Le 21 avril, le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) publie une première liste des condamnations prononcées, depuis 1986, contre des personnes ayant apporté une aide à des étrangers, la plupart du temps en les hébergeant. La liste, non exhaustive, comporte trente noms. Réaction du ministre ? « La crédibilité du Gisti en la matière est quasiment nulle.» L’association se défend dans un communiqué de presse intitulé « Le Gisti ou le ministre, qui est le moins crédible ? ». Ambiance. Hier son président Stéphane Maugendre a souhaité que « le débat sur la crédibilité du Gisti s’arrête là » : « Nous renvoyons monsieur Besson à nos trente ans de combats. (…) ». Et de dénoncer une « technique facile » pour éloigner le regard des citoyens sur le vrai problème : le « délit de solidarité ».

Car sur le fond, les associations ne s’arrêtent pas là. Décidées à mettre le ministre face à ses mensonges, elles en ont remis une couche hier. Le collectif les amoureux au ban public, aidé de la Cimade, a complété la liste du Gisti qui comptabilise désormais 61 noms de personnes ayant eu maille à partir avec la justice pour avoir aidé un sans-papiers. Trois ont subi de simples rappels à la loi, tous les autres ont été poursuivis en justice. Parmi ces derniers, dix ont été relaxés, 46 condamnés, dont dix dispensés de peine. On est loin des comptes du ministre…

Et ce n’est pas tout. La liste rendue publique hier par les Amoureux met en exergue la violation même de la loi : alors que l’article L.622-4 est censé protégé les concubins, l’inventaire compte 21 personnes poursuivies pour être venue en aide à leur conjoint. Une est actuellement poursuivie pour aide au séjour irrégulier : Jennifer Chary, appelée à comparaitre devant le tribunal de Dijon le 11 mai prochain. Son compagnon, Marocain, avec qui elle devait se marier, a été expulsé une semaine avant la date prévue de leurs noces « Si l’article L.622-1 ne concerne que les passeurs, pourquoi Jennifer Chary est-elle poursuivie ? lance Nicolas Ferran des Amoureux au ban public. Nous demandons solennellement l’arrêt des poursuites contre elle, comme un test de crédibilité de Monsieur Besson. » A bon entendeur…

(1) Sur France Inter le 8 avril dernier.

Article paru dans l'Humanité du 29 avril

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