Au petit matin du 23 août 1996, les CRS défonçaient, à coup de hache, la porte latérale de l'église Saint-Bernard où des centaines de sans-papiers africains s'étaient réfugiés. Une date incontournable pour le mouvement sans-papiers qui organisait samedi plusieurs initiatives pour commémorer le treizième anniversaire de cette expulsion.

A Paris, une manifestation unitaire partait du tout nouveau « ministère de la régularisation de tous les sans-papiers » rue Baudelique (Paris 18e) occupé par la Coordination des sans-papiers de Paris (CSP 75). Cette dernière a multiplié les appels à l'unité du mouvement. « Nous invitons tous les sans-papiers de France à venir nous rejoindre au ministère », a clamé le porte-parole de la CSP 75, Anzouman Sissoko.

Devant l'église Saint-Bernard, ce cortège de plusieurs centaines de manifestants a été rejoint par celui des sans-papiers des Hauts-de-Seine, réunis autour du collectif Alif. Au même moment, ils étaient une cinquantaine du 9e collectif à se rassembler devant la basilique du Sacré-cœur à Paris. Devant une banderole qui proclamait « 28 000 expulsions de sans-papiers, 5 500 arrestations de complices de solidarité, prochaine cible : c'est vous », les manifestants ont distribué des tracts en plusieurs langues. Treize personnes ont pu entrer dans la basilique, jusqu'à leur évacuation peu après 19 heures, samedi.

Enfin, le collectif des sans papiers du Nord (CSP 59) a réuni plusieurs dizaines de manifestants entre Lille et le centre de rétention de Lesquin.