Eric Besson pouvait en effet s’attendre à quelques questions gênantes. Du type : faut-il forcément savoir boxer pour avoir des papiers ? La régularisation au mérite n’est-elle pas contraire aux règles de l’Etat de droit ? Les migrants qui vivent dans des conditions indignes à Calais et Paris sont-ils condamnés à être pourchassés par les forces de l’ordre parce qu’ils n’ont pas les talents requis ?

Autant de questions auxquelles le ministre a donc échappé. Devant un parterre de grands noms de la boxe française, Eric Besson a lancé aux journalistes, plein d’humour : "Je suis entouré d’une force de frappe impressionnante, je vous suggère de bien vous tenir". On avait compris…

Avant d’offrir au jeune aghan de 17 ans Les trois mousquetaires, Le Petit prince et les Fables de la fontaine, Eric Besson a salué un "talent hors du commun" et surtout son "désir de vivre dans les règles de ce pays". Et le ministre d’espérer que Sharif devienne une "source d’inspiration". Peut-être suscitera-t-il, en effet, des vocations de boxeur chez tous les sans-papiers qui rêvent de sortir de la clandestinité pour ne plus vivre la peur au ventre.

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