La Cimade a rendu public hier un « état des lieux de la situation et des dysfonctionnements rencontrés par les femmes étrangères victimes de violences conjugales ». « Les histoires sont toujours aussi dramatiques » dénoncent l'association d'aide aux migrants qui donne plusieurs exemples de femmes dans des situations extrêmement précaires. Ainsi, une camerounaise, enceinte de sept mois et victime de violences conjugales, est menacée d'expulsion alors que son mari n'est nullement inquiété ; une péruvienne quitte son mari après avoir subi de très graves violences physiques et se retrouve sans-papiers depuis deux ans. « Dans les faits, poursuit le rapport, ces femmes (...) se retrouvent souvent face à un odieux dilemme : continuer à subir les violences pour pouvoir rester en France ou quitter le domicile conjugal. »

« La situation pour ces femmes est dramatique, confirme Violaine Husson, coordinatrice régionale de l'action femmes de la Cimade. On en arrive à des situations aberrantes où les femmes étrangères ne peuvent pas bénéficier du droit au séjour lorsqu'elles sont victimes de violences. » Depuis 2004, l'association tient deux permanences en Ile-de-France pour aider les femmes victimes de violences dans leurs démarches administratives. La moitié des 400 femmes accueillies cette année était victimes de violences conjugales. « Elles sont de toutes nationalités, précise Violaine Husson. Il ne faut pas croire que ce ne sont que des Africaines. Nous recevons aussi bien des Australiennes que des Algériennes ». La situation de ces dernières est particulièrement grave en raison d'accords bilatéraux qui empêchent le renouvellement des cartes de séjour. La Cimade demande une modification de la loi pour assurer une véritable protection à ces femmes.

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Article paru dans l'Humanité du 19 août 2009