"On se laissera plus faire"
Par Marie Barbier le mercredi 28 janvier 2009, 09:23 - Travailleurs en lutte - Lien permanent
Kalilou
Fissourou, 28 ans, Malien. En France depuis six ans. 254ème jour de grève.
Autorisation provisoire de séjour, sans autorisation de travailler.
" Je travaille pour un sous-traitant de Quick depuis cinq ans. Je suis chargé de nettoyer le restaurant la nuit. Avant la grève, je travaillais toutes les nuits : 41 heures par semaine pour 750 à 800 euros par mois. On était déclarés à temps partiel, mais on travaillait à temps plein. Maintenant, le patron voyou va arrêter de nous exploiter, on se laissera plus faire. Mes parents sont éleveurs dans la région de Kayes. J'ai mis quatre mois pour venir en Europe : d'abord traverser le désert jusqu'au Maroc, puis le bateau pour l'Espagne. J'ai payé 1500 euros au passeur. Je savais qu'en France ce serait dur. En exil, tu seras toujours en difficulté. Au Mali, c'est un passage obligé : un jeune homme doit partir à l'étranger pour mettre de l'argent de côté pour faire sa vie. Quand j'aurai une carte de séjour, je trouverai un boulot stable pour gagner un peu d'argent ici. Ensuite, je rentrerai au pays monter mon commerce. On ne peut pas rester en exil toute sa vie."