Chama Dieumerci Joao Abel Gabriel quitte l'Angola en 2002. Il atterrit à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où il vit depuis sept ans. En 2003, sa demande d'asile est déboutée. « Il n'a pas fait d'autres demandes depuis, explique Malika Chemmah. Il était mal informé, il n'a pas osé. » En 2003, son fils, Chama Dieumerci, naît à Saint-Denis. Sa mère n'ayant plus donné de signes de vie depuis 2006, c'est Joao qui élève seul le petit garçon. En 2008, le père et le fils sont expulsés d'un immeuble insalubre dans le centre ville de Saint-Denis. Depuis, ils sont dans une situation d'extrême précarité, logés au jour le jour par le Samu social de Paris.

Depuis mercredi, c'est la petite amie de Joao Abel Gabriel qui s'occupe comme elle peut de Chama. Une lourde responsabilité pour cette jeune fille de 22 ans, qui s'est réfugiée chez sa mère à l'Ile-Saint-Denis. D'autant que jeudi, l'enfant doit faire sa rentrée des classes en CP à l'école Jean-Vilar. « Il a besoin de son père à un moment aussi important que la rentrée au CP, s'insurge Malika Chemmah. Tous les autres enfants seront accompagnés de leurs parents. Il est déjà séparé de sa mère, on le rend orphelin une nouvelle fois. C'est inhumain. En séparant ainsi un enfant de son père, son seul soutien affectif et financier, la France viole toutes les conventions internationales ».

Resf a écrit au préfet de Seine-Saint-Denis, Nacer Meddah, pour lui demander la libération immédiate de Joao Abel Gabriel et sa régularisation, à titre humanitaire. Vendredi, le juge des libertés a décidé de son maintien en rétention. Une nouvelle audience se tient ce matin devant la cour d'appel de Paris. S'il est maintenu en rétention, Joao Abel Gabriel pourrait être expulsé vers l'Angola. Dans ce cas, le petit Chama serait certainement placé à l'Aide social à l'enfance.

Article paru dans l'Humanité du 31 août 2009 Photo : Ciril Cincet

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