Laissez-passer

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jeudi 22 juillet 2010

Petit lexique à l'usage du président

Approximations, amalgames, stigmatisations… Depuis hier, le gouvernement multiplie les déclarations inexactes sur un sujet qu’il ne maîtrise visiblement pas... Nicolas Sarkozy promet ainsi une réunion le 28 juillet à l’Elysée sur « les gens du voyage et les Roms », associant deux communautés qui n’ont ni la même histoire ni le même statut juridique. Le palmarès revient au porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui déclarait hier à la sortie du conseil des ministres : « On a beau être Rom, gens du voyage, parfois même Français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République ». Une séance de révision s’impose !

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mercredi 21 juillet 2010

On expulse bien les bébés de dix mois...

Un bébé de dix mois et ses parents géorgiens sans-papiers, retenus en centre de rétention administrative de Lyon depuis le 8 juillet (lire ici), ont été expulsés mardi matin vers la Pologne. Selon le Réseau éducation sans frontières, la mère de famille, enceinte, a fait une fausse couche en rétention et le père est atteint d’une hépatite C. Ils ont été expulsés à bord d’un avion «spécialement affrété pour eux en direction de la Pologne», en vertu des accords Dublin II qui renvoient vers le premier pays traversé de l’Union européenne.

La violence des expulsions en images

La vidéo a été tournée sur un vol Air France entre Paris et Dakar en juin 2010. Les images sont mauvaises, mais on y distingue clairement un homme, embarqué de force par des policiers. Plus que les images, ce qui choque ici ce sont les cris. Des cris d'horreur et de douleur hurlés par cet homme. Il est extrêmement rare de voir des images d'une expulsion. Celles-ci permettent d'avoir une idée de la violence psychologique et physique de ces "reconduites à la frontières" comme on les appelle dans le langage officiel. Rappelons que l'objectif fixé pour l'année 2010 est de 28 000 expulsions.


Une expulsion ordinaire, France, été 2010
envoyé par laissezlesgrandirici. - L'info video en direct.

Cette vidéo a été mise en ligne sur le site de Médiapart par Rock sans papiers qui organise un grand concert le 18 septembre prochain à Paris Bercy.

Pas de Paris-Plage pour les Afghans

Opération place nette : hier matin, à quelques mètres de Paris-plage qui devait ouvrir ses portes le long du Bassin de la Villette, les campements de migrants, installés depuis plusieurs mois sous les ponts du Canal Saint-Martin, ont été évacués par les forces de l’ordre.

 

 

 

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mardi 20 juillet 2010

Les jolies colonies pour sans-papiers...

Un toboggan entouré de grillages : c’est, depuis le 8 juillet, le seul terrain de jeu de cinq enfants, enfermés avec leurs parents au centre de rétention administrative (CRA) de Lyon Saint-Exupéry, dans l’attente de leur possible expulsion.

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dimanche 11 juillet 2010

A Beauvais, la solidarité s'organise pour éviter un « mini-Sangatte »

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

Condamnés à dormir à la rue faute de places d’hébergement, des demandeurs d’asile se sont installés dans le camping municipal de Beauvais, avec le soutien des associations.


REPORTAGE. Sur une belle pelouse onduleuse, quatorze tentes, de tailles et couleurs différentes, s’étalent au soleil. Rien ne distingue ces guitounes des autres toiles de vacanciers. Si ce n’est, justement, que pour ces campeurs, l’endroit n’a rien d’une villégiature. Depuis le 1er juillet, une vingtaine de demandeurs d’asile dorment au camping municipal de Beauvais (Oise) ; dernière solution trouvée par les associations pour éviter à ces hommes et à ces femmes de dormir sous les ponts.

Il y a là des Nigérians, des Congolais, des Angolais ; artistes, intellectuels, opposants politiques qui ont fui les persécutions et pensaient trouver en France, « patrie des droits de l’homme » comme ils l’appellent, l’asile. Ainsi, Pitchen Sokolo, artiste peintre et sculpteur, dénonçait, à travers ses œuvres, les lobbies du tabac au Congo Kinshasa. Mis en prison, il a été torturé avant de réussir à s’enfuir. Arrivé à Beauvais, il a dormi deux mois dehors. « Je suis parti brutalement pour sauver ma vie, raconte-t-il, derrière ses petites lunettes rondes. En tant qu’intellectuel, je m’attendais à ce que la France soit une terre d’asile. » Raté.

« Les blancs ne sont pas des gens bien »

Raté aussi pour Philomène qui, elle, a quitté le même pays le 26 juin dernier. Violée par un militaire qu’elle a dénoncée, elle dit : « Je ne peux pas retourner là-bas, ils vont me tuer ». Pourquoi, comment, parcoure-t-on la moitié du globe pour se retrouver à Beauvais ? Un « monsieur » l’a amenée ici, elle ne sait pas pourquoi. Avant d’être logée au camping, elle a dormi sous un pont. « Il y a beaucoup d’insécurité. Les blancs ne sont pas des gens bien, on ne peut pas laisser des gens dormir comme ça. » Et de s’inquiéter : « Le camping est ouvert deux mois, après on va aller où ? »

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

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mardi 29 juin 2010

Ils restent ici !

Dessin de Tardi pour les travailleurs sans papiersNe restent plus que les « queues de comète », comme les appelle joliment Francine Blanche. « Samedi matin, nous avons appelé officiellement à la levée des piquets de grève, précise la secrétaire confédérale CGT. Sauf pour quelques-uns, qui attendent des réponses plus précises ». Parmi eux, celui du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où quatre-vingt sans-papiers licenciés bloquaient encore hier matin leur entreprise de nettoyage.

Les autres sont rentrés chez eux, enfin. Après huit mois de grève, d’occupations, dans la pluie, la neige et le vent et d’évacuations musclées à coup de gaz lacrymogène, les 6700 grévistes ont réussi à faire reculer le gouvernement. Le 18 juin 2010 restera comme un tournant dans la lutte des travailleurs sans papiers : en concédant des « ajustements » pour leur régularisation, le ministère de l’Immigration a enfin reconnu leur droit à rester en France.

6769 dossiers doivent être déposés
Vient désormais le temps de « l’atterrissage », explique Francine Blanche. Et celui de l’organisation. 6700 dossiers doivent être remplis et déposés en quelques jours. Au ministère de l’Immigration aussi on se prépare : responsables de préfectures et de directions départementales du travail étaient reçus hier et aujourd’hui. Dès le dépôt de leur dossier, les grévistes recevront une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler. En attendant, les listes des noms des grévistes ont été communiquées aux ministères, qui ont reconnu leur « vocation à rester en France ». Tout un symbole.

Manifestation contre l'immigration jetable, Paris, novembre 2009 ©Marie Barbier

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lundi 28 juin 2010

La CGT et les sans-papiers : un mariage d’amour et de raison

ENQUÊTE. C’est l’histoire d’une rencontre. Une rencontre entre des travailleurs sans droits et le premier syndicat de France. Après trois ans de lutte, cette union vient de porter ses fruits : le ministre de l’Immigration a été contraint de faire marche arrière, concédant des « ajustements » dans sa circulaire sur la régularisation par le travail. Retour sur une histoire qui finit bien, une fois n’est pas coutume.

Rassemblement en solidarité avec les grévistes du Côte d'Azur, juin 2009

Il faut remonter à septembre 2006 pour trouver les prémices de cette histoire. Des sans-papiers viennent trouver Raymond Chauveau de l’Union locale CGT de Massy (Essonne). « Des travailleurs venaient chercher un syndicat, normalement c’est plutôt l’inverse, se souvient Franck, de la CGT du Val-de-Marne, qui a participé à ces premières luttes. Nous avons lancé la grève à Modelux. Ensuite, il y a eu Metalcouleur à Bonneuil, puis Buffalo qui a été médiatisé. En 2008, c’est devenu un mouvement de masse. C’est là, surtout, qu’on a découvert leur détermination et leur courage exceptionnels. On a pris une grande leçon d’humilité. »

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samedi 26 juin 2010

Romain Goupil : « J’aurais pu naître à Kigali »

Romain Goupil

INTERVIEW. Son film Les mains en l’air, actuellement en salles, prend fait et cause pour une fillette tchétchène menacée d’expulsion. Romain Goupil revient sur son soutien au sans-papiers, égratigne la gauche et les « Français de sang bleu ».

Les mains en l’air est-il un film militant, engagé pour les sans papiers ?

Romain Goupil. Non. J’aborde ce problème dans Mourir à trente ans : un film militant n’est que l’illustration d’un discours, son but est de rassurer ceux qui sont d’accord avec vous. Ca n’a aucun intérêt d’un point de vue cinématographique et ça oblige à une syntaxe nulle : gros plan pour démontrer, plan pour expliquer. C’est un film de rassurance : qui ne sert qu’à rassurer ceux qui militent et ont l’impression d’être des milliers. Le terme « engagé » vient d’une époque révolue, la guerre froide, quand les intellectuels faisaient abstraction de leur travail pour s’engager dans un camp ou dans l’autre. Vous deveniez compagnon de route du Parti communiste, vous deviez avaler des couleuvres, vous taire sur la Hongrie et dénoncer la guerre du Vietnam. Un intellectuel doit rester critique, douter. Ce qu’explique Edgar Morin dans Autocritique. C’est en lisant ce livre que j’ai arrêté de militer quand j’étais môme, alors que j’étais très engagé. Mon ambition est de créer de la réflexion. Les mains en l’air n’est pas un film engagé, mais politique, au sens noble du terme.

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mercredi 23 juin 2010

Guilherme débouté

Triste nouvelle qui vient de tomber sur le fil : la cour administrative d’appel de Lyon confirme l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture du Rhône à l'encontre de Guilherme Hauka-Azenga, père de famille angolais que l'administration française a tenté d'expulser quatre fois sans succès depuis le mois de janvier (lire ici).

Sans surprise, l’arrêt a repris les conclusions du rapporteur public qui remettait en question la version de Guillherme Hauka-Azanga, absent le jour de l’audience du 9 juin, sur les conseils de son avocat qui craignait une arrestation. Terrorisé par ces nombreuses tentatives d'expulsion particulièrement violentes, Guilherme se cache depuis sa libération en avril dernier. Il bénéficie du soutien des parents d'élève de l'école Gilbert Dru (où sont scolarisés ses enfants) qui ont créé une fabuleuse mobilisation autour de lui et continuent encore régulièrement à organiser des manifestation de soutien (voir leur site). Le 25 mai dernier, 300 personnes avaient marché de l'école Gilbert Dru à la préfecture, où 5210 lettres demandant sa régularisation immédiate, qui n'avaient pu être remises, avaient été accrochées devant le bâtiment.

Guilherme, 45 ans, est père de deux enfants nés en France d'une mère congolaise en situation régulière sur le territoire. En Angola, qu'il a fui en 2002, il laissé cinq enfants, d'une mère angolaise décédée en 2004. Dans sa décision, rendue le 16 juin, la cour a estimé que M. Hauka Azanga "ne vivait pas avec sa compagne et leurs enfants à la date de la décision en litige", qu'il n'avait pas "justifié de sa participation à l'entretien et à l'éducation des enfants à cette même date" et qu'il n'avait pas démontré "la réalité de la disparition alléguée" de son épouse angolaise.

Guilherme a désormais épuisé tous les recours sans obtenir le statut de réfugié.

lundi 21 juin 2010

Pas de levée des piquets pour les grévistes

L’ensemble des travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009, réunis à la CGT dimanche soir, ont décidé de prolonger leur mouvement. Vendredi, le ministère de l’Immigration a apporté des «ajustements» pour la régularisation par le travail, mais maintient le temps de présence en France obligatoire de cinq ans. constatant des « avancées », les grévistes ont levé le piquet de grève de la bastille, mais maintiennent la vingtaine de piquets restant en Ile-de-France.

« Il y a des avancées notoires, explique Modibo traoré, porte-parole des grévistes. Nous notons chez les autorités une réelle volonté d’aller de l’avant. Mais la satisfaction n’est pas totale. Il est hors de question qu’on lève les piquets tant que ce texte n’est pas appliqué. Nous pensons que le bout du tunnel est pour bientôt, nous espérons mettre fin rapidement à cette situation intenable et inacceptable ».

Lire aussi :
A Bastille, le « début de la libération »
Grève au Kremlin

A Bastille, le « début de la libération »


« Nous avons un texte ! » Perché sur le toit d’une camionnette, Raymond Chauveau, de la CGT, brandit des feuilles de papiers. Il est près de 21h30 vendredi, place de la Bastille, les syndicats sortent de six heures de négociations avec les ministères du Travail et de l’Immigration. Devant les marches de l’opéra, les centaines de sans papiers qui campent ici depuis plusieurs semaines exultent. Depuis de longues heures, ils attendaient, les visages tendus, le résultat de cette cinquième rencontre. « Nous avons des critères de régularisation qui s’imposent à toutes les préfectures, quelque soient l’entreprise et le département ! » poursuit le syndicaliste sous les hourras.

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samedi 19 juin 2010

Sans-papiers mais plein de clichés

Sans-papiers ? Pour lutter contre les idées reçues« Sans-papiers ? Pour lutter contre les idées reçues ». Ed. Utopia, 2010, 77 pages, 3 euros.

« Ils sont beaucoup trop nombreux pour être régularisés », « On accueille toute la misère du monde », « La migration c’est un phénomène nouveau »… Les toutes nouvelles éditions Utopia publient un ouvrage collectif pour lutter contre les idées reçues sur les sans-papiers. Quinze clichés y sont battus en brèche par des explications basées sur des recherches scientifiques et des rapports internationaux. En conclusion, le mouvement Utopia (une ONG issue des rangs du Parti socialiste, qui se revendique de la gauche altermondialiste et écologiste) propose treize « mesures fondamentales pour lesquelles la gauche doit se battre » : de la régularisation de tous les sans-papiers à l’abolition de la rétention administrative. Dans une courte préface, Danielle Mitterrand donne le ton : « Il est temps de revenir à la raison, à la solidarité qui doit permettre à chacun de vivre dignement selon ses aspirations ». Un livre à petit prix à mettre entre toutes les mains. Marie Barbier

Vives critiques contre l’avant projet de loi Besson

Rarement un texte de loi n’aura suscité autant d’oppositions avant même sa présentation devant le Parlement. L’avant projet de loi d’Eric Besson« relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité », qui sera discuté au Parlement à partir du 27 septembre prochain, a déjà réussi à susciter l’opposition de la majorité des associations travaillant sur le sujet. Présenté au conseil des ministres le 31 mars dernier, le projet de loi a déjà son rapporteur, le député du Vaucluse (UMP) Thierry Mariani.

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vendredi 18 juin 2010

Grève au Kremlin

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