On le savait depuis ses mensonges éhontés sur le délit de solidarité, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, aime travestir la réalité. Ainsi, à l’écouter, les trois Afghans renvoyés par charter dans la nuit de mardi à mercredi ne sont pas en danger puisqu’ils sont « originaires de villes situées à proximité de Kaboul ». Démenti formel du gouvernement afghan : ces migrants ne sont pas de la capitale, mais « originaires de provinces où il y a la guerre, les talibans, le terrorisme » affirme le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement.

Deuxièmement, selon le ministre, les trois migrants seraient logés dans un hôtel dans la capitale afghane «payé par la France pendant deux semaines». En réalité, cet « accompagnement » a été pour le moins expéditif : l’attaché de sécurité intérieur est resté vingt minutes avec les expulsés à leur descente d’avion avant de les conduire à l’hôtel… d’où ils sont partis au matin.

L’un d’entre eux, Faysal, a livré un témoignage accablant à un journaliste de l’Express. Ce jeune homme de vingt-deux ans affirment que les policiers français l’ont « frappé » et « voulaient (l)’obliger à signer un papier disant qu’(il) s’engageait à rentrer au pays ». Hier, François Fillon affirmait : « En la matière nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir car s'il est bien un pays et un gouvernement qui ne laissent pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre »