REPORTAGE. Avec ses abris de jardin blancs sous des arbres parfumés, le piquet de grève de Séni au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) pourrait presque passer pour une villégiature. Mais qu’on ne s’y trompe pas, les quatre-vingt grévistes qui occupent le trottoir sont décidés à « aller jusqu’au bout », prévient Dembele Gouro, l’un de leurs délégués. Avant le mouvement, l'entreprise comptait pas moins de 500 sans papiers sur 2300 salariés. "C'est une boite qui vit sur le dos des travailleurs sans papiers!" s'insurge Modibo Traoré, autre délégué. 
Depuis deux semaines, ces travailleurs sans papiers campent devant leur entreprise de nettoyage pour exiger leur régularisation, ainsi que leur réintégration dans l’entreprise puisque tous ont été licenciés. Les abris de jardin ont été donnés par la CGT, la municipalité fournit l'électricité. Ces travailleurs, en grève depuis octobre, s’inscrivent dans le mouvement actuel pour l’obtention d’une circulaire de régularisation. Un mouvement de plus de huit mois qui pourrait aboutir aujourd’hui : le ministère de l’Immigration devrait proposer un texte cette après-midi lors d’une réunion avec les syndicats.
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