A l'appel de plusieurs associations maliennes, plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi pacifiquement à Bamako et à Kayes (ouest, région d'origine de l'écrasante majorité des Maliens vivants en France) pour demander que Bamako ne signe pas cet accord. "Il n'est pas question de signer. Signer, c'est vendre nos parents en France. Nous n'accepterons jamais. Nous resterons mobilisés", a déclaré Tahirou Bah, président du "Mouvement des sans-voix", principal organisateur de la manifestation à Bamako.

Quelque 4 millions de Maliens vivent à l'étranger, essentiellement en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal...) et quelque 200.000 en Europe. En France, la communauté malienne totalise 120 000 personnes, dont 45 000 en situation régulière, généralement dans des emplois peu qualifiés. L'argent des Maliens de l'extérieur représente 10% du PIB de ce pays de 12 millions d'habitants en grande partie désertique, classé parmi les plus pauvres du monde mais bénéficiant d'une image positive auprès de la communauté internationale en raison de sa stabilité et de ses institutions démocratiques. Les transferts d'argents des "Maliens de France" vers leur pays d'origine est supérieure à l'aide publique au développement (APD) versée chaque année par Paris à Bamako. La France a déjà signé sept accords de gestion concertée des flux migratoires (Cap Vert, Sénégal, Gabon, République démocratique du Congo, Bénin, Tunisie et Ile Maurice). Cinq autres accords de ce genre sont en gestation (Mali, Burkina, Cameroun, Haïti et Egypte).