« Jamais il n'y a eu un front aussi large »

Car le front de soutien à ce mouvement ne cesse de s’élargir. Hier encore, le quotidien Le Monde publiait un appel signé par le monde associatif, syndical, politique et culturel. De l’historien Gérard Noiriel au DRH de Véolia, Pascal Decary, tous considèrent qu’il est « urgent de formuler des critères objectifs pour la délivrance d’autorisation de travail et de séjour pour les travailleurs migrants ».

« Jamais il n’y a eu un front aussi large en France sur un sujet aussi difficile que celui de l’immigration » précise Raymond Chauveau, de la CGT, pour qui les sept mois de lutte ont modifié la donne des négociations qui s’ouvrent aujourd’hui. « Nous ne sommes plus dans la même position qu’en octobre 2009. Il va falloir reprendre le dossier avec les nouveaux acquis. D’une part le mouvement ne s’est pas affaibli. Besson (ministre de l’Immigration, NDLR) pensait qu’on abandonnerait le terrain de la grève pour la préfecture ça ne s’est pas fait, et les dépôts de dossiers en préfecture ont été marginaux. Ensuite, une partie du patronat est d’accord avec notre démarche. »

Démarche originale

C’est en effet une démarche originale que les onze ont mené avec une partie du patronat qui a abouti à la rédaction d’une « approche commune », définissant des critères pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Ce texte sera présenté au ministère ce matin. La présence de représentant du ministère du travail pour cette première rencontre n’est pas anodine. Depuis le début du mouvement, les associations réclament que le dossier soit pris en charge par le ministère du travail, arguant qu’elles ne traitent pas des flux migratoires, mais d’un conflit du travail.

Pour appuyer la délégation, les onze organisations syndicales et associations appellent à un rassemblement des travailleurs et travailleuses en grève et de tous ceux qui soutiennent leur lutte ce matin à partir de 9h30 au métro Varenne.