Arrivés séparément des Philippines il y a neuf ans, M. et Mme Santos se sont rencontrés en France. Ils vivent et travaillent à Cannes où naît leur petite fille Véa il y a cinq ans. Leurs nombreuses demandes de régularisation n'ayant jamais abouties, ils restent sans-papiers. Le 28 juillet 2009, leur vie bascule dans le cauchemar. A l'aube, la police les arrête à leur domicile, sur ordre du préfet des Alpes Maritimes, Francis Lamy. Ce dernier n'est pas inconnu des associations de soutien aux sans-papiers. En 2006, il s'était déjà illustré en expulsant la famille Raba vers le Kossovo. Les Santos sont placés en garde à vue, puis transférés en centre de rétention. N'attendant pas la décision du juge des libertés qui pourrait les libérer, le préfet décide de les expulser après quinze jours de rétention. Problème : M. Santos, sans passeport philippin, n'est pas expulsable. Mais visiblement prête à tout pour expulser cette famille, l'administration a organisé aujourd'hui même son aller-retour sous escorte à Paris afin qu'il récupère un laissez-passer au consulat des Philippines.

Depuis quinze jours et plus intensément encore depuis lundi, les réseaux se mobilisent pour « empêcher l'irréparable ». Le Réseau éducation sans frontières (RESF) en tête, mais aussi le MRAP, la Cimade, la Ligue des Droit de l'Homme, la CGT et des élus ont multiplié les courriers, mails et fax aux préfectures des Bouches du Rhône et Alpes maritime, au ministre de l'Immigration et à l'Élysée. Sans aucune réponse jusqu'à présent. « Besson se complaît dans l'horreur, Sarkozy l'encourage » dénonce RESF, rappelant que ces méthodes « indignes d'un pays de tradition démocratique vont à l'encontre des conventions internationales de protection des Droits de l'Enfant ».

« Exécutée avec brutalité et sournoiserie, cette mesure rappelle, hélas, les méthodes et l'état d'esprit présidant aux grandes infamies de notre histoire » s'insurge Étienne Balibar dans une lettre au préfet des Alpes Maritime, auprès duquel sont également intervenus l'anthropologue Emmanuel Terray et le sociologue Robert Castel. « De telles méthodes sont une insulte à la République et à ses valeurs, écrit pour sa part Jacques Victor, conseiller général communiste des Alpes Maritimes. Je vous demande instamment et de toute urgence, au nom même de la devise de notre pays, de tout faire pour ne pas permettre qu'un tel déni de justice soit commis ». Une manifestation, est prévue ce soir devant la préfecture des Bouches du Rhône à 17 heures.

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