Pour protester contre ces méthodes, un rassemblement était organisé hier midi devant le siège de l'entreprise, dans le 20e arrondissement de Paris. "On vit dans la peur, on n'arrive plus à dormir, confie Modibo Dia, Ivoirien de 41 ans. On s'attend à être licencié à tout moment. Psychologiquement, c'est très dur". D'autant que la lutte dure depuis des mois. En mai 2008, profitant du mouvement lancé dans toute l'Ile-de-France, une quinzaine de sans-papiers de DMMS se mettent en grève pour obtenir leur régularisation. Durant trois mois, ils occupent les locaux de l'entreprise de nettoyage. Rapidement, d'autres travailleurs sortent de l'ombre : au total, ce sont 51 dossiers qui sont déposés en préfecture. En septembre, un protocole d'accord met fin à l'occupation. A ce jour, 36 salariés ont obtenu leur carte de séjour. Les autres, tels Modibo Dia ou Dienebou Coulibaly, s'impatientent. "On a un gros problème avec la préfecture de Seine-Saint-Denis, explique Olivier Villeret de la CGT. Les dossiers, déposés il y a plus de huit mois, sont bloqués."

En attendant leur régularisation, les salariés sans-papiers ont repris le travail. Légalement, puisqu'une circulaire ministérielle transmise aux préfectures en décembre dernier permet le maintien dans l'emploi durant la procédure administrative du dossier. Hier, la délégation reçue par la direction de DMMS a argué de cette circulaire pour arrêter les mesures de licenciements. "Ils ont des pressions de l'État, confiait après la réunion Patrice Lardeux de l'union locale CGT 20e qui regrette que les interlocuteurs se multiplient : employeur, préfecture, ministère, etc. Contactée par téléphone, la direction de DMMS nie catégoriquement procéder à des licenciements. Les convocations pour des entretiens préalables ? "Certains employés commettent des fautes" lâche, lapidaire, Gérald Pondellé, DRH de l'entreprise, qui se montre pour le moins catégorique : "On ne remettra pas en cause les accords conclus avec notre partenaire la CGT, il n'y aura aucun licenciement parmi les 51 dossiers." Pas sûr, pour autant, que Modibo Dia et ses collègues puissent dormir tranquilles...