Eric BessonLe Réseau éducation sans frontières (RESF) a constitué l'éphéméride des 32 premiers jours d'Éric Besson au ministère de l'Immigration (jusqu'au 23 février, télécharger le document ici). Chaque jour a son lot d'arrestations, de placements en rétention de mineurs et d'adultes et d'expulsions. Pour le RESF, les conclusions de ces six semaines sont sans appel : elles marquent une "grande continuité" entre le précédent ministre Brice Hortefeux et Éric Besson. Que ce soit dans le refus de délivrer des cartes de séjour et de "fabriquer" ainsi des sans-papiers ou dans "l'indifférence aux situations humaines".

Plus inquiétant, le réseau s'inquiète de "la fréquence des arrestations de parents". Des hommes et des femmes, installés en France depuis plusieurs années, travaillant et ayant construit une vie familiale stable avec des enfants scolarisés. "Ils sont arrêtés, menacés d'expulsion, et in fine, relâchés en raison des mobilisations" explique le réseau qui rappelle que les expulsions de pères de familles constituent une "fabrique d'enfants demi-orphelins (et) de conjoint privés d'affection et de soutien".

Fin janvier, Eric Besson s'était offusqué d'être qualifié, comme son prédécesseur, de "ministre de la rafle et du drapeau". RESF lui décerne le titre de "ministre de la casse des familles".

Article paru dans l'Humanité du 4 mars