« J’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! »
Par Marie Barbier le lundi 11 janvier 2010, 08:00 - Travailleurs en lutte - Lien permanent
Malgré la neige et le froid, des milliers de sans-papiers ont marché, samedi
après-midi, vers l’Elysée pour demander une « régularisation globale et la
suppression du ministère de la honte ». Ils étaient 1500 selon la police, qui
devait avoir la calculatrice congelée tant le cortège était visiblement plus
fourni ; entre 6000 et 7000, selon les organisateurs.
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Partis du « Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers », rue Baudelique dans le 18e arrondissement, les manifestants souhaitaient se rendre jusqu’à l’Elysée, mais auront finalement, et sans grande surprise, été arrêtés place de la Madeleine avec force renforts de barrières et de CRS en tenue anti-émeutes. Peut être les cortèges fournis de la Fédération anarchiste et de la CNT les avaient-ils irrités…
29 000 expulsions
Parmi les slogans scandés, les « J’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! » et « Nous sommes en danger, nous ne sommes pas dangereux » résonnaient avec force après l’annonce par Eric Besson des 29 000 expulsions de sans-papiers en 2009. Le cortège, qui comptait déjà quatorze collectifs d’Ile-de-France, était renforcé par les « Ch’tis sans papiers », comme on désigne désormais le CSP 59, venus en bus le matin même pour participer à cette manifestation unitaire. « On a marché de Lille à paris, chantaient-ils en tête du cortège. Pour lui rappeler, à Monsieur Sarkozy, qu’à cause du FMI et des multinationales, on a quitté nos pays. » Pour Roland Diagne, porte-parole du collectif lillois, « Paris est aujourd’hui le centre de la lutte. elle se fait sous deux formes : les grèves des travailleurs sans papiers et le ministère de la régularisation. Ces deux formes se recoupent et doivent se rejoindre. Il faut un front unitaire le plus large possible de résistance au gouvernement ».Les demandes d’un tel front unitaire au sein du mouvement des sans-papiers se font de plus en plus nombreuses. D’autant que les mouvements de résistance initiés par les sans papiers se multiplient : depuis le 12 octobre, 6000 travailleurs sont en grève dans toute l’Ile-de-France et, parallèlement, 3000 sans-papiers occupent un bâtiment de la Caisse primaire d’assurance maladie dans le 18e arrondissement, qu’ils ont rebaptisés le «ministère de la régularisation globale de tous les sans papiers».
« On essaye de lancer l’unité autour de la rue Baudelique, mais ça n’est pas facile à organiser, explique Djibril Diaby, porte-parole de la Coordination parisienne (CSP 75). Depuis Saint-Bernard (occupation de l’Eglise en 1996, NDLR), le mouvement des sans-papiers n’a pas été unifié. Mais l’unité est très importante pour qu’on soit fort et solide face au gouvernement ». Et de rappeler que le Parti Communiste, le NPA, le Parti socialiste ou encore les Verts soutiennent le ministère de la rue Baudelique. Les divergences soulevées par l’occupation de la bourse du travail ne seraient donc plus qu’un mauvais souvenir. « Il existe un mouvement d’ensemble intéressant avec des points de convergence, confirme Jean-Claude Amara de Droits devant. On espère qu’on réussira à faire table rase ». Et de préciser que parmi les occupants de la rue Baudelique, nombreux sont ceux qui, la journée, tiennent aussi des piquets de grève.
__Article paru dans l'''Humanité'' du 11 janvier__
Commentaires
Bravo Marie pour ce travail quotidien d'information et de diffusion des difficultéés de vie et de la lutte des sans papiers.
Pierre Lafrance