L'ajournement n'était pas gagné d'avance. Pour s'être « soustrait à une mesure de reconduite à la frontière en se débattant violemment et en hurlant », Jean-Magloire risquait jusqu'à trois ans de prison ferme et dix ans d'interdiction du territoire français. Les faits remontent au 29 août dernier. Après 30 jours de rétention administrative, Jean-Magloire est embarqué de force dans un avion à destination de Yaoundé. Mais le jeune homme, arrivé en France à l'âge de dix-sept ans, refuse de retourner dans un pays où il n'a plus aucune attache : son père est mort la veille de sa naissance ; sa mère, psychologiquement instable, ne s'est jamais occupé de lui et sa grande mère qui l'a élevé jusqu'à ses dix ans, a été violemment assassinée. Le garçon vit à la rue lorsque son oncle et sa tante, de nationalité française, décident de l'accueillir à Paris. Dans le boxe des accusés, Jean-Magloire bredouille : « J'ai quitté le Cameroun très jeune, je n'ai plus personne, je ne sais pas comment est la vie là bas ». Une détresse visiblement entendu par le tribunal. Sa famille et des militants du Réseau éducation sans frontières, présents à l'audience, ont assuré qu'ils se battraient pour que Jean-Magloire obtienne un titre de séjour.