« Plutôt gréver que céder » peut-on lire sur une pancarte. Quatre mois après le début de leur mouvement de gréves et d'occupations, les travailleurs sans papiers affichent une détermination sans borne. Samedi, 3000 d'entre eux (850 selon la police), ont défilé à Paris, de la gare Montparnasse jusqu'au siège du Medef, pour exiger une circulaire de régularisation. Depuis le 12 octobre, 6000 travailleurs sans papiers sont en grève dans une quarantaine de départements soutenus par onze organisations (CGT, Solidaires, FSU, Ligue des droits de l'Homme, RESF, Femmes Egalité, Cimade, Autremonde, Droits devant). En tête de cortège, quelques politiques avaient aussi fait le déplacement dont Pierre Laurent (PCF) et Olivier Besancenot (NPA).

Maintenir la grève

D'après ces organisations, une «étape décisive » a été franchie la semaine dernière, avec l'entrée dans les négociations de plusieurs organisations patronales. « Au bout de quatre mois de grève, nous avons fini par obliger une partie du patronat à jeter l'éponge et à accepter de discuter, tonne Raymond Chauveau de la CGT, perché sur le toit d'un camion qui salue une « première victoire »: « Nous y sommes. Mais pour aller jusqu'au bout, il faut maintenir la grève.» Le 24 novembre dernier, Éric Besson promulguait une circulaire qui « renforce l'arbitraire préfectoral » selon les onze organisations qui réclament une reprise en main du dossier par Xavier Darcos : «Il est temps que les décideurs politiques reconnaissent qu'il s'agit là d'un conflit du travail» écrivent-ils, demandant l'ouverture de négociations tripartites, « dans les jours qui viennent », entre organisations syndicales et patronales, sous l'égide du ministère du travail.

Signes d'ouverture

Depuis le début du mouvement, les fédérations patronales sont restées étonnamment discrètes sur ce mouvement qui touche pourtant quelque 2000 entreprises dans les principaux secteurs de l'économie française : bâtiment, nettoyage, restauration, textile, etc. Des secteurs qui manquent souvent de main d'œuvre, comme celui de l'aide à la personne, dont lequel travaillent les quelque 400 femmes qui ont rejoint le mouvement. « Les choses évoluent, confirme Ana Azaria, présidente de Femmes égalité. Il y a des signes d'ouverture, des désirs de négociation de la part du patronat, y compris dans le secteur de l'aide à la personne ».

Parmi les manifestants, les grévistes du Faf-Sab sont venus en nombre. Depuis dix jours, le piquet de la rue du Renard est menacé d'évacuation par une décision de justice. Plusieurs centaines de personnalités l'ont déclaré sous leur protection. « On ne va pas partir, tempête Mahamoudou Doucansy, délégué de ce piquet. Ça fait des années qu'on travaille ici, on paye des impôts, on doit être régularisés !

Article paru dans l'Humanité du 15 février 2010

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