Très content de lui, Brice Hortefeux a affirmé que "le véritable changement, la véritable rupture, la véritable nouveauté, c'est que le tiers de ceux qui repartent chez eux, le font désormais de manière volontaire". Ils seraient 10 072 étrangers à avoir bénéficié de ces aides au retour en 2008, soit 204% d'augmentation par rapport à 2007. Ces chiffres sont contestés par les associations de défense des étrangers qui assurent que la grande majorité de ces "départs volontaires" concernent des Roms roumains et bulgares, donc citoyens de l'Union européenne pouvant revenir à tout moment, parfois même plusieurs fois dans une même année. Ignorant le fond des critiques, le ministre a lancé, sardonique : "il n'y a pas de bonnes et de mauvaises reconduites, la loi s'applique à chacun qu'il soit Européen ou Africain".

Enfin, au niveau européen, le ministre s'est félicité de la signature par les 27 du Pacte européen sur l'immigration et l'asile : "L'Europe est, enfin, passée aux actes. (...) En matière d'immigration et d'asile plus rien ne sera comme avant". Une victoire que le ministre attribue, sans rire, à la popularité de son action. "Nous avons gagné la bataille des idées" s'est-il félicité, assurant que "les principes qui guident la nouvelle politique d'immigration de la France sont désormais quasi unanimement compris et partagés". C'est faire bien peu de cas des sondages : deux publiés en moins de quinze jours assurent pourtant tout le contraire. Le 30 décembre, 40% des personnes interrogées par Ipsos pour Le Point déclaraient jugés défavorablement son action (contre 30 % favorablement). Et selon le palmarès de l'institut de sondage Ipsos du 5 janvier, le ministre de l'immigration fait partie des sept ministres du gouvernement "majoritairement impopulaires". Bizarrement, le ministre qui se délecte d'ordinaire des chiffres, a vite oublié ceux-là.

(Article paru dans L'Humanité du 14 janvier)