A Plus Net, les sans-papiers "plein de joie"
Par Marie Barbier le vendredi 23 octobre 2009, 08:08 - Travailleurs en lutte - Lien permanent
361 jours de grève.
Vendredi dernier, lorsqu’ils sont convoqués à la préfecture, les grévistes sans
papiers de Plus Net affichent à leur compteur une longue et difficile année de
lutte. 361 jours et autant de nuits à occuper leur entreprise de nettoyage, à
Montreuil, (Seine-Saint-Denis) pour exiger de leur patron qu’il paye la taxe
indispensable à leur régularisation. Pourtant, ces vingt-cinq travailleurs
répondent aux critères définis par la circulaire ministérielle de janvier 2008
permettant la régularisation par le travail. Il a fallu un an d’une lutte
acharnée pour que ce droit leur soit enfin appliqué.
Vendredi dernier, donc, la préfecture leur
a remis un titre provisoire de séjour de trois mois, avec autorisation de
travailler, première étape avant la délivrance d’une carte de séjour.
«Maintenant, on va pouvoir enfin travailler dans la dignité et la sérénité», se
réjouit Arouna Traoré, le délégué des grévistes (lire son portrait ici).
Lorsque nous étions allés les rencontrer l’été dernier, les grévistes nous avaient raconté leurs conditions de travail : contrats de 86 heures par mois pour 195 heures réellement travaillées, journées de travail pouvant dépasser les 24 heures d’affilées et salaires de misère. Mauritaniens, Maliens et Sénégalais, ces travailleurs sont présents depuis des années en France.
Cet été, Arouna Traoré nous avait aussi dit aussi : « Quand tout sera terminé, on fera une très grande fête, où on offrira à boire et à manger à tous nos soutiens ! ». Car sans salaire durant un an, les grévistes ont tenu grâce à la solidarité des riverains, associations, syndicats et partis politiques, qui leur apportaient un indispensable soutien économique et moral.
Chose promise, chose due. Ce soir, les régularisés de Plus Net fête leur victoire (1). Au programme : témoignage de grévistes et spectacle, avec notamment Tarace Boulba. En présence également de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité. «Et on va manger et boire aussi, prévient Arouna. Tous les Franciliens sont invités à venir faire la fête avec nous, car nous sommes plein de joie !»
(1) A partir de 19 heures, salle des fêtes de la mairie de Montreuil (métro mairie, ligne 9)
Article paru dans l'Humanité du 23 octobre 2009