A Paris, un squat rom part en fumée
Par Marie Barbier le mercredi 26 octobre 2011, 08:30 - Roms migrants - Lien permanent
L’entrepôt dans lequel ils vivaient depuis onze mois n’est plus qu’un tas de cendre. Hier matin, une quarantaine de familles roms attendaient sur le trottoir devant le 163 rue des Pyrénées (Paris 20e) de pouvoir récupérer quelques effets personnels qui auraient échappés aux flammes.
L’incendie a pris lundi soir vers 20h30 dans cette ancienne cartonnerie squattée par une centaine de Roms roumains, dont une quarantaine d’enfants. Rapidement, des rumeurs ont circulé sur l’origine de ce feu. Ainsi, un obscure Collectif contre la xénophobie affirmait dès lundi soir que des « individus en cagoule (avaient) attaqué la Maison des Roms (...) à coups de cocktail Molotov ».
Menaces du voisinage
Sur place, les Roms n’ont rien vu de tel. « Le feu est arrivé par l’arrière du bâtiment, raconte Nicolaï, l’un des occupants du squat, âgé d’une trentaine d’années. Très vite, il y a eu des énormes flammes. » D’après les habitants, la lumière fonctionnait encore peu avant l’incendie, ce qui élimine la thèse d’un court-circuit. Des voisins affirmaient aussi qu’un barbecue, allumé lundi soir par les familles, pourrait être à l’origine de l’incendie. De leur côté, les Roms niaient catégoriquement avoir organisé une quelconque grillade.
Rien ne permet donc pour l’instant de déterminer les causes de l’incendie qui a fait deux blessés légers. Le parquet de Paris a saisi la police judiciaire pour une enquête en flagrance. D’ores et déjà, plusieurs témoignages font état de menaces de la part du voisinage. «Mardi dernier, un voisin m’a dit «Un feu peut arriver vite» raconte Guillaume, éducateur spécialisé, de l’association Harissa sauce Blanche, qui suivait la dizaine d’enfants du squat scolarisés.
Six morts à Pantin
Évacués dans la nuit, les Roms ont pu bénéficier d’un bref repos dans des chambres d’hôtels, qu’ils ont dû libérer à neuf heures hier matin. La mairie de Paris affirme dans un communiqué que les services municipaux vont désormais leur «proposer des solutions d’accompagnement», «en lien avec la Préfecture de Paris».
Plusieurs installations précaires de Roms ont été la proie des flammes cette année en Ile-de-France : à Orly (Val-de-Marne) à deux reprises en janvier et en avril, à Bobigny en février et porte de la Villette à Paris en juillet. En février 2011, un homme d’une cinquantaine d’années est décédé dans l’incendie d’un camp rom à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). En février 2010, une fillette de 15 mois et son frère de 3 ans avait péri dans l’incendie d’un camp de Roms, toujours à Orly. Fin septembre, l’incendie d’un squat à Pantin avait fait six morts, des migrants tunisiens récemment arrivés en France.
Mise à jour, mercredi à 10 heures :
Un corps calciné non identifié a été retrouvé hier soir dans les décombres du hangar par les pompiers et des effectifs de la police judiciaire parisienne. Un rassemblement est prévu aujourd'hui mercredi à 18h devant la mairie du XXème, métro Gambetta.
Commentaires
Précisions:1 les Roms ont attendu toute la journée de pouvoir récupérer leurs affaires, il y étaient encore à 19h, la police ne les laissant entrer qu'un par un alors que le feu était éteint.2 Un jeune Rom parlant français a tout de suite dit qu'il avait un un homme lancer quelque chose du toit immédiatement avant l'explosion, il a été emmené au commissariat et interrogé - puis aurait été gardé plusieurs heures à vue sans que l'on sache pourquoi.
Les articles de Marie Barbier font partis des meilleurs sur les ans-papiers et je voudrais ajouter quelques précisions.
Le collectif contre la xénophobie n'a rien d'obscure, il est né suit au discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Il a animé des discussions à la librairie Lady long solo rue keller (par ailleurs siège du Quotidien des sans papiers) autours de la problématique du racisme anti-roms en France pendant plusieurs semaines.
Certains de ses membres connaissent personnellement les familles roms sinistrées. Certaines ont participé a l'ouverture de ce lieux.
Les témoignages rapportés sont les témoignages qui ont été dit le soir-même à la police par quelques habitants.