février dernier, devant le siège
du Medef :&lt;/h4&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xc8fbe&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;316&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xc8fbe&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;playerMode=embedded&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xc8fbe_manifestation-des-travailleurs-sans_news&quot;&gt;
Manifestation des travailleurs sans papiers 13/02/2010&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;    &lt;p&gt;« Plutôt gréver que céder » peut-on lire sur une pancarte. Quatre
mois après le début de leur mouvement de gréves et d'occupations, les
travailleurs sans papiers affichent une détermination sans borne. Samedi, 3000
d'entre eux (850 selon la police), ont défilé à Paris, de la gare Montparnasse
jusqu'au siège du Medef, pour exiger une circulaire de régularisation. Depuis
le 12 octobre, 6000 travailleurs sans papiers sont en grève dans une
quarantaine de départements soutenus par onze organisations (CGT, Solidaires,
FSU, Ligue des droits de l'Homme, RESF, Femmes Egalité, Cimade, Autremonde,
Droits devant). En tête de cortège, quelques politiques avaient aussi fait le
déplacement dont Pierre Laurent (PCF) et Olivier Besancenot (NPA).&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Maintenir la grève&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;D'après ces organisations, une «étape décisive » a été franchie la
semaine dernière, avec l'entrée dans les négociations de plusieurs
organisations patronales. « Au bout de quatre mois de grève, nous avons
fini par obliger une partie du patronat à jeter l'éponge et à accepter de
discuter, tonne Raymond Chauveau de la CGT, perché sur le toit d'un camion qui
salue une « première victoire »: « Nous y sommes. Mais pour aller
jusqu'au bout, il faut maintenir la grève.» Le 24 novembre dernier, Éric Besson
promulguait une circulaire qui « renforce l'arbitraire préfectoral »
selon les onze organisations qui réclament une reprise en main du dossier par
Xavier Darcos : «Il est temps que les décideurs politiques reconnaissent
qu'il s'agit là d'un conflit du travail» écrivent-ils, demandant l'ouverture de
négociations tripartites, « dans les jours qui viennent », entre
organisations syndicales et patronales, sous l'égide du ministère du
travail.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Signes d'ouverture&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Depuis le début du mouvement, les fédérations patronales sont restées
étonnamment discrètes sur ce mouvement qui touche pourtant quelque 2000
entreprises dans les principaux secteurs de l'économie française&amp;amp;nbsp;:
bâtiment, nettoyage, restauration, textile, etc. Des secteurs qui manquent
souvent de main d'œuvre, comme celui de l'aide à la personne, dont lequel
travaillent les quelque 400 femmes qui ont rejoint le mouvement.
«&amp;amp;amp;nbsp;Les choses évoluent, confirme Ana Azaria, présidente de Femmes
égalité. Il y a des signes d'ouverture, des désirs de négociation de la part du
patronat, y compris dans le secteur de l'aide à la personne ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les manifestants, les grévistes du Faf-Sab sont venus en nombre.
Depuis dix jours, le piquet de la rue du Renard est menacé d'évacuation par une
décision de justice. Plusieurs centaines de personnalités l'ont déclaré
&lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Le-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-s-%C3%A9largie&quot;&gt;sous
leur protection&lt;/a&gt;. « On ne va pas partir, tempête Mahamoudou Doucansy,
délégué de ce piquet. Ça fait des années qu'on travaille ici, on paye des
impôts, on doit être régularisés !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 15 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toute les infos sur le mouvement depuis le 12 octobre dans la
catégorie &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/category/Travailleurs-en-lutte&quot;&gt;Travailleurs en
lutte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0%C3%89tape-d%C3%A9cisive%C2%A0%C2%BB-pour-les-travailleurs-sans-papiers#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0%C3%89tape-d%C3%A9cisive%C2%A0%C2%BB-pour-les-travailleurs-sans-papiers#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/484575</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>« On veut réprimer pour l'exemple »</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0On-veut-r%C3%A9primer-pour-l-exemple%C2%A0%C2%BB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:03e40c5dcf8af522ee882fae9bd919a0</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Rétention et zones d'attente</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un « simulacre » de justice, une « caricature »,
comparable au procès d'Outreau... Les avocats des incendiaires présumés du
centre de rétention de Vincennes ont exprimé hier leur stupéfaction après les
réquisitions du ministère public. Mardi, à la 16e chambre du tribunal
correctionnel de Paris, le procureur de la République, Gilbert Flam, a requis
de la prison ferme contre tous les prévenus (de six mois à trois ans selon le
« degré d'implication »). Des peines extrêmement lourdes, justifiées
selon le procureur par des faits et gestes clairement visibles sur les
enregistrements des caméras de vidéosurveillance du centre de rétention
administrative (CRA) au moment de son incendie le 22 juin 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dénonçant une « réquisition politique », les avocats de la défense
continuent de répéter, comme il le font depuis le début du procès, qu'ils
n'existent aucune preuve contre leurs clients. « Il n'y a aucun élément à
charge, s'indigne l'avocate Mylène Stambouli. Les images (de la
vidéosurveillance, NDLR) ne montrent rien, les policiers disent qu'ils n'ont
rien vu. Nous en sommes exactement au même point qu'au début de l'instruction.
On veut réprimer pour l'exemple, pour casser toute volonté de
révolte. »&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les avocat se sont également étonnés que le procureur réclame dans son
réquisitoire une expertise technique a postériori, alors que la défense n'a
cessé de demander un complément d'information sur la rapidité avec laquelle le
feu avait pu détruire ces deux bâtiments. Ayant claqué la porte de ce procès
« inéquitable », les avocats n'ont pu répondre à ce réquisitoire.
« Nous ne sommes pas là pour accompagner nos clients à l'échafaud » a
conclu Irène Terrel, pour qui les dix accusés sont des « boucs
émissaires ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement a été mis en délibéré au 17 mars. La défense espère une relaxe
et, dans le cas contraire, fera appel du jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 11 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0On-veut-r%C3%A9primer-pour-l-exemple%C2%A0%C2%BB#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB%C2%A0On-veut-r%C3%A9primer-pour-l-exemple%C2%A0%C2%BB#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/483523</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>La double peine des étrangères</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/La-double-peine-des-%C3%A9trang%C3%A8res</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:94543d707ca3ec552a0cb33baa332c9c</guid>
    <pubDate>Wed, 10 Feb 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Sans-papières</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mars 2008, Maubeuge (Nord). Salima (1), marocaine de 28 ans se rend au
commissariat porter plainte pour violences conjugales. Seulement voilà, Salima
n’a pas de papiers. Et plutôt que de la protéger de son mari violent, les
policiers la mettent en garde à vue pour séjour irrégulier. Elle sera expulsée
vers le Maroc quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Des histoires comme celle-ci, Violaine Husson en a entendu des dizaines.
Coordinatrice régionale de l’action femmes de la Cimade, elle s’occupe depuis
2004 d’une permanence d’accueil et de soins exclusivement consacrée aux femmes
étrangères. La liste des violences sexistes et familiales qu’elles subissent
est longue : conjugales, mariages forcés, mutilations sexuelles, réseaux
de prostitution, traite, esclavage moderne, etc. A ces premières violences
subies dans le pays d’origine ou en France, il faut en ajouter une seconde,
institutionnelle et administrative. « Quand on est étrangère et victime de
violences conjugales, c’est le parcours du combattant » résume Violaine
Husson qui rappelle que des dispositions légales existent, mais sont peu ou mal
appliquées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les femmes mariées avec un français ou une personne en situation
régulière sur le territoire sont dans «une dépendance administrative très
forte, explique Violaine Husson. Il est difficile de quitter le domicile quand
la délivrance ou le renouvellement du titre de séjour est conditionné à la
communauté de vie...»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour interpeller l’opinion publique et améliorer la loi, la Cimade a lancé
hier une campagne de sensibilisation au nom bien trouvé &lt;a href=&quot;http://www.cimade.org/minisites/niunenideux&quot;&gt;«Ni une, ni deux»&lt;/a&gt;.
Objectif : faire signer une charte d’engagement aux élus et se saisir de
la loi sur les violences, qui doit être discutée le 25 février à l’Assemblée
nationale, pour améliorer les textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans l&lt;em&gt;'Humanité&lt;/em&gt; du 10 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le prénom a été modifié&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/La-double-peine-des-%C3%A9trang%C3%A8res#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/La-double-peine-des-%C3%A9trang%C3%A8res#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/483144</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les sans-papiers de la rue du Regard « sous protection »</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Les-sans-papiers-de-la-rue-du-Regard-%C2%AB%C2%A0sous-protection%C2%A0%C2%BB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ba5ef3e28b0c1254ed22ec5ab05f3eb4</guid>
    <pubDate>Tue, 09 Feb 2010 08:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Travailleurs en lutte</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Depuis une semaine, il est là tous les jours, dès six heures du matin,
« au cas où la police arriverait ». Laurent Cantet, Palme d'or du festival
de Cannes pour son film « Entre les murs », se dit prêt à « faire
tampon entre les forces de l'ordre et les grévistes » sans papiers de la
rue du Regard (Paris 6e), menacés d'une évacuation imminente. « La grève
est un droit constitutionnel qui n'est pas négociable », dit-il. Le réalisateur
n'est pas le seul à s'être positionné. En quelques jours, un impressionnant
mouvement de solidarité s'est constitué autour de ce piquet de grève.&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;D'Yvan Attal à Harlem Desir&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Parmi la centaine de signataires du texte « Le piquet de grève de la
rue du Regard est sous notre protection » figurent les cinéastes Jacques
Audiard, Abdelatif Kechiche et Bertrand Tavernier ; les comédiens Yvan
Attal, Josiane Balasko et Isabelle Carré ; les politiques Pierre Laurent
(PCF), Harlem Desir (PS), Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélanchon (PG),
Noël Mamère (Verts) ou encore les syndicaliste Francine Blanche (CGT) et Annick
Coupé (Solidaires). « Le gouvernement fait systématiquement expulser les
grévistes (50 opérations à ce jour), écrivent-ils. C'est, de fait, vouloir leur
interdire l'exercice de leur droit de grève en les privant de lieu où l'exercer
». Et de promettre : « Si la police intervenait, nous nous engageons
à faire le maximum pour nous rendre sur place pour protester, témoigner du
caractère déshonorant de ces méthodes et proclamer notre solidarité avec ces
travailleurs en lutte ».&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;La vie suit son cours&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au 8 de la rue du Regard, la vie suit son cours. Depuis le 7 décembre, 250
travailleurs sans papiers du bâtiment occupent, jour et nuit, ces locaux. Leur
lutte s'inscrit dans le cadre d'un vaste mouvement de grève qui réunit quelque
6000 grévistes en Ile de France et exige une circulaire de régularisation avec
des critères simplifiés. Dans la cour à moitié protégée par un préau, certains
terminent de déjeuner, d'autres commencent leurs ablutions, tandis que quelques
uns prient dans un coin. « Nous comptons quelques intérimaires, mais la
majorité d'entre nous sommes de travailleurs isolés », explique Sissoko
Ousmane, délégué des grévistes. Éparpillés au sein de leurs entreprises, ces
travailleurs se sont regroupés pour occuper le bâtiment du fond d'assurance
formation des salariés de l'artisanat et du BTP (Faf-Sab). Ce dernier se
considérant occupé illégalement a fait appel à la justice, qui lui a donné
raison. Mardi 2 février, le tribunal de grande instance de Paris a donné
l'ordre aux grévistes de déguerpir. Depuis mercredi, 14 heures, les forces de
l'ordre peuvent évacuer le piquet de grève à n'importe quel moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le hall, un tableau de présence assure une présence, 24 h / 24 du
comité de soutien. Membre de ce dernier, Jean-Paul précise qu'en cas d'alerte,
une centaine de personnes sont prêtes à se rendre immédiatement sur place pour
aider les grévistes dans le cadre d'une « résistance passive ».
Sissoko confirme : « On se sera pas violents. Nous on ne cherche pas
la bagarre, mais on ne se laissera pas expulser comme ça ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article paru dans &lt;em&gt;l'Humanité&lt;/em&gt; du 9 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Les-sans-papiers-de-la-rue-du-Regard-%C2%AB%C2%A0sous-protection%C2%A0%C2%BB#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Les-sans-papiers-de-la-rue-du-Regard-%C2%AB%C2%A0sous-protection%C2%A0%C2%BB#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/482823</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Mobilisation générale pour les sans-papiers</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/mobilisation-generale</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:68d5e401edb9cbc691275f4818d7d5bb</guid>
    <pubDate>Sun, 07 Feb 2010 16:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Soutiens</category>
            
    <description>&lt;p&gt;De Poitiers à Clermont-Ferrand, en passant par Paris et Nantes, de
nombreuses manifestations se sont tenues samedi en faveur des sans-papiers. Des
initiatives sporadiques, qui n'avaient pas toutes le même mot d'ordre. Les
travailleurs réclament une circulaire de régularisation ; l'UNEF demande
des cartes de séjour pour les étudiants ; les habitants de Colombes et
Clermont-Ferrand, qui ont récemment connu des expulsions musclées, demandent le
retour de leurs lycéens ; d'autres, enfin, exigent la fermeture des
centres de rétention. Tous ces mots d'ordre sont-ils si différents ? A
Paris, au ministère de la régularisation de tous les sans papiers, on
s'interrogeait judicieusement sur la convergence des luttes. Une question
effectivement d'actualité...&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;Grévistes et étudiants à Paris&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;A Paris, les travailleurs sans papiers de l'Est parisien se sont rassemblés
samedi après-midi autour du piquet de grève de la Porte des Lilas. Derrière une
banderole « travailleurs sans-papiers grévistes des 19ème et 20ème
arrondissements » et en scandant « On bosse ici, on vit ici, on reste
ici ! », environ trois cents manifestants (selon l'AFP) se sont ensuite
rendus jusqu'à l'agence d'intérim Multipro, occupée depuis plusieurs mois. Une
soirée de soutien était prévue samedi soir à l’ex-Forge de Belleville. Le point
sur la lutte de Multipro sur le très bon blog de Fabien Abitbol, &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/#&quot;&gt;
Ménilmontant, mais oui madame&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours à Paris, un millier de manifestants, selon l'Unef, se sont
rassemblés en début d'après-midi, à proximité du ministère de l'Immigration,
pour demander la régularisation des étudiants sans papiers et la délivrance de
titres de séjour pluriannuels.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;A Nantes et Poitiers, contre les centres de rétention&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;A Nantes, plusieurs centaines de personnes ont défilé aux cris de « Des
papiers pour tous les sans-papiers » et « Non aux camps de
rétention » . L'ingénieur du son Benoit Tigeot et la photographe &lt;a href=&quot;http://touzard.net/wordpress/2010/02/07/manifestation-de-soutien-aux-sans-papiers-06-fev-2010-nantes&quot;&gt;
Florine Touzard&lt;/a&gt; ont réalisé ce petit objet multimédia :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=9257192&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;376&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=9257192&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;autoplay=0&amp;amp;fullscreen=1&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

Manifestation de soutien aux sans papiers à Nantes 06/02/2010&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Poitiers, plusieurs personnes avaient répondu à l'appel du collectif
contre les expulsions et pour le droit à vivre en France à manifester samedi
après-midi dans le centre ville. Six manifestants ont été placés en garde à vue
à l'issu de cette manifestation, avant d'être relâchés. Un rendez vous est
prévu lundi à 18h devant le palais de justice pour se tenir au courant des
suites pour les personnes interpellées. Davantage de détails sur le site
d'&lt;a href=&quot;http://www.indypoitiers.lautre.net/spip.php?article348&quot;&gt;Indy media
Poitiers&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Pour le retour de Mohamed et Salima&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;A Colombes (Hauts-de-Seine), plus de cent personnes ont défilé dans les rues
pour réclamer le retour en France de Mohamed Abourar, un lycéen marocain de 18
ans expulsé le 23 janvier. Les manifestants se sont rassemblés en début
d'après-midi devant le lycée Valmy de Colombes, où Mohamed était inscrit en
1ère année de bac pro hygiène et environnement. Arrêté le 17 janvier lors d'un
contrôle de police, ce jeune majeur avait été placé en rétention et expulsé
moins d'une semaine plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Clermont-Ferrand, entre 300 et 500 personnes se sont rassemblées à l'appel
du Réseau Education sans frontières pour soutenir &lt;a href=&quot;http://www.laissezpasser.info/post/Salima-expuls%C3%A9e-vers-le-Maroc-sans-sa-jumelle&quot;&gt;Salima et Salma
Boulhazar&lt;/a&gt;, jumelles clermontoises séparées depuis que la première a été
expulsée vers le Maroc jeudi dernier.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/mobilisation-generale#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/mobilisation-generale#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/482492</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Salima expulsée vers le Maroc sans sa jumelle</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/Salima-expuls%C3%A9e-vers-le-Maroc-sans-sa-jumelle</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4cbbdbdeffe31168c04d034b0278e41c</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Feb 2010 16:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Enfants et jeunes majeurs</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Malgré la mobilisation de plusieurs associations et partis politiques,
Salima, une jeune femme sans papiers de Clermont-Ferrand a été expulsée vers le
Maroc hier matin sans sa sœur, qui vit toujours cachée. Le &lt;a href=&quot;http://www.educationsansfrontieres.org/?page=sommaire&quot;&gt;Réseau éducation sans
frontières&lt;/a&gt; avait «trouvé quelqu’un sur place à Casablanca pour
l’accueillir» et a annoncé que la mobilisation continuait pour qu’elle
revienne. Un rassemblement est prévu demain à 14h devant la préfecture du
Puy-de-Dôme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href=&quot;http://www.educationsansfrontieres.org/article25434.html&quot;&gt;pétition pour Salima
et Salma&lt;/a&gt; est disponible sur le site de RESF.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/Salima-expuls%C3%A9e-vers-le-Maroc-sans-sa-jumelle#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/Salima-expuls%C3%A9e-vers-le-Maroc-sans-sa-jumelle#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/481796</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>«Non à un camp d'internement des étrangers!»</title>
    <link>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-Non-%C3%A0-un-camp-d-internement-des-%C3%A9trangers-%21-%C2%BB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:61b18421a7bd530c533c583e723b4091</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Feb 2010 16:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Marie Barbier</dc:creator>
        <category>Rétention et zones d'attente</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Une dizaine d’associations ont lancé une &lt;a href=&quot;http://www.lacimade.org/minisites/mesnil2&quot;&gt;pétition contre l’ouverture du
deuxième centre de rétention administrative&lt;/a&gt; (CRA) du Mesnil-Amelot
(Seine-et-Marne). Avec 240 places, ce centre (dont l’ouverture est prévue dans
quelques semaines) sera le plus grand de France. Pour les associations,
« l'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de
ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis
2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement des
personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la
politique migratoire ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-Non-%C3%A0-un-camp-d-internement-des-%C3%A9trangers-%21-%C2%BB#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.laissezpasser.info/post/%C2%AB-Non-%C3%A0-un-camp-d-internement-des-%C3%A9trangers-%21-%C2%BB#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.laissezpasser.info/feed/atom/comments/481787</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>