Indigne, humiliant, effroyable... Les mots manquent pour qualifier les images diffusées jeudi dernier par Libération. Un agent de la Police aux frontières (PAF) a filmé les conditions inhumaines dans lesquelles sont maintenus les sans-papiers à l’intérieur du Centre de rétention administrative (CRA) Pamandzi de Mayotte. Saleté des douches et des cuisines, surpopulation, enfants enfermés à double tour, dormant sur des matelas entassés à même le sol près des poubelles... Ces images ont suscité de nombreuses réactions. Pour Amnesty International, les "conditions de détention inqualifiables (des migrants retenus dans le centre de Pamandzi, NDLR) peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants". Le contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue a annoncé qu’il allait dépêcher une mission sur place "dès que possible" pour procéder à une "analyse approfondie de la situation et faire les recommandations qui s'imposent". Et de critiquer, au passage, la politique du chiffre menée par Brice Hortefeux : "Depuis 2006, il y a autour de 16000 reconduites à la frontière par an, mineurs compris, à partir de Mayotte, pour une population de 187000 habitants. Ce chiffre impressionnant ne saurait être atteint sans violations des droits de l'homme". La préfecture de Mayotte a fait savoir, quant à elle, que la situation au sein du CRA était exceptionnelle le jour du tournage. "Le 22 octobre est le seul jour, sur les quatre derniers mois, où le chiffre de 200 retenus a été dépassé (pour 60 places, NDLR)". Un nouveau centre de 140 places devrait être construit d’ici la fin de l’année 2010, celui-ci aux "normes nationales". Nous voilà rassurés.