Le tribunal "a donné droit aux demandes de l'employeur et ordonné l'expulsion de tous les grévistes avec une astreinte de 50 euros par jour de retard et par personne". Le gérant pourra faire exécuter l'expulsion 24 heures après l'avoir fait signifier aux intéressés.

Depuis le déclenchement de la grève le 16 juin, les grévistes vivent entassés dans la cour sous une tente et dans une partie du pavillon servant de siège à l'entreprise dans des conditions sanitaires très difficiles, aggravées par le froid. Le gérant avait signé avec eux le 29 août un protocole d'accord pour faciliter la régularisation de 22 travailleurs à court et moyen terme mais celui-ci est resté lettre morte car il refuse d'acquitter la taxe d'environ 900 euros exigée pour les dossiers de régularisation, bloqués à la préfecture. Avant le conflit, Alfa Services employait une quarantaine de salariés, dont 36 sans-papiers. Devant le tribunal, l'employeur a déclaré avoir "une soixantaine de salariés". Selon la CGT, "il a continué à recruter des sans-papiers dans les foyers".