Guilherme parmi les manifestants
Par Marie Barbier le dimanche 5 septembre 2010, 15:28 - Solidarité - Lien permanent
Guilherme Hauka-Azanga se souviendra longtemps de ce samedi 4 septembre 2010. D’abord parce que ce père de famille sans-papiers, contraint de vivre caché depuis six mois, est sorti de l’ombre pour manifester au grand jour ; ensuite parce que ses enfants, dont il est désormais séparé, étaient à ses côtés. Enfin, parce que Guilherme a chanté en duo avec Jane Birkin la superbe chanson de Serge Gainsbourg «Les p’tits papiers».
Depuis janvier dernier, une large mobilisation entoure cet Angolais de 45 ans qui vit à Lyon avec sa compagne congolaise, les deux filles aînées de cette dernière et leurs deux enfants. « La seule possibilité pour cette famille est de vivre en France, martèle Annabelle Billaud, membre de son comité de soutien. Ces enfants sont nés en France, pourquoi irait-ils vivre en Angola ?»
Annabelle Billaud a pu faire partie de la délégation reçue samedi matin au ministère de l’Immigration, aux côtés des artistes solidaires des sans-papiers (lire ici). Elle a remis au directeur de cabinet d’Eric Besson les 5210 lettres demandant la régularisation de Guilherme et s’indignant de l’acharnement de la préfecture du Rhône contre lui.
Depuis le 19 janvier 2010, Guilherme a passé quatre jours avec sa compagne et leurs enfants, 72 jours en rétention et en prison, il a subi deux arrestations à son domicile, quatre tentatives d’expulsion et trois passages à tabac. Son obligation de quitter le territoire (OQTF) a expiré début juillet, mais Guilherme reste en situation irrégulière sur le sol français et peut à tout moment être arrêté et expulsé. Terrorisé à l’idée de subir à nouveau la terrible machine policière, Guilherme a choisi d’entrer dans la clandestinité. Seule à Lyon avec leurs enfants, sa compagne vit dans la crainte permanente : « Mon esprit ne peut pas être tranquille tant qu’on vit comme ça ». Elle dit faire l’objet d’une surveillance policière permanente.
Pour Annabelle Billaud, la forte mobilisation de samedi a montré une prise de conscience des Français : «Ils se rendent compte que des gens comme Guilherme ne doivent plus être traité comme des parias».
Plus sur le net :
Blog de son comité de soutien
Blog de photos de Bertrand Gaudillère
Des artistes pour Guilherme
Article publié dans l'Humanité du 6 septembre