Dans le protocole de fin de conflit, négocié hier après-midi, leur employeur refuse en effet de les réembaucher à temps plein. Évoquant des "difficultés économiques liées à la crise", il propose six contrats à temps partiel et seulement deux à temps plein. « Il revient sur ses positions, puisqu’il s’était engagé à les reprendre à temps plein, explique Olivier Villeret, de la CGT. Maintenant il laisse entendre qu’il aurait signé sous la pression. Un patron qui embauche des sans-papiers depuis des années et nous parle de pression, c’est un peu gonflé !"

Avant la grève, les huit grévistes étaient officiellement à temps partiel et payées comme tels, mais travaillaient en réalité à temps plein, comme femmes de ménage dans les hôtels de luxe de la capitale. Payées à la chambre, elles pouvaient travailler jusqu’à 35 heures par semaine pour un salaire de misère : de 200 à 400 euros par mois. "On s’est battues sept mois pour avoir des papiers, et au final, c’est comme si ça servait à rien, s’emporte Awa Doumbia. Il dit qu’il n’a pas de fric ? Mais il a pris l’argent pendant des années sur notre dos. Et maintenant, il faudrait recommencer comme avant ? Il est temps que cela - finisse."

En grève depuis le 23 mai, ces femmes sont épuisées. "On en peut plus, soupire Fanta Sidibé. On est à bout. Sept mois sans travailler et sans revenu, c’est épuisant, physiquement et moralement." L’employeur le sait bien, qui joue la montre. Une énième conciliation est prévue au tribunal de Paris le 9 janvier. Si la situation est toujours bloquée, la CGT n’exclut pas d’aller jusqu’aux prud’hommes.

(Article paru dans L'Humanité le 18 décembre 2008)