Laissez-passer

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mercredi 5 octobre 2011

« J’entends encore le cri des morts »

Devant la maison incendiée, des mots et des fleurs ©Marie Barbier
C’est un récit terrifiant qui hante leurs nuits, devenues blanches. Youcef, Hassem et Habib, trois Tunisiens rescapés de l’immeuble incendié de Pantin, ne sont pas près d’oublier cette journée du mercredi 28 septembre. Il est un peu moins de six heures du matin quand le feu attaque la bâtisse d’un étage. Lorsqu’il est éteint par les pompiers une heure et demie plus tard, six migrants sont décédés dans des conditions atroces. Quatre Tunisiens sont morts carbonisés ; deux Égyptiens, asphyxiés.

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Claude Guéant poursuivi pour homicide involontaire ?

D’après les premiers éléments de l’enquête, une bougie serait à l’origine de l’incendie accidentel du squat de Pantin. Mais parmi les rescapés, nombreux sont ceux à ne pas croire à cette version. « Ca ne tient pas debout, explique ainsi Habib, jeune Tunisien de 19 ans (lire ici). Les flammes faisaient quatre mètres de haut dès le début ». Un autre rescapé tunisien, Youcef, raconte que « l’égyptien dormait toujours avec des bougies » dans ce squat qui n’avait ni eau, ni électricité, « mais les flammes sont allées trop vite, en cinq minutes elles touchaient le plafond ».

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lundi 3 octobre 2011

Colloque et films sur les Tsiganes à Paris

« Tsiganes, Nomades : un malentendu européen »Du 6 au 9 octobre prochains, le colloque international : « Tsiganes, Nomades : un malentendu européen » se tiendra à Paris (Mémorial de la Shoah, Paris 8, Institut hongrois, Petit Palais). Une série de débats. Alors que dans l’ensemble de l’Europe, les mesures de ségrégation se multiplient contre les « Tsiganes », le projet de ce colloque est de réfléchir àsur la situation alarmante actuelle, mais aussi sur cette fabrication politique et culturelle au long cours, sur la réalité vécue par ces populations et sur la manière dont ces groupes se construisent au plan social et symbolique. Le colloque sera accompagné d'un cycle de films et débats au cinéma Trois Luxembourg (5-11 octobre, notamment le 6 octobre à 19 heures le film « Mémoires tsiganes : l'autre génocide », documentaire inédit sur l'extermination des Tsiganes à l'échelle européenne.

Plus d’informations sur www.tsiganes-nomades-un-malentendu-europeen.com

vendredi 30 septembre 2011

Mineurs isolés étrangers : rien n'est réglé

Jean-Pierre RosenzweigLe bras de fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en charge des mineurs isolés étrangers (lire ici) continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue, dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenzweig.

Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?

J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.

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jeudi 29 septembre 2011

« Les gens hurlaient et tapaient sur la tôle »

Ils avaient rejoint la France dans l’espoir d’une vie meilleure, six migrants, probablement tunisiens et égyptiens, sont morts hier à Pantin (Seine-Saint-Denis), brûlés dans l’incendie d’un immeuble insalubre.

Le feu a pris peu avant six heures du matin dans cette petite maison d’un étage, au milieu d’une impasse du quartier Hoche. « J’ai entendu des gens hurler et taper sur de la tôle, j’ai d’abord cru à une bagarre, raconte Farouck Ferchuchi, quinquagénaire voisin et lui-même Tunisien. Je suis sorti, il y avait des flammes de dix mètres de haut. »

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mardi 27 septembre 2011

L'Europe forteresse en images

Aux frontières de l'Europe
Il les appelle des « aventuriers », histoire de leur redonner une dignité depuis longtemps perdue. Le réalisateur Alexandre Dereims a suivi les migrants africains qui tentent à tout prix de rejoindre l'Europe et se heurtent aux politiques inhumaines de fermeture des frontières. Tout commence à Agadez, au Niger. Dans le ghetto des passeurs, de très belles images montrent les candidats au départ qui racontent l'espoir et déjà la peur. Ils savent. Ils connaissent les danger de la route qu'ils s'apprêtent à prendre, les morts de soif dans le désert, ceux noyés dans la Méditerranée, et entre les deux les tortures dans la Libye de Khadafi. C'est la force de ce film : montrer, dès les premières images, à quel point l'Europe a cédé au chantage d'un dictateur fou, qui menaçait de laisser passer des hordes de migrants si l'UE ne le finançait pas. Entre temps, Mouammar Khadafi est tombé. Alexandre Dereims a pu se rendre en Libye, dans ces centres de rétention où les migrants restaient emprisonnés, parfois pendant des années. Ces images inédites et effroyables montrent l'horreur sur laquelles l'Europe a préféré fermer les yeux.

Le Piège, documentaire d'Alexandre Dereims (75 mn)
Ce soir sur France 5, à 20h35

jeudi 22 septembre 2011

La mobilisation s'étend pour Serge Guichard, poursuivi pour avoir nettoyé un bidonville

Le parquet d’Evry a trouvé un bon filon pour renflouer le ministère de la Justice : faire payer des amendes aux militants. Serge Guichard, président de l’association de solidarité avec les familles roms de l’Essonne, doit comparaître aujourd’hui devant le tribunal d’instance d’Evry pour « dépôts d’immondices sur la voie publique » (lire ici). Il risque 1500 euros d’amende, voire une peine de prison d’après la ligue des droits de l’homme (LDH) qui le soutient.

Son crime ? Avoir organisé, avec d’autres associations un nettoyage complet du bidonville de Moulin Galant. Depuis six mois, ce terrain occupé par des familles Roms ne bénéficiait plus du ramassage des ordures. Associations, militants et Roms avaient donc nettoyé les lieux et posé 2000 sacs poubelles à l’entrée du terrain, à disposition des services d’enlèvement. L’action s’avère fructueuse : quelques semaines plus tard, les ordures sont ramassées régulièrement.

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jeudi 15 septembre 2011

La vraie-fausse relaxe d'Hortefeux

C’est une bisbille juridique qui profite à Brice Hortefeux. La cour d’appel de Paris a relaxé hier du délit d’injure raciale l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui avait été condamné en première instance.

A Seignosse (Landes) le 5 septembre 2009, le ministre, après avoir pris une photo avec Amine Benalia-Brouch, un militant auvergnat, avait déclaré : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

En juin 2010, le ministre avait été condamné à 750 euros d’amende. La cour d’appel a confirmé le caractère raciste et injurieux des propos mais a jugé irrecevable la constitution de partie civile du Mrap, à l’origine des poursuites, entraînant de facto la relaxe de Brice Hortefeux. « La cour a considéré que les propos avaient été tenus dans un lieu non public et donc qu’une association anti-raciste ne pouvait pas poursuivre en justice », explique Bernard Schmid, du service juridique du Mrap, L’association va saisir la cour de cassation et déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur cette interprétation de la loi.

Pour l’avocat du Mrap, Pierre Mairat, la question de l’indépendance du parquet est posée : « A partir du moment où l’injure raciste est caractérisé, le parquet aurait dû poursuivre ».

Par ailleurs, le Mrap a annoncé hier après-midi son intention de porter plainte devant la Cour de justice de la République contre Claude Guéant, actuel ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré dimanche dernier que « l’immigration comorienne » marseillaise était la « cause de beaucoup de violences ».

mercredi 14 septembre 2011

Enfants étrangers, le cri de colère du 93

« Qu’est ce que vous croyez ? Que les jeunes qui ont fui la faim ou la guerre rêvent de venir en Seine-Saint-Denis ? Non ! Ils se placent sous la protection de la France. » Claude Bartolone ne décolère pas et somme l’État de prendre ses responsabilités. Comme il l’avait menacé dans un courrier au garde des Sceaux en juillet dernier, le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis refuse, depuis le 1er septembre, d’accueillir les mineurs isolés étrangers (MIE) qui lui seraient confiés par la justice ou qui se présenteraient à ses services.

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jeudi 8 septembre 2011

Poursuivi pour avoir nettoyé un bidonville !

Le campement du Moulin-Galant avant nettoyage«Nous revendiquons le droit d’être solidaires !» Si le but de l’action judiciaire engagée contre Serge Guichard était de le faire taire, une chose est sûre : elle a échoué ! Le président de l’association de solidarité avec les familles roms de l’Essonne apparaît plus remonté que jamais.

Ce militant de longue date de la cause rom est cité à comparaître le 22 septembre devant le tribunal d’instance d’Evry pour « dépôt d’immondices sur la voie publique ». Il risque 1500 euros d’amende et une inscription sur son casier judiciaire. La peine est minime, mais reste « inadmissible sur le principe et sur la forme » pour Serge Guichard, bien décidé à transformer ce procès en tribune pour les Roms.

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mardi 6 septembre 2011

La rentrée scolaire en charter

L’Histoire aurait pu être belle ; elle est sinistre. Hier matin, jour de la rentrée scolaire, la famille Ajeti-Hasani - grands-parents, parents et six enfants âgés de un à onze ans - a été expulsée du territoire français. Vous avez dit une belle histoire ? Oui parce que, comme chez Astérix, toute la Gaule n’est pas envahie par la pensée sarkoziste. Un petit village d’irréductibles auvergnats résiste encore aux quotas d’expulsion : Saint-Amant Roche Savigne, 530 habitants au milieu des vertes montagnes du Puy-de-Dôme.

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vendredi 2 septembre 2011

Saint-Amant Roche-Savine se mobilise

©Cécile Arfi Cette photo a été prise ce week-end à St-Amant Roche-Savine, un petit village du Puy de Dôme, par la photographe Cécile Arfi. Les visages sont encore insouciants, souriants. C'était avant. Avant que les forces de l'ordre ne débarquent chez la famille Ajeti-Hasani hier matin. Ces roms kossovars sont accueillis par la commune et parrainée par la Compagnie Jolie Môme. Arrêtés, ils ont été transférés dans la journée au centre de rétention de Rouen. Déboutés du droit d’asile, ces grands parents, leurs enfants et leurs six petits enfants âgés de un à onze ans, sont expulsables dans les heures qui viennent. La famille avait trouvé refuge dans le village auvergnat depuis le 13 août, après que le préfet a demandé aux centres d’hébergements de la région de ne pas les loger. «Nous leur avions fourni deux logements communaux, raconte le maire, François Chassaigne, ils avaient participé aux fêtes communales et devaient inscrire les enfants à l’école». Deux rassemblement ont été organisés hier et une pétition est lancée.

Crédit photo : Cécile Arfi

Le T1 se transforme en tramway de la honte

Le gouvernement a beau crier aux « amalgames odieux » et aux « allégations mensongères », l’image provoque consternation et émotion. Mercredi matin, environ 70 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été transportés de Saint-Denis à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) à bord d’une rame de tramway spécialement affrétée pour eux. « L’image de ces gens débarqués d’un tramway, avec des ballots et des enfants sous le bras, était insupportable », déplore Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) de Noisy-le-Sec et conseiller général, qui a assisté à la scène. Dans un département qui a abrité le camp de Drancy, d’où 67 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination, même si toute comparaison est impossible, c’est avant tout le symbole qui choque.

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jeudi 1 septembre 2011

« Ces gens débarqués du tramway, avec des ballots et des enfants sous les bras, c’était insupportable »

Gilles GarnierMercredi matin, une centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.

Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?

Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.

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mercredi 31 août 2011

A peine ouvert, le centre du Mesnil-Amelot tourne à plein régime

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et marne), qui a ouvert ses portes ultra modernes le 1er août dernier, « accueille » sa première famille : une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Le père, absent du domicile familial à Guéret, dans la Creuse, le 30 août au matin, a échappé à l'arrestation. Avec la nouvelle loi Besson, cette mère et ses trois enfants peuvent rester enfermés jusqu'à 45 jours dans ce centre.

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