Abou Bakari Tandia, Malien de 38 ans, avait été interpellé le 5 décembre 2004 pour séjour irrégulier par des policiers de Courbevoie. Placé en garde à vue, il était hospitalisé le lendemain dans le coma et décédait le 25 janvier 2005 sans avoir repris connaissance.

Après une première enquête, le parquet de Nanterre avait classé l’affaire sans suite, le 10 mars 2005, en retenant l’hypothèse selon laquelle Abou Bakari s’était cogné la tête contre la porte de sa cellule pour ne pas être reconduit à la frontière. Mais l'oncle et le frère de la victime, qui dénoncent des zones d'ombres, avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile, déclenchant l'ouverture d'une information judiciaire.

Ces derniers jours, l'affaire a pris un nouveau tournant, avec les conclusions du rapport de l'Inspection générale des services (IGS), la police des polices qui met en cause le témoignage d'un policier en poste à l'époque à Courbevoie. Ce complément d'information visait les conditions dans lesquelles la caméra de vidéosurveillance de la cellule du gardé à vue avait été endommagée, des policiers du commissariat ayant déclaré à l'époque qu'elle ne fonctionnait pas. L'un d'eux avait précisé que les fils avaient été arrachés par un détenu. Mais l'enquête de l'IGS démontre que ce policier a livré un faux témoignage. "Vue la hauteur" de plafond, la caméra était en effet « hors d’atteinte… même en montant sur le banc », ont constaté les fonctionnaires de l’IGS, qui se sont rendus sur place.

L'avocat de la famille a demandé de nouvelles investigations. Il appartient à la juge d'instruction chargée du dossier au parquet de Nanterre de décider des suites à y donner. En attendant, l'association Justice et Vérité pour Abou Bakari Tandia appelle demain samedi à une marche commémorative : départ à 11 heures à la gare SNCF de Courbevoie, à l'angle de la rue Sébastopol et de l'avenue Marceau.