Depuis août, le square Villemin qui leur servait de refuge nocturne est fermé la nuit, sur décision municipale et préfectorale. Une fermeture qui les précarise encore plus, regrettent les associations. «Ils trouvent refuge sous les ponts ou dans des squares, constate Laura Brav. Beaucoup ne dorment pas, ou très peu. Soit la police les réveille, soit, de peur d’être arrêtés, ils errent toute la nuit en attendant le jour. Ils sont épuisés et à bout.» A l’approche de l’hiver, les risques sanitaires augmentent et les structures médicales sont saturées. En plus de son centre d’écoute et de soins qui apporte un soutien psychologique indispensable, MSF a donc décidé l’ouverture d’une consultation médicale. «Vu le nombre de personnes, ça devient très compliqué d’être pris en charge dans les structures existantes, poursuit Laura Brav. Outre les problèmes d’hygiène qui apportent la gale, il y a une recrudescence de grippe et de maladies respiratoires.»

Face à l’urgence humanitaire, les associations ne cessent de réclamer des mesures d’urgence, en vain. «Aucune solution n’a été apportée, ni pour les majeurs, ni pour les mineurs», regrette Jean-Michel Centres qui dénonce une situation «inacceptable» et rappelle qu’en trois ans, les demandes d’asile des Afghans ont été multipliées par cinq, preuve que nombre d’entre eux souhaitent rester en France. «Même si la ville de Paris a fait des efforts sur la prise en charge des mineurs, c’est insuffisant» confirme Alain Lhostis, conseiller communiste de Paris, qui appelle à un rassemblement le 30 novembre, près du square Villemin.

Article paru dans l'Humanité du 12 novembre
Photos : Francine Bajande