Devant l'entreprise à Montreuil Le député Jean-Pierre Brard

Devant le chantier à Saint-Denis Arouna Traoré (à droite)

Le 21 octobre 2008, 25 salariés de cette entreprise qui en compte quatre-vingt se mettent en grève. Rapidement, un premier problème se pose : la loi Hortefeux régularise les travailleurs à temps plein. Or ces salariés ont des contrats à temps partiel. "Ils sont déclarés 96 heures alors qu'ils travaillent 195 heures par mois", dénonce Richard Delumbee, de la CGT. Deuxième problème°: l'employeur refuse de s'acquitter de la taxe de 900 euros indispensable à la régularisation de ses employés. Depuis six mois, les demandes de négociations du syndicat sont toutes restées lettre morte. "Les grévistes ont même proposé de payer eux-même cette taxe, raconte Jean-Pierre Brard, le patron n'a pas voulu. Il a besoin d'esclaves. S'ils ont des papiers, ils deviennent des hommes libres."

Être un homme libre, Arouna Traoré en rêve. A 32 ans, ce Malien, arrivé en France en 2003, travaille depuis cinq ans pour Plus Net. Une entreprise de nettoyage ? Le jeune-homme sourit : "On nettoie au marteau piqueur !". Pour un salaire de 550 euros par mois, ces hommes font tout : démolition, construction, nettoyage, etc... Arouna égrène avec fierté la liste des chantiers sur lesquels il a travaillé : l'hôpital du Val-de-Grâce, qui a soigné Jacques Chirac, le restaurant Fouquet's où Nicolas Sarkozy aime à festoyer, etc. "Nous sommes des sans-papiers, lâche t-il. Pour nous, c'est travailler plus pour gagner moins. On cotise, on paie des impôts, mais on n'a pas le droit à la sécu, ni au chômage."

Tous comptent sur le rendez-vous prévu aujourd'hui à la Direction départementale du travail, entre employeur et salariés, pour faire avancer les négociations.