Laissez-passer

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mercredi 7 décembre 2011

Dans les Hauts-de-Seine, les étrangers peuvent aller uriner « chez Claude »…

Devant la sous-préfecture d'Antony ce matin
Dans le cadre de la semaine d’action contrer les conditions d’accueil des étrangers en préfecture, des militants du Réseau éducation sans frontières ont installé ce matin, devant la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine) des sanisettes Claude Guéant ! Barrés d’un bandeau jaune « Chez Claude », les WC ont été posés à l’aube sur le parking avec le soutien d'élus du départements. Dans cette sous-préfecture, comme dans des dizaines d’autres partout en France, des centaines d’étrangers doivent attendre chaque nuit en plein air pour tenter d’être reçus par les services administratifs de l’Etat (lire notre reportage ici).

Le RESF a par ailleurs écrit un courrier au sous-préfet d’Antony pour lui demander de « bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour pérenniser ce dispositif indispensable à l’hygiène publique et au respect dû à chacun ». Laissé en place le matin, les petits coins avaient disparus à 14 heures. Bien décidé à ne pas voir disparaitre leur urinoire guéantiste, les militants se sont rendus au commissariat pour déposer une main-courante pour vol…

jeudi 1 décembre 2011

« Sans titre - provisoire », les lycéens sans papiers entrent en scène

©Frédéric Poussin

Dimanche dernier, les lycéens sans papiers soutenus par le Réseau éducation sans frontières présentaient, « en exclusivité mondiale », au Point éphémère à Paris, leur nouvelle pièce de théâtre « Sans titre – provisoire », mise en scène par Johanne Gili.

Ces « jeunes majeurs sans papiers », arrivés en France après l'âge de 13 ans, ne sont pas régularisables d’après le code des étrangers (Ceseda) actuel. A leurs 18 ans, ils reçoivent une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui les plonge dans la crainte d'être arrêtés, placés en centre de rétention et expulsés vers un pays où ils n'ont plus d'attaches.

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mercredi 30 novembre 2011

L’histoire de Guilherme en photos

Des chiffres, un visageC’est l’histoire d’une lutte. Une lutte longue et acharnée que ses protagonistes n’oublieront pas de sitôt. Les lecteurs de l’humanité aussi s’en souviennent : le 8 avril 2010, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention de Bobigny. Une victoire pour ce père de famille angolais qui a échappé à quatre tentatives d’expulsion et purgé deux mois de prison pour avoir voulu vivre en France alors qu’il n’était pas un immigré « choisi ». Avec une violence aveugle et opiniâtre, l’administration française s’est acharné sur cet homme - « grain de sable dans la machine à expulser », comme le titrait alors l’Humanité - n’hésitant pas à utiliser un avion privé pour le faire quitter le pays à tout prix.

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Les avocats plaident pour le droit d'asile

Qui sème le vent récolte la tempête. Claude Guéant, à force de déclarations tonitruantes à fini par énerver les robes noires. Depuis hier, les avocats qui plaident à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), juridiction administrative traitant les recours des demandeurs d'asile, sont appelés à se mettre en grève.

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lundi 28 novembre 2011

Les étrangers recueillent la majorité absolue !

C’est une réponse du berger à la bergère. Alors que Nicolas Sarkozy s’inquiétait la semaine dernière devant les maires de France d’un droit de vote des étrangers qui « risque de diviser profondément les Français », un sondage BVA publié hier par le Parisien indique que 61 % d'entre eux sont favorables à cette mesure.

Vieux serpent de mer de la politique française depuis 1981, le droit de vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales ressort avant chaque élection, instrumentalisé à gauche comme à droite pour marquer clivages et valeurs. Jamais mis en place, ni par François Mitterrand qui en avait fait en 1981 l’une de ses 110 propositions, ni par Nicolas Sarkozy qui s’était déclaré favorable en 2001, cette mesure sera l’objet d’un vote le 8 décembre au Sénat, après l’examen du texte aujourd'hui devant la commission des lois.

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jeudi 24 novembre 2011

La fée Carabosse qui maudissait les Roms

Depuis qu’il a pris la tête de l’organisme chargé « d’intégrer les migrants en France », Arno Klarsfeld multiplie les dérapages, autrement plus graves que ceux auxquels il nous avait accoutumé sur ses rollers lors du procès Papon. Las ! Hier, l’avocat amusait, aujourd’hui il exaspère. « Un simple incompétent ou un extrémiste simplet ? » s’interroge l’association France terre d’asile. Le 12 septembre dernier, cet ex de Carla Bruni était nommé à la tête de l’Office français de l’immigration et l’intégration, qui organise notamment les « retours volontaires » des Roms, comptabilisés dans les chiffres des expulsions... Une « bonne fée » résume son directeur !

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lundi 21 novembre 2011

Des travailleurs toujours sans-papiers

Plusieurs centaines de travailleurs sans papiers parisiens ont manifesté hier devant la préfecture de police de Paris pour réclamer, après des mois de lutte, d’être enfin régularisés. En octobre 2009, ils sont plus de 6000 à se lancer dans un grand mouvement de grèves et d’occupations qui durera plus d’un an. Ce combat inédit se soldera, en juin 2010, par un accord historique avec le ministère de l’Immigration, permettant la régularisation des travailleurs sans papiers.

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jeudi 10 novembre 2011

Un front à gauche pour les droits des migrants

Ils ne sont pas nombreux, mais représentent le syncrétisme de la lutte en faveur des migrants de ces dernières années : travailleurs sans-papiers, familles menacées d’expulsion, demandeurs d’asile, Roms, lycéens... Mardi soir, une cinquantaine de militants associatifs, politiques et syndicaux se sont réunis à l’Usine, le siège de campagne du Front de gauche, pour discuter du lancement de leur appel « Pour les droits des migrant-e-s et contre le racisme ». « On a envie de s’engager dans cette campagne, de dépasser les composantes du Front de gauche et d’impulser une vraie dynamique », introduit l’avocate Mylène Stambouli. L’appel, lancé avant la fête de l’Humanité, réunit aujourd’hui 400 signataires qui s’engagent à « déconstruire les idées toute faites » et à défendre « un programme alternatif aux logiques sécuritaires». Reste à « approfondir, échanger, débattre ».

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mercredi 9 novembre 2011

«Les noirs ne sont pas des victimes permanentes»

Pascal BlanchardL'historien Pascal Blanchard publie, aux éditions La Découverte, la France noire, trois siècles de présence. Fruit de plusieurs années de recherche, ce beau-livre, inspiré des "blacks studies" anglo-saxonnes, entend intégrer au récit national une histoire méconnue et souvent pleine de préjugés.

Y a-t-il une histoire noire en France ?

Pascal Blanchard. Non. Il y a une histoire des hommes et des femmes qui se sont revendiqués comme noirs ou qui ont été perçus comme tels. Rappelons-nous la « force noire » du général Mangin en 14-18, les « mouvements nègres » dans l’entre-deux-guerres, le Congrès de la race nègre en 1919, celui des intellectuels noirs à la Sorbonne en 1957. Tout cela existe et représente donc une histoire à raconter. Est-elle légitime ? On peut se poser la question, même si je trouve ça aberrant. Raconter l’histoire des juifs de France ou des Bretons ne choque personne. Il n’y a que les Français qui se posent cette question. Aux États-Unis, en Espagne, en Hollande, en Angleterre, en Italie, ce récit n’est pas illégitime. Parce que nous sommes la République française et que nous pensons que nos principes d’égalité vont naturellement se mettre en place, nous ne faisons aucun effort. Un blanc mâle peut tenir se discours, un homme noir sait que cette égalité écrite aux frontons de nos bâtiments publics n’existe pas au quotidien. C’est parce que certains pensent qu’il est illégitime de parler d’une présence noire en France que cette histoire est oubliée, qu’elle n’est pas enseignée. Qui sait qu’en 1904, le « Jaurès noir » est vice-président de l’assemblée nationale ? Qu’il y a cinquante ans, un homme noir était à la tête du sénat ? Nous avons déjà vécu la diversité, il n’y a aucun système à inventer. Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’une élue des Outre-Mer, donc nous avons régressé. Une régression sur vingt ans n’a pas de sens, mais si vous regardez sur trois siècles et demi, le sens historique peut montrer des flux et des reflux.

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mardi 8 novembre 2011

A Beauvais, on chasse les migrants jusque sous les ponts

Au jeu des combles, la maire de Beauvais (Oise) a montré la semaine dernière son inégalable talent. A la question quel est le comble de l’inhumanité ? Caroline Cayeux (UMP) a apporté cette réponse remarquable : déloger des personnes qui vivent à la rue ! Il suffisait d’y penser...

Vendredi dernier, la quarantaine de demandeurs d’asile qui dorment sous le pont de Paris ont reçu une assignation à comparaître devant le tribunal de grande instance de Beauvais pour « occupation d’un domaine public routier ».

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mercredi 26 octobre 2011

A Paris, un squat rom part en fumée

L’entrepôt dans lequel ils vivaient depuis onze mois n’est plus qu’un tas de cendre. Hier matin, une quarantaine de familles roms attendaient sur le trottoir devant le 163 rue des Pyrénées (Paris 20e) de pouvoir récupérer quelques effets personnels qui auraient échappés aux flammes.

L’incendie a pris lundi soir vers 20h30 dans cette ancienne cartonnerie squattée par une centaine de Roms roumains, dont une quarantaine d’enfants. Rapidement, des rumeurs ont circulé sur l’origine de ce feu. Ainsi, un obscure Collectif contre la xénophobie affirmait dès lundi soir que des « individus en cagoule (avaient) attaqué la Maison des Roms (...) à coups de cocktail Molotov ».

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jeudi 20 octobre 2011

L'UMP ne veut pas du droit de vote des étrangers

A huit mois de l’élection présidentielle, la droite populaire a choisi sa cible : les étrangers. Le très droitier collectif de l’UMP a lancé hier une pétition contre le droit de vote et d’éligibilité des étrangers issus des pays hors-Union européenne aux élections locales. Sur le site www.nondroitdevotedesetrangers.fr, une main qui ressemble au doigt près à celle de SOS Racisme clame : « Touche pas à mon vote ». Les arguments défilent : démarche anachronique, absurdité symbolique (« un mauvais signal alors que notre société traverse une crise identitaire »), manœuvre électoraliste, etc.

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mercredi 12 octobre 2011

La mauvaise histoire belge de Mme Vigoureux

Brigitte Vigoureux et ses deux filles, Thyssina et Elaura
C’est une histoire belge qui ne fait rire personne. Surtout pas Brigitte Vigoureux, 47 ans, bloquée au Congo depuis deux mois. « Je tourne en rond ici avec mes filles qui ont raté leur rentrée scolaire », déplore la mère de famille.

Tout commence en août 2010. Brigitte Vigoureux, née au Congo mais Belge par son père, perd sa carte d’identité. Habitant en France depuis plus de vingt ans - ses cinq enfants y sont nés - elle se rend à l’ambassade de Belgique pour refaire ses papiers. Là, surprise : une enquête de nationalité est ouverte par les autorités belges sur la famille Vigoureux. « On lui a dit qu’elle devait se rendre sur son lieu de naissance pour récupérer des certificats » raconte sa fille Victor, restée à Paris.

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mardi 11 octobre 2011

A Saint-Denis, un projet innovant pour en finir avec les bidonvilles

Tout est parti de quelques bouts de bois. Il y a quatre ans, un jeune architecte construit pour sa femme et ses enfants une maison à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Des planches lui restent sur les bras. Qu’en faire ? Julien Beller, qui a travaillé avec les gens du voyage à Versailles quelques années plus tôt, contacte l’association d’aide à la scolarisation des enfants roms, Parada. C’est ainsi que l’architecte découvre le Hanul («caravansérail» en langue romani), immense bidonville planqué sous l’A86 à Saint-Denis. Les planches de bois superflues se transforment en salle commune ; un jardin partagé voit le jour. La fondation Abbé Pierre finance la construction de huit toilettes sèches. Quatre mois plus tard, le préfet ordonne l’expulsion du bidonville, sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée. Les pelleteuses réduisent les cabanes en miettes, ajoutant la précarité à la pauvreté. Tout est à refaire.

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lundi 10 octobre 2011

Les mineurs isolés étrangers bientôt mieux accueillis ?

Cela pourrait être une victoire pour le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. Jeudi, la Chancellerie a annoncé la mise en place d’un accueil plus équitable entre les départements des mineurs isolés étrangers (MIE). Ces enfants, arrivés seuls sur le territoire, se concentrent essentiellement à Paris qui en accueille actuellement 1 700 pour un budget de 70 millions d’euros et dans le 93, où 950 sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (à la charge des départements depuis 2007).

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