Pour en arriver à ces deux cartons sur ce diable à roulettes ce mardi 23 décembre, les intérimaires de Man BTP ont mené une lutte touts azimuts : occupation de leur agence d’intérim boulevard Magenta, puis des gros donneurs d’ordre du bâtiment : Vinci, Eiffage, Bouygues, mais aussi de la fédération patronale de l’intérim (Prisme). A chaque action, leur revendication reste identique : obtenir des CDI des donneurs d’ordres, pour qui ils travaillent souvent depuis des années comme intérimaires, afin de bénéficier de la régularisation par le travail. Ces actions ont payé : les 88 ont obtenu des promesses d’embauche (28 à Vinci, un à Eiffage, quatre à Rabot-Dutilleul, les 52 restants ont l’engagement de Man BTP de leur fournir suffisamment d’heures pour rentrer dans les critères du ministère).

Dernière étape et pas des moindres : la régularisation. Aucun n’a pour l’instant pu déposer sa demande de carte de séjour en préfecture. C’est chose faite officiellement depuis mardi. Une délégation composée de porte-parole des sans-papiers, de Jean-Claude Amara, de Droits devant et d’élus de gauche : Rémi Féraud, maire PS du 10e arrondissement, Ian Brossat et Danièle Fournier, respectivement présidents des groupes communiste et Verts au conseil de Paris, a été reçue. Après deux heures de discussion, Jean-Claude Amara a salué des "avancées" : "Chaque travailleur va recevoir une autorisation provisoire de séjour de trois mois, avec autorisation de travailler". La préfecture s’est engagée à ce que les sans-papiers soient reçus en entretien dans le courant du mois de janvier.

Samedi, les intérimaires de Man BTP ont levé le piquet de grève rue Saint Vincent de Paul (10e), une exigence de la préfecture pour toute rencontre. Reste à savoir maintenant quand les 88 pourront reprendre le travail. "Après six mois d’occupation dans le vent, la pluie et le froid, nous pouvons enfin déposer nos dossiers, se réjouissait samedi Sy Djibi, le porte-parole des sans-papiers. La balle est désormais dans le camp de la préfecture. Il faut nous régulariser pour qu’on puisse retourner travailler sur les chantiers".


Article paru dans l'Humanité du 26 décembre 2008

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