Menaces du voisinage

Sur place, les Roms n’ont rien vu de tel. « Le feu est arrivé par l’arrière du bâtiment, raconte Nicolaï, l’un des occupants du squat, âgé d’une trentaine d’années. Très vite, il y a eu des énormes flammes. » D’après les habitants, la lumière fonctionnait encore peu avant l’incendie, ce qui élimine la thèse d’un court-circuit. Des voisins affirmaient aussi qu’un barbecue, allumé lundi soir par les familles, pourrait être à l’origine de l’incendie. De leur côté, les Roms niaient catégoriquement avoir organisé une quelconque grillade.

Rien ne permet donc pour l’instant de déterminer les causes de l’incendie qui a fait deux blessés légers. Le parquet de Paris a saisi la police judiciaire pour une enquête en flagrance. D’ores et déjà, plusieurs témoignages font état de menaces de la part du voisinage. «Mardi dernier, un voisin m’a dit «Un feu peut arriver vite» raconte Guillaume, éducateur spécialisé, de l’association Harissa sauce Blanche, qui suivait la dizaine d’enfants du squat scolarisés.

Six morts à Pantin

Évacués dans la nuit, les Roms ont pu bénéficier d’un bref repos dans des chambres d’hôtels, qu’ils ont dû libérer à neuf heures hier matin. La mairie de Paris affirme dans un communiqué que les services municipaux vont désormais leur «proposer des solutions d’accompagnement», «en lien avec la Préfecture de Paris».

Plusieurs installations précaires de Roms ont été la proie des flammes cette année en Ile-de-France : à Orly (Val-de-Marne) à deux reprises en janvier et en avril, à Bobigny en février et porte de la Villette à Paris en juillet. En février 2011, un homme d’une cinquantaine d’années est décédé dans l’incendie d’un camp rom à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). En février 2010, une fillette de 15 mois et son frère de 3 ans avait péri dans l’incendie d’un camp de Roms, toujours à Orly. Fin septembre, l’incendie d’un squat à Pantin avait fait six morts, des migrants tunisiens récemment arrivés en France.

Mise à jour, mercredi à 10 heures :
Un corps calciné non identifié a été retrouvé hier soir dans les décombres du hangar par les pompiers et des effectifs de la police judiciaire parisienne. Un rassemblement est prévu aujourd'hui mercredi à 18h devant la mairie du XXème, métro Gambetta.