Sa mère "morte à la guerre", Williana tente depuis 2003 de rejoindre en France son père, marié avec une Française avec qui il a une petite fille de trois ans. "Nous avons fait quatre voyages au Congo, tout essayé par les voix légales. Nous n’avons obtenu que des refus, raconte Camille, la belle-mère. Nous avons même pensé à ce que je l’adopte pour qu’elle puisse enfin vivre avec nous".

Le 15 janvier, le père, William, reçoit un appel : sa fille est arrivée avec un faux passeport, elle est retenue dans la zone d’attente d’Orly. Seule mineure au milieu d’adultes, elle passe ses journées dans une « sorte de salle d’attente » de six heures à 21 heures et ses nuits dans une chambre d’hôtel. Lundi matin, un juge des libertés et de la détention décide de la maintenir en zone d’attente. Prévenu, le Réseau éducation sans frontières (RESF) alerte les journalistes. Quelques heures plus tard, Williana est libérée avec un sauf conduit de huit jours. "Le gouvernement a la trouille que ce qu’il fait réellement paraisse sur la place publique, dénonce Richard Moyon, de RESF. Il y a de quoi être inquiet. La politique menée par Sarkozy nous entraîne sur des terrains inquiétants." Pour Hélène Gacon, présidente de l’Anafé (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers), "le cas de Williana est tristement courant. En France, il n’y a pas d’âge minimum pour être placé en zone d’attente." En 2007, 680 mineurs isolés sont passés par ces zones chargés de refouler les migrants à leur arrivée en France. 225 avaient moins de treize ans.

williana_011.jpg Hélène Gacon, présidente de l'Anafé, dénonce les conditions d'enfermement des migrants dans les aérogares.

Article paru dans l'Humanité du 21 janvier
Photo : Marie Barbier

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