Des camps d'internement aux centres de rétention
Par Marie Barbier le vendredi 29 janvier 2010, 23:19 - Rétention et zones d'attente - Lien permanent

Pour fêter son soixante-dixième anniversaire, la Cimade invite le public à découvrir les actions
qui ont jalonné son histoire, comme ce week-end à pau avec une réflexion
autour de l'enfermement administratif. L'occasion de revenir sur 70 ans de
combats avec Geneviève Jacques, 66 ans, secrétaire générale de la Cimade de
1988 à 1996, aujourd’hui équipière bénévole à Aubervilliers.
En 1940, des
pasteurs du Sud-Ouest de la France lancent un appel : des réfugiés de
l’Allemagne nazie sont enfermés dans des camps. Comment entrer dans ces camps
pour les aider ? Geneviève Jacques nous raconte comment Madeleine Barot,
première secrétaire générale de la Cimade, réussit à tromper les autorités pour
pénétrer et s’installer à l’intérieur de ces camps
d’internement :
La guerre se termine, voici l’époque des trente glorieuses. Pour faire tourner les usines, la France va chercher des travailleurs en Algérie, au Maroc ou en Tunisie. « Mais elle oublie que ce ne sont pas seulement des bras, mais des hommes avec femmes et enfants ! » explique Geneviève Jacques. Rien n’est fait pour accueillir ces familles qui s’entassent dans les bidonvilles autour des grandes villes. Dans ces quartiers, à Paris, Lyon ou Marseille, les équipes de la Cimade tentent d’améliorer un peu le quotidien. C’est dans l’un de ces centres que Geneviève Jacques a rencontré la Cimade, dans les années 60 :
En 1984, le gouvernement socialiste crée les centres de rétention administrative (CRA) pour y enfermer les étrangers dans l’attente de leur expulsion. La Cimade est sollicitée pour travailler à l’intérieur de ces centres. La décision provoque d’intenses débats à l’intérieur de l’association :
Alors qu’elle fête son soixante-dixième anniversaire, la Cimade vit sans doute l’un des moments les plus durs de son histoire : le gouvernement l’a écartée de la moitié des centres de rétention où elle assurait des permanences juridiques et elle a dû lancer un plan social…