Dans le hall de l'Urssaf Le pire c'est pour les expulsés

"L’Urssaf est le principal collecteur des cotisation des travailleurs sans-papier" dénonce Jean-Claude Amara de Droits devant. L’association a lancé il y a six mois une campagne « contre le racket des travailleurs sans-papiers » soutenue par une vingtaine d’associations et de syndicats (Attac, RESF, Sud, CGT, Dal…). « On a fait un petit calcul, poursuit le porte-parole. Entre un milliard 500 millions d’euros et un milliard 800 millions sont détournés chaque année par l’Etat sur le dos des travailleurs sans papiers. Nous on pose la question : où sont passées ces cotisations ? ».


Un travailleur sans-papiersPour arrêter cette « spoliation », une seule solution, selon l’association, la régularisation de tous les travailleurs sans papiers et l’arrêt des expulsions. Pour Jean-Claude Amara, « le pire ce sont les expulsés, qui ont cotisé pendant des années et partent sans rien ». A l’image de Diawoye, dont les manifestants portaient hier le portrait, un Malien qui « a travaillé 15 ans en France, a cotisé 72.000 euros, a été expulsé et ne reçoit rien ».



Une première étape de cette « campagne contre le racket » a visé les consulats, afin que ceux-ci ne délivrent plus de laissez-passer permettant l’expulsion de travailleurs ayant cotisé en France. « Les neuf consulats rencontrés ont été sensibles à cet argument et vont y regarder à deux fois avant de délivrer des laissez-passer », se réjouit Jean-Claude Amara. Une délégation devait rencontrer hier après-midi la direction nationale de l’Urssaf, afin d’interpeller le gouvernement et le tout nouveau ministre de travail.

Article publié dans l'Humanité du 25 juin 2009
Photos : Marie Barbier