Sûr de lui, Eric Besson expliquait en juillet, lors d'une conférence de presse, que le démantèlement de la jungle ne se ferait pas « sans répétition générale » : « J'ai demandé au Préfet du Pas-de-Calais de faire, sur le plan de la logistique, une espèce de répétition générale un mois avant le démantèlement », expliquait alors le ministre de l'Immigration, et ce afin que tout se passe « dignement » le jour venu.

Début septembre, lors de sa conférence de rentrée, Eric Besson confirme son propos, précisant même que cette « opération blanche » est prévue pour le début du mois d'octobre et permettra « de vérifier si nous sommes prêts à faire venir des forces de l'ordre, des interprètes, des médecins en nombre suffisant pour réussir ce démantèlement ».

Alors que celui-ci est imminent, quid de cette répétition générale ? Interrogé sur la question, le Préfet du Pas de Calais, Pierre de Bousquet de Florian, lâche : « on s'est mal compris avec le ministre ». Pas d'opération blanche donc, mais une série de démantèlements de squats et de campements, qui se multiplient depuis le début de l'été et font office de répétition grandeur nature. « On a notamment pu tester des dispositifs sur la prise en charge des migrants, indique le préfet, avec la présence d'interprètes, des propositions d'hébergement ou d'aide au retour volontaire ». Ancien directeur de la DST (services secrets) de 2002 à 2007, mis en cause par le chef de l'Etat dans l'affaire Clearstream, Pierre de Bousquet de Florian n'a visiblement pas peur de prendre ses distances avec le très sarkozyste ministre de l'Immigration, Eric Besson.