Une bougie et 1500 régularisations
Par Marie Barbier le mercredi 15 avril 2009, 07:00 - Travailleurs en lutte - Lien permanent
Déjà 1500 ! Alors que Brice Hortefeux ne prévoyaient que "quelques centaines" de régularisations par le travail, le mouvement de grèves et d'occupations des travailleurs sans papiers, lancé il y a tout juste un an, a d'ores et déjà gagné 1500 cartes de séjour "salarié". Depuis le 15 avril 2008, ce sont quelque 2500 sans-papiers qui se sont mis en grève, certains pendant des mois, pour exiger leur régularisation.
Un an après le début du mouvement, les discussions avec le gouvernement restent toujours aussi difficiles. "On les a fait beaucoup bouger, constate Raymond Chauveau de la CGT. Mais ça bloque tout le temps. Chaque régularisation gagnée est une expulsion en moins. Il existe une contradiction très forte entre ce que le mouvement oblige à concéder et la politique du ministère".
Pour preuve, les femmes et les intérimaires, qui ont vu leurs dossiers gelés pendant des mois en préfecture, commencent tout juste à voir leur situation se débloquer. Sur les 90 dossiers de travailleuses sans-papiers déposés par l'association Femmes égalité, plus de 80 ont été régularisées. La liste des intérimaires régularisés s'allonge aussi. Derniers en date : les travailleurs de Man BTP, dont 74 ont obtenu satisfaction après neuf mois de lutte.
Restent le problème des travailleurs algériens et tunisiens, exclus de la régularisation par le travail, sous prétexte d'accords bilatéraux. Autre blocage de taille°: les préfectures, dont certaines refusent purement et simplement d'appliquer les directives ministérielles. "Il y a encore de la résistance de la part de certaines préfectures, dénonce Raymond Chauveau. Certaines n'hésitent pas à nous dire que les directives ministérielles n'ont aucune valeur juridique". Autre sujet sensible°: les travailleurs isolés. "Il y a un réel blocage des préfectures sur la régularisation des travailleurs en dehors du mouvement", souligne Jean-Claude Amara de Droits devant pour qui la suite du mouvement devra aussi compter avec les travailleurs au noir.
Un an après son lancement, le mouvement des travailleurs sans-papiers ne semble pas prêt de s'éteindre. En Ile-de-France, quatre piquets sont toujours en cours. La CGT dit travailler à son extension en province. « Tant que les patrons continueront à licencier leurs employés sans papiers, le mouvement continuera°», prévient Raymond Chauveau.
Rassemblement : aujourd'hui à 12 heures devant la préfecture de police de Paris, à l'appel de la CGT
Article paru dans l'Humanité du 15 avril 2009
Lire aussi :
"Robocops" en grève chez KFC
Nouvelles occupations dans l'intérim
Le combat gagnant des travailleurs
Les intérimaires, dans "le fond de la poubelle"
"La régularisation par le travail désormais banalisée"