Depuis dimanche, une centaine d’entre eux peuvent dormir au chaud. Avec le déclenchement du plan grand froid de niveau 2, la maire, Natacha Bouchart, a signé un arrêté pour accueillir les migrants la nuit dans une salle municipale, au moins jusqu’au 5 janvier. "Ils sont de plus en plus nombreux chaque jour, alerte Sylvie Copyans, de l’association Salam. On ne pourra pas en accueillir plus de 200. Nous lançons un appel : il nous manque des couvertures. Nous essayons d’en changer le plus possible car nous avons des gros soucis sanitaires, la galle se développe depuis plusieurs jours." Autre problème majeur : samedi et dimanche, les CRS étaient postés à la sortie du gymnase pour arrêter les migrants. Après les protestations des associations, les sans-papiers arrêtés ont été relâchés.

calais Pour la première fois, trois autres municipalités ont ouvert des structures d’accueil. À Téteghem, près de la frontière belge, une salle accueille une quinzaine de migrants. À Grande-Synthe, près de Dunkerque, deux tentes, dont l’une est chauffée, ont été installées dans un bois. Quarante migrants y trouvent refuge. Enfin, à Loon-Plage, une tente chauffée a été installée hier.

Indispensables, ces structures restent insuffisantes. Le prêt de locaux par les municipalités n’est obligatoire qu’à partir du niveau 3 du plan grand froid. Lundi, dans un appel commun, plusieurs associations tiraient la sonnette d’alarme : "(Les migrants) sont en danger de mort ! La France se doit de porter assistance à personne en danger ! Nous appelons à ce que les pouvoirs publics fassent preuve de responsabilité politique et fournissent immédiatement un lieu où les migrants puissent trouver refuge et s’abriter du froid."


Article paru dans L'Humanité du 31 décembre 2008
Reportage photo : Pierre Pytkowicz (septembre 2008)